QCM : Chef de tribu et État bourgeois (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un agent accomplit un acte conforme à la loi par intérêt personnel, sans agir par devoir. Comment distinguer juridiquement et moralement son action ?

Elle échappe au droit, car son intention n’est pas moralement désintéressée.
Elle est à la fois juridiquement conforme et moralement accomplie par devoir.
Elle est conforme au devoir sur le plan juridique, mais n’est pas accomplie par devoir au sens moral.
Elle est moralement accomplie par devoir, mais juridiquement contraire à la loi.

Elle est conforme au devoir sur le plan juridique, mais n’est pas accomplie par devoir au sens moral.

Explication

Pour Kant, la loi porte sur la conformité extérieure de l’action au devoir, tandis que la moralité exige que l’action soit accomplie par devoir. Confondre conformité et motivation morale transforme à tort l’intérêt personnel en devoir.

2. Une personne empiète sur la liberté d’autrui et refuse de respecter une règle juridique qui protège cette liberté. Quelle fonction le droit peut-il exercer, pour Kant ?

Remplacer la règle commune par l’obéissance volontaire de chaque individu.
Contraindre cette personne afin d’obliger chacun à respecter la liberté d’autrui.
S’abstenir d’intervenir, car la liberté exclut toute contrainte juridique.
Sanctionner son intention, même si ses actes extérieurs respectent la règle.

Contraindre cette personne afin d’obliger chacun à respecter la liberté d’autrui.

Explication

Pour Kant, le droit implique la faculté de contraindre afin d’obliger chacun à respecter la liberté d’autrui. Assimiler toute contrainte à une atteinte illégitime à la liberté méconnaît la fonction protectrice du droit.

3. Quelle caractéristique Weber attribue-t-il à l’État concernant l’usage de la violence légitime ?

Il détient le monopole de la domination traditionnelle.
Il détient le monopole de l’obéissance volontaire.
Il détient le monopole de la violence légitime.
Il détient le monopole de la violence privée.

Il détient le monopole de la violence légitime.

Explication

Pour Weber, l’État détient le monopole de la violence considérée comme légitime. Le monopole de toute violence confond violence légitime et violence en général, tandis que la domination traditionnelle désigne un type de domination.

4. Dans un État, les habitants cessent de se soumettre à l’autorité revendiquée par ses dirigeants. Quelle conséquence cela a-t-il, selon Weber, pour la domination étatique ?

La domination étatique demeure fondée sur la seule force matérielle.
La domination étatique se transforme nécessairement en domination traditionnelle.
La domination étatique ne peut alors plus exister sous cette forme.
La domination étatique se maintient même sans soumission à l’autorité revendiquée.

La domination étatique ne peut alors plus exister sous cette forme.

Explication

Pour Weber, la domination étatique ne peut exister qu’à condition que les dominés se soumettent à l’autorité revendiquée par les dominateurs. Réduire l’État à ses moyens coercitifs néglige cette condition de soumission.

5. Que désigne l’autorité, au sens donné dans l’étude de la chefferie primitive ?

La reconnaissance d’un chef fondée sur une organisation bureaucratique
Le pouvoir de trancher les conflits en imposant une décision aux parties
Le monopole politique permettant de transformer la parole en règle juridique
La capacité de faire appliquer la loi sans recourir à la contrainte

La capacité de faire appliquer la loi sans recourir à la contrainte

Explication

L’autorité désigne ici la capacité de faire appliquer la loi sans contrainte, tandis que le chef de tribu décrit par Clastres ne dispose pas d’un tel pouvoir. L’imposition d’une décision par arbitrage confond cette autorité avec une fonction que le chef tribal n’exerce pas.

6. À partir de quel siècle la bourgeoisie domine-t-elle les rapports économiques et peut-elle influencer les esprits par le gouvernement politique ?

À partir du XVIe siècle
À partir du XVIIe siècle
À partir du XVIIIe siècle
À partir du XVe siècle

À partir du XVIIe siècle

Explication

Le contenu situe à partir du XVIIe siècle la domination économique de la bourgeoisie et son influence politique sur les esprits. Le XVe siècle intervient dans le récit des communes médiévales, mais ne marque pas cette étape de la domination bourgeoise.

