QCM : Mutations financières et pensée économique (72 questions)

Questions et réponses du QCM

1. En comptabilité nationale, quelle caractéristique définit une unité institutionnelle ?

Un ensemble d’agents réunis selon la nature des biens qu’ils produisent
Une organisation sans autonomie dont l’activité dépend d’un secteur économique
Un centre de décision autonome au comportement unique dans sa fonction principale
Un groupe d’unités au comportement analogue défini par leur fonction principale

Un centre de décision autonome au comportement unique dans sa fonction principale

Explication

Une unité institutionnelle est un centre élémentaire de décision doté d’un comportement unique et d’une autonomie dans l’exercice de sa fonction principale. Le groupe d’unités analogues correspond à un secteur, l’absence d’autonomie contredit la définition, et la nature des biens produits ne suffit pas à définir une unité.

2. Plusieurs unités institutionnelles exercent des activités différentes, mais ont une fonction principale semblable et un comportement économique analogue. Comment les regroupe-t-on ?

Dans un même secteur institutionnel
Dans le reste du monde
Dans une même unité institutionnelle
Dans une même catégorie de produits

Dans un même secteur institutionnel

Explication

Un secteur institutionnel rassemble des unités dont le comportement économique est analogue, déterminé par la similitude de leur fonction principale. Un centre de décision désigne une unité institutionnelle, le reste du monde repose sur la résidence, et la similitude des produits n’est pas le critère indiqué.

3. Pour établir les comptes d’un pays, quelle classification distingue les secteurs résidents du reste du monde ?

Quatre secteurs résidents et le reste du monde
Cinq secteurs résidents, sans catégorie distincte pour l’extérieur
Six secteurs résidents, dont le reste du monde
Cinq secteurs résidents et le reste du monde

Cinq secteurs résidents et le reste du monde

Explication

La comptabilité nationale distingue cinq secteurs résidents : sociétés non financières, sociétés financières, administrations publiques, institutions sans but lucratif au service des ménages et ménages, auxquels s’ajoute le reste du monde. L’omettre ou le compter parmi les secteurs résidents brouille cette distinction, tandis que réduire à quatre les secteurs résidents en laisse un de côté.

4. Un organisme public fournit des services gratuits et redistribue des revenus grâce aux impôts et aux cotisations sociales. À quel secteur institutionnel appartient-il ?

Aux administrations publiques
Aux sociétés financières
Aux sociétés non financières
Aux ménages

Aux administrations publiques

Explication

Les administrations publiques produisent des services non marchands et redistribuent le revenu et le patrimoine, principalement grâce aux prélèvements obligatoires. Les sociétés financières relèvent des services financiers, les ménages ne désignent pas l’organisme redistributeur, et les ventes sont une ressource caractéristique des entreprises.

5. En comptabilité nationale, que désigne une opération économique ?

Un flux de biens ou de monnaie entre agents, classé selon la nature de l’activité
Un transfert de propriété entre agents, classé selon leur statut juridique
Un stock de biens ou de monnaie détenu par un agent à une date donnée
Un paiement monétaire entre agents, indépendamment de l’activité concernée

Un flux de biens ou de monnaie entre agents, classé selon la nature de l’activité

Explication

Les opérations économiques sont des flux de biens ou de monnaie entre agents et leur classement dépend de la nature de l’activité concernée. Un stock est mesuré à un moment donné, les opérations comprennent aussi des flux de biens, et leur classement ne repose pas sur le statut juridique.

6. Une équipe classe des opérations économiques dans les catégories de la comptabilité nationale. Quelle classification doit-elle utiliser ?

Importations, exportations et transferts
Production, consommation et investissement
Biens et services, revenus et dépenses publiques
Biens et services, répartition et opérations financières

Biens et services, répartition et opérations financières

Explication

Les opérations économiques se répartissent en trois catégories : opérations sur les biens et services, opérations de répartition et opérations financières. Production, consommation et investissement sont des exemples d’opérations sur les biens et services ; les autres choix mélangent des exemples ou omettent une catégorie.

7. Dans les comptes d’un pays, un analyste décrit à la fois la provenance des biens disponibles et leurs utilisations. Quelle catégorie d’opérations examine-t-il ?

Les opérations de redistribution
Les opérations de répartition
Les opérations financières
Les opérations sur les biens et services

Les opérations sur les biens et services

Explication

Les opérations sur les biens et services décrivent leur origine, notamment la production et les importations, ainsi que leurs utilisations, comme la consommation, l’investissement, les dépenses publiques et les exportations. La formation des revenus relève de la répartition, tandis que les mouvements de moyens de paiement relèvent des opérations financières.

8. Une association fournit un service gratuitement aux bénéficiaires, alors qu’une entreprise vend un service à un prix couvrant ses coûts et visant le profit. Comment classer ces productions ?

Marchande pour les deux productions
Marchande pour l’association, non marchande pour l’entreprise
Non marchande pour l’association, marchande pour l’entreprise
Non marchande pour les deux productions

Non marchande pour l’association, marchande pour l’entreprise

Explication

Une production gratuite ou vendue à un prix nettement inférieur à son coût est non marchande ; une production vendue à un prix couvrant au moins ses coûts et visant le profit est marchande. Le critère n’est pas la simple fourniture d’un service, et les classifications inversées confondent les seuils et les objectifs décrits.

9. Une personne reçoit une prestation sociale pour faire face à un risque, sans fournir de travail ni de capital en contrepartie immédiate. De quel type de revenu s’agit-il ?

D’un revenu du capital
D’un revenu de transfert
D’un revenu du travail
D’un revenu primaire

D’un revenu de transfert

Explication

Un revenu de transfert est attribué sans contrepartie directe et immédiate à l’activité productive afin de couvrir certains risques ou droits sociaux. Un salaire rémunère le travail et un revenu du capital découle de la détention de capital.

10. Une entreprise réalise une valeur ajoutée de 500 000 €, verse 300 000 € de salaires bruts, 60 000 € de charges patronales et 20 000 € d’impôts liés à la production. Quel est son excédent brut d’exploitation ?

140 000 €
880 000 €
120 000 €
180 000 €

120 000 €

Explication

L’EBE se calcule en retranchant de la valeur ajoutée les salaires bruts, les charges patronales et les impôts liés à la production : 500 000 − 300 000 − 60 000 − 20 000 = 120 000 €. Le résultat de 180 000 € oublie les charges patronales, celui de 140 000 € oublie les impôts, et 880 000 € additionne les montants.

