Fiche de révision : Mutations financières et pensée économique

Plan du Cours

  1. Acteurs et secteurs institutionnels
  2. Production et mesure du PIB
  3. Répartition des revenus
  4. Consommation et choix des ménages
  5. Échanges extérieurs et balances
  6. Monnaie, pouvoir et souveraineté
  7. Dématérialisation et masse monétaire
  8. Création monétaire et crédit
  9. Monnaie et débats théoriques
  10. Politiques monétaires et financement
  11. Désintermédiation et décloisonnement financiers
  12. Marchéisation des systèmes de financement
  13. Acteurs et risques de la finance libéralisée
  14. Réformes financières après la crise
  15. Des mercantilistes aux économistes classiques
  16. Crises et contradiction capitaliste
  17. Courants néoclassiques et évolutions
  18. Keynésianisme et courants postkeynésiens

Repères chronologiques

  1. 1987Des crises financières de plus en plus graves se sont succédé depuis le premier krach évoqué.
  2. 2001L’affaire Enron illustre le caractère frauduleux que peuvent prendre les montages déconsolidants.
  3. 1993-2002La France a connu un excédent permanent de sa balance commerciale.
  4. 2008La crise financière a mené le système financier au bord de l’effondrement et provoqué une récession dans les économies capitalistes.
  5. 2019Le scandale Wirecard constitue une version allemande de l’affaire Enron.

1. Acteurs et secteurs institutionnels

Notions clés & Définitions

  • Unité institutionnelle : Centre élémentaire de décision économique caractérisé par un comportement unique et une autonomie de décision dans l’exercice de sa fonction principale.
  • Secteur institutionnel : Regroupement d’unités institutionnelles ayant un comportement économique analogue, établi par la similitude de leur fonction principale.
  • Ménage : Ensemble des individus vivant sous un même toit ; en comptabilité nationale, il inclut aussi les entrepreneurs individuels, dont le patrimoine n’est pas juridiquement distinct de celui du ménage.
  • Balance des paiements : Document statistique et comptable qui enregistre, pour un pays et une période donnée, les flux réels, monétaires et financiers entre résidents et non-résidents.
  • Circuit économique : Représentation graphique simplifiée de l’activité économique qui décrit, au moyen de flux, les relations essentielles entre les agents.
  • Reste du monde : Regroupement des unités non résidentes avec lesquelles les unités résidentes effectuent des opérations économiques.

★ À maîtriser

  • Les secteurs institutionnels résidents sont :

    • Sociétés non financières
    • Sociétés financières
    • Administrations publiques
    • Institutions sans but lucratif au service des ménages
    • Ménages
  • Les administrations publiques regroupent l’administration centrale, les administrations locales et les administrations de Sécurité sociale ; elles produisent des services non marchands et redistribuent le revenu et le patrimoine, principalement grâce aux prélèvements obligatoires.

Compléments

  • La notion économique d’entreprise renvoie à trois niveaux d’analyse :

    • L’établissement, unité physique de production juridiquement dépendante du siège social
    • La société, réalité juridique, fiscale et comptable
    • Le groupe, réalité financière regroupant une société-mère, ses filiales et ses prises de participation
  • Les institutions sans but lucratif au service des ménages regroupent notamment les églises, syndicats, associations et partis politiques ; elles produisent des services non marchands destinés à leurs membres et sont principalement financées par les cotisations volontaires et les subventions.

2. Production et mesure du PIB

Notions clés & Définitions

  • Science économique : Étude de la façon dont les individus ou les sociétés utilisent des ressources rares pour satisfaire au mieux leurs besoins et s’organisent pour produire, répartir, distribuer et consommer des biens et services.
  • Production : Ensemble des biens et services produits au cours d’une période par une personne, une entreprise ou un pays.
  • Produit intérieur brut : Mesure de la valeur des biens et services marchands et non marchands produits en une année à l’intérieur d’un territoire donné.

★ À maîtriser

  • Les opérations économiques sont des flux de biens ou de monnaie entre agents, classés selon la nature de l’activité économique concernée.

  • On distingue trois catégories d’opérations économiques :

    • Les opérations sur les biens et services
    • Les opérations de répartition
    • Les opérations financières
  • Les opérations sur les biens et services décrivent l’origine des biens disponibles — production et importations — ainsi que leurs utilisations — consommation, investissement, dépenses publiques et exportations.

📌 La production marchande est vendue sur un marché à un prix couvrant au moins les coûts de production et vise le profit, tandis que la production non marchande est fournie gratuitement ou à un prix nettement inférieur à son coût de production.

  • Le PIB ne mesure pas directement le bien-être, les inégalités de revenus, le travail domestique, le bénévolat ni les activités informelles ou non déclarées.

Compléments

  • Les opérations de répartition décrivent la formation des revenus des agents par distribution et redistribution, ainsi que la circulation de ces revenus.

  • Les opérations financières concernent la création et la circulation des moyens de paiement et montrent comment les agents se financent.

  • En 1931, le Congrès des États-Unis sollicite Simon Kuznets pour construire un indicateur mesurant les effets de la Grande Dépression, ce qui le conduit à élaborer le PIB. - S. Kuznets

  • Le PIB est dit brut parce qu’il ne déduit pas la consommation de capital fixe, également appelée amortissement.

