Fiche de révision : Critique d’art et notion d’ethos

Plan du Cours

  1. Définitions et fonctions de la critique
  2. Les pôles de la critique au XIXe siècle
  3. L’essor de la critique d’art
  4. Diderot et le Salon
  5. Expositions et publics de l’art
  6. Ethos et persuasion rhétorique
  7. Ethos en pragmatique

1. Définitions et fonctions de la critique

Notions clés & Définitions

  • Critique d’art : SCHEFER Jean-Louis, « Critique d’art », 07/09/2025 - Pour Jean-Louis Schefer, la critique d’art est un genre littéraire autonome qui examine l’art contemporain, en apprécie la valeur et cherche à en influencer le cours.
  • Critique d’art au sens large : Larousse, « Critique d’art », 07/09/2025 - Au sens large, la critique d’art est tout commentaire sur une œuvre contemporaine ou du passé, dans des genres tels que la poésie, la fiction romanesque, la biographie, l’essai, la correspondance et le journal.

★ À maîtriser

  • Baudelaire affirme que, pour être juste et avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée et politique dans son introduction au Salon de 1846, « À quoi bon la critique ? ».

Compléments

  • La critique d’art est principalement :
    • descriptive
    • prescriptive
    • subjective

2. Les pôles de la critique au XIXe siècle

★ À maîtriser

📌 Au XIXe siècle, la critique d’art distingue un pôle professoral dit scientifique, un pôle littéraire porté par des écrivains indépendants et un pôle journalistique développé par les professionnels de la presse.

  • Quel que soit son pôle, la critique d’art paraît dans la presse.

Compléments

  • La critique professorale paraît notamment dans des revues prestigieuses comme la Revue des Deux Mondes et la Gazette des Beaux-Arts, et contribue à produire des histoires de l’art.

  • Selon Zola dans son Essai sur le journalisme de 1894, le développement de l’information et des nouvelles réduit la place des grands articles de discussion et de la critique littéraire, tandis que les revues spécialisées accueillent davantage la critique d’art. - ZOLA Emile

Astuce mémo

Le professeur vise le savoir, l’écrivain exprime une subjectivité, le journaliste informe.

3. L’essor de la critique d’art

★ À maîtriser

  • Au XIXe siècle, l’essor de la peinture et l’arrivée de nouveaux publics contribuent à mettre à la mode la critique d’art et à remettre en cause les conventions et les hiérarchies traditionnelles de l’académisme.

Compléments

  • Parmi les écrivains intéressés par la peinture figurent :
    • Stendhal
    • Gautier
    • Baudelaire
    • Zola
    • Huysmans

Astuce mémo

Nouveaux publics et essor de la peinture → remise en cause des hiérarchies.

4. Diderot et le Salon

★ À maîtriser

  • En 1759, Grimm demande à Diderot de rendre compte du Salon pour sa Correspondance littéraire, journal manuscrit destiné à quelques aristocrates amateurs de peinture française.

  • En rédigeant ses comptes rendus de Salon, Diderot fait de la peinture une source d’inspiration et de réflexion et invente ainsi un nouveau genre littéraire.

  • La critique d’art de Diderot associe un style libre et vivant, des descriptions inspirées, des dialogues, des idées défendues, la reconnaissance de la personnalité du peintre, le modèle intérieur plutôt que le modèle idéal, le lien entre art et innocence, l’attention au sujet et à la facture, ainsi qu’un jugement fondé sur la sensation plutôt que sur l’érudition et les règles de l’imitation.

Compléments

  • Diderot s’intéresse particulièrement à Chardin et à Greuze et étudie comment le peintre peut agir sur la sensibilité du spectateur.

5. Expositions et publics de l’art

★ À maîtriser

  • Créé par Colbert en 1637, le Salon expose des artistes vivants et sélectionne des peintres officiels ; il devient régulier à partir de 1737.

  • L’ouverture progressive de la peinture, d’abord à un public choisi puis au grand public, incite les peintres à s’adapter au goût de ce public.

Compléments

  • Le Salon donne ses lettres de noblesse à un art souvent considéré comme un artisanat, puis devient une vitrine pour les peintres et accompagne la structuration du marché de l’art.

  • Sous la Restauration, un peintre exposant au Salon cherche à être acheté par l’État.

  • La transformation du Louvre en musée en 1793 est liée à la notion de patrimoine national.

  • Au XIXe siècle, les expositions universelles se multiplient et les Salons des indépendants apparaissent à partir de 1884.

Astuce mémo

Salon, musée, expositions universelles, indépendants : les lieux d’exposition se diversifient.

6. Ethos et persuasion rhétorique

Notions clés & Définitions

  • Ethos : Dans la rhétorique grecque, l’image que l’orateur donne de lui-même à travers son discours.

★ À maîtriser

  • L’orateur doit donner le sentiment d’avoir (Aristote) :
    • du bon sens
    • de la compétence
    • de l’honnêteté
    • de la bienveillance envers son auditoire

📌 L’ethos, le logos et le pathos sont trois moyens de convaincre : l’ethos construit l’image de l’orateur, le logos porte les arguments et le pathos agit sur les sentiments de l’auditoire.

Compléments

  • L’ethos articule les valeurs qui transparaissent du discours avec le contexte de l’orateur, notamment sa situation sociale, sa réputation et son habitus, et cette image confirme ou infirme les a priori de l’auditoire.

  • L’image produite par l’ethos peut différer de la personnalité réelle de l’énonciateur, qui peut la manipuler pour convaincre son interlocuteur.

Astuce mémo

Ethos : image de l’orateur ; logos : arguments ; pathos : sentiments de l’auditoire.

7. Ethos en pragmatique

★ À maîtriser

  • En linguistique pragmatique, O. Ducrot reprend le terme ethos pour désigner la personnalité, la voix et éventuellement la corporalité de l’énonciateur telles que les donnent à voir le texte et le contexte. - Le dire et le dit, 1980

  • Pour Ducrot, l’ethos se manifeste notamment dans le débit, l’intonation et le choix des mots et des arguments, plutôt que dans les affirmations flatteuses de l’orateur sur lui-même. - O. Ducrot, Le dire et le dit, 1980

Compléments

  • L’ethos s’applique aux textes écrits comme aux discours oraux et rend l’énonciation plus ou moins acceptable ou rebutante. - O. Ducrot, Le dire et le dit, 1980

📌 L’ethos est rapproché de l’identité, qui relève de l’émission de signes, plutôt que de l’image, qui désigne un concept en réception.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Critique d’art et notion d’ethos avec 17 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment Jean-Louis Schefer caractérise-t-il la critique d’art ?

2. Quel exemple relève de la critique d’art au sens large ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Critique d’art et notion d’ethos avec 49 flashcards interactives.

Selon Jean-Louis Schefer, quel genre littéraire constitue la critique d’art ?

Un genre littéraire autonome.

Quelle référence associe Jean-Louis Schefer à la critique d’art ?

« Critique d’art », 07/09/2025.

Au sens large, sur quoi porte la critique d’art ?

Sur une œuvre contemporaine ou du passé.

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