Fiche de révision : Diplomatie européenne et relations internationales

Plan du Cours

  1. Diplomatie européenne et souveraineté
  2. Diplomatie et politique extérieure
  3. Acteurs et fabrication de la politique extérieure
  4. Stratégies et instruments extérieurs
  5. Coopération européenne et sécurité collective
  6. États-Unis et Europe : relations conflictuelles
  7. Origines et expansion de la puissance américaine
  8. Diplomatie commerciale et multilatéralisme américain
  9. Influence américaine après la Première Guerre mondiale
  10. Mémoires, ressentiment et nationalisme
  11. Wilson et l’autodétermination des peuples
  12. Les limites de l’autodétermination wilsonienne

Repères chronologiques

  1. 4 juillet 1776Les colonies américaines proclament leur indépendance à l’égard de la Grande-Bretagne sous la conduite de George Washington.
  2. 11 février 1918Wilson affirme que les aspirations nationales doivent être respectées et que les peuples ne doivent être gouvernés qu’avec leur consentement.
  3. 22 janvier 2003Donald Rumsfeld oppose la « vieille Europe », notamment la France et l’Allemagne opposées à la guerre en Irak, aux États d’Europe orientale favorables aux États-Unis.
  4. 14 février 2003Dominique de Villepin défend à l’ONU le refus français de participer à la guerre en Irak dans un discours applaudi.

1. Diplomatie européenne et souveraineté

Notions clés & Définitions

  • Diplomaties européennes : Selon les usages, la diplomatie de l’Union européenne, celle de ses États membres ou les actions extérieures d’autres espaces politiques européens.
  • État : Une organisation reposant sur la centralisation du pouvoir, l’exercice de la violence légitime, un territoire délimité par des frontières, des institutions et des normes.

Points essentiels

  • L’expression « diplomatie européenne » est entrée dans le débat public avec François Hollande en 2015 et le discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron en 2017, associé à l’idée de souveraineté européenne.

  • Dans Les Six Livres de la République (1576), Jean Bodin présente comme marque de la République la capacité de l’État à faire ses lois, à déclarer la guerre et à conclure des alliances.

Astuce mémo

Souveraineté étatique contre délégation supranationale

2. Diplomatie et politique extérieure

Notions clés & Définitions

  • Diplomatie : La diplomatie est définie en 1798 dans le Dictionnaire de l’Académie française comme la science des rapports et des intérêts de puissance à puissance.
  • Politique extérieure : La politique extérieure désigne l’ensemble des activités visant à assurer la cohésion d’une nation dans le cadre du monde extérieur, selon Jean Meyriat en 1961.

★ À maîtriser

  • La politique extérieure vise traditionnellement à défendre l’intérêt national et constitue une projection de la puissance de l’État.

Compléments

  • À partir du début du XVIIe siècle, l’intérêt national est progressivement pensé au-delà des frontières confessionnelles et des passions politiques.

  • Henri de Rohan expose en 1639 une réflexion sur l’intérêt des princes et des États de la chrétienté dans De l’intérêt des princes et États de la chrétienté.

3. Acteurs et fabrication de la politique extérieure

★ À maîtriser

  • La politique extérieure est élaborée par des institutions publiques telles que les ministères des Affaires étrangères, de la Guerre ou de la Marine, ainsi que par les services des chefs de gouvernement et des présidences.

  • Les institutions rivales, les parlements, les think tanks et les acteurs de la société civile peuvent intervenir dans l’élaboration de la politique extérieure.

Compléments

  • La fabrication de la politique extérieure passe par une organisation bureaucratique, la circulation de l’information et des pratiques de coordination interministérielle.

  • L’opinion publique européenne intervient dans les débats de politique étrangère et contribue à faire émerger de nouveaux sujets internationaux à partir de la fin du XVIIIe siècle.

4. Stratégies et instruments extérieurs

Notions clés & Définitions

  • Politique extérieure : La politique extérieure est une stratégie évolutive qui combine des objectifs et des moyens pour défendre les intérêts d’un État et accroître ses activités extérieures.

★ À maîtriser

  • La stratégie extérieure dépend notamment de la perception des menaces, de la quête de sécurité et de l’adhésion à des valeurs collectives comme la solidarité.

