Fiche de révision : Pensée libérale et révolution keynésienne

Plan du Cours

  1. Repères et diversité des classiques
  2. Les théories classiques anglaises
  3. L’école classique française
  4. Marx et la critique du capitalisme
  5. La naissance de l’école néoclassique
  6. Crises capitalistes et dépassement du système
  7. Renouvellement néoclassique de l’analyse
  8. Équilibre général et optimum de Pareto
  9. Cambridge et libéralisme tempéré
  10. École de Vienne et destruction créatrice
  11. Ruptures et mécanismes keynésiens
  12. Les ruptures keynésiennes fondamentales
  13. La portée relativisée du keynésianisme
  14. La convergence keynésiano-néoclassique
  15. Le maintien des orthodoxies et hétérodoxies
  16. L’analyse contemporaine de l’information
  17. Théorie de l’agence et information
  18. Théorie des jeux et équilibres

Repères chronologiques

  1. 1776-1848Les principaux ouvrages classiques s’échelonnent de Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations d’Adam Smith au Traité d’économie politique de John Stuart Mill.
  2. fin du XIXe siècleApparaît l’école néoclassique, une nouvelle école libérale
  3. 1874Walras publie Éléments d’économie politique pure et jette les bases de la théorie de l’équilibre général

1. Repères et diversité des classiques

Notions clés & Définitions

  • École classique : Marx — L’école classique regroupe des auteurs qui partagent les mêmes interrogations sur la valeur, la croissance et la monnaie, ainsi qu’une conception de l’économie de marché fondée sur la propriété privée et la liberté individuelle, sans former pour autant une pensée homogène.

★ À maîtriser

  • L’histoire de la pensée économique permet de replacer les auteurs contemporains dans une tradition ou en réaction à celle-ci et de comprendre que la science économique est un champ d’affrontements entre paradigmes concurrents.

Compléments

  • Les principaux débats classiques portent sur:
    • la source de la valeur
    • les déterminants de la spécialisation
    • le rôle de la monnaie
    • le passage de la valeur au prix
    • la possibilité des crises
    • l’avenir du capitalisme

Astuce mémo

Smith → Ricardo → Mill, puis Marx, Keynes et les contemporains

2. Les théories classiques anglaises

Notions clés & Définitions

  • Division du travail : Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776 — La division du travail permet des gains de productivité grâce à la répétition des tâches et aux effets d’apprentissage, et son efficacité augmente avec l’étendue du marché.
  • Main invisible : Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776 — La main invisible conduit les individus qui poursuivent leur intérêt personnel à contribuer spontanément à l’intérêt général dans l’économie de marché.

Points essentiels

  • Smith distingue la valeur d’usage, condition nécessaire mais non suffisante de la valeur d’échange, et la valeur d’échange, dont la source est la rareté pour les biens non reproductibles et la quantité de travail nécessaire à la production pour les biens reproductibles. — Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776

  • Selon Malthus, les subsistances progressent arithmétiquement tandis que la population progresse géométriquement, ce qui crée un décalage à l’origine de la misère. — Thomas Robert Malthus, Essai sur le principe de population, 1798

  • Chez Smith, l’État doit protéger la propriété privée et assurer la police et la justice, tandis qu’il peut financer les biens collectifs comme les ponts et les routes ; il n’a pas à mener de politique économique conjoncturelle. — Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776

  • Selon Ricardo, une hausse de la masse monétaire sans accroissement préalable de la production entraîne une hausse du niveau général des prix, tandis que la monnaie ne détermine pas les quantités produites. — David Ricardo, 1817

  • Malthus soutient que l’épargne peut être thésaurisée, de sorte que l’offre ne génère pas automatiquement sa propre demande et qu’une crise de sous-consommation peut apparaître. — Thomas Robert Malthus, Principes d'économie politique, 1820

  • Chez Ricardo, l’augmentation de la population impose de cultiver des terres moins productives, ce qui augmente le prix du blé, la rente différentielle et les salaires de subsistance, réduit le profit, puis conduit à l’état stationnaire. — David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817

Astuce mémo

Smith optimiste, Ricardo pessimiste, Malthus critique

3. L’école classique française

Notions clés & Définitions

  • Valeur-utilité : Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1817 — Pour Say, l’utilité des objets constitue le premier fondement de leur valeur et créer des objets utiles revient à créer des richesses.

