Fiche de révision : Macroéconomie de la consommation

Plan du Cours

  1. Évolution et rôle de la consommation
  2. Définition et mesure de la consommation
  3. Formes de consommation
  4. Ajustement classique entre épargne et investissement
  5. Approche keynésienne de l’épargne
  6. Fonctions keynésiennes de consommation et d’épargne
  7. Prolongements et effets de la consommation
  8. Revenu permanent et consommation
  9. Cycle de vie et patrimoine
  10. Épargne optimale et choix économiques

1. Évolution et rôle de la consommation

★ À maîtriser

  • La consommation soutient la croissance en assurant des débouchés aux entreprises et en les incitant à investir.

Compléments

  • En 2007, la consommation des ménages représentait 55 % du PIB français, contre plus de 60 % aujourd’hui.
  • En 2020, la consommation des ménages a chuté de 6,7 % en raison de la crise sanitaire, tandis que le taux d’épargne a augmenté de 6,3 %. - INSEE

  • Depuis la crise de 2008, la consommation a progressé en moyenne de 0,2 % par an selon l’INSEE.

2. Définition et mesure de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Consommation finale des ménages : Ensemble des dépenses en biens et services visant à satisfaire les besoins des individus.
  • Pouvoir d’achat : Quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec une unité de salaire, définie par rapport au revenu disponible brut.
  • Consommation agrégée : Somme des consommations finales de tous les ménages.

★ À maîtriser

📌 La dépense de consommation finale correspond aux dépenses consenties par un secteur pour acquérir des biens et services de consommation, tandis que la consommation finale effective correspond à l’acquisition de ces biens et services par un secteur.

Compléments

  • Les dépenses pré-engagées sont passées de 15 % du revenu disponible brut en 1959 à presque 30 % aujourd’hui.

3. Formes de consommation

★ À maîtriser

📌 La consommation finale satisfait directement un besoin, tandis que la consommation intermédiaire utilise un bien dans la production d’un autre bien.

📌 La consommation marchande porte sur des biens ou services échangés sur un marché à un prix supérieur à leur coût de revient, tandis que la consommation non marchande est gratuite ou vendue à un prix nettement inférieur à son coût de revient.

Compléments

📌 La consommation individuelle est décidée par chaque ménage selon ses besoins et ses moyens, tandis que la consommation collective correspond à des services collectifs non marchands fournis par les administrations publiques.

Astuce mémo

Finale satisfait directement un besoin ; intermédiaire contribue à produire un autre bien.

4. Ajustement classique entre épargne et investissement

★ À maîtriser

  • Selon la loi des débouchés de J.B Say (1803), toute offre crée sa propre demande et une augmentation de la production distribue un supplément de revenu.

  • Dans l’analyse classique, l’épargne correspond à la demande d’investissement et est considérée comme productive ; la monnaie est un voile.

📐 Formule - Sur le marché financier classique, l’offre d’épargne augmente avec le taux d’intérêt et la demande d’investissement diminue avec le taux d’intérêt : S=f(i), f′(i)>0;I=f(i), f′(i)<0S=f(i),\ f'(i)>0;\quad I=f(i),\ f'(i)<0.

Compléments

  • Dans l’approche classique, le taux d’intérêt assure l’égalité entre l’épargne et l’investissement sur le marché financier.

  • Dans la vision classique, la consommation est le résidu de l’épargne et le taux d’intérêt arbitre l’allocation du revenu entre consommation présente et épargne.

5. Approche keynésienne de l’épargne

Notions clés & Définitions

  • Épargne : Part du revenu qui n’est pas consommée immédiatement.

★ À maîtriser

  • Pour Keynes, le taux d’intérêt n’intervient pas dans la détermination de l’épargne, qui constitue le résidu de la consommation. - J-M. Keynes

  • Les keynésiens s’inquiètent d’un excès d’épargne, tandis que les néoclassiques s’inquiètent d’une insuffisance d’épargne.

Compléments

  • Dans l’approche keynésienne, l’épargne peut être demandée pour elle-même et constituer une fuite dans le circuit économique, susceptible de déséquilibrer l’épargne et l’investissement.

Astuce mémo

Chez Keynes, l’épargne est le résidu de la consommation ; chez les classiques, la consommation est le résidu de l’épargne.

6. Fonctions keynésiennes de consommation et d’épargne

★ À maîtriser

📐 Formule - La fonction keynésienne de consommation s’écrit Ct=C0+cYdtC_t=C_0+cY_{dt}, où C0C_0 est la consommation autonome et YdtY_{dt} le revenu disponible réel à la période t.

  • La propension marginale à consommer mesure la variation de consommation provoquée par une variation marginale du revenu et vérifie 0<c<10<c<1 dans la fonction keynésienne.

📌 La propension moyenne à consommer est la part du revenu consacrée à la consommation ; elle est positive et décroissante, et elle est supérieure à la propension marginale à consommer lorsque le revenu augmente.

  • La loi psychologique fondamentale affirme que la consommation augmente avec le revenu, mais moins que proportionnellement. - Keynes

Compléments

📐 Formule - Dans la fonction keynésienne, l’épargne est le revenu disponible non consommé et vérifie St=Ydt−Ct=−C0+(1−c)YdtS_t=Y_{dt}-C_t=-C_0+(1-c)Y_{dt}.