📌 Les États combinent des instruments matériels et immatériels relevant soit d’une politique de puissance, soit d’une politique d’influence.

Compléments

  • La diplomatie de la canonnière illustre l’usage d’une menace violente pour obtenir un résultat diplomatique, comme l’ouverture d’un consulat.

Astuce mémo

Perception des menaces → choix de stratégie et d’outils

5. Coopération européenne et sécurité collective

★ À maîtriser

  • La coopération politique européenne, mise en place dans les années 1970, organise la coordination des politiques extérieures des États européens.

  • Le traité de Lisbonne, signé en 2007 et entré en vigueur en 2009, crée le Service européen pour l’action extérieure (SEAE).

  • La Société des Nations constitue la première organisation internationale issue de la coopération intergouvernementale de sécurité collective, selon le Pacte adopté à Paris en 1919.

Compléments

  • Dans les années 1920 et 1930, les intérêts nationaux persistent et la guerre conduit les États européens à redéfinir leur politique extérieure.

Astuce mémo

CPE → traité de Lisbonne → SEAE

6. États-Unis et Europe : relations conflictuelles

★ À maîtriser

  • Le cours présente les États-Unis comme porteurs d’un discours universaliste et libéral, mais aussi d’une politique extérieure fondée sur la diplomatie commerciale et l’expansion de leur influence.

Compléments

  • La relation transatlantique est conflictuelle et varie selon les contextes nationaux et internationaux, comme l’illustrent les désaccords sur la guerre en Irak en 2003.

Astuce mémo

Vieille Europe de Rumsfeld contre alliés d’Europe orientale

7. Origines et expansion de la puissance américaine

★ À maîtriser

  • La guerre d’indépendance américaine se déroule de 1775 à 1783.

  • En 1787, George Washington défend le non-enchevêtrement des États-Unis dans les conflits européens afin de préserver leur paix et leur développement.

  • La doctrine Monroe de 1823 affirme la non-ingérence américaine dans les affaires européennes en contrepartie du renoncement européen à de nouvelles visées colonisatrices en Amérique.

Compléments

  • Le corollaire Roosevelt de 1904 revendique un rôle de police internationale des États-Unis dans les cas d’injustice chronique, justifiant leur intervention en Amérique latine et dans les Caraïbes. - Théodore Roosevelt

Astuce mémo

Indépendance → non-enchevêtrement → puissance régionale

8. Diplomatie commerciale et multilatéralisme américain

★ À maîtriser

  • La diplomatie du dollar associée à William Taft mobilise les investissements et les moyens économiques américains pour accroître l’influence des États-Unis, notamment en République dominicaine en 1904.

  • La politique de la porte ouverte défend l’accès non discriminatoire au commerce et aux ressources, ainsi que le libre-échange et la libre navigation.

Compléments

  • Lors de la conférence de Berlin de 1885, les États-Unis défendent le principe de la porte ouverte en Afrique, puis le promeuvent en Chine quelques années plus tard.

  • Les conférences panaméricaines de Mexico en 1901, Rio de Janeiro en 1906 et Buenos Aires en 1910 développent une coopération régionale sous l’impulsion des États-Unis.

  • En 1906, les États-Unis participent pour la première fois à une convention multilatérale européenne en adhérant à la Commission internationale du phare du cap Spartel, créée dans le cadre de la conférence d’Algésiras.

9. Influence américaine après la Première Guerre mondiale

★ À maîtriser

  • En 1917, les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale et rompent avec leur tradition de non-engagement dans les conflits européens.

  • La conférence navale de Washington de 1921-1922 redéfinit l’équilibre naval entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l’Italie et la France, et le Royaume-Uni accepte la parité avec les États-Unis.

Compléments

  • En 1913, les États-Unis sont déjà la première puissance économique mondiale selon le volume de leur production industrielle.

  • La Dotation Carnegie pour la paix internationale, fondée en 1910, promeut l’arbitrage et le règlement pacifique des conflits, tandis que la Rockefeller Foundation est fondée en 1913.

  • Après la Première Guerre mondiale, l’American Relief Administration apporte une aide alimentaire et médicale à près de quatre millions d’enfants en Allemagne et en Autriche.