11. Un dispositif transfère des ressources des personnes en emploi vers des retraités afin de couvrir le risque lié à l’âge. Quel type de redistribution décrit ce transfert ?

La rémunération du capital
La répartition primaire
La redistribution horizontale
La redistribution verticale

La redistribution horizontale

Explication

La redistribution horizontale transfère des ressources entre des situations de vie ou des risques différents, comme de la population active vers les retraités. La redistribution verticale vise plutôt à réduire les inégalités entre catégories sociales.

12. Comment caractériser la consommation d’un bien ou d’un service au sens économique ?

La création d’un bien ou service destiné à répondre à un besoin collectif
La mise de côté d’un revenu en vue de financer un achat ultérieur
L’utilisation d’un bien ou service pour répondre à un besoin, avec une destruction plus ou moins rapide
L’achat d’un bien ou service au prix de marché, sans considération de son usage

L’utilisation d’un bien ou service pour répondre à un besoin, avec une destruction plus ou moins rapide

Explication

La consommation correspond à l’utilisation d’un bien ou d’un service pour répondre à un besoin et entraîne sa destruction à plus ou moins long terme. La production crée un bien, tandis que l’épargne consiste à ne pas consommer une partie du revenu.

13. Une famille utilise des légumes qu’elle a cultivés elle-même et bénéficie gratuitement d’un service public. Comment classer ces consommations ?

Comme des revenus de transfert
Comme des consommations non marchandes
Comme des investissements des ménages
Comme des consommations marchandes

Comme des consommations non marchandes

Explication

L’autoconsommation et les services publics gratuits ou quasi gratuits relèvent de la consommation non marchande. La consommation marchande suppose l’acquisition d’un bien ou service au prix de marché.

14. Deux personnes disposent des mêmes biens et services, mais organisent différemment leurs loisirs et leur temps quotidien. Qu’est-ce qui diffère entre elles ?

Leur mode de vie
Leur consommation marchande
Leur niveau de vie
Leur revenu disponible

Leur mode de vie

Explication

Le mode de vie désigne les façons concrètes de se comporter, d’utiliser son temps et d’organiser sa vie. Le niveau de vie concerne l’ensemble des biens et services dont une personne peut disposer.

15. Un ménage dispose d’un revenu disponible brut de 3 200 € et consacre 2 700 € à sa consommation finale. Quelle est son épargne économique ?

2 700 €
500 €
−500 €
5 900 €

500 €

Explication

L’épargne économique est égale au revenu disponible brut moins la consommation finale : 3 200 − 2 700 = 500 €. Le montant de 2 700 € correspond à la consommation, tandis que 5 900 € résulte de l’addition des deux valeurs.

16. Dans l’approche classique inspirée de la loi de Say, quel mécanisme explique l’équilibre entre l’épargne et l’investissement lorsque les marchés fonctionnent correctement ?

Les débouchés anticipés déterminent l’investissement indépendamment de l’épargne
La monnaie conservée par les ménages finance automatiquement les investissements
Une demande publique supplémentaire absorbe l’excès d’épargne
L’offre crée sa propre demande et l’épargne rencontre l’investissement correspondant

L’offre crée sa propre demande et l’épargne rencontre l’investissement correspondant

Explication

Pour les classiques, la loi de Say implique que l’offre crée sa propre demande et que le bon fonctionnement des marchés équilibre l’épargne et l’investissement. L’importance des débouchés anticipés relève de l’analyse keynésienne, tandis que la monnaie conservée ou une demande publique supplémentaire ne sont pas le mécanisme classique décrit.

17. Une économie constate après coup une égalité entre épargne et investissement, mais les entreprises avaient auparavant réduit leurs projets faute de débouchés anticipés. Quelle interprétation correspond à Keynes ?

L’égalité ex post n’assure pas l’égalité ex ante, car l’investissement dépend des débouchés anticipés
L’égalité ex post prouve que l’épargne avait déterminé les investissements prévus
La réduction des projets est impossible si l’épargne disponible est suffisante
L’absence de débouchés montre que l’épargne et l’investissement ne peuvent être égaux après coup

L’égalité ex post n’assure pas l’égalité ex ante, car l’investissement dépend des débouchés anticipés

Explication

Pour Keynes, l’égalité entre épargne et investissement est comptable ex post, mais elle ne garantit pas leur égalité ex ante : l’investissement dépend notamment des débouchés anticipés. Dire que l’épargne détermine à elle seule les projets confond cette analyse avec une causalité simplifiée, et l’égalité comptable peut bien être constatée après coup.

18. Pour établir le document comptable relatif aux échanges de marchandises d’un pays pendant une année, quelles données faut-il enregistrer ?

Les transactions courantes, financières et de capital
Les importations et les exportations de marchandises
Les importations de marchandises et les services exportés
Les investissements étrangers et les transferts de capitaux

Les importations et les exportations de marchandises

Explication

La balance commerciale enregistre les importations et les exportations de marchandises d’un pays sur une période donnée. L’ensemble des opérations avec le reste du monde relève de la balance des paiements, tandis que les services et les opérations financières ne définissent pas le périmètre de la balance commerciale.

19. Un analyste veut dresser un état couvrant les échanges courants d’un pays avec l’étranger ainsi que ses opérations financières et de capital. Quel document doit-il consulter ?

La balance commerciale
Le relevé des exportations de marchandises
Le compte des seuls transferts courants
La balance des paiements

La balance des paiements

Explication

La balance des paiements regroupe l’ensemble des opérations d’un pays avec le reste du monde, y compris les transactions courantes, financières et de capital. La balance commerciale et le relevé des exportations se limitent aux marchandises, tandis que les transferts courants ne couvrent qu’une partie des opérations.

20. Quelle définition générale décrit la monnaie comme instrument économique ?

Un actif liquide servant à évaluer et à régler les échanges
Une unité de mesure utilisée sans régler les échanges
Un titre rémunéré servant à financer les investissements
Un bien matériel destiné à satisfaire directement un besoin

Un actif liquide servant à évaluer et à régler les échanges

Explication

La monnaie est un actif liquide qui sert à évaluer et à régler les échanges. La réduire à un titre financier, à une unité de compte isolée ou à un bien de consommation laisse de côté cette définition générale.

21. Dans un marché local, un jeton est accepté par tous pour payer, permet de conserver du pouvoir d’achat et sert à afficher les prix. Quelles fonctions justifient qu’il soit considéré comme de la monnaie ?

