Fiche de révision : Album pour enfants

Plan du Cours

  1. Usages et définition de l’album
  2. Album illustré et littérature dessinée
  3. Origines de l’album contemporain
  4. Max et les Maximonstres
  5. Image et protection de l’enfance
  6. Genres et structures fictionnelles
  7. Choisir un album pour une classe
  8. Complexité derrière la simplicité
  9. Repères bibliographiques

Repères chronologiques

  1. 1837Rodolphe Töpffer publie Les amours de Mr Vieux Bois, présenté parmi les œuvres aux origines de la bande dessinée.
  2. 1919Edy Legrand publie Macao et cosmage, œuvre qui renverse la prédominance du texte sur l’image et annonce les albums contemporains pour enfants.
  3. 1931Jean de Brunhoff publie Babar et sont créés les albums du Père Castor.

1. Usages et définition de l’album

Notions clés & Définitions

  • Album pour enfant : L’album pour enfant est un livre riche en images dont la matière, le façonnage et la mise en page sollicitent la vue et le toucher, tandis que l’image co-pilote la narration et que le texte peut être absent.

★ À maîtriser

  • L’album est un objet central pour les apprentissages de la petite section au CM2, et la lecture offerte d’une histoire, souvent sous forme d’album, est quotidienne en maternelle.

  • L’image nourrit l’imaginaire enfantin en soutenant la projection émotionnelle et la compréhension grâce à ses détails et à ses références ; elle peut compléter le texte ou s’en décaler.

Compléments

  • Les formes de livres objets comprennent :

    • les livres à rabats
    • les livres à languette
    • les livres à tiroir
    • les livres à toucher
    • les livres à trou
    • les livres en trois dimensions
  • Dans Le petit Robert de 1975, l’album désigne notamment un cahier personnel destiné à recueillir dessins, photos ou collections, ainsi qu’un recueil imprimé d’illustrations et de documents iconographiques.

2. Album illustré et littérature dessinée

★ À maîtriser

📌 Dans la littérature illustrée, les illustrations ne suffisent pas à raconter l’histoire et le texte demeure le point d’ancrage de la lecture, tandis que dans la littérature dessinée, l’image sert de point d’ancrage permanent et co-pilote la narration.

  • La littérature dessinée comprend deux orientations : raconter de case en case vers le récit séquentiel de la bande dessinée, ou raconter de double-page en double-page vers l’album contemporain pour enfant.

Compléments

  • Dans la littérature dessinée, l’image est souvent spatialement prépondérante et les passages de texte non associés à une image sont perçus comme des parenthèses.

  • Le Petit Nicolas de Goscinny et Sempé illustre la littérature illustrée, tandis que Plouf de Philippe Corentin illustre la littérature dessinée.

Astuce mémo

Dans l’illustré, le texte ancre ; dans le dessiné, l’image co-pilote.

3. Origines de l’album contemporain

★ À maîtriser

  • L’album contemporain pour enfant se caractérise par l’interaction de textes, éventuellement sous-jacents, et d’images spatialement prépondérantes, une organisation libre de la double-page, des réalisations matérielles diverses et un enchaînement cohérent des pages. - Sophie Van der Linden, Lire l’album, 2006

Compléments

  • Macao et cosmage adopte un format carré, un texte calligraphié intégré à l’image et une organisation fondée sur l’espace de la double-page.

4. Max et les Maximonstres

★ À maîtriser

  • Max et les Maximonstres de Maurice Sendak paraît aux États-Unis en 1963 et en France en 1967.

  • 🔄 Le récit suit cette progression : Max est privé de repas par sa mère après ses bêtises, il s’évade au pays des monstres et en devient le roi, il éprouve de la nostalgie et un besoin d’amour, il rentre chez lui en échappant aux monstres qui veulent le retenir

  • Les enjeux symboliques de l’album comprennent : la psychologie de l’enfant et ses monstres intérieurs, l’opposition entre désir et loi, l’opposition entre imaginaire et réel, l’opposition entre transgression et limite, la place des pulsions, les fantasmes de toute-puissance

📌 La lecture psychologique et morale de Dolto redoute la promotion de l’enfant-roi, tandis que l’album reconnaît la vie pulsionnelle et imaginaire de l’enfant et lui ouvre un espace de jeu et d’expression.

Compléments

  • En 1967, Françoise Dolto déconseille la lecture de l’album, qu’elle juge trop transgressif et susceptible d’effrayer les plus jeunes, et critique le fait que Max ne soit pas puni à la fin.

📌 L’éducation doit à la fois poser des limites et offrir un espace d’expression à l’imaginaire et aux pulsions de l’enfant afin de favoriser son autorégulation.

  • Dans Max et les Maximonstres, trois doubles-pages centrales sans texte montrent le déchaînement du désir, la toute-puissance et la libération des pulsions.

