QCM : Argumentation et démocratie délibérative (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un comité échange des arguments pour examiner plusieurs options, sans avoir pour objectif de choisir une option. Quelle description convient le mieux à cet échange ?

Une délibération collective, menée sans décision
Une délibération, qui vise à prendre une décision
Une négociation, qui vise à défendre un intérêt
Un débat, qui n’aboutit pas nécessairement à une décision

Un débat, qui n’aboutit pas nécessairement à une décision

Explication

Un débat peut examiner des positions divergentes sans viser une décision, tandis qu’une délibération a précisément cet objectif. La délibération orientée vers une décision confond les deux notions, la défense d’un intérêt renvoie à la négociation et l’idée d’une délibération nécessairement collective ignore qu’on peut délibérer seul.

2. Dans un désaccord, quelle différence distingue le but de convaincre propre au débat de celui propre à la négociation ?

Le débat cherche à établir la vérité, la négociation à défendre un intérêt
Le débat défend un intérêt, la négociation cherche à établir la vérité
Le débat et la négociation visent tous deux une décision commune
Le débat cherche une décision, la négociation à établir la vérité

Le débat cherche à établir la vérité, la négociation à défendre un intérêt

Explication

Dans un débat, on cherche à convaincre pour établir la vérité ; dans une négociation, on cherche à convaincre pour défendre un intérêt dans le désaccord. La prise de décision est confondue avec le but du débat, tandis que les deux dernières réponses attribuent à la négociation une recherche de vérité ou une décision commune.

3. Lina défend fermement son opinion, présente ses arguments et accepte d’examiner les objections qui lui sont adressées. Quelle attitude décrit le mieux son comportement ?

Une personne relativiste, qui estime tous les avis équivalents
Une personne indécise, qui renonce à défendre son opinion
Une personne dogmatique, qui refuse la remise en question
Une personne convaincue, qui accepte la critique

Une personne convaincue, qui accepte la critique

Explication

Une personne convaincue expose ses raisons et accepte la critique, alors que le dogmatisme refuse la remise en question. Le refus de la remise en question décrit le dogmatisme, l’équivalence de tous les avis caractérise le relativisme, et l’acceptation de la critique ne signifie pas renoncer à défendre son opinion.

4. Une équipe de biologistes établit qu’un polluant entraîne une hausse mesurable de la mortalité animale. Peut-elle, par cette seule conclusion scientifique, déterminer si son rejet doit être interdit ?

Oui, car tout désaccord normatif possède une réponse empirique
Non, car les sciences naturelles ne peuvent établir aucun fait
Non, la science établit le fait, mais ne tranche pas à elle seule la norme
Oui, le constat factuel suffit à établir l’interdiction morale

Non, la science établit le fait, mais ne tranche pas à elle seule la norme

Explication

Les sciences naturelles peuvent établir des vérités factuelles, mais elles ne déterminent pas empiriquement à elles seules la réponse à une question normative. Dire que le constat impose la norme confond fait et valeur ; nier la capacité des sciences à établir des faits ou ramener toute norme à une réponse empirique contredit cette distinction.

5. Qu’est-ce qu’un argument inductif ?

Une critique qui souligne l’incohérence entre les idées d’une personne et ses actes.
Un raisonnement dont la conclusion découle nécessairement de prémisses qui la soutiennent.
Un raisonnement dont les prémisses rendent la conclusion probable sans la rendre nécessaire.
Une explication qui attribue une idée à son origine plutôt que d’examiner ses justifications.

Un raisonnement dont les prémisses rendent la conclusion probable sans la rendre nécessaire.

Explication

Un argument inductif s’appuie sur des prémisses qui rendent sa conclusion probable, sans garantir qu’elle soit vraie. À la différence d’un raisonnement déductif, il ne fait pas découler nécessairement la conclusion de ses prémisses.

6. Quel auteur est associé à la description de la mauvaise foi comme une défense qui peut finir par convaincre celui qui l’emploie que son contradicteur a tort ?

John Stuart Mill
Jon Elster
David Hume
Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre

Explication

Jean-Paul Sartre est associé à l’idée que la mauvaise foi peut conduire une personne à se persuader elle-même que son contradicteur se trompe. David Hume est plutôt mentionné à propos de la distinction entre les prémisses descriptives et les conclusions normatives.