Intermédiaire général, réserve de valeur et unité de mesure
Réserve de valeur, moyen de paiement extérieur et titre de propriété
Moyen de crédit, garantie publique et instrument d’investissement
Intermédiaire local, unité de mesure et support de production

Intermédiaire général, réserve de valeur et unité de mesure

Explication

Un bien constitue de la monnaie s’il remplit les trois fonctions : intermédiaire général des échanges, réserve de valeur et unité de mesure. Le crédit, la garantie publique ou la propriété peuvent être liés à l’économie monétaire, mais ne remplacent pas ces fonctions constitutives.

22. Dans un pays, l’autorité politique perd fortement sa crédibilité et la population doute de la valeur de la monnaie. Quelle conséquence est cohérente avec le rôle institutionnel de la confiance ?

La monnaie peut perdre certaines de ses fonctions
La monnaie est remplacée par un actif dont la valeur reste garantie politiquement
La monnaie conserve ses fonctions grâce à sa seule liquidité
La monnaie devient automatiquement une réserve de valeur plus fiable

La monnaie peut perdre certaines de ses fonctions

Explication

La confiance dans la valeur de la monnaie est garantie par le pouvoir politique, et son affaiblissement peut faire perdre à la monnaie ses fonctions. La liquidité ne rend pas cette confiance inutile, et la perte de crédibilité ne renforce pas automatiquement le rôle de réserve de valeur.

23. Quel principe institutionnel caractérise le pouvoir d’émettre de la monnaie dans un État ?

Une prérogative de l’État relevant d’un droit régalien
Une décision des commerçants relevant d’un accord contractuel
Une prérogative des banques privées issue de leurs échanges
Une opération de crédit ouverte à tout détenteur de monnaie

Une prérogative de l’État relevant d’un droit régalien

Explication

Le pouvoir d’émettre de la monnaie est une prérogative de l’État, et « battre monnaie » constitue un droit régalien. La création de crédit et les accords commerciaux sont des mécanismes distincts qui ne confèrent pas ce droit d’émission.

24. Au XIXe siècle, une personne compare un billet de banque à une pièce métallique de même valeur faciale. Quelle caractéristique distingue le billet ?

Il est convertible en or, sans valeur intrinsèque propre.
Son émission est indépendante des réserves d’or.
Il vaut intrinsèquement le montant inscrit sur le billet.
Il vaut le poids du métal dont il est constitué.

Il est convertible en or, sans valeur intrinsèque propre.

Explication

Au XIXe siècle, les billets sont convertibles en or, mais leur valeur faciale n’est pas une valeur intrinsèque, contrairement à celle des pièces métalliques liée à leur poids en métal. Dire que le billet vaut intrinsèquement son montant confond valeur faciale et valeur intrinsèque ; lui attribuer le poids du métal confond billet et pièce ; écarter les réserves ignore le lien plus ou moins étroit entre réserves d’or et émission.

25. Quelle succession décrit les trois étapes de la dématérialisation monétaire ?

Les billets remplacent en partie la monnaie métallique, puis les règlements automatisés progressent, avant le recul du chèque.
Les règlements automatisés progressent d’abord, puis les billets remplacent la monnaie métallique, avant les chèques.
Des billets remplacent en partie la monnaie métallique, puis les chèques et la monnaie scripturale progressent, avant les règlements automatisés.
Les chèques remplacent d’abord les billets, puis la monnaie métallique progresse, avant les règlements automatisés.

Des billets remplacent en partie la monnaie métallique, puis les chèques et la monnaie scripturale progressent, avant les règlements automatisés.

Explication

La dématérialisation passe du recul de la monnaie métallique au profit des billets, puis des paiements manuels au profit de la monnaie scripturale et des chèques, et enfin du recul relatif des chèques au profit des règlements automatisés. L’inversion des deux premières étapes confond leur ordre ; placer l’automatisation au début anticipe la dernière étape ; faire reculer le chèque avant son essor confond son rôle dans la deuxième étape.

26. Une banque enregistre une somme au crédit du compte d’une cliente, sans lui remettre de billets. Sous quelle forme monétaire cette somme existe-t-elle ?

Comme réserve d’or détenue directement par la cliente.
Comme monnaie fiduciaire circulant sous forme de billets.
Comme monnaie scripturale issue d’une écriture comptable.
Comme monnaie métallique matérialisée par une pièce.

Comme monnaie scripturale issue d’une écriture comptable.

Explication

La monnaie scripturale est immatérielle et existe grâce aux écritures comptables enregistrées dans les institutions financières, notamment les banques. L’assimiler aux billets confond monnaie scripturale et fiduciaire ; la pièce relève de la monnaie métallique ; une réserve d’or n’est pas le solde comptable décrit.

27. Que désigne la masse monétaire dans une économie ?

Le flux de monnaie nouvellement émise pendant une période donnée.
Le stock des actifs liquides mesuré par les agrégats M1, M2 et M3.
Le stock des seuls billets et pièces détenus par les ménages.
La valeur de l’ensemble des biens et services produits dans l’économie.

Le stock des actifs liquides mesuré par les agrégats M1, M2 et M3.

Explication

La masse monétaire est le stock de l’ensemble des actifs liquides, mesuré notamment par les agrégats M1, M2 et M3. La création monétaire est un flux, les billets et pièces ne couvrent pas tous les actifs liquides, et la production de biens et services mesure une autre grandeur.

28. Une banque met pour la première fois en circulation une somme qui n’avait encore jamais circulé. Comment qualifie-t-on cette opération ?

Une création monétaire.
Une conversion de monnaie manuelle en monnaie scripturale.
Un retrait de monnaie centrale.
Un transfert de monnaie entre détenteurs.

Une création monétaire.

Explication

La création monétaire est l’opération par laquelle un agent financier met en circulation une monnaie qui n’a encore jamais circulé. Un transfert déplace une monnaie existante, une conversion change sa forme sans nécessairement accroître la quantité en circulation, et la création n’est pas réservée à la Banque centrale.

29. Une cliente dépose des billets à sa banque, qui crédite son compte du même montant et retire ces billets de la circulation. Quel est l’effet sur la monnaie en circulation ?

La monnaie scripturale remplace la monnaie manuelle, sans supplément monétaire.
Les billets restent en circulation et le solde créditeur constitue un supplément.
La banque crée un supplément par monétisation de créances.
La monnaie scripturale s’ajoute aux billets, augmentant la monnaie en circulation.

La monnaie scripturale remplace la monnaie manuelle, sans supplément monétaire.