Astuce mémo

Protéger en écartant les monstres ou reconnaître le désir en lui donnant un cadre.

5. Image et protection de l’enfance

★ À maîtriser

  • L’image peut avoir une forte charge affective et imaginaire, marquer durablement la sensibilité de l’enfant et favoriser une lecture active par sa contribution à la construction du sens.

📌 François Faucher défend le respect des besoins de sécurité, d’affection et de valorisation personnelle de l’enfant, tandis que François Ruy Vidal critique l’hyperprotection et soutient que les artistes peuvent parler des réalités difficiles par leur transmutation artistique.

Compléments

  • François Faucher associe la frustration des besoins fondamentaux de l’enfant à des troubles du comportement.

  • François Ruy Vidal estime que des livres courageux peuvent parler aux enfants de la mort, de la guerre et des réalités difficiles.

  • Les débats sur l’image dans les années 1970 opposent notamment la volonté de protéger et rassurer l’enfant à celle de lui donner accès à des réalités difficiles par la littérature.

Astuce mémo

La sécurité de Faucher s’oppose au courage de parler du réel chez Ruy Vidal.

6. Genres et structures fictionnelles

Notions clés & Définitions

  • Album script : Terwagne et Vanesse, 2008 - Un album script présente une succession routinière d’événements de la vie quotidienne, comme le coucher, le lever, le repas ou l’école, et permet d’anticiper la suite grâce à des situations familières.
  • Album d’imagination : Terwagne et Vanesse, 2008 - Un album d’imagination s’organise autour d’un motif ou d’une complication qui rompt la routine et porte souvent des enjeux interprétatifs ainsi que des thèmes existentiels ou sociaux traités avec humour ou ironie.

Points essentiels

  • Les structures fictionnelles mentionnées sont :

    • en randonnée
    • alternées
    • enchâssées
    • multifocalisées
    • tête-bêche
  • Les albums fictionnels peuvent traiter d’autres cultures, d’histoire, du vivant, de la vie affective, de stéréotypes de personnages, d’humour, de peur, de jeux de langue, de réécritures parodiques ou de métafiction.

Astuce mémo

Le script suit la routine ; l’imagination la rompt par une complication.

7. Choisir un album pour une classe

Points essentiels

  • Le choix du niveau de classe pour étudier un album doit prendre en compte les thèmes, la charge émotionnelle, la portée éthique et symbolique, le niveau de langue, la longueur, les rapports texte-image, la structure narrative, les personnages, les références culturelles, les implicites et le format matériel.

📌 Le niveau de classe doit être déterminé par une approche multicritériée afin d’éviter une erreur de destination du lectorat.

8. Complexité derrière la simplicité

★ À maîtriser

  • Un album aux actions, personnages, phrases et images apparemment simples peut être complexe à comprendre lorsque la motivation du personnage et les enjeux psychologiques ou culturels restent implicites.

Compléments

  • L’album présenté comme faussement simple repose sur des implicites concernant la croyance qu’un garçon doit être riche et fort pour plaire aux filles, puis sur la jalousie et la rivalité suscitées par un garçon encore plus fier et plus riche.

  • La compréhension de cet album engage une réflexion sur le désir d’être considéré, les rapports fille-garçon, l’attachement, le rapport entre être et avoir et la rivalité jalouse.

📌 L’album faussement simple est proposé pour le cycle 2 ou le cycle 3 plutôt que pour la petite section du cycle 1.

Astuce mémo

Une forme simple peut cacher des implicites qui réclament une lecture complexe.

9. Repères bibliographiques

Points essentiels

  • La bibliographie du cours comprend notamment Images d’enfance de Jean-Pierre Gourevitch (1994), Principes des littératures dessinées de Harry Morgan (2003), La littérature à l’école de Catherine Tauveron (2004), Le récit à l’école maternelle de Serge Terwagne et Marianne Vanesse (2008) et Lire l’album de Sophie Van der Linden (2006).

Tableaux de synthèse

Littérature illustrée et dessinée

DimensionLittérature illustréeLittérature dessinée
Point d’ancrageTexteImage
Rôle de l’imageIllustrations facultativesImage co-pilote la narration
FonctionnementLe récit peut fonctionner sans illustrationsL’image est souvent spatialement prépondérante

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Album pour enfants avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle caractéristique distingue la définition de l’album pour enfant d’une conception qui exige à la fois texte et images ?

2. Comment les images d’un album peuvent-elles aider un enfant à comprendre une histoire et à s’y investir émotionnellement ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Album pour enfants avec 10 flashcards interactives.

À quels niveaux scolaires l’album est-il un objet central pour les apprentissages ?

De la petite section au CM2.

Dans la littérature illustrée, quel rôle le texte joue-t-il dans la lecture ?

Il demeure le point d’ancrage de la lecture.

Quelles formes et quels contenus les albums peuvent-ils présenter ?

Des formats variés, avec ou sans texte.

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