Fiche de révision : Civilisations précoloniales de l’océan Indien

Plan du Cours

  1. Cadre indianocéanique du cours
  2. Peuplements anciens de Madagascar
  3. Transformations historiques de Madagascar
  4. Sociétés et implantation européenne à Madagascar
  5. Religion et ancestralité malgaches
  6. Rituels et acteurs du sacré
  7. Peuplement et pouvoir aux Comores
  8. Traces historiques et conflits comoriens
  9. Traces des origines à Mayotte
  10. Conflits et migrations dans l’archipel
  11. Cession de Mayotte à la France
  12. Implantation française dans l’archipel
  13. Statuts politiques de Mayotte et des Comores
  14. Parenté et organisation sociale
  15. Grand mariage et statut social
  16. Anthropologie des Comores

Repères chronologiques

  1. 1814Le traité de Paris restitue Bourbon et Madagascar à la France, tandis que l’Angleterre conserve l’île de France, devenue Maurice.
  2. 1833Bouana-Kombo se retire à Sada et laisse le « Rocher » à Andriantsouly.
  3. 24 août 1840Andriantsouly cède Mayotte à la France en échange d’une aide contre les sultans comoriens.
  4. 1886Le protectorat français est étendu à l’ensemble des quatre îles de l’archipel.
  5. 1892La colonie de Mayotte et ses dépendances est mise en place, et Dzaoudzi devient la capitale de l’archipel sous domination française.
  6. 1912La colonie de Madagascar et ses dépendances est mise en place et la capitale est transférée de Dzaoudzi à Tananarive.
  7. 1946Les Comores obtiennent une autonomie administrative par rapport à Madagascar et Dzaoudzi est choisie comme capitale.
  8. 1961Saïd Mohamed Cheikh devient président du Conseil de gouvernement et fait transférer la capitale à Moroni.
  9. 1974Trois îles votent à 90 % pour l’indépendance, tandis qu’à Mayotte 65 % votent contre et 35 % pour.
  10. 6 juillet 1975La France reconnaît l’indépendance de Grande-Comore, d’Anjouan et de Mohéli, tandis que Mayotte reste française.

1. Cadre indianocéanique du cours

★ À maîtriser

  • L’archipel des Comores comprend Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte.

  • Le cours propose une grille transdisciplinaire de la civilisation comorienne et malgache avant la colonisation, mobilisant des aspects historiques, sociologiques, anthropologiques, démographiques et géopolitiques.

Compléments

  • Le concept d’indianocéanie est associé à la Commission de l’océan Indien (COI) en 1984.

2. Peuplements anciens de Madagascar

★ À maîtriser

  • Jusqu’au VIIe siècle, des présences indonésiennes sont signalées sur les côtes orientales d’Afrique, aux Comores et sur les côtes nord-est et nord-ouest de Madagascar, où des peuplements littoraux sont attestés.
  • Jusqu’au VIIIe siècle, un circuit commercial ouest-est exporte vers les confins de la Chine de l’ivoire, des écailles de tortue et surtout des esclaves.

  • La formation des Proto-Malgaches commence en Afrique de l’Est puis se poursuit à Madagascar par le métissage d’une population venue de la côte orientale africaine et d’Indonésiens avec des Africains présents auparavant.

  • Entre les VIIIe et XIe siècles, le peuple malgache et sa langue se constituent, tandis que commence la pénétration de l’intérieur de l’île.

Compléments

  • Le cours envisage aussi une migration ancienne venue de la côte orientale d’Afrique et installée sur la côte orientale de Madagascar, possiblement issue de peuples apparentés aux Bochimans plutôt que des Bantous.

  • À partir du VIIIe siècle, des populations islamisées venues du golfe Persique s’établissent en petites colonies sur les côtes nord-ouest, nord-est et orientale de Madagascar.

Astuce mémo

Des comptoirs littoraux aux peuplements de l’intérieur, puis aux royaumes.

3. Transformations historiques de Madagascar

★ À maîtriser

📌 Entre les XIIe et XIIIe siècles, la dévazimbisation désigne l’osmose entre sociétés vazimba et chefferies, tandis que l’assimilation des royaumes islamisés de la côte orientale réduit leur héritage islamique à certains traits culturels, dont l’écriture arabe, le calendrier, l’astrologie et le tabou du porc.

  • Aux XIVe et XVe siècles, la violence anti-vazimba s’intensifie et les royaumes Sakalava et Mérina apparaissent.

  • Aux XVIe et XVIIe siècles, les Européens s’emparent de comptoirs et de bases arabes dans l’océan Indien, et les échanges d’armes contre des esclaves ainsi que la traite alimentent les troubles à Madagascar.

