★ À maîtriser
Compléments
Smith → Ricardo → Mill, puis Marx, Keynes et les contemporains
Smith distingue la valeur d’usage, condition nécessaire mais non suffisante de la valeur d’échange, et la valeur d’échange, dont la source est la rareté pour les biens non reproductibles et la quantité de travail nécessaire à la production pour les biens reproductibles. — Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776
Selon Malthus, les subsistances progressent arithmétiquement tandis que la population progresse géométriquement, ce qui crée un décalage à l’origine de la misère. — Thomas Robert Malthus, Essai sur le principe de population, 1798
Chez Smith, l’État doit protéger la propriété privée et assurer la police et la justice, tandis qu’il peut financer les biens collectifs comme les ponts et les routes ; il n’a pas à mener de politique économique conjoncturelle. — Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776
Selon Ricardo, une hausse de la masse monétaire sans accroissement préalable de la production entraîne une hausse du niveau général des prix, tandis que la monnaie ne détermine pas les quantités produites. — David Ricardo, 1817
Malthus soutient que l’épargne peut être thésaurisée, de sorte que l’offre ne génère pas automatiquement sa propre demande et qu’une crise de sous-consommation peut apparaître. — Thomas Robert Malthus, Principes d'économie politique, 1820
Chez Ricardo, l’augmentation de la population impose de cultiver des terres moins productives, ce qui augmente le prix du blé, la rente différentielle et les salaires de subsistance, réduit le profit, puis conduit à l’état stationnaire. — David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817
Smith optimiste, Ricardo pessimiste, Malthus critique
★ À maîtriser
📌 Sismondi oppose à la justice commutative fondée sur l’effort une justice redistributive fondée sur les besoins, car le contrat de travail est déséquilibré en faveur du capitaliste. — Nouveaux principes d'économie politique, 1819
📌 La loi des débouchés de Say affirme que toute offre génère sa propre demande, car toute production crée des revenus d’une valeur équivalente et toute épargne est finalement dépensée en investissement à long terme. — Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1817
Compléments
Say : l’offre crée sa demande ; Sismondi : la demande peut s’effondrer
📌 Marx distingue le travail abstrait, dépense générique de force humaine à l’origine de la valeur d’échange, du travail concret, à l’origine de la valeur d’usage d’un bien particulier. — Karl Marx
📐 Formule — Le taux de profit est le rapport entre la plus-value et le capital total, soit , où est le capital constant et le capital variable.
Accumulation du capital → baisse du profit → crises du capitalisme
★ À maîtriser
L’école de Lausanne, représentée notamment par Walras et Pareto, développe la théorie de l’équilibre général et de l’optimum ; Walras publie Éléments d’économie politique pure en 1874. — Léon Walras
Chez Marx, l’accumulation du capital augmente la composition organique du capital, réduit le taux de profit, développe le chômage et provoque des crises de surproduction qui menacent finalement le système capitaliste. — Karl Marx, Le Capital
📐 Formule — Le taux de profit peut s’écrire ; toutes choses égales par ailleurs, une hausse de la composition organique diminue le taux de profit.
Compléments
📌 Marx considère que les crises cycliques répétées conduisent à la disparition du capitalisme et à son remplacement par le communisme, caractérisé par l’appropriation collective des moyens de production, la disparition de l’État après une dictature du prolétariat et la disparition de la monnaie. — Karl Marx, Le Capital
L’école de Cambridge, ouverte en 1871 par la Théorie de l’économie politique de Jevons, développe la théorie de l’équilibre partiel et l’analyse des imperfections de marché avec Marshall, Jevons et Pigou.
L’école de Vienne, fondée notamment par Menger en 1871, développe une théorie du capital centrée sur le détour de production et une analyse des crises économiques, poursuivie par Hayek et Schumpeter. — Fondements de l'économie politique
Lausanne : équilibre général ; Cambridge : équilibre partiel ; Vienne : capital et crises
★ À maîtriser
La substitution du capital constant au capital variable développe un chômage endogène au capitalisme, qui constitue une armée de réserve industrielle exerçant une pression à la baisse sur les salaires.