★ À maîtriser

📌 Sismondi oppose à la justice commutative fondée sur l’effort une justice redistributive fondée sur les besoins, car le contrat de travail est déséquilibré en faveur du capitaliste. — Nouveaux principes d'économie politique, 1819

📌 La loi des débouchés de Say affirme que toute offre génère sa propre demande, car toute production crée des revenus d’une valeur équivalente et toute épargne est finalement dépensée en investissement à long terme. — Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1817

Compléments

  • Selon Sismondi, une baisse de la demande de travail réduit les revenus, ce qui diminue encore la demande et entraîne une baisse des prix dans un processus cumulatif de dépression. — Nouveaux principes d'économie politique, 1819

Astuce mémo

Say : l’offre crée sa demande ; Sismondi : la demande peut s’effondrer

4. Marx et la critique du capitalisme

Notions clés & Définitions

  • Matérialisme historique : Karl Marx, Critique de l'économie politique — Le matérialisme historique affirme que le mode de production, combinaison des forces productives et des rapports de production, constitue l’infrastructure de la société dont les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques et philosophiques forment la superstructure.
  • Travail aliéné : Karl Marx, Manuscrits de 1844, 1844 — Dans la société capitaliste, le travail est aliéné parce que le producteur devient étranger au produit de son travail, à l’organisation de son activité et à son être générique.
  • Plus-value : Karl Marx, Salaire, prix, profit, 1865 — La plus-value est la différence entre la valeur créée par la force de travail et la valeur payée à cette force de travail, le capitaliste achetant la force de travail pour vendre une marchandise à une valeur supérieure.

Points essentiels

📌 Marx distingue le travail abstrait, dépense générique de force humaine à l’origine de la valeur d’échange, du travail concret, à l’origine de la valeur d’usage d’un bien particulier. — Karl Marx

📐 Formule — Le taux de profit est le rapport entre la plus-value et le capital total, soit π=plc+v\pi = \frac{pl}{c+v}, où cc est le capital constant et vv le capital variable.

Astuce mémo

Accumulation du capital → baisse du profit → crises du capitalisme

5. La naissance de l’école néoclassique

★ À maîtriser

  • L’école de Lausanne, représentée notamment par Walras et Pareto, développe la théorie de l’équilibre général et de l’optimum ; Walras publie Éléments d’économie politique pure en 1874. — Léon Walras

  • Chez Marx, l’accumulation du capital augmente la composition organique du capital, réduit le taux de profit, développe le chômage et provoque des crises de surproduction qui menacent finalement le système capitaliste. — Karl Marx, Le Capital

📐 Formule — Le taux de profit peut s’écrire π=pl/vc/v+1\pi = \frac{pl/v}{c/v + 1} ; toutes choses égales par ailleurs, une hausse de la composition organique c/vc/v diminue le taux de profit.

Compléments

📌 Marx considère que les crises cycliques répétées conduisent à la disparition du capitalisme et à son remplacement par le communisme, caractérisé par l’appropriation collective des moyens de production, la disparition de l’État après une dictature du prolétariat et la disparition de la monnaie. — Karl Marx, Le Capital

  • L’école de Cambridge, ouverte en 1871 par la Théorie de l’économie politique de Jevons, développe la théorie de l’équilibre partiel et l’analyse des imperfections de marché avec Marshall, Jevons et Pigou.

  • L’école de Vienne, fondée notamment par Menger en 1871, développe une théorie du capital centrée sur le détour de production et une analyse des crises économiques, poursuivie par Hayek et Schumpeter. — Fondements de l'économie politique

Astuce mémo

Lausanne : équilibre général ; Cambridge : équilibre partiel ; Vienne : capital et crises

6. Crises capitalistes et dépassement du système

★ À maîtriser

  • La substitution du capital constant au capital variable développe un chômage endogène au capitalisme, qui constitue une armée de réserve industrielle exerçant une pression à la baisse sur les salaires.