7. Quel rôle la charité intellectuelle joue-t-elle dans un désaccord ?

Elle aide à préciser l’objet du désaccord en examinant les propos adverses sans les déformer.
Elle permet de réfuter une position en mettant en évidence les motivations personnelles de son auteur.
Elle consiste à adopter le point de vue d’autrui afin de renoncer à toute critique de ses propos.
Elle sert à privilégier les informations qui confirment sa propre interprétation du désaccord.

Elle aide à préciser l’objet du désaccord en examinant les propos adverses sans les déformer.

Explication

La charité intellectuelle consiste à traiter avec soin les propos du contradicteur et à ne pas les déformer, ce qui permet de mieux cerner le désaccord. Mettre en avant les motivations de l’auteur relève plutôt d’une attaque contre la personne et ne précise pas le contenu du désaccord.

8. À quel moment une idée cesse-t-elle d’être une simple opinion pour devenir une position argumentée ?

Après avoir été mesurée par un sondage politique
Après avoir été examinée et justifiée par des arguments
Dès qu’elle est exprimée par une majorité de citoyens
Lorsqu’elle correspond à l’humeur populaire du moment

Après avoir été examinée et justifiée par des arguments

Explication

Une idée devient une position argumentée lorsqu’elle a été soumise à un examen et justifiée. Un sondage peut mesurer les opinions exprimées, mais il ne garantit pas que celles-ci aient été réfléchies ou étayées.

9. En quoi la démocratie d’intérêt diffère-t-elle d’un modèle qui fonde la légitimité des décisions sur la confrontation des arguments ?

Elle réduit le vote au calcul des intérêts personnels, tandis que l’autre modèle s’appuie sur l’examen des arguments.
Elle organise le pouvoir autour de concessions réciproques, tandis que l’autre modèle protège les intérêts privés.
Elle vise à imposer les préférences de la majorité, tandis que l’autre modèle écarte toute décision collective.
Elle fonde le vote sur l’expression spontanée de l’humeur, tandis que l’autre modèle s’appuie sur les sondages.

Elle réduit le vote au calcul des intérêts personnels, tandis que l’autre modèle s’appuie sur l’examen des arguments.

Explication

La démocratie d’intérêt présente les citoyens comme des agents qui votent en fonction de leurs intérêts personnels, alors que la démocratie délibérative fonde la légitimité sur la confrontation des arguments. La démocratie d’opinion, qui valorise l’humeur populaire spontanée, constitue une autre distinction et ne décrit pas le modèle délibératif.

10. Quel modèle politique fonde la légitimité des décisions sur la confrontation des arguments ?

La démocratie délibérative, qui confronte les arguments pour justifier les décisions
La démocratie majoritaire, qui fonde la légitimité sur le nombre de voix exprimées
La démocratie d’intérêt, qui agrège les calculs personnels des électeurs
La démocratie d’opinion, qui privilégie l’expression spontanée de l’humeur populaire

La démocratie délibérative, qui confronte les arguments pour justifier les décisions

Explication

La démocratie délibérative tire sa légitimité de la confrontation des arguments et vise des décisions mieux justifiées. La démocratie d’intérêt repose plutôt sur le calcul des intérêts personnels, et non sur l’échange argumenté.

11. Un élu soutient un projet de rénovation parce qu’il espère obtenir le marché pour son propre bureau d’urbanisme. Quelle conséquence cette motivation peut-elle avoir sur sa capacité à justifier le projet auprès de l’ensemble des citoyens ?

Elle transforme son intérêt personnel en raison publique dès que le projet profite à la ville.
Elle empêche toute justification publique du projet, même si ses effets profitent aux citoyens.
Elle explique sa position, mais ne constitue pas à elle seule une justification convaincante pour les citoyens.
Elle démontre que le projet répond à l’intérêt commun, même sans arguments supplémentaires.

Elle explique sa position, mais ne constitue pas à elle seule une justification convaincante pour les citoyens.

Explication

Une motivation liée à l’obtention d’un contrat relève d’une raison privée : elle peut expliquer la position de l’élu, sans justifier à elle seule le projet pour tous. Le fait qu’un projet puisse aussi profiter à la ville ne transforme pas automatiquement cette motivation personnelle en raison publique.

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Qu’est-ce qu’un débat d’idées ?

Une discussion où au moins deux personnes aux avis divergents avancent des arguments.

Que caractérise le dogmatisme dans un débat d’idées ?

Il consiste à affirmer péremptoirement avoir raison, refuser la discussion et rejeter la remise en question.

Sous quelles formes un débat peut-il se dérouler ?

En présence, par téléphone, en visioconférence ou par écrit, devant un public ou en privé.

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