★ À maîtriser
Éduquer et instruire impliquent un choix politique parmi les connaissances à transmettre aux nouvelles générations.
L’école sélectionne dans la culture globale une culture partielle qu’elle considère comme exemplaire et porteuse d’avenir.
Compléments
Les cultures susceptibles d’être privilégiées sont :
Les compétences souvent privilégiées sont :
Pour Jean Piaget, psychologue du développement, les questions sur le monde souhaité, l’avenir des enfants et les savoirs à transmettre engagent les valeurs que l’on veut leur transmettre.
★ À maîtriser
Compléments
Les modèles servent d’étalon et, parce qu’ils portent des valeurs positives, inspirent l’imitation.
Karl Popper (1979) qualifie de relativement stables et closes les sociétés traditionnelles, religieuses et autoritaires.
Claude Lévi-Strauss appelle « sociétés froides » les sociétés fermées.
Les conduites des sociétés fermées sont encadrées par :
TRA : tradition, religion, autorité.
★ À maîtriser
📌 Entre le VIIIe et le Ve siècle av. J.-C., la pensée grecque développe une opposition entre la phusis, la nature, et le nomos, la culture.
Après l’effondrement de la société palatine vers le XIIe siècle av. J.-C., les rois et la fonction royale disparaissent en Grèce, mettant fin à la concentration des pouvoirs profanes et religieux dans les mains d’un seul homme.
Après la disparition de la royauté, les Grecs ont dû mettre en place de nouveaux mécanismes de pouvoir sans s’appuyer sur la royauté, la religion et la tradition.
Compléments
La société grecque archaïque réunissait :
Le développement du commerce et les conflits militaires avec d’autres civilisations ont favorisé des contacts et la rencontre d’autres valeurs.
La démocratie constitue le creuset d’une métamorphose de la culture, du discours et de la pensée.
Phusis désigne la nature, nomos la culture.
★ À maîtriser
📌 L’être humain naît une première fois naturellement, comme les animaux, puis une seconde fois comme être de culture : cette seconde naissance est l’hominisation.
Le premier objectif de l’éducation philosophique est de former un être humain complet, intellectuellement et physiquement.
L’éducation est inhérente à l’espèce humaine et distingue l’humain des animaux.
L’éducation est une activité sociale qui repose aussi sur des apprentissages individuels et des échanges ; elle vise à intégrer l’enfant à sa communauté tout en l’écoutant.
Selon Émile Durkheim (1858-1917), l’éducation est l’action exercée par les adultes sur et avec les enfants afin de les intégrer à leur communauté et de leur transmettre leur culture. - E DURKHEIM
Compléments
Les philosophes fondent à Athènes les premières écoles d’enseignement, où de petits groupes de disciples étudient.
L’éducation fonde la « nature » humaine et l’être humain est devenu humain dès qu’il a commencé à s’éduquer.
L’éducation n’a pas été inventée, n’a pas commencé en un lieu pour se répandre ensuite et n’appartient à aucun peuple ni à aucune culture particulière.
★ À maîtriser
Compléments
La séparation entre culture générale et culture technique se retrouve dans la distinction entre lycées d’enseignement général et lycées professionnels.
Le système scolaire privilégie la culture générale acquise à l’école par rapport aux compétences techniques et à la valorisation d’autres professions.
Dans une société traditionnelle, la transmission aux nouvelles générations des contenus et du respect de la tradition relève de la famille et des autres enfants, qui tiennent lieu d’école et d’enseignants.
Dans l’éducation traditionnelle, les enfants apprennent des modèles de vie conformes à la culture de leur communauté, notamment des comportements différenciés selon le sexe, comme la manière de s’asseoir et d’exprimer ses émotions.
Les habitudes quotidiennes des adultes → les enfants les imitent et acquièrent la tradition.
★ À maîtriser
📌 L’éducation traditionnelle s’appuie sur les coutumes, le groupe, le milieu et les adultes pour transmettre un savoir quotidien et préréflexif, tandis que l’éducation sophistique repose sur la réflexion, le choix personnel, des maîtres spécialisés et une culture générale théorique.
Au Ve siècle avant J.-C., l’éducation traditionnelle grecque est remise en question tandis que coexistent une éducation familiale, aristocratique et militaire et de nouvelles formes d’éducation, notamment philosophique et sophistique.