🔄 La crise capitaliste suit une chaîne de conséquences:
Compléments
📌 L’État relance les dépenses publiques afin de limiter la crise des débouchés, selon une conception qui le présente comme l’instrument de la classe bourgeoise.
Chômage → surproduction → baisse des prix → baisse du profit → concentration
★ À maîtriser
📌 Les classiques expliquent principalement la valeur par les facteurs d’offre et le travail, tandis que les néoclassiques l’expliquent par la demande, l’utilité marginale et une conception subjective de la valeur.
Compléments
📐 Formule — Algébriquement, l’utilité marginale correspond à la dérivée de l’utilité par rapport à la quantité consommée : .
Classiques : offre et travail ; néoclassiques : demande et utilité marginale
★ À maîtriser
📌 Selon la loi de Walras, si l’équilibre est réalisé sur n − 1 marchés, il est nécessairement réalisé sur le n-ième marché, puisque l’offre globale égale la demande globale.
Compléments
Offre-demande → équilibre général → optimum
Marshall réconcilie l’approche classique de la valeur par le coût de production et l’approche néoclassique par l’utilité, comme les deux lames d’une paire de ciseaux. — Alfred Marshall, 1906
À court terme, la demande influence principalement le prix parce que les capacités de production sont données, tandis qu’à long terme le coût de production devient déterminant. — Alfred Marshall, 1906
Pour internaliser une externalité positive, l’État peut protéger l’innovation afin d’inciter à investir davantage ; pour une externalité négative, il peut taxer le pollueur afin d’intégrer le coût de la pollution dans le calcul du producteur.
Les deux lames des ciseaux de Marshall : offre et demande déterminent ensemble la valeur
★ À maîtriser
📌 Chez Schumpeter, concurrence et monopole alternent dans le temps : la concurrence pousse les entrepreneurs à innover, puis l’imitation érode le monopole et rétablit la concurrence.
Compléments
Innovation → monopole → imitation → concurrence → dépression
Keynes rompt avec le raisonnement néoclassique de long terme en privilégiant le court terme, où l’épargne constitue une non-dépense et une fuite de revenus du circuit économique. — Théorie générale
Keynes oppose l’incertitude radicale, dont les états de nature ne sont pas dénombrables ex ante, à l’incertitude probabilisable des néoclassiques.
Keynes remplace l’analyse microéconomique fondée sur l’agent représentatif par une analyse macroéconomique des groupes, car l’agrégation des comportements individuels peut produire un résultat collectif différent.
Les néoclassiques expliquent l’ajustement par des prix flexibles, tandis que Keynes considère les prix rigides à court terme et l’ajustement par les quantités, la production et l’emploi.
Keynes explique le chômage durable par une insuffisance de la demande effective, tandis que les néoclassiques l’expliquent par la rigidité à la baisse des salaires réels.
Au Royaume-Uni, le chômage reste supérieur ou égal à un million de personnes pendant toute la période 1920-1939 et jusqu’en 1938.
Les fuites et entrées du circuit keynésien sont : (Keynes):
Néoclassiques : prix flexibles et équilibre ; Keynes : prix rigides et ajustement par les quantités
★ À maîtriser
Dans l’optique libérale, un excès d’épargne par rapport à l’investissement fait baisser le taux d’intérêt, tandis que chez Keynes l’ajustement s’effectue par une baisse de la production et du revenu.
Chez les néoclassiques, l’offre et la demande de travail dépendent toutes deux du salaire réel, tandis que chez Keynes la demande dépend du salaire réel et l’offre du salaire nominal, ce qui rend possible un chômage involontaire durable.
Pour les néoclassiques, la monnaie est neutre et une hausse de sa quantité agit finalement sur les prix, tandis que pour Keynes la monnaie est aussi détenue pour spéculer et une politique monétaire expansive peut relancer la production.
Lorsque le marché n’assure pas le plein-emploi, une politique budgétaire ou monétaire expansive injecte du revenu et relance la production par le multiplicateur.
Compléments
📌 Chez Keynes, une baisse du taux d’intérêt provoquée par une politique monétaire expansive réduit le coût de la renonciation à la liquidité et peut stimuler la production.