  • 🔄 La crise capitaliste suit une chaîne de conséquences:

    1. surproduction des biens de consommation
    2. baisse des prix
    3. diminution du taux de profit
    4. faillite des petites entreprises
    5. concentration industrielle

Compléments

📌 L’État relance les dépenses publiques afin de limiter la crise des débouchés, selon une conception qui le présente comme l’instrument de la classe bourgeoise.

Astuce mémo

Chômage → surproduction → baisse des prix → baisse du profit → concentration

7. Renouvellement néoclassique de l’analyse

Notions clés & Définitions

  • Utilité marginale : La variation de l’utilité totale résultant d’une variation infinitésimale de la quantité consommée ; elle est décroissante et positive ou nulle.
  • Science économique : L. Robbins, Un essai sur la nature et la signification de la science économique, 1932 — La science qui étudie le comportement humain comme une relation entre des fins et des moyens rares ayant un usage alternatif.

★ À maîtriser

📌 Les classiques expliquent principalement la valeur par les facteurs d’offre et le travail, tandis que les néoclassiques l’expliquent par la demande, l’utilité marginale et une conception subjective de la valeur.

  • L’école de Vienne, représentée par Menger, Böhm-Bawerk, Wieser, Hayek et Schumpeter, développe une théorie du capital, du détour de production et des crises économiques.

Compléments

📐 Formule — Algébriquement, l’utilité marginale correspond à la dérivée de l’utilité par rapport à la quantité consommée : UM=dUdQUM = \frac{dU}{dQ}.

Astuce mémo

Classiques : offre et travail ; néoclassiques : demande et utilité marginale

8. Équilibre général et optimum de Pareto

Notions clés & Définitions

  • Optimum de Pareto : Une situation dans laquelle il est impossible d’améliorer l’utilité d’un agent économique sans dégrader celle d’au moins un autre agent.

★ À maîtriser

📌 Selon la loi de Walras, si l’équilibre est réalisé sur n − 1 marchés, il est nécessairement réalisé sur le n-ième marché, puisque l’offre globale égale la demande globale.

  • Le commissaire-priseur de Walras annonce les prix, enregistre les offres et les demandes, puis les ajuste jusqu’à l’égalité entre offre et demande, sans transaction préalable à l’équilibre.

Compléments

  • Avec un bien choisi comme numéraire, le système de Walras comprend 2n + 2m − 1 inconnues et autant d’équations indépendantes.

Astuce mémo

Offre-demande → équilibre général → optimum

9. Cambridge et libéralisme tempéré

Notions clés & Définitions

  • Équilibre partiel : Alfred Marshall — Étude d’un seul marché en supposant que son équilibre quantité-prix ne dépend pas de l’équilibre des autres marchés.
  • Effet externe : Une situation dans laquelle la production ou la consommation d’un agent modifie l’utilité d’un autre sans passer par le mécanisme des prix.
  • Bien collectif : Utilisable simultanément par plusieurs agents sans que l’usage de l’un empêche celui des autres, ce qui peut conduire au refus spontané de son financement.

Points essentiels

  • Marshall réconcilie l’approche classique de la valeur par le coût de production et l’approche néoclassique par l’utilité, comme les deux lames d’une paire de ciseaux. — Alfred Marshall, 1906

  • À court terme, la demande influence principalement le prix parce que les capacités de production sont données, tandis qu’à long terme le coût de production devient déterminant. — Alfred Marshall, 1906

  • Pour internaliser une externalité positive, l’État peut protéger l’innovation afin d’inciter à investir davantage ; pour une externalité négative, il peut taxer le pollueur afin d’intégrer le coût de la pollution dans le calcul du producteur.

Astuce mémo

Les deux lames des ciseaux de Marshall : offre et demande déterminent ensemble la valeur

10. École de Vienne et destruction créatrice

Notions clés & Définitions

  • Circuit stationnaire : Schumpeter, 1912 — Une économie où les comportements sont routiniers, les biens et les combinaisons productives restent identiques, la monnaie sert seulement aux transactions et les producteurs ne réalisent ni pertes ni bénéfices.
  • Innovation : Chez Schumpeter, l’innovation comprend l’innovation de produit, l’innovation de procédé, la découverte d’une nouvelle matière première, l’ouverture d’un nouveau marché et un nouveau mode d’organisation de la production.