Explication

Le dépôt de billets crédité sur un compte substitue de la monnaie scripturale à la monnaie manuelle retirée de la circulation, sans supplément de monnaie. Parler d’un ajout oublie le retrait des billets ; les laisser en circulation contredit ce retrait ; la monétisation de créances, contrairement à ce dépôt, crée un supplément monétaire.

30. Dans un modèle, une banque accorde un prêt avant de chercher les réserves nécessaires à son refinancement. De quel modèle s’agit-il ?

Du modèle de la monétisation des dépôts.
Du modèle du diviseur de crédit.
Du modèle de la substitution monétaire.
Du modèle du multiplicateur de crédit.

Du modèle du diviseur de crédit.

Explication

Dans le modèle du diviseur, les banques prêtent d’abord et se refinancent ensuite. Le multiplicateur suppose au contraire la détention préalable de réserves ; interpréter l’ajustement ultérieur comme une réserve préalable inverse donc l’ordre des opérations. La substitution monétaire et la monétisation des dépôts ne désignent pas ces deux modèles de crédit.

31. Une banque applique le modèle du multiplicateur avec un coefficient de réserves obligatoires r=0,1r=0{,}1 et une proportion de billets souhaitée b=0,2b=0{,}2. Quelle valeur obtient-elle pour KK ?

K=0,32K=0{,}32
K=10,30≈3,33K=\frac{1}{0{,}30}\approx3{,}33
K=10,32=3,125K=\frac{1}{0{,}32}=3{,}125
K=1−0,08=−12,5K=\frac{1}{-0{,}08}=-12{,}5

$$K=\frac{1}{0{,}32}=3{,}125$$

Explication

La formule est K=1r+b+rbK=\frac{1}{r+b+rb}. Ici, rb=0,1×0,2=0,02rb=0{,}1\times0{,}2=0{,}02, donc le dénominateur vaut 0,1+0,2+0,02=0,320{,}1+0{,}2+0{,}02=0{,}32 et K=3,125K=3{,}125. La valeur proche de 3,333{,}33 omet le terme croisé ; 0,320{,}32 oublie l’inverse ; le résultat négatif provient de la soustraction des paramètres.

32. Une économiste affirme que la monnaie est séparée de la sphère réelle et ne peut pas modifier l’activité économique. Quelle approche défend-elle ?

L’analyse non dichotomique
L’analyse dichotomique
L’approche keynésienne de la liquidité
L’approche par le motif de transaction

L’analyse dichotomique

Explication

L’analyse dichotomique traite la monnaie comme neutre et séparée de la sphère réelle. L’influence sur l’activité relève de l’analyse non dichotomique, la liquidité renvoie à la demande keynésienne de monnaie, et le motif de transaction ne définit pas la dichotomie.

33. Dans une économie, la quantité de monnaie est de 200 unités et sa vitesse de circulation est de 3. Le volume des transactions est de 600. Selon l’équation de Fisher Mv=PTMv=PT, quel est le prix moyen des transactions ?

P=1P=1
P=0,5P=0{,}5
P=3P=3
P=600P=600

$$P=1$$

Explication

L’équation donne P=MvT=200×3600=1P=\frac{Mv}{T}=\frac{200\times3}{600}=1. La valeur 3 oublie la division par TT, 0,5 inverse le rapport, et 600 confond le volume des transactions avec le prix.

34. Dans la conception de Keynes exposée dans la Théorie générale, pourquoi un agent peut-il demander de la monnaie pour elle-même ?

En raison de son rendement productif
En raison de son effet direct sur les prix
En raison de sa liquidité
En raison de son caractère exogène

En raison de sa liquidité

Explication

Keynes soutient que la monnaie peut être recherchée pour elle-même en raison de sa liquidité. Le motif de transaction la réduit aux échanges, le rendement productif concerne les placements, et la neutralité ou l’exogénéité ne caractérisent pas cette thèse keynésienne.

35. Une économie connaît une forte sous-utilisation de ses capacités. La banque centrale augmente l’offre de monnaie afin de soutenir l’investissement. Quel effet est compatible avec cette situation ?

Les prix augmentent parce que la monnaie croît plus vite que l’activité
La production reste insensible à l’expansion monétaire
L’investissement peut être stimulé sans provoquer d’inflation
L’investissement diminue sous l’effet de la baisse des taux

L’investissement peut être stimulé sans provoquer d’inflation

Explication

En situation de sous-emploi, une politique monétaire expansive peut stimuler l’investissement sans entraîner d’inflation. La hausse des prix est associée au plein-emploi lorsque la monnaie croît plus vite que l’activité; la baisse de l’investissement et l’insensibilité de la production contredisent le mécanisme décrit.

36. Les anticipations d’inflation et le revenu permanent des ménages augmentent, tandis que le coût d’opportunité de la détention de monnaie reste inchangé. Que prévoit l’analyse monétariste pour la demande de monnaie ?

Elle augmente sous l’effet du revenu permanent et des anticipations d’inflation
Elle diminue parce que les anticipations d’inflation réduisent la demande
Elle diminue parce que le revenu permanent réduit les encaisses souhaitées
Elle reste stable parce que seul le coût d’opportunité intervient

Elle augmente sous l’effet du revenu permanent et des anticipations d’inflation

Explication

La demande monétariste de monnaie augmente avec le revenu permanent et les anticipations d’inflation; puisque le coût d’opportunité ne change pas, ces deux effets la font augmenter. La baisse liée aux anticipations inverse leur effet, et les deux autres réponses écartent à tort le rôle positif du revenu permanent.

37. Un gouvernement s’inspire des monétaristes et fixe la priorité de sa politique monétaire. Quel objectif et quel levier privilégie-t-il ?

Réduire le chômage en contrôlant les décisions des entreprises
Relancer l’activité en agissant d’abord sur l’investissement public
Soutenir l’emploi en fixant directement les salaires
Lutter contre l’inflation en agissant sur la création monétaire

Lutter contre l’inflation en agissant sur la création monétaire

Explication

Les monétaristes placent la lutte contre l’inflation au premier rang et préconisent d’agir sur la création monétaire. La relance par les taux correspond à la démarche keynésienne, tandis que le contrôle direct des salaires ou des décisions d’investissement n’est pas le levier indiqué.

38. Une banque en faillite risque de déclencher une crise dans l’ensemble du système financier. Quelle intervention correspond au rôle de prêteur en dernier ressort ?