7. Prolongements et effets de la consommation

★ À maîtriser

📐 Formule - L’effet patrimoine élargit la fonction de consommation aux actifs détenus : Ct=cRt+dAtC_t=cR_t+dA_t, où dd est la propension à dépenser des actifs et AtA_t le montant des actifs à la période t.

📌 L’élasticité-revenu distingue les biens inférieurs, dont l’élasticité est inférieure à 0, les biens normaux, dont l’élasticité est comprise entre 0 et 1, et les biens supérieurs, dont l’élasticité est supérieure à 1.

Compléments

  • S. Kuznets montre en 1940 que la consommation est une fonction linéaire du revenu, avec une propension moyenne et marginale à consommer d’environ 0,86, et que la propension marginale est stable à long terme mais varie à court terme.

  • L’effet de cliquet de J-S. Duesenberry désigne la lente adaptation de la consommation au revenu, le consommateur cherchant à maintenir son niveau de consommation antérieur.

  • La théorie du revenu relatif de J-S. Duesenberry explique que les individus imitent la consommation des catégories sociales supérieures par effet d’imitation et de démonstration.

  • Selon la loi de Giffen, une diminution du prix peut entraîner une diminution de la demande de certains produits inférieurs, notamment dans les groupes sociaux à faible revenu.

  • L’effet Veblen, également appelé effet de snobisme ou d’ostentation, désigne un bien dont la valeur symbolique peut rendre la demande plus forte lorsque son prix augmente.

8. Revenu permanent et consommation

Notions clés & Définitions

  • Revenu permanent : Flux de revenu constant dont la valeur actualisée est égale à la richesse de l’agent.

★ À maîtriser

📌 Le revenu permanent est le revenu que les agents s’attendent à conserver, tandis que le revenu transitoire résulte de circonstances aléatoires comme un gain au loto ou une période de chômage.

📐 Formule - Dans la théorie de M. Friedman, la consommation dépend du revenu permanent : C=kYpC=kY_p.

Compléments

  • Selon la théorie du revenu permanent, les ménages ne modifient leur consommation que s’ils estiment qu’une variation de revenu est permanente plutôt que transitoire.

  • Une baisse momentanée des impôts risque d’avoir peu d’effet sur la consommation si les ménages ne la perçoivent pas comme une hausse durable de leur revenu.

9. Cycle de vie et patrimoine

★ À maîtriser

  • La théorie du cycle de vie de F. Modigliani explique la répartition de la consommation, du revenu et de l’épargne d’un individu au cours de sa vie.
  • Le cycle de vie du ménage comprend trois phases d’épargne et de consommation.

📐 Formule - La fonction de consommation agrégée du cycle de vie s’écrit C=αW+βYC=\alpha W+\beta Y, où α\alpha est la propension marginale à consommer la richesse et β\beta celle à consommer le revenu.

Compléments

  • La théorie du cycle de vie suppose que les individus connaissent leur durée de vie finie et leurs revenus futurs, et que les marchés financiers sont parfaits et sûrs.

  • En 2012, les 20 % des plus riches détenaient 71 % du patrimoine, qui attribue à T. Piketty cette mise en évidence des inégalités patrimoniales. - T.Piketty, Le capital au XXIe siècle, 2013

Astuce mémo

Jeunesse : désépargne → vie active : épargne → retraite : désépargne.

10. Épargne optimale et choix économiques

Points essentiels

  • Depuis 2000, le taux d’épargne des ménages est présenté comme stable autour de 15 %, avec un niveau de 21 % depuis 2020.

  • Les facteurs explicatifs cités sont :

    • Le vieillissement
    • L’inflation
    • Le niveau des taux d’intérêt
    • La faiblesse de la demande de travail
  • E.-S. Phelps établit une règle d’or d’accumulation du capital selon laquelle le taux optimal d’épargne doit égaler la part des revenus du capital dans l’économie.

  • La détermination pratique d’un taux optimal d’épargne exige d’analyser la conjoncture et est compliquée par la globalisation financière, notamment par la distinction entre épargne longue et épargne courte.

Tableaux de synthèse

Épargne et consommation selon les approches

ApprocheDétermination de l’épargnePréoccupation
ClassiqueL’épargne finance l’investissementInsuffisance d’épargne
KeynésienneRésidu du revenu après consommationExcès d’épargne et demande insuffisante
Cycle de vieChoix réparti sur la durée de vieLissage de la consommation

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Macroéconomie de la consommation avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment la consommation des ménages soutient-elle la croissance économique ?

2. Quel changement a caractérisé la consommation des ménages français en 2020 pendant la crise sanitaire ?

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Révisez avec les flashcards

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Quel rôle la consommation joue-t-elle dans la croissance ?

Elle soutient la croissance en assurant des débouchés aux entreprises et en les incitant à investir.

Qu’est-ce que la consommation finale des ménages ?

L’ensemble des dépenses en biens et services visant à satisfaire les besoins des individus.

Quelle évolution moyenne de la consommation l’INSEE indique-t-elle depuis la crise de 2008 ?

Une progression moyenne de 0,2 % par an, selon l’INSEE.

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