★ À maîtriser

📌 Chez Schumpeter, concurrence et monopole alternent dans le temps : la concurrence pousse les entrepreneurs à innover, puis l’imitation érode le monopole et rétablit la concurrence.

  • L’entrepreneur introduit une grappe d’innovations financée par le crédit bancaire, obtient temporairement un monopole et un profit, puis l’imitation diffuse l’innovation et entraîne la concurrence, la surproduction et la déflation. — Schumpeter, 1912

Compléments

  • Schumpeter associe le cycle 1790-1849 à la machine à vapeur et au textile, le cycle 1849-1896 au chemin de fer et à la métallurgie, et le cycle commencé en 1897 à l’électricité et à la chimie. — Business Cycles, 1939

Astuce mémo

Innovation → monopole → imitation → concurrence → dépression

11. Ruptures et mécanismes keynésiens

Notions clés & Définitions

  • Paradoxe de l’épargne : Keynes, 1931 — Le fait qu’une épargne supérieure à l’investissement réduise la production et le revenu, ce qui diminue finalement l’épargne ; l’investissement fait donc l’épargne plutôt que l’inverse.

Points essentiels

  • Keynes rompt avec le raisonnement néoclassique de long terme en privilégiant le court terme, où l’épargne constitue une non-dépense et une fuite de revenus du circuit économique. — Théorie générale

  • Keynes oppose l’incertitude radicale, dont les états de nature ne sont pas dénombrables ex ante, à l’incertitude probabilisable des néoclassiques.

  • Keynes remplace l’analyse microéconomique fondée sur l’agent représentatif par une analyse macroéconomique des groupes, car l’agrégation des comportements individuels peut produire un résultat collectif différent.

  • Les néoclassiques expliquent l’ajustement par des prix flexibles, tandis que Keynes considère les prix rigides à court terme et l’ajustement par les quantités, la production et l’emploi.

  • Keynes explique le chômage durable par une insuffisance de la demande effective, tandis que les néoclassiques l’expliquent par la rigidité à la baisse des salaires réels.

  • Au Royaume-Uni, le chômage reste supérieur ou égal à un million de personnes pendant toute la période 1920-1939 et jusqu’en 1938.

  • Les fuites et entrées du circuit keynésien sont : (Keynes):

    • épargne : fuite
    • impôts : fuite
    • importations : fuite
    • investissement : entrée
    • dépenses publiques : entrée
    • exportations : entrée

Astuce mémo

Néoclassiques : prix flexibles et équilibre ; Keynes : prix rigides et ajustement par les quantités

12. Les ruptures keynésiennes fondamentales

Notions clés & Définitions

  • Paradoxe de l’épargne : Idée keynésienne selon laquelle une hausse excessive de l’épargne peut réduire la production, le revenu et finalement l’épargne elle-même.
  • Demande effective : Demande globale anticipée par les entrepreneurs, qui détermine chez Keynes la demande de travail et le niveau de l’emploi.

★ À maîtriser

  • Dans l’optique libérale, un excès d’épargne par rapport à l’investissement fait baisser le taux d’intérêt, tandis que chez Keynes l’ajustement s’effectue par une baisse de la production et du revenu.

  • Chez les néoclassiques, l’offre et la demande de travail dépendent toutes deux du salaire réel, tandis que chez Keynes la demande dépend du salaire réel et l’offre du salaire nominal, ce qui rend possible un chômage involontaire durable.

  • Pour les néoclassiques, la monnaie est neutre et une hausse de sa quantité agit finalement sur les prix, tandis que pour Keynes la monnaie est aussi détenue pour spéculer et une politique monétaire expansive peut relancer la production.

  • Lorsque le marché n’assure pas le plein-emploi, une politique budgétaire ou monétaire expansive injecte du revenu et relance la production par le multiplicateur.