10. Mémoires, ressentiment et nationalisme

Notions clés & Définitions

  • Ressentiment : Le ressentiment est un sentiment durable d’animosité lié à des préjudices subis et à une longue période d’impuissance, selon Marc Ferro.
  • Présentisme : Régimes d’historicité - Le présentisme est un régime d’historicité qui privilégie la mémoire et rend le passé particulièrement présent, selon François Hartog.

★ À maîtriser

  • Vladimir Poutine mobilise la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et la « dénazification » pour justifier l’invasion de l’Ukraine, en présentant le pays comme fasciste.

  • Viktor Orbán utilise l’image de la Grande Hongrie d’avant le traité de Trianon de 1920, dont les anciens territoires incluent des régions aujourd’hui situées en Ukraine, en Roumanie et en Croatie.

Compléments

  • Le projet européen élaboré durant la Seconde Guerre mondiale et lancé en 1950-1951 vise le dépassement du nationalisme, sans en constituer la négation.

Astuce mémo

Mémoire instrumentalisée → ressentiment et tensions nationales

11. Wilson et l’autodétermination des peuples

Notions clés & Définitions

  • Autodétermination : Le droit des peuples de choisir la structure étatique dans laquelle ils veulent vivre.

★ À maîtriser

  • Le 8 janvier 1918, Woodrow Wilson présente au Congrès les Quatorze Points, conçus comme une offensive diplomatique opposant une paix fondée sur la transparence et le droit à la paix révolutionnaire bolchevique.

📌 Le projet wilsonien associe la reconnaissance des nationalités et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à la recherche d’une sécurité collective dépassant les rivalités nationalistes.

Compléments

  • Entre 1815 et 1914, quatre empires multinationaux dominent une grande partie de l’Europe :

    • l’Empire russe
    • l’Empire austro-hongrois
    • l’Empire ottoman
    • l’Empire allemand
  • Le choix de privilégier les États-nations après la guerre laisse subsister des minorités nationales à l’intérieur ou aux frontières de ces États.

Astuce mémo

Reconnaître les nations tout en dépassant les rivalités nationalistes

12. Les limites de l’autodétermination wilsonienne

★ À maîtriser

  • La pensée de l’autodétermination s’inscrit dans trois courants :

    • les Lumières du XVIIIe siècle et la promotion des libertés civiles
    • la pensée communiste et socialiste développée à partir de 1889
    • les débats sur les nationalités au sein des empires multinationaux
  • Le principe d’autodétermination ne figure pas explicitement dans les Quatorze Points de janvier 1918, qui emploient notamment des périphrases sur les intérêts des populations et le développement autonome.

  • Les propositions wilsoniennes d’autodétermination concernent principalement l’Europe, notamment les empires austro-hongrois, ottoman et russe, et non l’émancipation générale des peuples colonisés.

Compléments

  • En 1914, Lénine théorise le droit des nations à l’autodétermination dans le contexte des rivalités impérialistes.

  • Dans son témoignage devant le Sénat en août 1919, après le traité de Versailles, Wilson reconnaît avoir parlé d’autodétermination sans en connaître pleinement le sens.

Tableaux de synthèse

Tensions du projet wilsonien

PrincipeObjectifLimite
AutodéterminationReconnaître les aspirations nationales et le consentement des peuplesLa priorité accordée aux États-nations laisse des minorités nationales
Sécurité collectiveDépasser les rivalités nationalistes par la coopération multilatéraleLa reconnaissance des nations peut aussi nourrir les nationalismes
Application européenneSoutenir principalement les peuples des empires européensLes peuples colonisés hors d’Europe ne sont pas au centre du projet

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1. Que peut désigner l’expression « diplomaties européennes » selon les usages ?

2. Quel ensemble de caractéristiques correspond à la définition de l’État ?

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Que désigne l’expression « diplomaties européennes » selon les usages ?

La diplomatie de l’Union européenne, celle de ses États membres ou les actions extérieures d’autres espaces politiques européens.

Quels éléments fondent l’État selon la définition proposée ?

La centralisation du pouvoir, la violence légitime, un territoire délimité, des institutions et des normes.

Comment le Dictionnaire de l’Académie française définit-il la diplomatie en 1798 ?

La science des rapports et des intérêts de puissance à puissance.

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