Les déposants fournissent directement les fonds nécessaires à la banque
La Banque centrale intervient pour assurer la survie de la banque
L’État accorde un prêt à toute entreprise confrontée à des difficultés
Une banque commerciale prend en charge la surveillance du système

La Banque centrale intervient pour assurer la survie de la banque

Explication

Le prêteur en dernier ressort est la Banque centrale, qui peut intervenir pour assurer la survie d’une banque en faillite et empêcher l’extension de la crise. Une garantie permanente des dépôts, l’intervention d’une banque commerciale ou le soutien général aux entreprises ne définissent pas cette fonction.

39. Une entreprise obtient un financement auprès d’une banque, qui prête les fonds collectés auprès de déposants et devient créancière de l’entreprise. De quel mode de financement s’agit-il ?

D’un financement sans intermédiaire
Du financement indirect
Du financement direct
D’un financement par émission de titres

Du financement indirect

Explication

Il s’agit d’un financement indirect : l’intermédiaire financier est créancier de l’emprunteur et débiteur du déposant. Le financement direct met prêteur et emprunteur en relation sans intermédiaire; l’émission de titres relève également de ce financement direct, et les rôles de la banque ne sont pas inversés.

40. Au début des années 1980, une banque détient de nombreux prêts difficiles à recouvrer et veut assainir son bilan. Quelle opération correspond au mécanisme alors employé ?

Accroître les prêts en devises afin de reporter le recouvrement des créances
Remplacer les prêts par des dépôts à terme conservés dans le bilan bancaire
Convertir les créances en crédits supplémentaires accordés aux mêmes emprunteurs
Transformer les prêts en produits financiers et les revendre à des particuliers ou à des fonds de pension

Transformer les prêts en produits financiers et les revendre à des particuliers ou à des fonds de pension

Explication

Pour assainir leur bilan face aux créances douteuses, les banques ont transformé les prêts en produits financiers revendus notamment à des particuliers et à des fonds de pension. Les dépôts à terme, l’augmentation des prêts en devises et l’octroi de nouveaux crédits ne décrivent pas cette transformation.

41. Une banque finance des emprunts sur une longue période en émettant régulièrement de petits titres de faible valeur, et peut reprendre les titres si le marché manque de liquidité. À quels principes cette stratégie correspond-elle ?

Aux principes de répartition, de renouvellement régulier et de reprise possible des titres
Aux principes de répartition, de financement ponctuel et de conservation des titres émis
Aux principes de concentration, de remboursement unique et de retrait des intermédiaires
Aux principes de renouvellement irrégulier, de titres importants et de garantie publique

Aux principes de répartition, de renouvellement régulier et de reprise possible des titres

Explication

Selon Bourguinat, la désintermédiation repose sur de petits titres, un renouvellement régulier des emprunts et la possibilité pour l’intermédiaire de reprendre les titres si la liquidité manque. Un financement ponctuel ou des titres de grande valeur contredisent les deux premiers principes, et exclure la reprise méconnaît le troisième.

42. Un établissement financier propose désormais des crédits en monnaie nationale et en devises, tandis que les offres bancaires et assurantielles se rapprochent. Quelle évolution des frontières financières cela illustre-t-il ?

La fusion des seuls marchés financiers de court terme
Le maintien de frontières distinctes entre acteurs et compartiments financiers
Le renforcement des séparations entre catégories de crédit
La suppression de séparations entre acteurs et compartiments financiers

La suppression de séparations entre acteurs et compartiments financiers

Explication

Le décloisonnement supprime des séparations entre acteurs et compartiments, notamment entre banques et assurances et entre crédits en monnaie nationale et en devises. Le maintien ou le renforcement de frontières va à l’encontre de cette évolution, et celle-ci ne se limite pas aux marchés de court terme.

43. Un secteur jusque-là organisé selon d’autres règles devient soumis aux lois des marchés financiers. Comment nomme-t-on ce processus ?

La marchéisation
La nationalisation
L’intermédiation
La réglementation

La marchéisation

Explication

La marchéisation désigne le processus par lequel un secteur devient soumis aux lois des marchés financiers. La réglementation organise des règles, l’intermédiation fait intervenir un intermédiaire et la nationalisation renvoie à la propriété publique.

44. Une banque constate que les taux des marchés des capitaux sont inférieurs à ceux auxquels elle peut emprunter auprès de banquiers et choisit de se financer sur ces marchés. Quel phénomène décrit ce choix ?

Le financement bancaire à taux de marché supérieurs
La marchéisation du crédit
La désintermédiation des entreprises
Le financement bancaire auprès des banquiers

La marchéisation du crédit

Explication

La marchéisation du crédit correspond au choix des banques de se financer sur les marchés des capitaux lorsque les taux y sont inférieurs. La désintermédiation concerne l’accès direct des entreprises aux titres, tandis que les deux autres choix ne correspondent pas au recours décrit.

45. Pour caractériser les systèmes de financement durant les Trente Glorieuses, quelle comparaison entre les États-Unis, d’une part, et la France et l’Allemagne, d’autre part, est appropriée ?

Les trois pays sont présentés comme des économies de marché financier
Les États-Unis sont présentés comme une économie de marché financier, la France et l’Allemagne comme des économies d’endettement
Les États-Unis sont présentés comme une économie d’endettement, la France et l’Allemagne comme des économies de marché financier
Les États-Unis et la France sont présentés comme des économies d’endettement, l’Allemagne comme une économie de marché financier

Les États-Unis sont présentés comme une économie de marché financier, la France et l’Allemagne comme des économies d’endettement

Explication

Durant les Trente Glorieuses, les États-Unis sont souvent présentés comme une économie de marché financier, contrairement à la France et à l’Allemagne, présentées comme des économies d’endettement. Inverser les groupes ou assimiler leur modèle à une économie de marché financier ne respecte pas cette distinction.

46. Après l’échec de politiques interventionnistes au début des années 1980, un gouvernement cherche à remanier le système financier dans une économie ouverte. Quelle orientation correspond à la dynamique observée ?

Renforcer les politiques interventionnistes et limiter les marchés de capitaux
Accroître l’endettement sans développer les marchés de capitaux
Favoriser l’extension des financements intermédiés et la contraction des marchés de capitaux
Favoriser le recul des financements intermédiés et le développement des marchés de capitaux

Favoriser le recul des financements intermédiés et le développement des marchés de capitaux

Explication

Après l’échec des politiques interventionnistes du début des années 1980, l’action publique et la conjoncture ont favorisé le recul des financements intermédiés et le développement des marchés de capitaux. Relancer l’intermédiation, renforcer l’interventionnisme ou écarter le développement des marchés inverse cette orientation.