Compléments

📌 Chez Keynes, une baisse du taux d’intérêt provoquée par une politique monétaire expansive réduit le coût de la renonciation à la liquidité et peut stimuler la production.

Astuce mémo

Classiques : taux d’intérêt et flexibilité ; Keynes : production, demande et rigidités

13. La portée relativisée du keynésianisme

★ À maîtriser

📌 Marx et Schumpeter analysent l’évolution qualitative et historique des systèmes économiques, tandis que Keynes reste centré sur la croissance quantitative et les conditions d’un fonctionnement efficace du marché.

  • Keynes rompt avec l’orthodoxie néoclassique en mettant en évidence la possibilité d’un équilibre de sous-emploi durable et la nécessité d’une intervention régulatrice de l’État. — Pigou

  • Après la Seconde Guerre mondiale, le courant de la synthèse devient la lecture dominante du keynésianisme en rapprochant la pensée de Keynes de l’orthodoxie néoclassique.

Compléments

  • Dans son Arithmétique politique publiée en 1690, Petty montre qu’une abondance monétaire peut faire baisser le taux d’intérêt et relancer l’investissement et l’activité, ce qui implique que la monnaie n’est pas neutre.

  • Malthus est présenté comme un précurseur de la remise en cause de la théorie quantitative de la monnaie, auquel Keynes rend hommage en 1933 dans Thomas Robert Malthus : The First of the Cambridge Economists.

Astuce mémo

Antécédents mercantilistes et hétérodoxes → synthèse keynésienne moins radicale

14. La convergence keynésiano-néoclassique

Notions clés & Définitions

  • Modèle IS-LM : Le modèle IS-LM élaboré par Hicks et Hansen étudie les conditions d’efficacité des politiques monétaire et budgétaire dans une économie fermée.

★ À maîtriser

📌 Samuelson et Solow transforment la relation de Phillips entre chômage et hausse des salaires nominaux en une relation entre chômage et hausse des prix, fondant les politiques de relance des années 1960.

📌 La théorie du déséquilibre distingue le chômage keynésien, dû à une insuffisance de la demande, du chômage classique, dû à une insuffisance de l’offre.

  • Initiée dès 1937 par Hicks, la synthèse conçoit la pensée de Keynes comme un cas particulier du modèle néoclassique et devient dominante en macroéconomie durant les années 1950-1960. — Mr Keynes and the "Classics"

  • Les nouveaux keynésiens regroupent trois courants:

    • la théorie du déséquilibre
    • la nouvelle microéconomie du travail
    • l’étude de la rigidité des prix sur les marchés des biens et services

Compléments

  • Tobin prolonge l’arbitrage keynésien entre monnaie et obligations en introduisant la diversification du portefeuille afin de réduire le risque mesuré par l’écart type du rendement des titres.

Astuce mémo

IS-LM → portefeuille diversifié → courbe de Phillips

15. Le maintien des orthodoxies et hétérodoxies

Notions clés & Définitions

  • Taux de chômage naturel : Friedman, The Role of Monetary Policy, 1968 — Taux qui découlerait du système walrasien d’équilibre général en intégrant les imperfections des marchés, les variations aléatoires des offres et demandes, les coûts d’information et les coûts de mobilité.
  • Institutionnalisme : L’institutionnalisme explique les comportements économiques par leur contexte social, les institutions, les rapports de pouvoir, les valeurs, les technologies et l’évolution plutôt que par le seul fonctionnement du marché.
  • Ordre spontané : Droit, législation et liberté, 1976 — L’ordre spontané de Hayek désigne des institutions produites involontairement par les actions humaines et non par un dessein construit, l’économie de marché étant présentée comme un tel ordre.