  • Le PIB est calculé comme la somme des valeurs ajoutées brutes et les biens et services sont agrégés à l’aide de leurs prix monétaires.

3. Répartition des revenus

Notions clés & Définitions

  • Revenus primaires : Perçus en contrepartie directe ou indirecte de la participation des agents à l’activité productive, à partir du travail ou du capital.
  • Revenus secondaires : Attribués sans contrepartie directe et immédiate à l’activité productive afin de prendre en charge certains risques ou d’assurer des droits sociaux.
  • Revenu disponible brut : Somme dont disposent les ménages pour consommer et épargner après ajout des transferts aux revenus primaires et déduction des impôts.

★ À maîtriser

  • Les revenus primaires proviennent du travail ou du capital, dont les revenus comprennent :
    • Les intérêts
    • Les loyers
    • Les rentes
    • Les redevances
    • Les profits, dont la forme distribuée est le dividende

📐 Formule - L’excédent brut d’exploitation vérifie EBE=VA−(salairesbruts+chargespatronales+impo^tslieˊsaˋlaproduction)EBE = VA - (salaires bruts + charges patronales + impôts liés à la production).

📌 La redistribution horizontale transfère des ressources entre situations de vie ou risques différents, tandis que la redistribution verticale vise à réduire les inégalités entre catégories sociales.

📐 Formule - Le revenu disponible vérifie revenus primaires+transferts−impo^ts=revenus disponiblesrevenus\ primaires + transferts - impôts = revenus\ disponibles.

  • Pour Keynes, redistribuer les revenus vers les classes pauvres, dont la propension à consommer est plus forte que celle des classes riches, relève la propension moyenne à consommer et favorise la restauration du plein emploi.

  • Dans Full Employment in a Free Society (1944, Du travail pour tous dans une société libre), Beveridge propose que l’État garantisse un décaissement total suffisant pour protéger les citoyens contre le chômage massif.

Compléments

  • Les principales prestations sociales concernent la santé, la vieillesse, la famille et l’emploi.

  • En France, les dépenses du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse ont dépassé 400 milliards d’euros en 2019, tandis que les dépenses de l’État étaient d’environ 350 milliards.

📌 Pour Keynes, les inégalités sont justifiables lorsqu’elles stimulent l’accumulation du capital et profitent au plus grand nombre, mais deviennent excessives lorsqu’elles entretiennent le désir d’argent sans accroître la richesse sociale.

  • Le rapport Beveridge vise une protection effective contre certaines infortunes :
    • la perte de l’emploi
    • la maladie
    • l’ignorance

Astuce mémo

Revenu primaire contrepartie de la production ; revenu secondaire redistribution sans contrepartie directe

4. Consommation et choix des ménages

Notions clés & Définitions

  • Consommation : Utilisation d’un bien ou d’un service pour répondre à un besoin, entraînant sa destruction à plus ou moins long terme.
  • Coefficient budgétaire : Mesure la part d’un type de dépense d’un individu ou d’une catégorie de personnes dans l’ensemble de leurs dépenses de consommation.
  • Coût d’opportunité : Gain auquel on renonce en n’affectant pas une ressource à son meilleur emploi alternatif possible.

★ À maîtriser

  • La consommation marchande concerne un bien ou service acquis au prix de marché, tandis que la consommation non marchande est gratuite ou quasi gratuite, comme l’autoconsommation ou un service public.

  • Le niveau de vie désigne l’ensemble des biens et services dont une personne peut disposer, tandis que le mode de vie désigne ses façons concrètes de se comporter, d’utiliser son temps, d’avoir des loisirs et d’organiser sa vie sous contraintes matérielles et sociales.

  • Dans le modèle néoclassique, le consommateur rationnel répartit ses dépenses selon ses préférences et sa contrainte budgétaire, à l’équilibre lorsque les utilités marginales pondérées par les prix sont égales.

📐 Formule - L’épargne économique est égale au revenu disponible brut moins la consommation finale : Eˊpargne=RDB−consommationfinaleÉpargne = RDB - consommation finale.

  • Dans la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, Keynes affirme que la propension à consommer est assez stable et que la consommation globale dépend essentiellement du revenu global.

📌 Pour Keynes, l’épargne est un résidu dans l’affectation du revenu et gaspille des ressources présentes, tandis que la tradition néoclassique la considère comme une affectation destinée à la consommation future.

Compléments

📌 La consommation individuelle répond au besoin d’un individu, tandis que la consommation collective répond au besoin d’une collectivité.

  • Le SECN de 1976 exclut de la consommation finale l’achat de logements neufs et les dépenses liées à la redistribution, mais comprend les dépenses de santé, les loyers et les allocations logement.

  • Le SECN de 1995 remplace la consommation finale par l’agrégat de consommation finale effective, car l’ancienne mesure surestimait la consommation des ménages.

  • La société de consommation désigne notamment la diffusion des biens d’équipement durables et la multiplication des incitations à consommer ; elle s’affirme à partir des années 1930 aux États-Unis et des années 1950 en Europe de l’Ouest.

  • J. Baudrillard soutient que, dans la société de consommation, l’effet signe et la valeur symbolique des biens comme signes d’appartenance sociale ou d’adhésion culturelle deviennent des motivations centrales de la consommation.