Compléments

  • Au Xe siècle, des comptoirs arabes remplacent les comptoirs indonésiens sur la côte orientale africaine, tandis que progresse la souahilisation des côtes africaines et comoriennes.
  • Selon le cours, la pénétration à l’intérieur de Madagascar favorise la vazimbisation, le relâchement des structures sociopolitiques, le recul des productions régulières et l’oubli de la métallurgie du fer.
  • Entre les Xe et XIIe siècles, des chefferies venues du nord-ouest, du nord-est et de l’ouest pénètrent à l’intérieur de Madagascar et forment des îlots de pouvoir parmi les sociétés vazimba.

Astuce mémo

Traite et armes → royaumes plus puissants, conflits et déplacements.

4. Sociétés et implantation européenne à Madagascar

★ À maîtriser

  • Au XVIIIe siècle, l’insécurité et la traite favorisent le regroupement des populations malgaches en tribus relativement cloisonnées et le développement de particularismes régionaux, notamment linguistiques.

  • Au XIXe siècle, des Betsimisaraka entreprennent des expéditions et des razzias aux Comores et sur la côte orientale d’Afrique, tandis que le royaume mérina cherche à unifier Madagascar.

  • Madagascar est colonisé par la France de 1896 à 1960.

  • Dans la première moitié du XXe siècle, la politique coloniale française associe politique d’assimilation et politique des races fondée sur l’anthropométrie, mais l’assimilation échoue et la malgachisation contribue à une conscience nationale unificatrice.

📌 Malgré la diversité des populations, des apports civilisationnels et des milieux géographiques de Madagascar, l’île présente une unité linguistique et grammaticale fondée sur une langue malayo-polynésienne à variantes.

Compléments

  • Le cours cite notamment les groupes suivants :
    • Sakalav de la côte ouest
    • Betsimazaraka de la côte est
    • Betsiléo des Hautes Terres et du sud
    • Baras du sud
    • Antandroy de l’extrême sud
    • Mérinas des Hautes Terres centrales
    • Antakarana du nord

Astuce mémo

Unité linguistique malgache, diversité des populations et des territoires.

5. Religion et ancestralité malgaches

Notions clés & Définitions

  • Fihavanana : Valeur selon laquelle la société forme une seule famille unie et solidaire.
  • Zanahary : Également nommé Andriananahary, désigne Dieu, créateur associé à la racine Hary, au soleil et à l’énergie suprême de la vie.

★ À maîtriser

  • La religion malgache traditionnelle est ancrée dans la nature et relie l’être humain à son environnement sans messie, livre sacré ni intermédiaire entre l’homme et le divin.

  • Le cours présente trois principes religieux :

    • Reconnaissance de Zanahary et de l’ordre naturel
    • Croyance en l’immortalité des parties non matérielles de l’être humain
    • Importance du Hasina comme dimension du sacré

📌 Dans la pensée malgache présentée, les ancêtres Razana ne sont pas des dieux : ce sont des défunts méritants capables d’aider les vivants par leur puissance spirituelle.

Compléments

  • Trois mondes sont distingués :
    • Monde sensible des vivants et des morts-esprits
    • Monde invisible des ancêtres et des esprits de la nature
    • Monde infini inaccessible à l’être humain

Astuce mémo

Une chaîne relie les vivants, les ancêtres et leurs descendants.

6. Rituels et acteurs du sacré

Notions clés & Définitions

  • Ombiasy : Prêtres ou prêtresses qui communiquent avec le monde invisible et servent l’équilibre et la santé de la communauté après une longue formation auprès de leurs aînés.

★ À maîtriser

  • L’ancestralisation commence aux funérailles, où les vivants reconnaissent ou non la valeur du défunt et préparent son éventuelle accession au rang de Razana.

  • Quatre groupes liés aux ancêtres sont distingués :

    • Ancêtres familiaux
    • Grands ancêtres communs
    • Ancêtres perdus de mémoire
    • Personnes pour lesquelles l’ancestralisation n’a pas eu lieu

📌 Dans le cours, l’astrologue conseille les personnes sur les périodes favorables et leurs décisions sans maîtriser leur destin, tandis que le devin-guérisseur pratique la divination et traite des troubles graves liés à une rupture d’équilibre corps-esprit.

  • 🔄 Le famadihana se déroule en trois temps :
    1. Exhumer les défunts
    2. Les envelopper dans de nouveaux linceuls appelés lambamena
    3. Célébrer leur retour avec la famille réunie

Compléments

  • Les sanctuaires malgaches peuvent se trouver dans des sites naturels, dans une petite maison urbaine près d’un rocher ou d’un arbre, ou dans un espace privé situé à l’angle nord-est de l’habitation.