47. Avec le développement des marchés de capitaux, quel rôle devient plus important pour les investisseurs institutionnels ?

L’évaluation de la solvabilité des émetteurs de titres
Le contrôle de la stabilité des prix et du coût du crédit
L’intermédiation de marché et la fourniture de nouveaux services
Le financement direct des États et des grandes entreprises

L’intermédiation de marché et la fourniture de nouveaux services

Explication

Les investisseurs institutionnels se spécialisent dans l’intermédiation de marché et la fourniture de nouveaux services. L’évaluation de la solvabilité relève des agences de notation, tandis que le financement des États et des grandes entreprises ne définit pas leur rôle spécifique ici.

48. Quelle fonction caractérise les agences de notation sur les marchés financiers ?

Évaluer la solvabilité des émetteurs de titres et améliorer l’information de marché
Organiser l’intermédiation de marché et fournir de nouveaux services financiers
Fournir des liquidités aux émetteurs et soutenir leurs investissements
Recapitaliser les banques en difficulté et protéger leurs créanciers

Évaluer la solvabilité des émetteurs de titres et améliorer l’information de marché

Explication

Les agences de notation évaluent la solvabilité des émetteurs de titres et contribuent ainsi à améliorer l’information sur les marchés. L’intermédiation de marché relève des investisseurs institutionnels, tandis que la fourniture de liquidités et la recapitalisation correspondent à d’autres fonctions.

49. Lorsqu’un retournement des marchés financiers survient, quelle évolution est la plus caractéristique ?

Il concerne surtout les prix des actifs et épargne les économies réelles
Il se déroule généralement par étapes et provoque des ajustements économiques limités
Il est rarement progressif et entraîne souvent des crises économiques et sociales sévères
Il améliore l’information de marché et réduit les tensions économiques et sociales

Il est rarement progressif et entraîne souvent des crises économiques et sociales sévères

Explication

Les retournements financiers sont rarement progressifs et entraînent souvent des crises économiques et sociales sévères. L’idée d’une baisse généralement graduelle minimise la brutalité des retournements, et une simple correction des actifs ne rend pas compte de leurs répercussions plus larges.

50. Une entreprise finance une partie de ses investissements par la dette. Sa rentabilité économique baisse et devient inférieure au coût réel de l’argent : quel effet l’endettement produit-il alors ?

Une amélioration automatique de la solvabilité
Un effet de levier financier positif
Une neutralité du levier tant que la dette reste stable
Un effet de levier financier négatif

Un effet de levier financier négatif

Explication

L’effet de levier devient négatif lorsque la rentabilité économique baisse sous le coût réel de l’argent. Un levier positif correspond à la situation inverse, tandis que l’endettement ne garantit ni une amélioration de la solvabilité ni une neutralité de son effet.

51. Une banque centrale maintient l’inflation des biens et services à un niveau stable, tandis que le crédit abondant à faible coût alimente une forte hausse des prix immobiliers et boursiers. Quelle conclusion s’impose ?

La stabilité des prix garantit une stabilité financière lorsque le crédit s’étend
La hausse des actifs signale une baisse du crédit et des liquidités disponibles
Les prix des actifs évoluent indépendamment du crédit et des liquidités
La stabilité des prix peut coexister avec une forte hausse des prix des actifs

La stabilité des prix peut coexister avec une forte hausse des prix des actifs

Explication

La stabilité des prix peut coexister avec une hausse marquée des actifs, alimentée par l’expansion du crédit et des liquidités abondantes à faible coût. Assimiler stabilité des prix et stabilité financière confond deux objectifs distincts ; une contraction du crédit ou une indépendance des actifs ne décrit pas le mécanisme indiqué.

52. Après la crise commencée en 2008, quel objectif la politique monétaire doit-elle intégrer en plus de ses préoccupations antérieures ?

La stabilité financière
La résolution des faillites individuelles
La stabilité des prix des actifs
La recapitalisation des banques

La stabilité financière

Explication

La crise a montré que la politique monétaire doit intégrer un objectif de stabilité financière. Le ciblage de l’inflation ne suffit pas à lui seul ; la recapitalisation et la résolution des faillites relèvent d’autres volets de l’action publique.

53. Lors d’une crise bancaire, une institution doit être recapitalisée et a aussi besoin de liquidités. Quel partage des responsabilités convient ?

Les banques centrales assurent la résolution et les États fournissent la liquidité
Les États assurent la résolution et les banques centrales recapitalisent l’institution
Les banques centrales recapitalisent l’institution et les États fournissent la liquidité
Les États recapitalisent l’institution et les banques centrales fournissent la liquidité

Les États recapitalisent l’institution et les banques centrales fournissent la liquidité

Explication

Le partage des rôles prévoit que les États interviennent dans les opérations de recapitalisation, tandis que les banques centrales assurent la liquidité. Attribuer la recapitalisation aux banques centrales ou les liquidités aux États inverse ces responsabilités.

54. Quelle réforme d’ensemble du système financier le G20 a-t-il décidée en 2008 ?

Promouvoir une réglementation saine et l’intégrité des marchés, renforcer la coopération internationale et réformer les institutions financières mondiales
Renforcer la recapitalisation des banques, limiter l’intégrité des marchés et remplacer les institutions financières mondiales
Promouvoir la stabilité des prix, réduire la coopération internationale et préserver les institutions financières mondiales
Promouvoir une réglementation nationale, protéger les créanciers et transférer la surveillance aux banques centrales

Promouvoir une réglementation saine et l’intégrité des marchés, renforcer la coopération internationale et réformer les institutions financières mondiales

Explication

La réforme décidée par le G20 en 2008 repose sur une réglementation saine et l’intégrité des marchés, une coopération internationale renforcée et la réforme des institutions financières mondiales. La stabilité des prix ne résume pas ce programme, et la coopération ou la réforme institutionnelle n’y sont pas abandonnées.

55. Au XVIIIe siècle, quelle évolution intellectuelle marque la naissance de l’économie politique ?

L’étude des échanges au moyen de méthodes réservées aux sciences politiques
L’explication de faits sociaux par des méthodes proches des sciences de la nature
La condamnation morale des activités marchandes par les économistes
La soumission des activités économiques à la tutelle religieuse

L’explication de faits sociaux par des méthodes proches des sciences de la nature

Explication

L’économie politique apparaît au XVIIIe siècle dans une démarche cherchant à expliquer des faits sociaux avec des méthodes comparables à celles des sciences de la nature. La tutelle religieuse renvoie à la situation antérieure, la décision du prince à la dépendance politique mercantiliste, et la condamnation morale à une conception que l’économie s’éloigne progressivement.

