Fiche de révision : Macroéconomie : consommation et investissement

Plan du Cours

  1. Objet et principes de la macroéconomie
  2. Consommation et épargne keynésiennes
  3. Critiques et prolongements de Keynes
  4. Facteurs sociaux de consommation
  5. Structure des dépenses des ménages
  6. Niveau de vie et dépenses contraintes
  7. Déterminants de l’épargne
  8. Capital et mesure de l’investissement
  9. Investissement incorporel
  10. Rentabilité et taux d’intérêt
  11. Demande et investissement des entreprises
  12. Situation financière et investissement
  13. Multiplicateur de l’investissement
  14. Définition et mesure du PIB
  15. Identités et limites du PIB

1. Objet et principes de la macroéconomie

Notions clés & Définitions

  • Agrégation : Regroupement en catégories unifiées d’agents, de comportements ou de produits qui diffèrent à un niveau détaillé, afin d’analyser des données globales.
  • Interdépendance : Lien par lequel un acte économique implique deux parties et peut avoir une signification opposée pour chacune, comme le coût salarial pour l’employeur et le salaire pour le salarié.
  • Disjonction micro/macro-économie : Écart entre le résultat collectif issu des décisions individuelles et l’objectif poursuivi par chaque agent pris isolément.

★ À maîtriser

📌 La microéconomie analyse les décisions individuelles des agents et les équilibres de marché, tandis que la macroéconomie étudie les caractéristiques globales et les relations entre agents dans une économie.

Compléments

  • Le PIB et l’indice général des prix sont des agrégats statistiques utilisés pour mesurer des aspects de l’activité économique.

  • Le paradoxe de l’épargne, présenté par Keynes dans les années 30, montre qu’une hausse de l’épargne souhaitée par les ménages ne conduit pas nécessairement à une hausse de l’épargne agrégée.

Astuce mémo

Micro : décisions individuelles ; macro : agrégats et liens entre agents.

2. Consommation et épargne keynésiennes

Notions clés & Définitions

  • Consommation finale des ménages : Ensemble des dépenses en biens et services destinées à satisfaire les besoins des ménages.
  • Propension marginale à consommer : La propension marginale à consommer mesure la part du revenu supplémentaire consacrée à la consommation et se calcule par PmC=ΔCΔYPmC = \frac{\Delta C}{\Delta Y}.

★ À maîtriser

📐 Formule - Le revenu des ménages se répartit entre consommation et épargne selon Y=C+SY = C + S.

  • Selon la loi psychologique fondamentale de Keynes, la consommation augmente avec le revenu, mais d’une quantité inférieure à l’augmentation du revenu.

Compléments

📌 Avant les années 30, les économistes considéraient principalement que la consommation dépendait du taux d’intérêt de l’épargne, tandis que Keynes met le revenu au premier plan.

Astuce mémo

La consommation augmente avec le revenu, mais moins vite que lui.

3. Critiques et prolongements de Keynes

Notions clés & Définitions

  • Effet de cliquet : Effet de mémoire à la baisse qui freine la diminution de la consommation lorsque le revenu baisse, en raison des habitudes passées.
  • Revenu permanent : Milton Friedman, Théorie du « revenu permanent » - Le revenu permanent est le revenu moyen qu’un individu anticipe de recevoir tout au long de sa vie, tandis que le revenu transitoire correspond à la partie temporaire et aléatoire de son revenu.
  • Contrainte de liquidité : La contrainte de liquidité signifie que les dépenses de consommation ne peuvent dépasser le revenu courant lorsque l’accès au crédit est imparfait.

★ À maîtriser

  • Duesenberry soutient que la consommation courante dépend du revenu courant et du plus haut niveau de revenu atteint dans le passé.

Compléments

  • Selon Thomas Brown, la consommation courante dépend du revenu courant et d’un effet de mémoire représentant le niveau passé de la consommation.

📐 Formule - Le revenu courant est la somme du revenu permanent et du revenu transitoire : Y=Yp+YtY = Yp + Yt. - Milton Friedman, Théorie du « revenu permanent »

4. Facteurs sociaux de consommation

Notions clés & Définitions

  • Consommation non ostentatoire : Consommations ou activités auxquelles les ménages pourraient consacrer des ressources pour obtenir un surplus durable de satisfaction.

★ À maîtriser

  • Selon Robert Frank, au-delà d’un certain niveau, une hausse de la consommation moyenne ne s’accompagne plus d’une hausse de la satisfaction moyenne déclarée.

  • La satisfaction tirée de la consommation privée dépend de sa valeur relative par rapport à la consommation des autres, car les individus se préoccupent de leur position dans le groupe.

Compléments

  • La hausse de la consommation des ménages très riches depuis les années 80 modifie le cadre de référence des autres ménages et les incite à accroître leur consommation pour préserver leur position sociale.

Astuce mémo

Comparaison sociale → consommation privée accrue.