  • T. Veblen expose en 1899, dans sa théorie de classe de loisirs, la consommation ostentatoire visant à afficher le statut ou l’appartenance sociale.

📌 À court terme, la propension moyenne à consommer est toujours supérieure à la propension marginale à consommer.

Astuce mémo

Niveau de vie : biens disponibles ; mode de vie : façons de vivre.

5. Échanges extérieurs et balances

Notions clés & Définitions

  • Balance commerciale : Document comptable qui enregistre les importations et les exportations de marchandises d’un pays sur une période donnée.
  • Balance des paiements : Regroupe l’ensemble des opérations d’un pays avec le reste du monde, y compris les transactions courantes, les opérations financières et les opérations de capital.
  • Échanges extérieurs : Échanges économiques entre le territoire français et le reste du monde, notamment les marchandises, les services et les transferts financiers liés aux opérations de répartition ou de capital.

★ À maîtriser

📌 Pour les classiques, la loi de Say implique que l’offre crée sa propre demande et que le bon fonctionnement des marchés équilibre l’épargne et l’investissement, sans surabondance d’épargne.

📌 Pour Keynes, l’égalité entre épargne et investissement est comptable ex post et ne garantit pas leur égalité ex ante, car l’investissement dépend des débouchés anticipés plutôt que de la seule quantité d’épargne.

Compléments

  • Une préférence des ménages pour la liquidité peut conduire à conserver l’épargne en monnaie plutôt qu’à la transformer en titres, ce qui peut réduire les débouchés, l’activité et l’emploi.

  • Chez Keynes, les motifs de spéculation peuvent prendre le pas sur les motifs de précaution et d’achats reportés dans la détention de monnaie.

  • L’évolution du partage de la valeur ajoutée en France depuis les années 1970 aide à comprendre l’évolution de long terme des taux d’investissement des entreprises et de leur épargne.

  • Les évaluations officielles de la balance commerciale retiennent les prix FAB à la frontière du pays exportateur ; la valeur des importations est d’abord établie au prix CAF.

  • Un solde commercial positif peut refléter l’efficacité de l’appareil productif et de bonnes spécialisations, mais il peut aussi résulter d’une récession qui réduit les importations par le ralentissement de la consommation et de l’investissement.

  • Un pays déficitaire peut financer ses importations en puisant dans ses réserves de devises ou en empruntant, ce qui peut accroître sa dette envers les pays tiers.

  • Les exportations de services peuvent compenser un déficit commercial, mais les services ne représentent encore qu’un tiers du compte des transactions courantes, qui comprend biens, services, revenus et transferts courants.

  • La balance des paiements est toujours équilibrée par construction et dégage des soldes intermédiaires plus ou moins déficitaires ou excédentaires.

  • Le solde du compte des transactions courantes et du compte capital indique la capacité ou le besoin de financement de la nation.

  • Le solde de la balance des paiements est l’opposé de la variation de la position monétaire extérieure, c’est-à-dire de la variation du patrimoine financier du pays vis-à-vis du reste du monde.

6. Monnaie, pouvoir et souveraineté

Notions clés & Définitions

  • Monnaie : Actif liquide servant à évaluer et à régler les échanges.

★ À maîtriser

  • La monnaie remplit trois fonctions :

    • intermédiaire général dans les échanges
    • réserve de valeur
    • unité de mesure
  • La confiance dans la valeur de la monnaie est garantie par le pouvoir politique, et son affaiblissement peut faire perdre à la monnaie ses fonctions.

  • Le pouvoir d’émettre de la monnaie est une prérogative de l’État et « battre monnaie » est un droit régalien.

Compléments

  • Dans une économie de troc, les biens s’échangent directement contre d’autres biens ; dans une économie monétaire, la monnaie sert d’intermédiaire général des échanges.

  • La monnaie est une créance sur l’économie parce qu’elle permet d’acquérir les biens disponibles et possède une liquidité parfaite.

  • Comme unité de compte, la monnaie exprime la valeur des biens, services et revenus et permet de comparer leurs valeurs relatives au moyen d’un numéraire.

  • Comme réserve de valeur, la monnaie permet de transférer du pouvoir d’achat dans le temps et peut être conservée pour des motifs de précaution ou de transaction, ou pour éviter des pertes en capital.

  • Maurice Godelier montre dans La Production des grands hommes que la monnaie est imbriquée dans les relations sociales ; chez les Baruyas de Nouvelle-Guinée, la fabrication des barres de sel-monnaie mobilise le groupe entier et possède un pouvoir symbolique et une fonction cérémonielle.

  • G. Simmel présente l’argent comme une manifestation de la société moderne dans laquelle les individus ne sont plus liés de force les uns aux autres.

  • P. Vilar interprète le passage du féodalisme au capitalisme comme le passage d’un système où le phénomène monétaire est secondaire à un système où l’argent joue un rôle majeur.

  • La monnaie favorise la rationalité calculatrice en transformant le monde en problème arithmétique, mais réduit aussi les relations personnelles à des rapports monétaires et masque des rapports de force.

  • En 1905, G.F. Knapp écrit que « la monnaie est une création de la loi ».

  • L’hyperinflation a atteint 24 000 % en Bolivie en 1984 et a contribué, dans certains pays d’Amérique latine, au remplacement de monnaies nationales par la dollarisation.

