★ À maîtriser
📌 Selon Jean Carbonnier, dans Flexible droit pour une sociologie du droit en rigueur (1969), le droit ne couvre pas l’ensemble des relations humaines, car la morale, la religion et les mœurs sont aussi des règles de conduite.
Compléments
Droit et société, mais droit ≠ morale
📌 La coutume associe un élément matériel, la répétition d’un comportement dans le temps, à un élément psychologique, la croyance des intéressés en sa valeur juridique.
Les trois rapports entre coutume et loi sont :
En droit actuel, une coutume contra legem n’a pas de force obligatoire lorsqu’elle contredit une loi impérative.
En droit contemporain, la jurisprudence désigne les décisions des tribunaux considérées du point de vue normatif, tandis qu’à Rome iuris prudentia désignait la science du droit correspondant à la doctrine.
En droit actuel, la doctrine n’est pas une source directe du droit, mais elle peut l’influencer indirectement par son action sur le législateur et la jurisprudence.
★ À maîtriser
Le cours présente le droit civil contemporain comme le produit d’apports historiques, notamment romains et issus de l’Ancien Régime, et indique que le Code civil date de 1804.
À Rome, la religion visait à maintenir la paix entre les dieux et les hommes, tandis que le droit visait à maintenir la paix entre les hommes.
Dans la procédure formulaire romaine, la phase in iure devant le préteur règle les questions de droit, tandis que la phase apud iudicem devant un juge particulier examine les faits.
Le juriste romain donne un avis sur les conséquences juridiques d’une affaire, tandis que l’orateur cherche à convaincre le juge par la preuve et l’éloquence.
Compléments
La séparation entre le droit et la religion romaine, initialement rapprochés sous l’action des pontifes, était achevée dès l’Ancien droit romain et les deux domaines étaient étanches au milieu de la République.
Le droit romain est présenté comme un droit technique, concret et pragmatique, doté de catégories propres plutôt que construit à partir des systèmes philosophiques grecs.
La redécouverte médiévale des textes romains a nourri près de 800 ans d’analyse européenne et contribué à un socle juridique commun aux États d’Europe.
La religion relie hommes et dieux ; le droit relie les hommes
★ À maîtriser
📌 Dans le système romain, un droit n’existe que s’il est protégé par une action judiciaire, alors que le système contemporain présenté dans le cours fait préexister le droit à l’action en justice.
Compléments
Le droit romain a duré environ 1400 ans et a accompagné la succession de la royauté, de la République et de l’Empire.
Le Code Hammurabi est un texte juridique mésopotamien composé de dispositions casuistiques répondant à des cas concrets et d’inspiration divine.
La loi des XII Tables, reconstituée à partir de références d’œuvres romaines, comprend 106 versets répartis en 12 tables.
Actions de la loi, procédure formulaire, procédure extraordinaire
★ À maîtriser
La loi des XII Tables comprend des règles laïques de droit privé, notamment sur les crimes capitaux, la propriété, la famille et les actions en justice.
La loi des XII Tables a établi la première forme de procédure civile romaine, appelée procédure des actions de la loi.
Compléments
📌 La loi des XII Tables rendit publiques les actions en justice, mais ne divulgua ni les formules judiciaires ni le calendrier nécessaire pour agir valablement.
Projet, approbation du Sénat, vote, promulgation
★ À maîtriser
Compléments
Secret pontifical, divulgation, consultations publiques, juristes laïcs
★ À maîtriser
📌 Les lois votées et les plébiscites conservent leur force obligatoire à l’époque classique, mais déclinent sous le Principat au profit des constitutions impériales.
📌 Sous la République, le sénatus-consulte n’est pas une source directe du droit ; au IIe siècle ap. J.-C., il le devient, tout en enregistrant les décisions du prince.
Compléments
Pouvoir personnel → concentration des sources du droit
📌 À Rome, le principe « pas d’action en justice, pas de droit » signifie que l’intégration d’une action dans l’édit du préteur reconnaît la possibilité de faire valoir le droit correspondant.
Édit vivant du préteur, puis édit figé sous Hadrien
★ À maîtriser
Quintus Mucius Scaevola, auteur de 18 livres de droit civil, est présenté comme le premier à avoir organisé cette matière en préceptes et classifications.
🔄 La méthode casuistique de Labéon :
📌 Les Sabiniens défendent une interprétation stricte du droit, tandis que les Proculiens privilégient une interprétation plus innovante laissant davantage de place à l’équité.
