QCM : Langue, identité et pouvoir (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que met en évidence la métaphore du vêtement lorsqu’elle est appliquée à la langue ?

La langue fonctionne comme un uniforme imposé par les institutions pour effacer les différences de groupe.
La langue peut servir de signe culturel que l’on choisit pour afficher son appartenance à un groupe.
La langue change selon les régions, sans pouvoir signaler une appartenance culturelle choisie.
La langue sert à transmettre des règles grammaticales, plutôt qu’à exprimer une appartenance collective.

La langue peut servir de signe culturel que l’on choisit pour afficher son appartenance à un groupe.

Explication

Comme un vêtement, la langue peut être choisie pour afficher une appartenance à un groupe et agir comme signe culturel. La présenter comme un uniforme imposé qui efface les différences inverse le sens de la métaphore.

2. Une personne se sent émotionnellement attachée à un groupe et le désigne comme « nous » : comment appelle-t-on ce groupe ?

Un exogroupe, composé des personnes que la personne considère comme « nous ».
Un groupe social externe, auquel la personne appartient sans s’y identifier.
Un endogroupe, auquel la personne s’identifie et se sent attachée.
Un groupe de référence, dont les membres sont nécessairement des proches.

Un endogroupe, auquel la personne s’identifie et se sent attachée.

Explication

L’endogroupe est le groupe auquel une personne s’identifie et auquel elle est émotionnellement attachée, le « nous ». L’exogroupe correspond plutôt aux personnes considérées comme les « autres ».

3. Dans une perspective sociolinguistique, pourquoi la langue peut-elle être considérée comme un objet culturel ?

Parce qu’elle est façonnée par des communautés et porte des sens qui varient avec leur histoire, leur géographie et leur société.
Parce qu’elle transmet une culture fixe, indépendante des communautés et des changements historiques.
Parce qu’elle est un système universel dont les significations ne dépendent pas des groupes sociaux.
Parce qu’elle reflète surtout les choix individuels, sans être liée à l’histoire ni à la géographie.

Parce qu’elle est façonnée par des communautés et porte des sens qui varient avec leur histoire, leur géographie et leur société.

Explication

La langue est façonnée par les communautés et investie de sens, lesquels varient selon les contextes historiques, géographiques et sociaux. L’idée d’une culture fixe et indépendante des communautés ne rend pas compte de cette variabilité.

4. Que montrent les tests de perception sur la capacité des auditeurs à reconnaître l’identité sociale à partir de la voix ?

Ils identifient l’identité sociale avec précision à partir du vocabulaire, mais pas de la voix.
Ils repèrent principalement l’origine géographique, sans pouvoir déduire l’appartenance sociale.
Ils peuvent surtout reconnaître l’âge d’une personne, mais distinguent peu son identité sociale.
Ils peuvent identifier avec une grande précision l’identité sociale d’une personne à partir de sa voix.

Ils peuvent identifier avec une grande précision l’identité sociale d’une personne à partir de sa voix.

Explication

Les tests montrent que les auditeurs identifient avec une grande précision l’identité sociale d’une personne à partir de sa voix. La reconnaissance du vocabulaire ne correspond pas au résultat ciblé, qui porte sur les indices vocaux.

5. Qu’appelle-t-on convergence linguistique dans une interaction ?

Une variation de parole qui marque une appartenance sociale sans modifier l’interaction
Une variation de parole qui distingue les contextes formels des contextes familiers
Un changement de façon de parler qui éloigne un locuteur de celle de son interlocuteur
Un changement de façon de parler qui rapproche un locuteur de celle de son interlocuteur

Un changement de façon de parler qui rapproche un locuteur de celle de son interlocuteur

Explication

La convergence désigne l’ajustement par lequel un locuteur se rapproche de la manière de parler de son interlocuteur. La divergence constitue le contraste le plus proche, puisqu’elle correspond à un éloignement entre leurs façons de parler.

6. Dans le récit biblique des Éphraïmites et des Galaadites, quelle prononciation permettait aux Galaadites de reconnaître les Éphraïmites ?

Les Éphraïmites remplaçaient « shibboleth » par un mot grammatical.
Les Éphraïmites prononçaient « shibboleth » avec [ʃɪ].
Les Éphraïmites prononçaient « shibboleth » avec [sɪ].
Les Éphraïmites distinguaient leur groupe par un accent régional différent.

Les Éphraïmites prononçaient « shibboleth » avec [sɪ].

Explication

Les Éphraïmites prononçaient « shibboleth » avec [sɪ], tandis que les Galaadites utilisaient [ʃɪ] ; cette différence servait à reconnaître l’appartenance au groupe. La prononciation [ʃɪ] était celle des Galaadites, et non celle des Éphraïmites.