  • La monnaie est un bien collectif et, selon l’expression de M. Mauss, un « fait social total ».

Astuce mémo

Confiance politique → maintien des fonctions monétaires

7. Dématérialisation et masse monétaire

Notions clés & Définitions

  • Monnaie scripturale : Monnaie immatérielle qui existe grâce aux écritures comptables enregistrées dans les institutions financières, notamment les banques.
  • Masse monétaire : Stock de l’ensemble des actifs liquides, mesuré par les agrégats monétaires M1, M2 et M3.

★ À maîtriser

  • Au XIXe siècle, les billets de banque sont convertibles en or, n’ont pas de valeur intrinsèque et leur émission est plus ou moins liée aux réserves d’or de la banque.

  • La dématérialisation monétaire s’est déroulée en trois étapes : recul de la monnaie métallique au profit des billets, recul des paiements manuels au profit de la monnaie scripturale et des chèques, puis recul relatif du chèque au profit des règlements automatisés.

📌 La monnaie est un actif, donc un avoir ou une créance, pour son détenteur et un passif, donc une dette, pour l’institution qui l’émet.

Compléments

  • Les formes monétaires citées vont de biens matériels à la monnaie scripturale, notamment :

    • le sel
    • les barres de fer
    • les blocs de thé
    • les fèves de cacao
    • la monnaie scripturale
  • Au début du XIXe siècle, les pièces d’or et d’argent circulent effectivement et valent leur poids en métal.

  • Les agrégats monétaires reposent sur le bilan consolidé des institutions financières monétaires et évaluent la capacité de dépense des agents économiques.

Astuce mémo

Métal → billets → chèques → règlements automatisés

8. Création monétaire et crédit

Notions clés & Définitions

  • Création monétaire : Opération par laquelle un agent financier met en circulation une monnaie qui n’a encore jamais circulé.

★ À maîtriser

  • Les principaux émetteurs de monnaie sont les établissements de crédit et la Banque centrale, et les banques commerciales émettent la plus grande partie de la monnaie scripturale.

📌 Un dépôt de billets converti en solde créditeur substitue de la monnaie scripturale à la monnaie manuelle retirée de la circulation, tandis que la monétisation de créances crée un supplément de monnaie en circulation.

📌 Dans le modèle du multiplicateur de crédit, les banques détiennent des réserves avant de prêter, tandis que dans le modèle du diviseur elles prêtent d’abord et se refinancent ensuite.

📐 Formule - Le coefficient multiplicateur de crédit vérifie K=1r+b+rbK = \frac{1}{r+b+rb}, où rr est le coefficient de réserves obligatoires et bb la proportion de monnaie scripturale que les agents souhaitent conserver en billets.

  • Pour les postkeynésiens, les banques créent d’abord crédits et dépôts, puis recherchent la monnaie centrale nécessaire pour répondre aux demandes de leurs clients et respecter les réserves obligatoires.

Compléments

  • En France, les établissements de crédit comprennent :

    • les banques
    • les sociétés financières
    • les caisses de crédit municipal
    • les banques mutualistes ou coopératives
    • les institutions financières spécialisées
  • La loi bancaire de 1984 encadre l’activité des établissements de crédit.

  • L’escompte commercial est l’opération classique de monétisation de créances.

  • Lorsque l’État demande des avances à la Banque centrale, celle-ci crée de la monnaie en acquérant une créance sur le Trésor public.

  • M. Friedman et A. Schwartz font dépendre la valeur du multiplicateur des habitudes de paiement et des réserves que la Banque centrale impose aux banques commerciales.

  • Selon M. Lavoie, l’opposition entre création monétaire exogène et endogène renvoie notamment à celle entre économie de marché financier et économie d’endettement.

  • Les banques limitent leur création monétaire parce qu’elles doivent assurer la convertibilité de leur monnaie scripturale en monnaie centrale et répondre aux besoins de liquidités.

Astuce mémo

Multiplicateur : réserves d’abord ; diviseur : prêts d’abord

9. Monnaie et débats théoriques

★ À maîtriser

📌 L’analyse dichotomique considère la monnaie comme neutre et séparée de la sphère réelle, tandis que l’analyse non dichotomique considère qu’elle peut agir sur l’activité économique.

📐 Formule - L’équation quantitative de la monnaie formulée par I. Fisher en 1911 s’écrit Mv=PTM v = P T, où M est la quantité de monnaie, v sa vitesse de circulation, P le prix moyen des transactions et T leur volume. - Le pouvoir d’achat de la monnaie

  • Dans la Théorie générale, Keynes défend une économie monétaire de production et soutient que la monnaie peut être demandée pour elle-même en raison de sa liquidité.

  • Pour Keynes, une hausse de l’offre de monnaie peut faire baisser les taux d’intérêt et stimuler l’investissement.

📌 Une politique monétaire expansive peut stimuler l’investissement sans provoquer d’inflation en situation de sous-emploi, tandis qu’en situation de plein-emploi une hausse de la monnaie plus rapide que l’activité provoque une hausse des prix.

Compléments

  • Pour les classiques et les néoclassiques, la monnaie est exogène et la demande de monnaie répond principalement au motif de transaction.