Points essentiels

  • Les nouveaux classiques soutiennent que la monnaie est neutre même à court terme et que les politiques conjoncturelles anticipées n’ont aucun effet réel, car les agents forment des anticipations rationnelles à partir de toute l’information disponible. — Lucas, Sargent, Wallace, Kydland, Prescott, années 1970

  • Pour Hayek, les crises résultent d’un surinvestissement et appellent l’austérité et la discipline monétaire, tandis que Keynes les attribue à une insuffisance de l’investissement et préconise de le stimuler. — Friedrich Hayek, Prix et production, 1931

  • Les néocambridgiens et les post-keynésiens refusent la synthèse avec les néoclassiques et mettent l’accent sur l’incertitude radicale, les anticipations et la critique de la concurrence pure et parfaite. — Kaldor, Robinson, Harrod

  • La théorie de la segmentation du marché du travail distingue un marché primaire où la main-d’œuvre qualifiée est considérée comme du capital humain et un marché secondaire où le travail est traité comme une marchandise. — Piore et Doeringer

  • Selon Friedman, une politique budgétaire expansive est inefficace lorsqu’elle provoque un effet d’éviction total, l’augmentation des dépenses publiques étant compensée par une baisse équivalente des dépenses privées. — Milton Friedman

  • Selon Laffer, au-delà d’un certain seuil, une hausse du taux de pression fiscale provoque une baisse du montant total des recettes fiscales. — Arthur Laffer, The Economics of the Tax Revolt, 1979

Astuce mémo

Synthèse keynésienne contre monétaristes, nouveaux classiques et écoles hétérodoxes

16. L’analyse contemporaine de l’information

Notions clés & Définitions

  • Théorie de l’agence : Étude du comportement stratégique des agents lorsqu’une asymétrie d’information oppose des contractants, dont l’un détient une information privée.

★ À maîtriser

📌 Le risque moral apparaît après la conclusion du contrat lorsque l’assuré réduit sa vigilance, tandis que la sélection adverse apparaît avant le contrat lorsque l’assureur ne distingue pas les bons conducteurs des mauvais. — Rothschild et Stiglitz

📌 Pour combattre la sélection adverse et le risque moral dans l’assurance, l’assureur peut différencier les tarifs selon la puissance du véhicule et l’historique du conducteur, puis instaurer un bonus-malus et une franchise.

  • Dans le marché automobile d’occasion étudié par Akerlof en 1970, un acheteur prêt à payer 8 000 euros pour une bonne voiture et 2 000 euros pour une mauvaise offre au maximum 5 000 euros si chaque qualité a une probabilité de 50 %, ce qui conduit les bonnes voitures à quitter le marché. — The Market for "Lemons" : Quality Uncertainty and the Market Mechanism

Compléments

  • Les principaux domaines concernés sont:
    • l’assurance
    • les entreprises publiques
    • la gestion des grandes sociétés
    • le marché du travail
    • le crédit bancaire
    • le marché de l’occasion

Astuce mémo

Un principal face à un agent qui détient une information cachée

17. Théorie de l’agence et information

Notions clés & Définitions

  • Théorie de l’agence : Étudie les moyens dont dispose le principal pour inciter les agents à révéler leur information et à ne pas se comporter de manière opportuniste.

★ À maîtriser

📌 Dans la relation bancaire, la sélection adverse signifie que seules les entreprises les plus risquées demandent un prêt lorsque le taux d’intérêt augmente, tandis que le risque moral signifie qu’une entreprise ayant contracté un emprunt coûteux est incitée à choisir des projets plus risqués.

  • Sur le marché des voitures d’occasion, l’asymétrie d’information peut conduire à un équilibre dans lequel 100 % des voitures vendues sont de mauvaise qualité et s’échangent à un prix inférieur ou égal à 2 000 euros.

  • Les asymétries d’information peuvent notamment entraîner les situations suivantes:

    • Les assurés relâchent leur attention
    • Les entreprises publiques dépensent plus que nécessaire
    • Les managers ne maximisent pas le profit
    • La productivité du travail dans l’entreprise est faible
    • Seules les entreprises risquées empruntent
    • Seules les voitures de mauvaise qualité sont mises sur le marché de l’occasion
  • Le rationnement du crédit apparaît lorsque, au-delà d’un taux d’intérêt critique r*, la banque offre de moins en moins de crédits parce que la probabilité de non-remboursement devient trop forte, et il existe lorsque la demande de crédit dépasse l’offre au taux r*.