5. Structure des dépenses des ménages

Notions clés & Définitions

  • Coefficient budgétaire : Part d’un poste de dépense dans les dépenses totales de consommation d’un ménage.
  • Maladie des coûts : William Baumol - La maladie des coûts désigne la hausse du poids des services dans les dépenses lorsque leur productivité progresse moins vite que celle de l’industrie, alors que les salaires augmentent à un rythme similaire.

Points essentiels

  • Les ménages consacrent aujourd’hui environ un tiers de leurs dépenses totales de consommation au logement, contre 20 % en 1960.

  • La part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages français est passée de 30 % à 15 %, sans que cela signifie nécessairement qu’ils consomment moins d’aliments.

  • Selon la loi d’Engel, la part des dépenses alimentaires dans la dépense totale diminue lorsque le revenu du ménage augmente.

6. Niveau de vie et dépenses contraintes

Notions clés & Définitions

  • Dépenses pré-engagées : Les dépenses pré-engagées sont des dépenses contractuelles difficilement renégociables à court terme, souvent prélevées automatiquement, comme les loyers, les assurances et les abonnements.
  • Revenu arbitrable : Le revenu arbitrable s’obtient en soustrayant les dépenses pré-engagées du revenu disponible des ménages.

★ À maîtriser

📌 La part des dépenses de logement est supérieure de 10 points de pourcentage chez les ménages modestes par rapport aux ménages aisés, tandis que l’écart pour l’alimentation est de 4 points de pourcentage.

  • Les dépenses pré-engagées représentent environ 32 % des dépenses totales des ménages, et les dépenses liées au logement en représentent environ 70 %.

Compléments

  • En 2017, le poids des dépenses pré-engagées des ménages pauvres dépasse de 13 points de pourcentage celui des ménages aisés.

7. Déterminants de l’épargne

Notions clés & Définitions

  • Épargne de précaution : Épargne constituée pour faire face à une éventuelle baisse incertaine des revenus.

★ À maîtriser

  • À court terme, le revenu courant est le déterminant essentiel du niveau d’épargne des ménages, mais cette relation n’est pas claire à plus long terme.

📌 L’effet de substitution d’une hausse du taux d’intérêt réel incite les ménages à réduire leur consommation présente et à augmenter leur épargne, tandis que l’effet de revenu dépend de leur position financière.

📐 Formule - L’équation de Fisher donne le taux d’intérêt réel anticipé par ra=n−πara = n - \pi a, où n est le taux nominal et πa l’inflation anticipée. - Irving Fisher

  • Selon Modigliani, l’individu s’endette durant sa jeunesse, épargne pendant sa vie active puis utilise progressivement son patrimoine à la retraite pour stabiliser sa consommation. - Théorie du cycle de la vie

Compléments

  • Une hausse du taux d’intérêt réel accroît le revenu des ménages créditeurs nets et tend à réduire leur épargne, tandis qu’elle alourdit le remboursement des ménages débiteurs nets et tend à augmenter leur épargne.

  • Le patrimoine des ménages diminue très lentement après le départ à la retraite et est rarement nul au décès, ce qui limite la portée empirique de la théorie du cycle de vie.

Astuce mémo

Substitution : épargner davantage ; revenu : effet différent selon créditeur ou débiteur.

8. Capital et mesure de l’investissement

Notions clés & Définitions

  • Actif fixe : Actif réel produit par l’activité humaine, source de revenus sur une longue période et utilisé en production au moins un an.
  • Formation brute de capital fixe : Mesure de l’investissement macroéconomique brut en actifs fixes réalisé par les agents résidents.

★ À maîtriser

📌 En microéconomie, l’investissement peut concerner le capital circulant constitué de biens intermédiaires ou le capital fixe constitué de biens d’équipement, tandis qu’en macroéconomie l’investissement désigne l’acquisition nette d’actifs fixes.

📐 Formule - L’investissement net, ou formation nette de capital fixe, est égal à la FBCF moins la consommation de capital fixe : Inet=FNCF=FBCF−CCFI_{net} = FNCF = FBCF - CCF.

Compléments

  • En France, l’investissement représente 25 % du PIB, et 55 % de l’investissement total est décidé par les entreprises.

Astuce mémo

Micro : capital circulant et fixe ; macro : investissement en actifs fixes.

9. Investissement incorporel

Notions clés & Définitions

  • Scalabilité : La scalabilité signifie qu’un actif intangible peut fournir un service répliqué à grande échelle pour un coût marginal presque nul, car il est non rival.
  • Irrécupérabilité : L’irrécupérabilité signifie que l’entreprise ne peut généralement pas récupérer le coût d’un investissement intangible en revendant l’actif créé, souvent spécifique à l’entreprise.