7. Quel rôle l’État joue-t-il dans l’accumulation primitive décrite par Marx ?

Il remplace les échanges marchands par une répartition publique des biens entre les classes.
Il garantit aux producteurs féodaux la conservation collective de leurs terres et de leurs ateliers.
Il organise par des moyens politiques le passage violent de l’ordre féodal à l’ordre capitaliste.
Il protège les marchés locaux contre l’expansion des propriétaires capitalistes et de leurs investissements.

Il organise par des moyens politiques le passage violent de l’ordre féodal à l’ordre capitaliste.

Explication

Marx présente l’État comme un acteur de l’accumulation primitive, mobilisant notamment le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le protectionnisme pour contribuer au passage vers le capitalisme. Le protectionnisme peut protéger l’activité bourgeoise de la concurrence étrangère, mais il ne vise pas à freiner l’expansion capitaliste.

8. Quelle conception de l’anarchie Proudhon formule-t-il dans *Qu’est-ce que la propriété ?* ?

Une société guidée par les doctrines religieuses de la morale
Un ordre politique fondé sur l’autorité d’un souverain éclairé
Une démocratie où les désirs individuels conduisent au chaos
Une forme de gouvernement sans maître ni souverain

Une forme de gouvernement sans maître ni souverain

Explication

Proudhon définit l’anarchie comme une forme de gouvernement dépourvue de maître ou de souverain. L’idée d’une démocratie chaotique correspond à la description attribuée à Platon, et non à la définition proudhonienne.

9. En quoi l’organisation des communes médiévales décrite par Kropotkine articule-t-elle initiative individuelle et entraide ?

Elle confie l’entraide aux seigneurs et réserve l’initiative aux paysans.
Elle remplace les solidarités locales par la concurrence entre guildes.
Elle associe une large liberté d’initiative à des structures d’appui mutuel.
Elle subordonne les initiatives personnelles à une autorité militaire centralisée.

Elle associe une large liberté d’initiative à des structures d’appui mutuel.

Explication

Les communes fédérées, entourées de guildes et de fraternités, permettent à la fois une large latitude aux initiatives personnelles et un soutien réciproque. Une autorité militaire centralisée correspond plutôt à la puissance des États qui finit par menacer les républiques médiévales.

10. Quel penseur soutient que les États sont en guerre de façon permanente en puissance, même lorsqu’ils ne combattent pas effectivement ?

Jean-Jacques Rousseau
Max Weber
Emmanuel Kant
Pierre Kropotkine

Jean-Jacques Rousseau

Explication

Rousseau caractérise les relations entre États comme un état de guerre permanent en puissance, même en l’absence de combats effectifs. Kant s’interroge également sur la paix entre États, mais cette formulation est attribuée à Rousseau.

11. Pourquoi, selon Kant, l’absence d’attaques entre des États ne suffit-elle pas à établir une paix véritable ?

Parce que la paix véritable exige que les États abandonnent leur liberté civique au profit d’un pouvoir unique.
Parce que les peuples doivent d’abord se considérer comme des concitoyens d’une ville-monde pour éviter les conflits.
Parce qu’en l’absence d’un état légal, leur situation de guerre demeure et peut fournir un nouveau prétexte au conflit.
Parce que les États ne peuvent conclure un traité de paix qu’après avoir remporté une victoire décisive.

Parce qu’en l’absence d’un état légal, leur situation de guerre demeure et peut fournir un nouveau prétexte au conflit.

Explication

Pour Kant, la paix juridique doit être instituée : le simple fait de ne pas se combattre laisse subsister un état de guerre susceptible de reprendre. Un traité de paix met fin à une guerre en cours, mais ne supprime pas à lui seul cet état de guerre.

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Dans « La Critique de la raison pratique », quel auteur distingue loi et moralité ?

Kant.

Quelle liberté le droit doit-il respecter selon Kant ?

La liberté générale.

Selon Weber, de quoi dépend l’existence de la domination étatique ?

De la soumission des dominés à l’autorité revendiquée par les dominateurs.

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