QCM : Critique d’art et notion d’ethos (17 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Comment Jean-Louis Schefer caractérise-t-il la critique d’art ?

Comme un commentaire sur toute œuvre, ancienne ou contemporaine, sans visée d’influence
Comme un genre littéraire autonome qui évalue l’art contemporain et cherche à en influencer l’évolution
Comme une méthode scientifique destinée à classer les œuvres selon leur période
Comme une forme journalistique qui informe sur les expositions sans juger les œuvres

Comme un genre littéraire autonome qui évalue l’art contemporain et cherche à en influencer l’évolution

Explication

Schefer définit la critique d’art comme un genre littéraire autonome qui apprécie l’art contemporain et cherche à agir sur son cours. La définition large, qui inclut aussi les œuvres du passé, ne correspond pas à cette conception centrée sur l’art contemporain.

2. Quel exemple relève de la critique d’art au sens large ?

Une notice de musée qui recense les dimensions d’une œuvre sans l’interpréter
Une correspondance qui commente une œuvre ancienne aussi bien qu’une création contemporaine
Une expertise qui attribue une œuvre à un artiste sans en proposer de commentaire
Un compte rendu réservé aux œuvres contemporaines et visant à modifier leur réception

Une correspondance qui commente une œuvre ancienne aussi bien qu’une création contemporaine

Explication

Au sens large, la critique d’art comprend des commentaires sur les œuvres du passé comme sur les œuvres contemporaines, dans des formes telles que la correspondance. Un compte rendu limité à l’art contemporain renvoie plutôt à la définition de Schefer.

3. Dans son introduction au Salon de 1846, quelles qualités Baudelaire juge-t-il nécessaires à une critique juste et légitime ?

Être impartiale, méthodique et détachée
Être érudite, descriptive et consensuelle
Être partiale, passionnée et politique
Être objective, prudente et apolitique

Être partiale, passionnée et politique

Explication

Baudelaire soutient que la critique doit être partiale, passionnée et politique pour être juste et avoir sa raison d’être. Une approche impartiale et détachée s’oppose à la position qu’il défend.

4. Quelle distinction caractérise les trois pôles de la critique d’art au XIXe siècle ?

Le pôle professoral se veut subjectif, le pôle littéraire suit une méthode scientifique et le pôle journalistique produit des histoires de l’art
Le pôle professoral se veut scientifique, le pôle littéraire est porté par des écrivains indépendants et le pôle journalistique par des professionnels de la presse
Le pôle professoral est porté par des journalistes, le pôle littéraire par des professeurs et le pôle journalistique par des écrivains indépendants
Le pôle professoral commente la littérature, le pôle littéraire traite des nouvelles et le pôle journalistique se consacre aux œuvres anciennes

Le pôle professoral se veut scientifique, le pôle littéraire est porté par des écrivains indépendants et le pôle journalistique par des professionnels de la presse

Explication

Les trois pôles se distinguent par leur orientation et leurs acteurs : scientifique pour le professoral, écrivains indépendants pour le littéraire et professionnels de la presse pour le journalistique. Attribuer la subjectivité au pôle professoral et la méthode scientifique au pôle littéraire inverse leur distinction.

5. Dans quel espace la critique d’art paraît-elle, quel que soit son pôle au XIXe siècle ?

Dans les catalogues d’exposition
Dans la presse
Dans les ouvrages universitaires
Dans les correspondances privées

Dans la presse

Explication

Quel que soit son pôle, la critique d’art paraît dans la presse. Les ouvrages universitaires peuvent être associés à la production de l’histoire de l’art, mais ils ne constituent pas le lieu commun indiqué pour tous les pôles.

6. Quel effet conjugué de l’essor de la peinture et de l’arrivée de nouveaux publics contribue à la popularité de la critique d’art au XIXe siècle ?

La critique devient une pratique réservée aux spécialistes et se détourne des débats sur l’académisme
La critique se met à la mode et contribue à contester les conventions et les hiérarchies de l’académisme
La critique se met à la mode et renforce les conventions et les hiérarchies de l’académisme
La critique décline au profit des expositions et préserve les hiérarchies traditionnelles de l’académisme

La critique se met à la mode et contribue à contester les conventions et les hiérarchies de l’académisme

Explication

L’essor de la peinture et l’arrivée de nouveaux publics favorisent la mise à la mode de la critique, qui remet en cause les conventions et hiérarchies académiques. L’idée que cette évolution renforce ces hiérarchies inverse l’effet indiqué.