  • Dans le Morning Chronicle en 1809, D. Ricardo défend l’idée qu’il existe une infinité de prix relatifs liés aux coûts de production, mais un seul prix absolu lié à la quantité de monnaie émise.

  • J.B. Say soutient, dans sa loi des débouchés, que les produits s’échangent contre les produits et que le voile monétaire masque la réalité des échanges.

  • J. Bodin relie l’abondance d’or à la hausse des prix lors de la controverse issue de la publication des Paradoxes de Malestroit en 1566.

Astuce mémo

Monnaie neutre chez les classiques, active chez Keynes

10. Politiques monétaires et financement

Notions clés & Définitions

  • Prêteur en dernier ressort : Banque centrale lorsqu’elle intervient pour assurer la survie d’une banque en faillite et empêcher qu’une crise localisée ne s’étende au système financier.

★ À maîtriser

  • Pour les monétaristes, la demande de monnaie augmente avec le revenu permanent et les anticipations d’inflation, mais diminue lorsque s’accroît le coût d’opportunité de la détention monétaire.

  • Les monétaristes donnent la priorité à la lutte contre l’inflation et préconisent d’agir sur la création monétaire.

  • Pour les keynésiens, la politique monétaire agit sur l’activité par le taux d’intérêt afin de soutenir la relance ou de contenir les tensions inflationnistes.

📌 Le financement indirect fait intervenir un intermédiaire financier qui est créancier de l’emprunteur et débiteur du déposant, tandis que le financement direct met emprunteur et prêteur en relation sans cet intermédiaire.

  • Le financement direct comprend l’émission de titres sur les marchés des capitaux, tandis que le financement indirect repose notamment sur l’intermédiation bancaire.

📌 Dans une économie d’endettement, les entreprises se financent surtout par crédits bancaires et la politique monétaire privilégie le contrôle quantitatif du crédit, tandis que dans une économie de marché financier elles se financent surtout par émissions de titres et les taux d’intérêt sont flexibles.

  • Les « 3D » désignent : (H. Bourguinat) :
    • la déréglementation
    • la désintermédiation
    • le décloisonnement

Compléments

  • Avant la révolution industrielle, les activités bancaires embryonnaires accompagnent surtout le commerce international, puis les grandes banques se développent avec le financement des industries lourdes.

  • En 1966, la fusion de la BNCI et du Comptoir national d’escompte de Paris donne naissance à la BNP.

  • La protection par un prêteur en dernier ressort peut créer un aléa moral en incitant les banques à prendre davantage de risques.

  • Le marché monétaire échange des titres courts contre des liquidités et constitue un point d’application de la politique monétaire.

  • Le marché financier est le lieu d’émission et d’échange des valeurs mobilières, principalement les actions et les obligations.

  • Selon J. Schumpeter, la Bourse réalloue les actifs entre les entreprises selon leurs perspectives de développement et favorise un usage plus productif des ressources.

  • La déréglementation supprime des règles et des contrôles sur les prix des services bancaires afin de faciliter la circulation des flux financiers.

  • La déréglementation financière a historiquement commencé aux États-Unis avant de s’étendre au reste du monde.

11. Désintermédiation et décloisonnement financiers

Notions clés & Définitions

  • Désintermédiation : L’accès direct des entreprises au financement par émission de titres plutôt que par endettement auprès des banques.
  • Décloisonnement : La suppression de séparations entre les compartiments des marchés financiers et entre les acteurs financiers.

★ À maîtriser

  • Au début des années 1980, l’accumulation de créances douteuses ou difficilement recouvrables conduit les banques à transformer des prêts en produits financiers revendus à des particuliers et à des fonds de pension afin d’assainir leur bilan.

  • Selon Bourguinat, la désintermédiation repose sur trois principes :

    • répartir les emprunts en petits titres de faible valeur
    • renouveler régulièrement les emprunts pour assurer leur financement sur une longue période
    • se borner au rôle d’intermédiaire et pouvoir reprendre les titres émis si le marché manque de liquidité
  • Le décloisonnement supprime notamment les séparations : entre comptes courants et comptes à terme, entre banques et assurances, entre marchés de long terme et de court terme, entre crédits en monnaie nationale et crédits en devises

Compléments

  • En France et en Allemagne, la part du crédit bancaire est passée des deux tiers à la fin des années 1970 à 50 % au moment de la rédaction du cours.

  • L’accès au marché monétaire était réservé à certaines entités, notamment :

    • la SNCF
    • la Sécurité Sociale
    • la chambre syndicale des agents de change
  • En Europe, la libre circulation des capitaux est effective depuis 1990 à la suite de l’abolition du contrôle des changes.

  • Aux États-Unis, le McFadden Act de 1927, qui empêchait une banque d’implanter des succursales dans plus d’un État à la fois, est abrogé dans le cadre de la restructuration bancaire.

  • La séparation obligatoire entre banques commerciales et banques d’investissement est ensuite supprimée aux États-Unis.

  • En France, le marché financier est libéralisé entre 1984 et 1986.

Astuce mémo

La désintermédiation change le mode de financement ; le décloisonnement supprime les frontières entre marchés et acteurs.