Classiques : taux d’intérêt et flexibilité ; Keynes : production, demande et rigidités
★ À maîtriser
📌 Marx et Schumpeter analysent l’évolution qualitative et historique des systèmes économiques, tandis que Keynes reste centré sur la croissance quantitative et les conditions d’un fonctionnement efficace du marché.
Keynes rompt avec l’orthodoxie néoclassique en mettant en évidence la possibilité d’un équilibre de sous-emploi durable et la nécessité d’une intervention régulatrice de l’État. — Pigou
Après la Seconde Guerre mondiale, le courant de la synthèse devient la lecture dominante du keynésianisme en rapprochant la pensée de Keynes de l’orthodoxie néoclassique.
Compléments
Dans son Arithmétique politique publiée en 1690, Petty montre qu’une abondance monétaire peut faire baisser le taux d’intérêt et relancer l’investissement et l’activité, ce qui implique que la monnaie n’est pas neutre.
Malthus est présenté comme un précurseur de la remise en cause de la théorie quantitative de la monnaie, auquel Keynes rend hommage en 1933 dans Thomas Robert Malthus : The First of the Cambridge Economists.
Antécédents mercantilistes et hétérodoxes → synthèse keynésienne moins radicale
★ À maîtriser
📌 Samuelson et Solow transforment la relation de Phillips entre chômage et hausse des salaires nominaux en une relation entre chômage et hausse des prix, fondant les politiques de relance des années 1960.
📌 La théorie du déséquilibre distingue le chômage keynésien, dû à une insuffisance de la demande, du chômage classique, dû à une insuffisance de l’offre.
Initiée dès 1937 par Hicks, la synthèse conçoit la pensée de Keynes comme un cas particulier du modèle néoclassique et devient dominante en macroéconomie durant les années 1950-1960. — Mr Keynes and the "Classics"
Les nouveaux keynésiens regroupent trois courants:
Compléments
IS-LM → portefeuille diversifié → courbe de Phillips
Les nouveaux classiques soutiennent que la monnaie est neutre même à court terme et que les politiques conjoncturelles anticipées n’ont aucun effet réel, car les agents forment des anticipations rationnelles à partir de toute l’information disponible. — Lucas, Sargent, Wallace, Kydland, Prescott, années 1970
Pour Hayek, les crises résultent d’un surinvestissement et appellent l’austérité et la discipline monétaire, tandis que Keynes les attribue à une insuffisance de l’investissement et préconise de le stimuler. — Friedrich Hayek, Prix et production, 1931
Les néocambridgiens et les post-keynésiens refusent la synthèse avec les néoclassiques et mettent l’accent sur l’incertitude radicale, les anticipations et la critique de la concurrence pure et parfaite. — Kaldor, Robinson, Harrod
La théorie de la segmentation du marché du travail distingue un marché primaire où la main-d’œuvre qualifiée est considérée comme du capital humain et un marché secondaire où le travail est traité comme une marchandise. — Piore et Doeringer
Selon Friedman, une politique budgétaire expansive est inefficace lorsqu’elle provoque un effet d’éviction total, l’augmentation des dépenses publiques étant compensée par une baisse équivalente des dépenses privées. — Milton Friedman
Selon Laffer, au-delà d’un certain seuil, une hausse du taux de pression fiscale provoque une baisse du montant total des recettes fiscales. — Arthur Laffer, The Economics of the Tax Revolt, 1979
Synthèse keynésienne contre monétaristes, nouveaux classiques et écoles hétérodoxes
★ À maîtriser
📌 Le risque moral apparaît après la conclusion du contrat lorsque l’assuré réduit sa vigilance, tandis que la sélection adverse apparaît avant le contrat lorsque l’assureur ne distingue pas les bons conducteurs des mauvais. — Rothschild et Stiglitz
📌 Pour combattre la sélection adverse et le risque moral dans l’assurance, l’assureur peut différencier les tarifs selon la puissance du véhicule et l’historique du conducteur, puis instaurer un bonus-malus et une franchise.
Compléments
Un principal face à un agent qui détient une information cachée
★ À maîtriser
📌 Dans la relation bancaire, la sélection adverse signifie que seules les entreprises les plus risquées demandent un prêt lorsque le taux d’intérêt augmente, tandis que le risque moral signifie qu’une entreprise ayant contracté un emprunt coûteux est incitée à choisir des projets plus risqués.