56. Quelle transformation caractérise l’évolution de la pensée économique depuis le XVIe siècle face à la morale ?

Le passage progressif d’une économie condamnée moralement à une économie conçue comme amorale
Le maintien d’une économie définie par les règles morales religieuses
La séparation progressive de l’économie et de toute réflexion sur les comportements humains
Le passage d’une économie amorale à une économie jugée selon la morale ancienne

Le passage progressif d’une économie condamnée moralement à une économie conçue comme amorale

Explication

Depuis le XVIe siècle, l’économie se libère progressivement de la morale au nom notamment de l’individualisme et de l’efficacité, passant de la condamnation morale à une conception amorale de son fonctionnement. Le maintien des règles religieuses nie cette émancipation, l’inversion en renverse le sens, et l’absence de toute réflexion sur les comportements va au-delà du fait énoncé.

57. Un État laisse aux échanges une autonomie par rapport à la religion, mais le prince continue d’orienter les activités économiques. Quelle conception cette situation illustre-t-elle ?

La conception classique, qui maintient les activités économiques sous l’autorité religieuse
La conception physiocratique, qui soumet l’économie aux décisions du prince
La conception libérale, qui fait de l’économie un ordre indépendant du pouvoir politique
La conception mercantiliste, qui écarte la tutelle religieuse sans écarter le prince

La conception mercantiliste, qui écarte la tutelle religieuse sans écarter le prince

Explication

Les mercantilistes soustraient les activités économiques à l’emprise religieuse sans les soustraire au pouvoir du prince. L’indépendance à l’égard du pouvoir politique caractérise ici la conception libérale, tandis que la physiocratie renvoie à l’ordre naturel et que le maintien de la tutelle religieuse contredit l’émancipation décrite.

58. Pour accroître les réserves de métaux précieux, un gouvernement interdit leur sortie du territoire et taxe fortement les exportations. Quelle orientation mercantiliste applique-t-il ?

Le bullionisme espagnol, centré sur le rapatriement et la conservation des métaux précieux
La physiocratie, centrée sur l’ordre naturel et la richesse agricole
Le libéralisme, centré sur l’indépendance de l’économie à l’égard du prince
Le mercantilisme français, centré sur les manufactures et la qualité des produits nationaux

Le bullionisme espagnol, centré sur le rapatriement et la conservation des métaux précieux

Explication

Le bullionisme espagnol vise à rapatrier les métaux précieux du Nouveau Monde et à empêcher leur sortie, notamment par de fortes taxes à l’exportation. Le soutien aux manufactures caractérise le mercantilisme français, l’agriculture la physiocratie, et l’indépendance politique le libéralisme.

59. Quels sont les quatre concepts fondamentaux de l’analyse marxiste ?

Les rapports sociaux, le salaire, la plus-value et la circulation
Les forces productives, la superstructure, l’aliénation et la propriété privée
La production, les institutions, l’idéologie et la lutte des classes
La production, les forces productives, les rapports sociaux de production et le mode de production

La production, les forces productives, les rapports sociaux de production et le mode de production

Explication

Les quatre concepts de base sont la production, les forces productives, les rapports sociaux de production et le mode de production. La superstructure et l’idéologie relèvent d’une autre distinction, tandis que l’aliénation, le salaire et la plus-value sont des notions importantes mais ne remplacent pas cette liste.

60. Dans l’analyse marxiste du prolétariat, que désigne l’aliénation ?

La rémunération de la force de travail selon le temps nécessaire à sa production
Un processus de dépossession qui joue un rôle central dans l’analyse du prolétariat
L’ensemble des institutions et des idées qui composent la superstructure
La valeur supplémentaire produite au-delà de la valeur de la force de travail

Un processus de dépossession qui joue un rôle central dans l’analyse du prolétariat

Explication

L’aliénation est un processus de dépossession central dans l’analyse marxiste du prolétariat. La rémunération de la force de travail concerne le salaire, la valeur supplémentaire désigne la plus-value, et les institutions ainsi que l’idéologie composent la superstructure.

61. Dans une entreprise, les salariés ne détiennent pas les moyens de production, lesquels appartiennent aux capitalistes. Quelle conséquence en découle dans l’analyse marxiste ?

Les salariés, privés des moyens de production, sont exploités par les capitalistes qui les possèdent
Les salariés sont exploités parce que leur salaire correspond à la valeur des marchandises fabriquées
Les capitalistes, privés des moyens de production, sont exploités par les salariés rémunérés
Les salariés possèdent les moyens de production et exploitent les capitalistes qui les financent

Les salariés, privés des moyens de production, sont exploités par les capitalistes qui les possèdent

Explication

Dans cette relation, le prolétariat ne possède pas les moyens de production et ne peut donc qu’être exploité par les capitalistes qui les détiennent. L’inversion des propriétaires contredit le rapport décrit, le versement d’un salaire ne confère pas la propriété des moyens, et la valeur des marchandises produites n’est pas le fondement de cette règle.

62. Une ouvrière fabrique des marchandises dont la valeur est supérieure à son salaire. Selon la distinction marxiste, à quoi son salaire est-il lié ?

À la valeur de sa force de travail, liée au temps socialement nécessaire pour la produire
À la valeur supplémentaire qu’elle produit au-delà de sa force de travail
À la valeur totale des marchandises qu’elle fabrique au cours de sa journée
Aux recettes réalisées par l’entreprise après la vente de sa production

À la valeur de sa force de travail, liée au temps socialement nécessaire pour la produire

Explication

Le salaire rémunère la valeur de la force de travail, liée au temps de travail socialement nécessaire pour la produire, et non la valeur des marchandises fabriquées. Les recettes de l’entreprise relèvent du cycle de production, tandis que la valeur supplémentaire produite au-delà de la force de travail correspond à la plus-value.

63. Quelle loi L. Walras formule-t-il pour expliquer l’établissement des prix d’équilibre ?

La loi selon laquelle l’utilité totale détermine l’offre
La loi selon laquelle le travail détermine la valeur
La loi selon laquelle l’offre crée sa propre demande
La loi de l’offre et de la demande effectives

La loi de l’offre et de la demande effectives

Explication

Walras formule la loi de l’offre et de la demande effectives, également appelée loi d’établissement des prix d’équilibre. La loi des débouchés est associée à Say, la valeur-travail à Ricardo, et l’utilité marginale renvoie à un autre raisonnement.