12. Marchéisation des systèmes de financement

Notions clés & Définitions

  • Marchéisation : Le processus par lequel un secteur devient soumis aux lois des marchés financiers.
  • Marchéisation du crédit : La marchéisation du crédit désigne le choix des banques de se financer sur les marchés des capitaux plutôt qu’auprès des banquiers, lorsque les taux de marché sont inférieurs.

★ À maîtriser

📌 Durant les Trente Glorieuses, les États-Unis sont souvent présentés comme une économie de marché financier, tandis que la France et l’Allemagne sont présentées comme des économies d’endettement.

  • Après l’échec des politiques interventionnistes du début des années 1980, l’action publique et la conjoncture économique ont favorisé le recul des financements intermédiés et le développement des marchés de capitaux.

Compléments

  • Depuis la désintermédiation, les emprunteurs peuvent choisir leur type de financement et les banques sont en concurrence entre elles ainsi qu’avec les autres sources de financement, les taux étant publics.

  • Après la Seconde Guerre mondiale, les pays occidentaux ont adopté une architecture financière réglementée reposant sur l’endettement.

  • Dans les années 1970-1980, les États ont lancé des politiques de libéralisation pour transformer la mobilisation des ressources nécessaires à l’économie.

  • La construction européenne a favorisé l’unification de l’espace financier dans la zone euro, tandis que les marchés de capitaux jouent un rôle central dans la mise en relation des offreurs et des demandeurs de liquidités et ignorent de plus en plus les frontières, notamment au sein de l’UEM.

  • En France, l’État a créé entre 1948 et 1955 des fonds sous forme de comptes spéciaux du Trésor pour financer les secteurs public et privé.

📌 Le passage de la France à une économie de marchéisation financière doit être relativisé, car les banques ont accru leurs interventions sur les marchés et le développement de ceux-ci bénéficie surtout à l’État et aux grandes entreprises.

Astuce mémo

Libéralisation et recul du crédit intermédié → essor des marchés de capitaux.

13. Acteurs et risques de la finance libéralisée

Notions clés & Définitions

  • Agences de notation : Les organismes qui évaluent la solvabilité des émetteurs de titres et contribuent à améliorer l’information sur les marchés.

★ À maîtriser

  • Le développement des marchés de capitaux favorise les investisseurs institutionnels, spécialisés dans l’intermédiation de marché et la fourniture de nouveaux services.

  • Les retournements des marchés financiers sont rarement progressifs et entraînent souvent des crises économiques et sociales sévères.

  • Lorsque la rentabilité économique est supérieure au coût réel de l’argent, l’endettement peut produire un effet de levier financier positif ; lorsque la rentabilité économique baisse, cet effet devient négatif.

  • La régulation financière doit notamment répondre à l’asymétrie de l’information qui pénalise les épargnants et aux externalités négatives consécutives aux catastrophes financières.

Compléments

  • Dans Pourquoi les crises reviennent toujours, P. Krugman présente les crises financières récurrentes comme le témoignage de l’instabilité intrinsèque des systèmes financiers actuels.

  • La faillite d’Enron a initié une série de scandales qui a soulevé la question de la protection des agents économiques victimes de conflits d’intérêts.

  • Pour réduire leurs besoins en capitaux propres, les entreprises peuvent accroître leur endettement financier et dissimuler une partie de leur dette au moyen de montages déconsolidants.

14. Réformes financières après la crise

Notions clés & Définitions

  • Système de résolution des crises : Un dispositif qui vise, lors d’une défaillance bancaire, à éviter une crise systémique, à protéger le contribuable et à respecter la hiérarchie entre créanciers.

★ À maîtriser

  • La stabilité des prix peut coexister avec de fortes hausses des prix des actifs immobiliers et boursiers alimentées par une expansion excessive du crédit et des liquidités abondantes à faible coût fournies par les banques centrales.

  • La crise commencée en 2008 a montré que la politique monétaire doit intégrer un objectif de stabilité financière.

📌 Dans le partage des interventions de crise, les États assurent les opérations de recapitalisation tandis que les banques centrales assurent la liquidité.

  • La réforme décidée par le G20 est fondée sur : promouvoir une réglementation saine et l’intégrité des marchés, renforcer la coopération internationale, réformer les institutions financières mondiales

Compléments

  • Pendant trois décennies, les banques centrales ont suivi une politique monétaire de ciblage de l’inflation fondée sur l’idée que l’absence d’inflation assurerait la stabilité financière.

  • Les institutions d’importance systémique doivent être identifiées et surveillées.

  • Le Conseil de stabilité financière (CSF) conduit le programme d’action et coordonne, avec le FMI, les travaux des instances de régulation sectorielles, dont la BRI et le Comité de Bâle.

  • La lenteur de la réforme financière Dodd-Frank aux États-Unis risque de créer une concurrence réglementaire susceptible de freiner la réforme globale.

  • Les nouvelles règles bancaires de Bâle III pourraient avoir des effets pervers sur le financement de l’économie et favoriser les risques associés au shadow banking, ou banque de l’ombre.

15. Des mercantilistes aux économistes classiques

Notions clés & Définitions

  • Physiocratie : Une doctrine qui fait de l’ordre naturel le principe d’organisation de l’économie et privilégie l’agriculture comme source de valeur et de richesse.