★ À maîtriser

  • Les actifs incorporels peuvent comprendre :

    • des brevets
    • une image de marque
    • une clientèle fidèle
    • des réseaux de fournisseurs
    • une main-d’œuvre qualifiée
  • L’investissement intangible se distingue par :

    • sa scalabilité
    • son irrécupérabilité
    • sa diffusabilité

Compléments

  • En comptabilité nationale, seules les dépenses de recherche et développement sont officiellement comptabilisées comme investissement intangible, et elles représentent environ un tiers des investissements intangibles des entreprises.

  • La scalabilité des investissements intangibles favorise la concentration des marchés et réduit la concurrence.

Astuce mémo

SID : scalable, irrécupérable, diffusable.

10. Rentabilité et taux d’intérêt

Notions clés & Définitions

  • Valeur actuelle nette : Différence entre la valeur actualisée des recettes futures de l’investissement et son coût initial.
  • Taux de rendement interne : Taux d’actualisation qui égalise le coût initial de l’investissement et la valeur actualisée de ses recettes futures.

★ À maîtriser

📌 Un projet est rentable selon la VAN si sa VAN est positive ou nulle, et il ne l’est pas si sa VAN est négative.

📌 Un projet est rentable selon le TRI si le taux d’intérêt observé dans l’économie est inférieur à son TRI.

Compléments

  • La corrélation entre le taux d’intérêt et l’investissement des entreprises est relativement faible, de sorte que le taux d’intérêt n’est pas leur seul ni leur principal déterminant.

Astuce mémo

VAN positive : rentable ; taux observé supérieur au TRI : non rentable.

11. Demande et investissement des entreprises

Notions clés & Définitions

  • Coefficient de capital : Le coefficient de capital est le rapport entre le capital de production d’une entreprise et la valeur de sa production annuelle : v=KYv = \frac{K}{Y}.

★ À maîtriser

  • Selon Keynes, les entreprises déterminent leur investissement en fonction de la demande anticipée plutôt que de la demande observée.

📐 Formule - Selon le modèle de l’accélérateur de Clark, la variation du capital est égale au coefficient de capital multiplié par la variation de la production : ΔK=vΔY\Delta K = v\Delta Y. - modèle d’accélérateur

  • L’incertitude retarde les décisions d’investissement, car les entreprises attendent de vérifier que les variations de la demande sont durables et ajustent entre-temps l’utilisation de leurs capacités de production.

Compléments

  • Lorsque le coefficient de capital est supérieur à 1, les fluctuations de l’investissement sont amplifiées par rapport aux variations de la demande adressée aux entreprises.

Astuce mémo

Hausse de la demande → hausse amplifiée de l’investissement selon l’accélérateur.

12. Situation financière et investissement

Notions clés & Définitions

  • Q de Tobin : Rapport entre la valeur boursière et la valeur comptable d’une entreprise.

Points essentiels

📌 Lorsque le Q de Tobin est supérieur à 1, l’entreprise est incitée à investir dans de nouveaux biens d’équipement plutôt qu’à racheter des entreprises existantes, tandis qu’un Q inférieur à 1 favorise le placement ou le rachat d’actifs existants.

Astuce mémo

Q de Tobin supérieur à 1 : investir ; inférieur à 1 : privilégier le placement.

13. Multiplicateur de l’investissement

Notions clés & Définitions

  • Effet multiplicateur : Fait qu’une variation d’une composante de la demande globale entraîne une variation plus que proportionnelle du PIB.

Points essentiels

  • À court terme, les variations de l’investissement influencent fortement l’activité économique, car l’investissement est la composante la plus volatile de la demande globale.

📐 Formule - Une variation de l’investissement peut entraîner une variation du PIB supérieure à celle de l’investissement : ΔPIB>ΔI\Delta PIB > \Delta I.

  • L’effet multiplicateur augmente avec la propension marginale à consommer et diminue avec la propension marginale à importer.

Astuce mémo

Une PmC forte amplifie le multiplicateur ; une PmM forte le réduit.

14. Définition et mesure du PIB

Notions clés & Définitions

  • Produit intérieur brut : Valeur de marché de tous les biens et services finaux nouvellement produits sur le territoire d’un pays au cours d’une période donnée.

★ À maîtriser

📌 Les productions domestiques ne sont pas comptées dans le PIB, tandis que les biens et services non marchands publics ou associatifs y sont comptés à hauteur de leur coût de production.

Compléments

  • Les prix de marché permettent d’additionner des produits différents et rendent compte de leur valeur relative.

15. Identités et limites du PIB

★ À maîtriser

  • Le cours présente l’identité macroéconomique fondamentale comme l’égalité entre le PIB, le revenu national et la demande globale.

Compléments

  • Le cours présente le PIB comme un outil de comparaison utile qui doit être manié avec précaution.

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Qu’est-ce que l’agrégation en macroéconomie ?

Le regroupement en catégories unifiées d’éléments différents à un niveau détaillé pour analyser des données globales.

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