Compléments

📌 Dans la relation de travail, un employeur peut augmenter les salaires au-dessus du niveau concurrentiel afin d’inciter la main-d’œuvre à fournir un effort, conformément à la théorie du salaire d’efficience.

  • Dans une relation de travail, l’employeur ne connaît pas a priori les caractéristiques de la nouvelle recrue et ne peut pas observer parfaitement l’effort fourni après l’embauche.

  • Pour combattre la sélection adverse et le risque moral dans l’assurance automobile, l’assureur différencie les tarifs selon la puissance des voitures et l’historique du conducteur, puis instaure un système de bonus-malus et une franchise pour les remboursements.

Astuce mémo

Information cachée → comportements opportunistes → solutions incitatives

18. Théorie des jeux et équilibres

Notions clés & Définitions

  • Théorie des jeux : von Neumann et Morgenstern, années 1940 — Étudie les situations dans lesquelles les agents effectuent des choix en interaction.
  • Équilibre de Nash : Équilibre de meilleure réponse dans lequel aucun joueur n’a individuellement intérêt à modifier son choix compte tenu du choix de l’autre joueur.

★ À maîtriser

📌 Dans un jeu à information complète et parfaite, chaque joueur connaît son ensemble de choix et celui de ses partenaires, et les décisions sont prises selon un ordre du jeu.

📌 Dans un jeu à information complète mais imparfaite, chaque joueur connaît son ensemble de choix et celui de ses partenaires, mais les décisions sont prises simultanément.

  • Dans le dilemme du prisonnier, la solution (5 ; 5) est un équilibre de Nash et constitue une situation sous-optimale, car les deux individus auraient eu intérêt à se taire et à obtenir chacun 7.

  • La récurrence à rebours consiste à déterminer le choix du dernier joueur, puis celui de l’avant-dernier, et ainsi de suite jusqu’au premier joueur.

  • Dans l’exemple du monopole face à l’entrée, X préfère partager le marché, car son gain est de 4 plutôt que de -1, puis Y choisit d’entrer, car son gain anticipé est de 4 plutôt que de 0, ce qui conduit à l’issue (4 ; 4).

  • Les quatre issues du dilemme du prisonnier sont:

    • (7 ; 7) lorsque les deux individus se taisent
    • (0 ; 14) lorsque A se tait et B dénonce
    • (14 ; 0) lorsque A dénonce et B se tait
    • (5 ; 5) lorsqu’ils se dénoncent mutuellement

Compléments

  • Les situations de dilemme du prisonnier apparaissent notamment lorsque tout le monde souhaite utiliser les biens collectifs mais que personne ne veut les payer, ou lorsque chaque pays a individuellement intérêt au protectionnisme malgré les gains collectifs attendus du libre-échange.

  • Dans le jeu du monopole face à l’entrée d’un concurrent, l’entreprise Y choisit d’entrer ou non, puis l’entreprise X choisit de partager le marché ou de mener une guerre des prix si Y entre.

Astuce mémo

Jeu séquentiel : observer puis choisir ; jeu simultané : choisir sans observer

Tableaux de synthèse

Les trois écoles néoclassiques

ÉcoleReprésentantsContribution
LausanneWalras, ParetoÉquilibre général et optimum
CambridgeJevons, Marshall, PigouÉquilibre partiel et imperfections de marché
VienneMenger, Böhm-Bawerk, Wieser, Hayek, SchumpeterThéorie du capital et crises économiques

Les trois écoles néoclassiques

ÉcoleAuteurs ou datesThème principal
LausanneWalras, Pareto ; 1874Équilibre général et optimum
CambridgeJevons, Marshall, Pigou ; 1871Équilibre partiel et imperfections de marché
VienneMenger, Böhm-Bawerk, Hayek, Schumpeter ; 1871Capital, crises et subjectivisme

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1. Comment caractériser l’école classique dans l’histoire de la pensée économique ?

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Quelles interrogations partagent les auteurs de l'école classique ?

La valeur, la croissance et la monnaie.

École classique

Groupe d'auteurs sur valeur, croissance, monnaie.

Entre quelles années s'échelonnent les principaux ouvrages classiques ?

Entre 1776 et 1848.

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