Points essentiels

  • L’économie politique naît au XVIIIe siècle de tentatives visant à expliquer des faits sociaux avec des méthodes proches de celles des sciences de la nature, après l’émancipation progressive des activités économiques de la tutelle religieuse.

  • Depuis le XVIe siècle, l’économie se libère progressivement de la morale au nom de l’individualisme et de l’efficacité, de la condamnation morale de l’économie à une conception amorale de son fonctionnement.

📌 Les mercantilistes libèrent les activités économiques de l’emprise religieuse sans les soustraire au pouvoir du prince, tandis que les libéraux conçoivent l’économie comme un ordre naturel indépendant du pouvoir politique.

  • Le mercantilisme bullioniste espagnol cherche à rapatrier les métaux précieux du Nouveau Monde et à empêcher leur sortie du territoire, notamment par de fortes taxes sur les exportations.

  • Le mercantilisme français privilégie l’industrie et les manufactures, soutenues par le protectionnisme et l’intervention de l’État pour assurer la qualité des produits nationaux.

  • F. Quesnay distingue trois classes économiques :

    • la classe productive des agriculteurs
    • la classe des propriétaires fonciers
    • la classe stérile des personnes exerçant des activités autres que l’agriculture, notamment les artisans

📌 Chez Quesnay, la classe productive crée plus de valeur qu’elle n’en consomme, la classe des propriétaires reçoit la rente foncière et dépense le surplus, tandis que la classe stérile transforme les biens et restitue seulement la valeur utilisée.

  • Le Tableau économique de Quesnay représente la circulation des biens et des paiements entre les classes, dans un circuit où les dépenses engendrent la production, la production les revenus et les revenus les dépenses.

  • La période classique est généralement considérée comme débutant avec Adam Smith, dont Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations marque un tournant dans l’analyse économique.

📌 A. Smith distingue la valeur d’usage, liée à l’utilité, de la valeur d’échange, qui exprime la valeur relative des biens.

  • A. Smith considère le travail comme la mesure réelle de la valeur échangeable des marchandises et développe une théorie de la valeur-travail commandé.

  • D. Ricardo soutient que la valeur d’échange d’une marchandise est proportionnelle au travail incorporé, composé du travail direct consacré au bien et du travail indirect consacré à ses moyens de production.

📌 J. B. Say se distingue des classiques anglais en faisant de l’utilité, plutôt que du travail, la source de la valeur d’échange. - J.B. Say

  • A. Smith identifie trois sources primitives de revenu :

    • le salaire
    • le profit
    • la rente
  • Ricardo développe un raisonnement différentiel pour expliquer la rente foncière à partir des rendements décroissants des terres mises en culture.

Astuce mémo

Les mercantilistes subordonnent l’économie au prince ; les libéraux lui reconnaissent un ordre autonome.

16. Crises et contradiction capitaliste

Notions clés & Définitions

  • Aliénation : Un processus de dépossession qui joue un rôle central dans l’analyse marxiste du prolétariat.
  • Plus-value : La valeur supplémentaire produite par l’ouvrier au-delà de la valeur de sa force de travail et appropriée par le capitaliste.
  • Suraccumulation : Un excès d’accumulation du capital par rapport à la somme totale de plus-value qu’il est possible d’obtenir pour valoriser ce capital.
  • Utilité marginale : L’utilité attachée à la dernière unité d’un bien détenue par un individu.

★ À maîtriser

  • Les quatre concepts de base de l’analyse marxiste sont :

    • la production
    • les forces productives
    • les rapports sociaux de production
    • le mode de production
  • Le prolétariat, parce qu’il ne possède pas les moyens de production, ne peut qu’être exploité par les capitalistes.

  • Le salaire de l’ouvrier rémunère la valeur de sa force de travail, liée au temps de travail socialement nécessaire pour la produire, et non la valeur des marchandises qu’il fabrique.

  • Le mode de production comprend une base économique et sociale, constituée des forces productives et des rapports sociaux de production, ainsi qu’une superstructure composée des institutions et de l’idéologie.

  • Le capitalisme développe les forces productives, mais l’accumulation des richesses se transforme inéluctablement en suraccumulation du capital.

📐 Formule - Le taux de profit est le rapport entre le profit, assimilé à la plus-value accumulée, et les fonds engagés pour acheter les moyens de production et payer les salaires : Taux de profit=profitfonds engageˊs\text{Taux de profit} = \frac{\text{profit}}{\text{fonds engagés}}.

📌 Les néoclassiques substituent à la théorie classique de la valeur-travail une analyse de la valeur fondée sur l’utilité.

📌 L’utilité marginale d’un bien tend à décroître lorsque la quantité de ce bien détenue augmente.

  • L’analyse néoclassique formalise les comportements des consommateurs et des producteurs à la marge et étudie l’affectation des ressources rares ainsi que l’équilibre entre l’offre et la demande sur les marchés.

Compléments

  • Marx élabore une approche matérialiste et critique des sciences sociales, dans laquelle l’homme se constitue progressivement par son affrontement utilitaire à la nature.

📌 La plus-value apparaît à la fin du cycle de production comme la différence entre les recettes et le capital avancé, mais son origine se trouve dans la production et non dans la circulation.

📌 Dans l’analyse marxiste, la superstructure composée des institutions et de l’idéologie découle de l’infrastructure économique et sociale.