Compléments
Selon Pomponius, les trois fondateurs du droit civil sont :
Sous les Antonins, les juristes deviennent plus souvent des fonctionnaires intégrés à l’administration et au conseil impérial.
Sabiniens : interprétation stricte ; Proculiens : équité et innovation
★ À maîtriser
Compléments
📌 Dans un procès, le rescrit indique la solution juridique sans vérifier les faits ni trancher le fond ; initialement limité à l’affaire, il acquiert progressivement une valeur de précédent.
★ À maîtriser
📌 La coutume secundum legem suit la loi, la coutume praeter legem la complète et la coutume contra legem lui est contraire.
📌 Les juristes romains divergent sur la coutume contra legem : certains lui refusent toute force obligatoire face à la loi impériale, tandis que d’autres lui reconnaissent une force fondée sur le consentement unanime.
Compléments
📌 Selon la loi des citations de 426, en cas de partage égal des opinions des juristes cités, le juge suit Papinien s’il s’est prononcé ; sinon, il retrouve sa liberté d’appréciation. - Valentinien III
C-A-R : consentement, ancienneté, rationalité
★ À maîtriser
Compléments
📌 À partir du IIIe siècle, les lois générales impériales deviennent des règles de portée générale, tandis que les pragmatiques sanctions correspondent à une forme tardive de rescrit adressée à un magistrat ou à un fonctionnaire pour produire une solution d’application générale.
📌 Constantin interdit les rescrits contraires au droit et privilégie les lois générales à partir du IVe siècle.
📌 À partir du IVe siècle, les décrets perdent leur valeur de précédent au profit des lois générales, tandis que les lettres impériales répondant à un rapport ou à une consultation ont une portée limitée mais peuvent être intégrées à une loi générale.
★ À maîtriser
📌 Les lois générales ont une portée générale et sont destinées à être observées à l’avenir, tandis que les sanctions pragmatiques sont des dispositions d’application générale issues d’une forme tardive de rescrit.
📌 À partir de Constantin, l’empereur privilégie les lois générales et interdit les rescrits contraires au droit.
Compléments
★ À maîtriser
Le Code Grégorien, publié en 291 et attribué à Gregorius, comprend 13 ou 15 livres de rescrits de droit privé allant d’Hadrien à Dioclétien.
Le Code Hermogénien, publié en 295 et remanié au IVe siècle, rassemble par titres des rescrits de droit privé, dont les plus anciens remontent à 293.
Le Code Théodosien, à l’initiative de Théodose II, rassemble les lois générales émises depuis Constantin et complète les Codes Grégorien et Hermogénien.
La commission de 16 hauts fonctionnaires chargée du Code Théodosien pouvait sélectionner les textes législatifs, les classer par matière et chronologie, les découper et les interpoler pour les adapter au Ve siècle.
Le Code Théodosien est promulgué le 15 février 438 et, à compter du 1er janvier 439, seules les constitutions qu’il contient peuvent être invoquées en justice.
Compléments
📌 Le Code Grégorien est attribué à Gregorius, présenté comme professeur de droit, tandis que le Code Hermogénien est attribué à Hermogénien, haut fonctionnaire.
★ À maîtriser
Le Corpus Iuris Civilis comprend :
Le Code de Justinien de 534, préparé par une commission de cinq membres comprenant Tribonien, est organisé en 12 livres thématiques dont les constitutions sont classées chronologiquement.
Le Digeste rassemble des fragments d’œuvres de juristes classiques et reçoit une valeur officielle de codification, qui interdit d’invoquer d’autres fragments que ceux qu’il contient.
Le Digeste, composé de 50 livres et promulgué en 533, rassemble des fragments provenant de 1 600 livres et d’au moins 38 auteurs.
Les Institutes de Justinien, promulguées en 533 comme manuel d’initiation au droit, comprennent quatre livres consacrés respectivement aux personnes, aux biens et successions, aux obligations, puis aux délits et actions en justice.
Compléments
Le Code de Justinien de 529, préparé par une commission de 10 membres comprenant Tribonien, est une première version qui n’a pas été conservée et qui est devenue obsolète.
Les Novelles sont les constitutions de Justinien postérieures au Code de 534, majoritairement rédigées en grec et concernant la partie orientale de l’Empire.
★ À maîtriser
📌 La territorialité applique un même droit à tous les habitants d’un territoire, tandis que la personnalité des lois fait coexister plusieurs droits, chacun régissant un groupe déterminé de personnes. - J. Carbasse
L’Édit de Théodoric, promulgué entre 459 et 461, s’applique aux barbares et aux Gallo-Romains selon le principe de territorialité.