L’éducation traditionnelle grecque transmet oralement la mémoire collective et la culture commune par les poètes, qui chantent ou récitent des vers et servent de modèles éducatifs.
Les sophistes enseignent à s’exprimer efficacement en toute circonstance et conçoivent le langage comme un moyen de persuasion, de contrôle et d’action sur autrui.
Compléments
Protagoras, Gorgias et Antiphon figurent parmi les sophistes.
Les sophistes critiquent les coutumes et les lois qu’ils considèrent comme contingentes, c’est-à-dire non fondées sur la nature.
Socrate discute avec les jeunes sans chercher à être rémunéré et se détache rapidement du mouvement sophistique.
Socrate cherche davantage à apprendre qu’à enseigner et poursuit la recherche de la vérité en examinant les choses avec le souci d’être objectif.
La tradition forme par le milieu et les modèles collectifs ; les sophistes forment par la réflexion et le choix personnel.
★ À maîtriser
📌 Pour Socrate, l’éducation n’est ni la transmission d’un savoir ni une formation imposée : l’apprenant assume sa propre pensée, ses convictions et ses orientations.
Dans La République, Platon présente l’éducation comme un moyen de transformer les hommes en profondeur et de refaire la société.
Pour Platon, l’éducation doit favoriser le triomphe de la pensée rationnelle sur les passions et le corps.
Compléments
📌 Chez Platon, apprendre ne consiste pas seulement à assimiler des connaissances nouvelles, mais aussi à réévaluer les connaissances anciennes.
📌 Selon Platon, une société dont les membres sont éduqués peut se passer de lois, tandis qu’un homme mal éduqué doit être guidé par un maître pour ne pas être esclave de ses passions et de son ignorance.
Socrate critique régulièrement les sophistes et ne cherche pas à être rémunéré pour son enseignement.
Platon est le disciple de Socrate et est associé aux dates 424-423 et 348-347.
Platon défend une hiérarchie naturelle entre les hommes et considère comme normale l’existence de riches et de pauvres.
Dans l’allégorie de la caverne, la lumière du jour représente la connaissance réelle, tandis que le feu et les ombres représentent une connaissance biaisée prise pour la réalité.
Platon dénonce la croyance aux discours des politiques et des sophistes, qu’il présente comme de faux philosophes capables de manipuler leur auditoire.
Dans l’éducation socratique, l’apprenant forge une pensée construite et fondée sur des convictions à travers des interactions langagières avec l’éducateur.
Dans la caverne, les ombres figurent les croyances prises à tort pour la réalité.
★ À maîtriser
📌 Dans l’optique de Platon, le savoir-parler des sophistes et le savoir-argumenter de Socrate ne suffisent pas à fonder le discours humain, qui doit aussi s’appuyer sur la connaissance de phénomènes objectifs.
En éducation, le savoir objectif est fondé sur les Idées, appelées plus tard concepts ou représentations en psychologie.
Dans le modèle éducatif classique ou humaniste, le maître représente auprès de l’élève une connaissance indépendante de sa subjectivité et de celle de l’apprenant.
L’école est née au Moyen Âge sous l’impulsion de l’Église, qui avait pour mission d’enseigner les bases nécessaires à l’accès des chrétiens aux textes sacrés.
La chute de l’Empire romain d’Occident en 476 entraîne la raréfaction des lieux d’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, tandis que les élites religieuses et politiques sont souvent illettrées.
Après la disparition des écoles païennes, l’Église est la seule force organisée capable de transmettre l’héritage gréco-romain et entreprend de créer trois types d’écoles.
Compléments
À partir de Platon, la relation éducative canonique se fonde sur la transmission par le maître d’un savoir objectif dont il est le représentant compétent.
Les sophistes ont développé une culture et une formation axées sur le rationalisme et l’humanisme, l’apprentissage de la parole publique et du discours rhétorique, ainsi que la culture générale lettrée.
Les sophistes furent les premiers professeurs dont l’enseignement constituait le métier principal et qui étaient rémunérés.
L’enseignement médiéval demeure traditionnel, avec peu d’élèves, des contenus et une vision de l’apprentissage communs, ainsi qu’une formation des maîtres sur le tas.
L’automne illustre un phénomène observable de l’environnement qui existe indépendamment de l’interlocuteur et ne peut être arrêté par lui.
Le maître représente un savoir objectif, plutôt que de parler en son propre nom.