7. À quoi sert principalement un shibboleth dans les relations entre groupes ?

À rapprocher la manière de parler de deux interlocuteurs en conversation
À distinguer les usages formels des usages intimes dans une communauté
À reconnaître l’appartenance à un groupe grâce à une façon de parler distinctive
À enseigner une variété standard afin de faciliter l’accès aux institutions

À reconnaître l’appartenance à un groupe grâce à une façon de parler distinctive

Explication

Un shibboleth fonctionne comme un mot de passe linguistique qui permet de reconnaître l’appartenance à un groupe. La distinction entre usages formels et intimes caractérise plutôt la diglossie, et non la fonction d’un shibboleth.

8. À quelle période l’association étroite entre langue et population s’est-elle développée en Europe avec la montée du nationalisme ?

Au début du XXe siècle, après la formation des États-nations
Au XVIIIe siècle, avant l’effondrement des anciens régimes
Au XVIIe siècle, pendant l’expansion des monarchies absolues
Au XIXe siècle, lors de la montée du nationalisme européen

Au XIXe siècle, lors de la montée du nationalisme européen

Explication

Cette association s’est développée relativement récemment, au XIXe siècle, dans le contexte de l’effondrement d’anciens régimes et de la montée du nationalisme européen. Le XVIIIe siècle précède cette période de consolidation du nationalisme linguistique décrite ici.

9. En quoi le projet révolutionnaire de diffusion du français se distinguait-il de la mosaïque linguistique présente en France à la fin du XVIIIe siècle ?

Il cherchait à imposer le français comme langue nationale unificatrice et à faire reculer les idiomes locaux.
Il cherchait à remplacer le français par une langue étrangère commune à l’ensemble des provinces.
Il visait à préserver les idiomes locaux comme langues nationales et à limiter l’usage du français aux élites.
Il visait à maintenir les pratiques linguistiques régionales sans promouvoir de langue commune.

Il cherchait à imposer le français comme langue nationale unificatrice et à faire reculer les idiomes locaux.

Explication

Les révolutionnaires présentaient le français comme une langue nationale moderne et démocratique, tandis qu’ils considéraient les idiomes locaux comme des vestiges féodaux à faire disparaître au profit de l’unité. La préservation des idiomes comme langues nationales ne correspond pas à ce projet d’unification.

10. Quel mécanisme contribue généralement à imposer une variété linguistique comme norme légitime à l’échelle nationale ?

Une sélection opérée principalement par les communautés linguistiques minoritaires
Une évolution spontanée portée par les échanges entre variétés locales
Un processus descendant soutenu par l’école, l’imprimerie et les médias nationaux
Une décision collective des locuteurs sans appui des institutions publiques

Un processus descendant soutenu par l’école, l’imprimerie et les médias nationaux

Explication

La standardisation consacre une variété comme légitime par un processus généralement descendant, appuyé notamment par le système éducatif et les médias nationaux. Les échanges entre variétés peuvent faire évoluer les usages, mais ne caractérisent pas à eux seuls l’imposition institutionnelle d’une norme.

11. Pourquoi les locuteurs des classes dominantes convergent-ils moins vers les façons de parler des classes dominées que les locuteurs ouvriers vers les pratiques dominantes ?

Parce que les locuteurs dominants cherchent davantage à marquer leur solidarité avec les groupes locaux.
Parce que les différences de classe cessent d’influencer les usages linguistiques dans les situations formelles.
Parce que les pratiques dominantes sont investies d’une plus grande légitimité sociale, notamment dans les contextes formels.
Parce que les variétés ouvrières sont plus uniformes et facilitent leur adoption par les groupes dominants.

Parce que les pratiques dominantes sont investies d’une plus grande légitimité sociale, notamment dans les contextes formels.

Explication

Les pratiques dominantes bénéficient d’une légitimité qui incite davantage les locuteurs ouvriers à les imiter, surtout dans les situations formelles. La solidarité locale peut valoriser certaines formes non standard, mais elle n’explique pas l’asymétrie observée entre les classes.

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Comment la langue est-elle façonnée dans une perspective sociolinguistique ?

Par des communautés.

Pourquoi la langue est-elle liée à l’identité des locuteurs ?

Parce qu’ils l’utilisent pour accomplir des actes définissant leur identité.

Que révèlent les tests de perception sur l’identité sociale et la voix ?

Les auditeurs identifient avec précision l’identité sociale d’une personne à partir de sa voix.

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