7. Quel phénomène illustre le nouvel intérêt des écrivains pour la peinture au XIXe siècle ?

Des écrivains tels que Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola et Huysmans s’intéressent à la peinture
Des historiens tels que Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola et Huysmans réservent la peinture aux spécialistes
Des journalistes tels que Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola et Huysmans remplacent les écrivains
Des peintres tels que Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola et Huysmans délaissent la critique

Des écrivains tels que Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola et Huysmans s’intéressent à la peinture

Explication

Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola et Huysmans sont des écrivains dont l’intérêt pour la peinture manifeste un phénomène nouveau au XIXe siècle. Les présenter comme des peintres confond leur activité littéraire avec la pratique artistique.

8. En 1759, quelle tâche Grimm confie-t-il à Diderot pour la Correspondance littéraire ?

Rendre compte du Salon dans un journal manuscrit destiné à quelques aristocrates amateurs de peinture française.
Défendre les règles de l’imitation dans une revue imprimée pour les peintres français.
Sélectionner les peintres officiels pour une exposition régulière ouverte au grand public.
Rédiger un catalogue des œuvres destiné aux artistes qui souhaitent être achetés par l’État.

Rendre compte du Salon dans un journal manuscrit destiné à quelques aristocrates amateurs de peinture française.

Explication

Grimm charge Diderot de rendre compte du Salon dans la Correspondance littéraire, un journal manuscrit destiné à un cercle restreint d’aristocrates amateurs de peinture française. La sélection des peintres officiels relève de l’organisation du Salon, et non de la mission confiée à Diderot.

9. Quelle nouveauté littéraire Diderot introduit-il en rédigeant ses comptes rendus du Salon ?

Il remplace les descriptions d’œuvres par des biographies destinées à classer les peintres.
Il fait de la peinture une source d’inspiration et de réflexion, créant ainsi un nouveau genre littéraire.
Il fait de la critique un exposé des règles d’imitation fondé sur l’érudition.
Il transforme les comptes rendus en catalogues officiels consacrés aux techniques de peinture.

Il fait de la peinture une source d’inspiration et de réflexion, créant ainsi un nouveau genre littéraire.

Explication

Diderot s’inspire de la peinture pour développer une réflexion qui donne naissance à un nouveau genre littéraire. Un exposé limité aux règles de l’imitation ne caractérise pas cette nouveauté.

10. Un critique juge un tableau d’après l’émotion qu’il suscite plutôt que d’après l’érudition et les règles de l’imitation ; quelle démarche rejoint-il ?

La démarche de Diderot, qui fonde le jugement critique sur les règles de l’imitation.
La démarche de Diderot, qui fonde le jugement critique sur la sensation.
La démarche de Diderot, qui écarte la sensation au profit de la personnalité du peintre.
La démarche de Diderot, qui mesure la valeur d’un tableau à son modèle idéal.

La démarche de Diderot, qui fonde le jugement critique sur la sensation.

Explication

Diderot privilégie un jugement fondé sur la sensation et récuse une approche reposant sur l’érudition et les règles de l’imitation. La maîtrise de ces règles correspond précisément à l’approche qu’il écarte.

11. Quelle évolution caractérise le Salon depuis sa création par Colbert en 1637 ?

Il expose des artistes vivants, sélectionne des peintres officiels et devient régulier à partir de 1737.
Il présente principalement des artistes disparus et devient régulier à partir de 1737.
Il expose des peintres officiels et devient régulier à partir de la Restauration.
Il expose des artistes vivants, accueille tous les peintres sans sélection et devient régulier dès 1637.

Il expose des artistes vivants, sélectionne des peintres officiels et devient régulier à partir de 1737.

Explication

Créé par Colbert en 1637, le Salon expose des artistes vivants et sélectionne des peintres officiels ; il devient régulier à partir de 1737. La date de création ne marque donc pas le début de sa régularité.

12. À mesure que les expositions de peinture s’ouvrent à un public plus large, quelle conséquence en découle pour les peintres ?

Ils sont incités à remplacer l’exposition publique par la vente directe aux collectionneurs.
Ils sont incités à adapter leur production au goût d’un public progressivement élargi.
Ils sont incités à réserver leurs œuvres aux amateurs choisis et à préserver leurs préférences.
Ils sont incités à délaisser le public pour répondre aux commandes de l’État.