7. Peuplement et pouvoir aux Comores

★ À maîtriser

  • Les Comores sont situées dans le canal du Mozambique, à environ 300 km de l’Afrique et 300 km de Madagascar.

  • Le cours situe des apports bantous aux Comores au Ve siècle, austronésiens du VIIe au XIIe siècle et arabes à partir du VIIe siècle.

  • La période archaïque du peuplement comorien est datée du VIe au XIIIe siècle et associe des immigrants de l’est, des Bantous venus de l’ouest et des Antalotes décrits comme animistes, matrilinéaires et organisés en chefferies villageoises.

  • La période classique comorienne est datée du XIVe au XVIIIe siècle et voit l’arrivée des Shiraziens puis des Arabes, l’islamisation de l’archipel et l’organisation politique en sultanats.

📌 Aux Comores, une civilisation urbaine et patrilinéaire associée aux apports arabo-perses se superpose à un système tribal et matrilinéaire associé aux apports africains.

Compléments

  • Les îles comoriennes sont d’origine volcanique, datent du tertiaire et du quaternaire, et Mayotte est la plus ancienne.

Astuce mémo

Apports africains et austronésiens, puis influence arabo-perse et sultanats.

8. Traces historiques et conflits comoriens

★ À maîtriser

  • La Grande Comore compte douze villages et douze sultans selon le cours, Anjouan un sultan, et Mohéli et Mayotte sont présentées comme vassales du pouvoir politique d’Anjouan sans sultanat.

  • À Mayotte, les traces patrimoniales citées comprennent la sépulture musulmane de Bagamoyo datée du IXe siècle, la mosquée en ruine de Polé datée du XIVe au XVIIe siècle et la mosquée de Tsingoni datée de 1538.

Compléments

  • Les noms comoriens des îles sont :

    • Grande Comore : Ngazidja
    • Anjouan : Ndzuani
    • Mohéli : Mwali
    • Mayotte : Maore
  • Le cours présente Dembéni comme un haut lieu de mémoire de Mayotte où des poteries chinoises, arabes, malgaches, bantoues et iraniennes témoignent d’échanges.

  • Le cours situe à partir de 1740 une tentative d’Anjouan de s’emparer de Mayotte, dans un contexte de coups d’État, de guerre civile et de razzias malgaches ayant notamment conduit à la destruction de Tsingoni.

  • Le cours indique que les Portugais arrivent aux Comores en 1505 et mentionne Vasco de Gama ouvrant la route des Indes en 1498.

9. Traces des origines à Mayotte

★ À maîtriser

  • La mosquée de Tsingoni, construite en 1538 par le sultan Issa, est présentée comme la plus ancienne mosquée de Mayotte.

Compléments

  • La sépulture musulmane de Bagamoyo, sur le boulevard des Crabes à Mayotte, date du IXe siècle.

  • La mosquée en ruine de Polé, datée du XIVe au XVIIe siècle, témoigne de pratiques animistes et islamiques.

  • M’Tsamboro fut la capitale de Mayotte au XVe siècle, tandis que Tsingoni devint capitale au XVIe siècle.

10. Conflits et migrations dans l’archipel

★ À maîtriser

  • À partir du XVIe siècle, les Sakalaves et les Betsimisaraka effectuent des raids dans les îles Comores et capturent des femmes et des hommes pour les réduire en esclavage.

  • En 1830, Mayotte et Mohéli sont sous influence malgache, et le chef sakalava Andriantsouly demande l’asile politique au chef de Mayotte Bouana-Kombo.

Compléments

  • Les Comoriens pratiquent eux-mêmes l’esclavage et font le commerce d’esclaves pour les Arabes et les Européens.

  • Les Arabes et les Persans introduisent dans l’archipel des esclaves africains appelés Makoas.

Astuce mémo

Razzias malgaches → dépeuplement de la grande terre et déplacement de la capitale à Dzaoudzi.

11. Cession de Mayotte à la France

★ À maîtriser

  • En contrepartie de la cession, Andriantsouly reçoit une aide militaire, une rente annuelle de 1 000 piastres et la prise en charge de l’éducation de ses enfants à La Réunion.

  • Le 25 avril 1841, le protectorat français est installé à Mayotte par le commandant Pierre Passot.

Compléments

  • Les objectifs stratégiques français sont : renforcer sa présence dans l’océan Indien, se positionner face aux Anglais et aux Allemands, obtenir un port dans le canal du Mozambique, consolider son traité d’amitié avec le sultan d’Oman à Zanzibar

12. Implantation française dans l’archipel

Points essentiels

  • Le premier recensement de Mayotte, réalisé par M. Bonfils en 1851, dénombre 6 898 habitants, dont 1 198 Mahorais, soit environ un cinquième de la population.