Sur le marché des voitures d’occasion, l’asymétrie d’information peut conduire à un équilibre dans lequel 100 % des voitures vendues sont de mauvaise qualité et s’échangent à un prix inférieur ou égal à 2 000 euros.
Les asymétries d’information peuvent notamment entraîner les situations suivantes:
Le rationnement du crédit apparaît lorsque, au-delà d’un taux d’intérêt critique r*, la banque offre de moins en moins de crédits parce que la probabilité de non-remboursement devient trop forte, et il existe lorsque la demande de crédit dépasse l’offre au taux r*.
Compléments
📌 Dans la relation de travail, un employeur peut augmenter les salaires au-dessus du niveau concurrentiel afin d’inciter la main-d’œuvre à fournir un effort, conformément à la théorie du salaire d’efficience.
Dans une relation de travail, l’employeur ne connaît pas a priori les caractéristiques de la nouvelle recrue et ne peut pas observer parfaitement l’effort fourni après l’embauche.
Pour combattre la sélection adverse et le risque moral dans l’assurance automobile, l’assureur différencie les tarifs selon la puissance des voitures et l’historique du conducteur, puis instaure un système de bonus-malus et une franchise pour les remboursements.
Information cachée → comportements opportunistes → solutions incitatives
★ À maîtriser
📌 Dans un jeu à information complète et parfaite, chaque joueur connaît son ensemble de choix et celui de ses partenaires, et les décisions sont prises selon un ordre du jeu.
📌 Dans un jeu à information complète mais imparfaite, chaque joueur connaît son ensemble de choix et celui de ses partenaires, mais les décisions sont prises simultanément.
Dans le dilemme du prisonnier, la solution (5 ; 5) est un équilibre de Nash et constitue une situation sous-optimale, car les deux individus auraient eu intérêt à se taire et à obtenir chacun 7.
La récurrence à rebours consiste à déterminer le choix du dernier joueur, puis celui de l’avant-dernier, et ainsi de suite jusqu’au premier joueur.
Dans l’exemple du monopole face à l’entrée, X préfère partager le marché, car son gain est de 4 plutôt que de -1, puis Y choisit d’entrer, car son gain anticipé est de 4 plutôt que de 0, ce qui conduit à l’issue (4 ; 4).
Les quatre issues du dilemme du prisonnier sont:
Compléments
Les situations de dilemme du prisonnier apparaissent notamment lorsque tout le monde souhaite utiliser les biens collectifs mais que personne ne veut les payer, ou lorsque chaque pays a individuellement intérêt au protectionnisme malgré les gains collectifs attendus du libre-échange.
Dans le jeu du monopole face à l’entrée d’un concurrent, l’entreprise Y choisit d’entrer ou non, puis l’entreprise X choisit de partager le marché ou de mener une guerre des prix si Y entre.
Jeu séquentiel : observer puis choisir ; jeu simultané : choisir sans observer
| École | Représentants | Contribution |
|---|---|---|
| Lausanne | Walras, Pareto | Équilibre général et optimum |
| Cambridge | Jevons, Marshall, Pigou | Équilibre partiel et imperfections de marché |
| Vienne | Menger, Böhm-Bawerk, Wieser, Hayek, Schumpeter | Théorie du capital et crises économiques |
| École | Auteurs ou dates | Thème principal |
|---|---|---|
| Lausanne | Walras, Pareto ; 1874 | Équilibre général et optimum |
| Cambridge | Jevons, Marshall, Pigou ; 1871 | Équilibre partiel et imperfections de marché |
| Vienne | Menger, Böhm-Bawerk, Hayek, Schumpeter ; 1871 | Capital, crises et subjectivisme |
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1. Comment caractériser l’école classique dans l’histoire de la pensée économique ?
2. Quelle est la principale caractéristique de l’école classique selon Marx ?
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Quelles interrogations partagent les auteurs de l'école classique ?
La valeur, la croissance et la monnaie.
École classique
Groupe d'auteurs sur valeur, croissance, monnaie.
Entre quelles années s'échelonnent les principaux ouvrages classiques ?
Entre 1776 et 1848.
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