★ À maîtriser
📌 Les prêtres des paroisses rurales doivent recevoir chez eux les jeunes gens et les instruire chrétiennement, afin qu’ils apprennent à lire les Écritures chrétiennes et préparent la relève.
L’Église crée trois types d’écoles médiévales :
Les écoles épiscopales instruisent les futurs membres du clergé et assurent ainsi son recrutement.
Compléments
Les écoles monacales reçoivent une impulsion du sud de l’Italie, portée par saint Benoît, fondateur de l’ordre des moines bénédictins.
L’école chrétienne médiévale associe l’instruction littéraire à l’éducation religieuse.
★ À maîtriser
📌 Dans l’Antiquité, les maîtres poursuivent des buts divers et sans lien commun, tandis que l’école médiévale unit les maîtres autour de la conversion de l’élève.
Compléments
📌 L’enseignement antique est dispersé entre des contenus hétérogènes et des lieux différents, tandis que l’école médiévale rassemble les enseignements dans un même lieu et les oriente vers une fin commune.
L’éducation médiévale cherche à agir en profondeur sur la personnalité et l’âme de l’élève, en le tournant vers Dieu et en le détournant des choses terrestres.
Le programme médiéval de base comprend :
L’école du Moyen Âge apporte comme innovation majeure l’existence d’un milieu moral organisé, même si la période ne manifeste pas de véritable souci pédagogique.
L’Antiquité disperse les maîtres et les buts ; l’école médiévale les rassemble autour de la conversion.
★ À maîtriser
📌 Charlemagne ordonne au clergé d’ouvrir dans l’empire des écoles sur le modèle de l’École du Palais, contribuant au renouveau culturel carolingien.
Le moine Alcuin, conseiller de Charlemagne, est chargé de l’éducation des jeunes nobles au palais d’Aix-la-Chapelle et rationalise l’enseignement en organisant les matières.
Le programme encyclopédique de l’École du Palais regroupe les connaissances humaines dans les sept arts libéraux, répartis entre trivium et quadrivium.
Compléments
📌 Le trivium est le cursus le plus répandu, tandis que le quadrivium, considéré comme un enseignement de luxe, s’adresse davantage à l’enseignement supérieur.
Le terme « scolastique » vient du latin « schola », qui signifie « école ».
Charlemagne, roi des Francs puis empereur d’Occident, fait de l’unité chrétienne un principe de son pouvoir, dont la légitimité est sacrée.
Charlemagne, lui-même analphabète, a besoin de cadres instruits pour administrer son empire.
Le trivium comprend la grammaire, la rhétorique et la dialectique, tandis que le quadrivium comprend l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique.
L’impulsion de Charlemagne donne naissance à un embryon de système scolaire, présenté comme le premier système organisé d’enseignement en Europe.
★ À maîtriser
📌 Pour Rabelais, le savoir libère tandis que l’ignorance enchaîne.
L’école médiévale est relativement stable dans ses programmes et ses méthodes, mais la fréquentation scolaire reste peu répandue et concerne surtout les membres du clergé.
Les expériences de décentrement de la Renaissance comprennent : la découverte que la Terre n’est pas immobile au centre de l’Univers, la découverte d’autres continents, l’invention de l’imprimerie, l’avènement du protestantisme, la dissolution de l’unité chrétienne européenne au profit des États-nations
Dans Gargantua et Pantagruel, Rabelais recherche une érudition totale, un savoir encyclopédique embrassant tous les domaines de l’activité humaine.
La devise de l’abbaye de Thélème est « Fais ce que tu voudras », et sa vie collective repose sur la volonté générale.
Compléments
Malgré la volonté de Charlemagne de diffuser l’éducation parmi les laïcs, peu d’entre eux sont instruits.
Charlemagne ne rend pas l’école obligatoire et tente sans grand succès d’obliger les évêques à ouvrir des écoles.
La Renaissance remet en question les représentations héritées par la relecture des modèles antiques à partir de sa propre situation historique.
Rabelais oppose les pratiques anciennes à l’esprit humaniste, qui vise le développement intégral de l’homme.
Rabelais imagine qu’une société sans contraintes ni conflits est possible si la nature foncièrement bonne de l’humain peut s’exprimer librement.
Le savoir libère, l’ignorance enchaîne
★ À maîtriser
📌 Pour Érasme, la science n’est pas un bien en soi : elle sert une éducation littéraire, et l’érudition est un moyen d’explication littéraire plutôt qu’une fin.