  • L’industrie sucrière française fait venir à Mayotte des engagés mozambicains appelés Makoas, des Grands-Comoriens, des Anjouanais, des Malgaches et des Indiens.

Astuce mémo

Mayotte seule (1885) → protectorat des quatre îles (1886) → colonie de Mayotte (1892) → Madagascar (1912).

13. Statuts politiques de Mayotte et des Comores

Points essentiels

  • En 2009, 95 % des votants approuvent le référendum sur l’accès de Mayotte à la départementalisation.

  • Mayotte devient département d’outre-mer en 2011 et région ultrapériphérique en 2014.

Astuce mémo

Trois îles indépendantes en 1975 ; Mayotte reste française.

14. Parenté et organisation sociale

Notions clés & Définitions

  • Parenté : Système de liens fondés sur le sang, l’alliance et la spiritualité, qui assure la cohésion du groupe.

★ À maîtriser

  • Dans l’organisation familiale comorienne, le groupe prime sur l’individu et la famille élargie constitue une unité de production et de consommation.

  • La filiation matrilinéaire, héritage bantou, organise notamment l’héritage, tandis que la filiation patrilinéaire, héritage arabo-perse, transmet le nom du père aux enfants.

Compléments

  • La matrifocalité donne aux femmes un pouvoir sur l’espace de vie, la transmission des valeurs et l’éducation.

  • Dans le système de parenté décrit, les liens fraternels sont plus forts que les liens conjugaux.

  • La socialisation comorienne repose notamment sur la classe d’âge appelée chikavo et sur une éducation islamique débutant à l’école coranique vers 3 ou 4 ans.

Astuce mémo

La filiation matrilinéaire transmet l’héritage ; la filiation patrilinéaire transmet le nom.

15. Grand mariage et statut social

Notions clés & Définitions

  • Grand mariage : Institution coutumière des Comores et rite de passage donnant accès à un statut social élevé.

★ À maîtriser

  • Le grand mariage constitue le dernier rite de passage dans une organisation sociale structurée par les classes d’âge et les mérites rituels.

  • 🔄 Le déroulement traditionnel du grand mariage suit ces étapes :

    1. Le marié rejoint la demeure de sa fiancée en procession.
    2. Les époux reçoivent visites et présents pendant neuf journées.
    3. Le mariage est consommé le neuvième jour.
    4. Le lendemain, le marié offre la dot à son épouse.
  • Après le grand mariage, le marié accède au septième et plus haut échelon social et peut participer aux affaires du village.

Compléments

📌 Le petit mariage, appelé mnadaho, ne comporte pas de festivités, contrairement au grand mariage qui s’accompagne de cérémonies coutumières.

  • Le grand mariage prévoit deux types de dot : la dot religieuse, mahari ya sharia, offerte pendant le mafungigzo, et la dot coutumière, mahari ya aanda, offerte pendant les festivités.

  • Le grand mariage renforce les liens familiaux, interclaniques et de voisinage, et permet une redistribution dont les participants moins riches peuvent bénéficier.

Astuce mémo

Alliance préparée → neuf jours de cérémonie → dot → nouveau statut social.

16. Anthropologie des Comores

Points essentiels

  • Les pionniers cités sont :

    • Paul Ottino
    • Pierre Vérin
    • Jean Poirier
    • Georges de Condominas
    • Sophie Blanchy
    • Claude Alibert
  • Sophie Blanchy a publié Maisons des femmes, cités des hommes : filiation, âge et pouvoir à Ngazidja (Comores) en 2010.

Tableaux de synthèse

Pouvoirs insulaires comoriens

ÎleOrganisation politique décrite
Grande ComoreDouze villages et douze sultans
AnjouanUn sultan
MohéliPas de sultanat, vassale d’Anjouan
MayottePas de sultanat, vassale d’Anjouan

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1. Dans le système de filiation comorien, quelle association entre fonction et filiation est correcte ?

2. Qui installe le protectorat français à Mayotte le 25 avril 1841 ?

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Quelles îles composent l’archipel des Comores ?

Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte.

Quelle approche le cours propose-t-il pour étudier les civilisations comorienne et malgache avant la colonisation ?

Une grille transdisciplinaire mobilisant des aspects historiques, sociologiques, anthropologiques, démographiques et géopolitiques.

Quels aspects la grille transdisciplinaire du cours mobilise-t-elle pour étudier les civilisations comorienne et malgache avant la colonisation ?

Des aspects historiques, sociologiques, anthropologiques, démographiques et géopolitiques.

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