Astuce mémo

La suraccumulation → la baisse du profit → la rupture de l’accumulation.

17. Courants néoclassiques et évolutions

★ À maîtriser

  • L. Walras formule la loi de l’offre et de la demande effectives, aussi appelée loi d’établissement des prix d’équilibre.

📌 Pour Walras, l’interdépendance entre les marchés rend insuffisante l’étude de l’équilibre d’un seul produit et impose d’analyser l’ensemble des marchés.

Compléments

  • W.S. Jevons résume le raisonnement marginaliste ainsi : « Le coût de production détermine l’offre ; l’offre détermine le degré final d’utilité, le degré final d’utilité détermine la valeur ». - Theory of Political Economy, 1872

  • W.S. Jevons défend une théorie subjective de la valeur et combat la théorie de la valeur-travail de Ricardo.

  • Le modèle d’Arrow-Debreu est l’expression la plus célèbre du courant normatif de l’équilibre général.

  • La théorie des jeux étudie les interactions entre plusieurs individus conscients de l’existence de ces interactions et cherche notamment à analyser négociations et coopérations. - J. von Neumann et O. Morgenstein, Théorie des jeux et comportements économiques

  • La théorie des contrats implicites de C. Azariadis explique la rigidité des salaires par le rôle d’assurance joué par les entreprises, qui stabilisent le salaire en échange d’une rémunération inférieure à la productivité marginale en période favorable.

18. Keynésianisme et courants postkeynésiens

Notions clés & Définitions

  • Taux naturel de chômage : Friedman - Le niveau autour duquel le chômage gravite et qui correspond à un taux de croissance séculaire normal du salaire réel, déterminé par des facteurs réels.

★ À maîtriser

  • Keynes réfute la loi des débouchés de J.B. Say et soutient que la demande effective, déterminée par les décisions de production des entrepreneurs selon leurs anticipations, fixe le niveau de l’emploi. - Théorie générale

📌 Chez Keynes, une insuffisance de demande peut installer durablement l’économie dans un équilibre de sous-emploi, car aucun mécanisme de marché ne garantit le plein-emploi.

  • Keynes recommande à l’État de soutenir la demande par les dépenses publiques et la politique monétaire expansionniste, notamment par l’injection de liquidités et la baisse des taux d’intérêt.

📌 Keynes propose une analyse macroéconomique par fonctions, tandis que les néoclassiques privilégient une analyse microéconomique par marchés et l’agrégation des comportements individuels.

  • Les postkeynésiens cherchent à développer et généraliser la pensée de Keynes, en défendant notamment l’insuffisance de la demande effective, l’endogénéité de la monnaie et les fondements macroéconomiques de l’analyse.

📌 Les postkeynésiens expliquent principalement l’inflation par le conflit de répartition entre capitalistes et travailleurs, et non par une détermination des prix par la seule quantité de monnaie.

  • Pour les postkeynésiens, le chômage involontaire résulte essentiellement d’une insuffisance de la demande globale et aucun mécanisme automatique ne garantit le retour au plein-emploi.

Compléments

  • Des anticipations pessimistes peuvent entretenir le sous-emploi : les entrepreneurs prévoient peu de débouchés, n’embauchent pas, dépriment la demande globale et valident ainsi leurs anticipations. - Keynes

  • Dans son article de 1937, Mr Keynes and the classics, J. Hicks propose d’intégrer les idées de Keynes à l’analyse de Walras et présente les équilibres des marchés des biens IS et de la monnaie LM.

  • M. Friedman explique la crise de 1929 par la politique excessivement restrictive menée par la Fed et défend la neutralité de la monnaie à long terme.

  • Les nouveaux classiques, notamment R. Lucas et R. Barro, fondent l’analyse macroéconomique sur des agents optimisateurs, des décisions guidées par des facteurs réels et des anticipations rationnelles sans erreurs systématiques. - R. Lucas, R. Barro

📌 Selon la nouvelle école classique, une politique monétaire systématique est intégrée aux anticipations et ne peut modifier durablement ni le niveau des prix, ni le PIB réel, ni le chômage. - NEC

  • Les modèles de cycles réels de Kydland et Prescott expliquent le cycle économique par des variables réelles, notamment les chocs technologiques ou de productivité.

  • Le modèle de croissance équilibrée Harrod-Domar prolonge l’analyse keynésienne en considérant l’investissement à la fois comme créateur de capacités de production et comme source d’accroissement de la demande et du revenu national.

  • Dans l’analyse de Kalecki, les profits sont l’unique source du taux d’investissement, lequel est entièrement maîtrisé par les capitalistes.

Astuce mémo

Demande insuffisante → sous-emploi ; demande soutenue → reprise de l’activité et de l’emploi.

Tableaux de synthèse

Revenus primaires et secondaires

TypeOrigineContrepartie
Revenus primairesTravail ou capitalParticipation à l’activité productive
Revenus secondairesRedistribution et transfertsPas de contrepartie directe et immédiate

Redistribution horizontale et verticale

TypePrincipeFinalité
HorizontaleTransferts entre situations ou risquesMutualiser les risques sociaux
VerticaleTransferts entre catégories socialesRéduire les inégalités

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1. En comptabilité nationale, quelle caractéristique définit une unité institutionnelle ?

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