📌 Selon Ariès (1973), la société médiévale ne possède pas de sentiment spécifique de l’enfance, le XVIe siècle considère l’enfant comme une source d’amusement et le XVIIe siècle en fait un souci moral.
Compléments
📌 La présentation oppose la connaissance explicite recherchée par Rabelais au maintien de l’autorité du maître défendu par Érasme.
Érasme est présenté comme assez élitiste dans sa conception de l’éducation.
La Réforme protestante, portée par Martin Luther (1483-1546), s’élève contre la vente des indulgences.
En réponse à la Réforme protestante, les catholiques fondent la communauté des Jésuites, chargée de combattre le protestantisme par l’enseignement.
Charles Démia (1637-1689), fondateur d’écoles primaires, considère l’école comme un moyen de prévenir le désordre social en instruisant la jeunesse populaire.
Charles Démia observe à Lyon que des jeunes du peuple sont dans le libertinage faute d’instruction et préconise les catéchismes et la discipline scolaire pour les éduquer.
Réforme religieuse, souci moral de l’enfant, désordre urbain : trois impulsions vers l’école
★ À maîtriser
Les petites écoles délimitent trois ordres de savoirs :
Au XVIIe siècle, la pédagogie traditionnelle se cristallise en un code uniforme de savoir-faire, de réponses, de prescriptions et de rites scolaires à reproduire.
L’enseignement simultané organise la maîtrise du groupe en regroupant les enfants de capacités semblables, en accueillant des classes nombreuses pouvant atteindre 100 élèves et en utilisant des tableaux de lecture muraux et le même livre pour chaque enfant.
Compléments
📌 L’école est fermée au monde extérieur pour éviter les distractions, et chaque élève garde la place qui lui est assignée sans l’accord de l’inspecteur.
Les activités scolaires se succèdent rapidement, notamment :
Les places de la classe sont distribuées selon le niveau d’apprentissage, les capacités, la richesse ou le statut de nouvel élève, tandis que les élèves punis sont relégués au banc d’infamie, aussi appelé banc des ignorants.
★ À maîtriser
Dans L’Émile ou l’Éducation, Rousseau soutient que l’apprentissage doit se faire par l’expérience. - Jean-Jacques Rousseau
Rousseau affirme que l’homme naît naturellement bon et heureux, mais que la société le corrompt et le rend malheureux.
Le processus éducatif s’appuie sur :
Compléments
Les Révolutions américaine (1776-1783) et française (1789) mettent en avant le rôle indispensable de l’État et le caractère laïc des institutions publiques.
Jean-Jacques Rousseau acquiert la gloire en 1750 avec son Discours sur les sciences et les arts.
Pour Rousseau, l’enfant possède une liberté qui doit être respectée, comme celle de l’adulte.
Société corruptrice → éducation fondée sur l’activité naturelle de l’enfant
Éducation traditionnelle et éducation sophistique
| Dimension | Traditionnelle | Sophistique |
|---|---|---|
| Fondement | Coutumes et traditions | Réflexion et choix des valeurs |
| Mode de formation | Milieu et contact avec les adultes | Maîtres spécialisés hors du milieu familial |
| Savoir transmis | Savoir quotidien et préréflexif | Culture générale et savoir théorique |
| Finalité et valeurs | Conformité au groupe, courage et vertu | Promotion personnelle, individualisme et intellectualisme |
Teste tes connaissances sur Éducation socratique et platonicienne avec 51 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Lorsqu’une société décide quelles connaissances transmettre aux nouvelles générations, quel type de choix l’acte d’éduquer et d’instruire implique-t-il ?
2. Une école privilégie certains savoirs et les présente comme particulièrement importants pour préparer l’avenir. Quelle opération réalise-t-elle à l’égard de la culture globale ?
Mémorisez les concepts clés de Éducation socratique et platonicienne avec 95 flashcards interactives.
Quel choix implique le fait d’éduquer et d’instruire les nouvelles générations ?
Un choix politique parmi les connaissances à transmettre.
Que sélectionne l’école dans la culture globale ?
Une culture partielle, jugée exemplaire et porteuse d’avenir.
Selon Hannah Arendt (1972), de quels trois piliers l’effondrement provoque-t-il la crise actuelle ?
La tradition, la religion et l’autorité.
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