La Loi Gombette, promulguée en 502 par Gondebaud, est marquée par des influences romaines et germaniques et s’applique à la population burgonde.
La Loi salique, donnée par Clovis vers 510, est principalement un code pénal fondé sur des compositions pécuniaires et s’applique aux Francs saliens.
Le Bréviaire d’Alaric, promulgué en 506 par Alaric II, rassemble des sources romaines et constitue la référence de droit romain applicable aux Wisigoths, Francs et Gallo-Romains.
Compléments
Les principales lois nationales barbares citées sont :
Dans la Loi salique, le wergeld pour l’homicide d’un Franc est de 200 sous d’or, contre 100 sous d’or pour celui d’un Romain propriétaire.
Territorialité : un droit pour le territoire ; personnalité : une loi par groupe.
★ À maîtriser
📌 Les capitulaires additifs modifient ou complètent les lois nationales barbares, tandis que les capitulaires d’application générale ont une portée territoriale et autoritaire.
Compléments
📌 En matière pénale, le juge choisissait généralement la loi nationale de la victime lorsque les parties relevaient de lois différentes.
📌 Lorsque les lois nationales ne répondaient pas à la question posée, le juge appliquait le droit romain.
Le déclin du droit écrit laisse un vide → la coutume devient source du droit.
La première référence connue à une citation du Digeste en Occident date de 1076, en Toscane, lors d’un procès où intervient le maître Pepo.
Irnerius fonde à Bologne, à la fin du XIe siècle, une école de droit romain et développe l’étude des textes par la glose, explication linéaire des textes.
Les glossateurs mobilisent notamment :
📌 Les commentateurs s’éloignent davantage de l’ordre des compilations de Justinien que les glossateurs et adaptent les textes romains aux difficultés pratiques de leur époque.
📌 Les glossateurs travaillent par gloses sur les textes, tandis que les commentateurs produisent des commentaires et des traités davantage orientés vers la pratique.
Au XIVe siècle, Bartole reprend en Italie les enseignements de l’école d’Orléans, systématise la méthode des commentateurs et fonde le courant des Bartolistes.
Les sources du droit canonique comprennent : les décisions des papes, les décisions des assemblées d’évêques, la doctrine des Pères de l’Église, notamment saint Augustin
Vers 1140, Gratien compose une vaste compilation de textes canoniques intitulée la Concorde des canons discordants, destinée à éliminer les contradictions entre les sources du droit.
À partir du milieu du XIIe siècle, le droit romain et le droit canonique se mêlent et se complètent pour former en Occident un droit commun savant d’essence romaniste, le jus commune.
La rédaction des coutumes, engagée au XVIe siècle, met par écrit 65 coutumes générales et plus de 300 coutumes spéciales, ce qui tend à figer le droit coutumier.
La coutume de Paris est rédigée en 1510 puis réformée en 1580, date à partir de laquelle elle est appelée nouvelle coutume de Paris.
La nouvelle coutume de Paris, forte de plus de 300 articles et intégrant certaines solutions issues du droit romain, devient une coutume modèle qui contribue à l’unification coutumière.
Charles du Moulin et Guy Coquille défendent l’existence d’un droit commun propre aux Français, tiré de leurs coutumes, plutôt que leur soumission au droit commun savant.
Pepo → Irnerius et les glossateurs → commentateurs → Bartole et Balde.
| Forme | Nature | Portée |
|---|---|---|
| Édit | Prescription générale | Empire, territoire ou catégorie |
| Rescrit | Réponse à une question juridique | Affaire, puis précédent possible |
| Décret | Jugement impérial | Affaire, puis précédent possible |
| Mandat | Instruction à un fonctionnaire | Durée limitée, reprise possible |
| Critère | Territorialité | Personnalité |
|---|---|---|
| Rattachement | Au territoire | Au groupe de personnes |
| Application | Même droit pour les habitants | Droits différents sur un territoire |
| Exemple cité | Édit de Théodoric | Loi salique |
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1. Que signifie l’expression « Ubi societas, ibi ius » ?
2. Quelle distinction Jean Carbonnier établit-il entre le droit et les autres règles de conduite sociale ?
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Que signifie l’expression « Ubi societas, ibi ius » ?
Là où existe une société, il existe du droit.
Qui a exposé cette distinction dans Flexible droit pour une sociologie du droit en rigueur (1969) ?
Jean Carbonnier.
Pourquoi le droit ne couvre-t-il pas toutes les relations humaines ?
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