Ils sont incités à adapter leur production au goût d’un public progressivement élargi.

Explication

L’ouverture progressive des expositions, d’abord à un public choisi puis au grand public, incite les peintres à s’adapter au goût de ce public. Le maintien d’un cercle fermé va à l’encontre de cette évolution.

13. Dans la rhétorique grecque, que désigne l’ethos ?

L’ensemble des arguments logiques que l’orateur développe dans son discours.
L’image que l’orateur donne de lui-même à travers son discours.
L’influence exercée sur les sentiments de l’auditoire pendant le discours.
Le sujet traité par l’orateur et les connaissances qu’il mobilise.

L’image que l’orateur donne de lui-même à travers son discours.

Explication

L’ethos désigne l’image de soi que l’orateur construit à travers son discours. Les arguments relèvent du logos, tandis que l’action sur les sentiments correspond au pathos.

14. Pour Aristote, sur quelles qualités l’orateur s’appuie-t-il pour inspirer confiance et persuader son auditoire ?

La vivacité, l’érudition, la richesse des arguments et l’émotion de l’auditoire.
La modestie, l’expérience personnelle, l’éloquence et la distance envers l’auditoire.
La renommée, l’autorité institutionnelle, la maîtrise technique et la sévérité envers l’auditoire.
Le bon sens, la compétence, l’honnêteté et la bienveillance envers l’auditoire.

Le bon sens, la compétence, l’honnêteté et la bienveillance envers l’auditoire.

Explication

Dans La Rhétorique, Aristote associe la confiance inspirée par l’orateur au bon sens, à la compétence, à l’honnêteté et à la bienveillance envers l’auditoire. La richesse des arguments et l’émotion de l’auditoire renvoient plutôt à d’autres moyens de persuasion.

15. Un discours combine une image crédible de l’orateur, des arguments et un appel aux émotions ; à quel moyen de persuasion correspond l’image de l’orateur ?

À l’ethos, qui construit l’image de l’orateur.
Au pathos, qui construit l’image de l’orateur.
Au logos, qui construit l’image de l’orateur.
Au logos, qui agit sur les sentiments de l’auditoire.

À l’ethos, qui construit l’image de l’orateur.

Explication

L’ethos concerne l’image que l’orateur donne de lui-même, tandis que le logos porte les arguments et que le pathos agit sur les sentiments. Attribuer la construction de cette image au logos confond la crédibilité de l’orateur avec son raisonnement.

16. En pragmatique, que désigne l’ethos chez O. Ducrot ?

L’image que le public construit de l’auditoire à partir de ses réactions
La réputation préalable de l’orateur, indépendamment de son discours et de son contexte
La personnalité, la voix et parfois la corporalité de l’énonciateur, telles que le texte et le contexte les font percevoir
L’ensemble des règles grammaticales qui organisent les énoncés d’un locuteur

La personnalité, la voix et parfois la corporalité de l’énonciateur, telles que le texte et le contexte les font percevoir

Explication

Chez Ducrot, l’ethos correspond aux traits de l’énonciateur que le texte et le contexte donnent à voir, notamment sa personnalité et sa voix. La réputation préalable peut influencer la réception, mais elle ne définit pas à elle seule cet ethos pragmatique.

17. Un orateur affirme qu’il est honnête et compétent, mais s’exprime d’un ton hésitant et choisit des arguments peu convaincants. Quel élément relève principalement de son ethos chez Ducrot ?

Ses affirmations explicites sur sa propre honnêteté et sa compétence
Les qualités réelles de l’orateur, même si elles ne transparaissent pas dans son discours
Son débit, son intonation et ses choix de mots et d’arguments
Les réactions du public, indépendamment de la façon dont il s’exprime

Son débit, son intonation et ses choix de mots et d’arguments

Explication

L’ethos se manifeste notamment par la manière de parler et par le choix des mots et des arguments. Les affirmations flatteuses sur soi relèvent du contenu du discours et ne suffisent pas à produire cet ethos.

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Selon Jean-Louis Schefer, quel genre littéraire constitue la critique d’art ?

Un genre littéraire autonome.

Quelle référence associe Jean-Louis Schefer à la critique d’art ?

« Critique d’art », 07/09/2025.

Au sens large, sur quoi porte la critique d’art ?

Sur une œuvre contemporaine ou du passé.

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