64. Une économiste étudie le prix d’un seul produit sans tenir compte des effets des autres marchés sur celui-ci. Quelle limite Walras associerait-il à cette démarche ?

Elle relève de l’équilibre partiel et néglige l’interdépendance des marchés
Elle analyse la valeur subjective et écarte les échanges marchands
Elle étudie la valeur-travail et néglige les choix des consommateurs
Elle relève de l’équilibre général et intègre tous les marchés

Elle relève de l’équilibre partiel et néglige l’interdépendance des marchés

Explication

Pour Walras, les marchés sont interdépendants, si bien qu’étudier un seul produit ne suffit pas à analyser l’équilibre de l’économie. L’équilibre général porte sur l’ensemble des marchés, tandis que la valeur subjective et la valeur-travail concernent d’autres débats.

65. Des entreprises anticipent de faibles ventes et réduisent leur production, ce qui limite leurs embauches. Quelle conclusion keynésienne s’applique à cette situation ?

La demande effective détermine le niveau de l’emploi via les décisions de production des entrepreneurs
L’offre crée sa propre demande et garantit le niveau de l’emploi
Le niveau des salaires détermine l’emploi sans lien avec la production
La demande des ménages fixe directement l’emploi indépendamment des entreprises

La demande effective détermine le niveau de l’emploi via les décisions de production des entrepreneurs

Explication

Pour Keynes, l’emploi dépend du volume de production décidé par les entrepreneurs en fonction de leurs anticipations de ventes et de rentabilité. La formule selon laquelle l’offre crée sa propre demande est celle de la loi des débouchés que Keynes réfute.

66. Une baisse durable des anticipations de vente réduit la production et l’emploi, sans reprise spontanée de l’activité. Comment Keynes caractériserait-il cet état ?

Un équilibre durable de sous-emploi, faute de mécanisme garantissant le plein-emploi
Un équilibre de plein-emploi entretenu par la baisse de la demande
Un équilibre temporaire, suivi automatiquement du plein-emploi
Un équilibre inflationniste provoqué par une hausse des prix

Un équilibre durable de sous-emploi, faute de mécanisme garantissant le plein-emploi

Explication

Une insuffisance de demande peut maintenir durablement l’économie en sous-emploi, car aucun mécanisme de marché ne garantit le retour au plein-emploi. L’ajustement automatique au plein-emploi contredit précisément cette analyse.

67. Face à une demande insuffisante, un gouvernement veut appliquer les mesures préconisées par Keynes. Quel ensemble d’actions convient ?

Réduire les salaires, augmenter les impôts et maintenir les taux d’intérêt
Accroître les exportations, limiter le crédit et réduire les dépenses publiques
Réduire les dépenses publiques, retirer des liquidités et relever les taux d’intérêt
Accroître les dépenses publiques, injecter des liquidités et réduire les taux d’intérêt

Accroître les dépenses publiques, injecter des liquidités et réduire les taux d’intérêt

Explication

Keynes recommande de soutenir la demande par les dépenses publiques et une politique monétaire expansionniste, notamment l’injection de liquidités et la baisse des taux. Le resserrement monétaire et la contraction des dépenses vont dans le sens opposé.

68. Deux économistes expliquent l’inflation : l’un par le conflit entre capitalistes et travailleurs sur la répartition, l’autre par la quantité de monnaie. Quelle explication caractérise principalement les postkeynésiens ?

Le conflit de répartition entre capitalistes et travailleurs
L’insuffisance de la demande effective
La progression de la productivité du travail
La quantité de monnaie en circulation

Le conflit de répartition entre capitalistes et travailleurs

Explication

Les postkeynésiens expliquent principalement l’inflation par les conflits de répartition entre capitalistes et travailleurs. L’explication par la seule quantité de monnaie est celle qu’ils écartent, tandis que l’insuffisance de demande constitue une autre thèse keynésienne.

69. Pour analyser le budget d’un ménage, quelle grandeur indique la part de ses dépenses consacrée à un type de dépense dans l’ensemble de ses dépenses de consommation ?

Le coefficient budgétaire
La dépense totale de consommation
Le revenu disponible
Le niveau de vie

Le coefficient budgétaire

Explication

Le coefficient budgétaire rapporte une catégorie de dépense à l’ensemble des dépenses de consommation. Le revenu disponible concerne les ressources, la dépense totale est le dénominateur, et le niveau de vie désigne les biens et services dont une personne peut disposer.

70. Quelle conception de la monnaie G. F. Knapp formule-t-il en affirmant qu’elle est une création de la loi ?

Un produit des échanges
Une création de la loi
Une convention spontanée
Une marchandise métallique

Une création de la loi

Explication

Knapp présente la monnaie comme une création de la loi, soulignant le rôle du pouvoir politique dans son institution. La réduire aux échanges, à une convention spontanée ou à la valeur d’un métal ne correspond pas à cette conception.

71. Quelle banque est issue de la fusion de la BNCI et du Comptoir national d’escompte de Paris en 1966 ?

La BNCI
La Citicorp
La Barclays Bank
La BNP

La BNP

Explication

La fusion de la BNCI et du Comptoir national d’escompte de Paris donne naissance à la BNP. Citicorp et Barclays sont d’autres groupes bancaires cités, tandis que la BNCI est l’une des banques fusionnées.

72. Une entreprise finance un nouveau projet en vendant des obligations directement aux investisseurs, sans emprunter auprès d’une banque. Quel mécanisme utilise-t-elle ?

La désintermédiation financière
La titrisation des créances bancaires
L’emprunt auprès d’un prêteur institutionnel
L’endettement bancaire intermédié

La désintermédiation financière

Explication

La désintermédiation permet à une entreprise d’obtenir directement des fonds en émettant des titres plutôt qu’en s’endettant auprès d’une banque. L’endettement bancaire et le prêt institutionnel font intervenir un prêteur, tandis que la titrisation transforme des prêts existants en produits financiers.

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Qu’est-ce qu’une unité institutionnelle ?

Un centre élémentaire de décision économique doté d’un comportement unique et d’une autonomie de décision dans sa fonction principale.

Qu’est-ce qui caractérise le comportement des unités d’un secteur institutionnel ?

La similitude de leur fonction principale.

Combien de secteurs institutionnels résidents la comptabilité nationale distingue-t-elle ?

Cinq secteurs institutionnels résidents.

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