★ À maîtriser
📌 Un guide qui connaît le chemin et un guide qui a seulement une opinion sur le chemin peuvent arriver à la même destination, mais seul le premier connaît le chemin.
Compléments
Réussir à trouver le chemin n’est pas connaître le chemin : le guide informé sait l’expliquer, l’autre a seulement une opinion.
★ À maîtriser
Dans l’allégorie de la caverne, des prisonniers enchaînés depuis l’enfance ne peuvent ni changer de place ni tourner la tête et ne voient que la paroi devant eux. - Platon, La République, 1833
Un feu situé derrière les prisonniers éclaire des objets transportés derrière un petit mur, dont les ombres se projettent sur la paroi qu’ils regardent. - Platon, La République, 1833
Dans l’interprétation de Platon, l’antre représente le monde visible, le feu la lumière du soleil et le captif qui monte l’âme s’élevant dans l’espace intelligible. - La République, 1833
📌 Les ombres existent comme phénomènes, mais le jugement des prisonniers est faux lorsqu’ils confondent les ombres avec les objets qui les produisent.
Compléments
Les prisonniers prennent les ombres pour les êtres réels et peuvent attribuer aux ombres les voix des passants. - Platon, La République, 1833
Le captif libéré est forcé de se lever, de tourner la tête, de marcher et de regarder vers la lumière ; il souffre et l’éblouissement l’empêche d’abord de distinguer les objets. - Platon, La République, 1833
À sa sortie de la caverne, le prisonnier peut encore prendre les objets pour la réalité ultime sans savoir qu’ils sont des imitations des êtres réels ou des idées.
📌 La perception sensible mobilise le corps et relève de l’opinion, tandis que la perception intellectuelle mobilise l’âme et porte sur la forme.
Des prisonniers immobiles prennent les ombres projetées sur la paroi pour la seule réalité.
★ À maîtriser
La libération ne produit pas instantanément la connaissance, car l’éblouissement empêche d’abord le prisonnier de distinguer pleinement ce qu’il découvre.
🔄 Le prisonnier s’habitue progressivement à voir :
Dans le parcours hors de la caverne, le prisonnier observe d’abord les effets du soleil, puis le soleil lui-même, avant de retourner dans la caverne où l’obscurité gêne momentanément sa vision des ombres.
Dans l’interprétation de Platon, le soleil représente l’idée du bien et constitue un principe explicatif du monde visible.
📌 La doxa est un jugement fondé sur l’expérience, l’habitude ou les apparences, qui peut être vrai sans reposer sur une explication rationnelle, tandis que l’épistémè est un savoir fondé sur des raisons et capable de rendre compte de ce qu’il affirme.
Compléments
Le prisonnier qui reconnaît et nomme les ombres peut repérer leurs différences, mais ignore leur cause.
Le prisonnier qui prévoit l’ordre d’apparition des ombres peut établir des régularités et faire des prédictions correctes, mais ignore pourquoi elles apparaissent dans cet ordre et ce qui les produit.
Le prisonnier libéré découvre que les objets transportés et le feu produisent les ombres, mais résiste d’abord à cette nouvelle interprétation.
En s’habituant à voir, le prisonnier distingue progressivement les apparences, les choses et leurs rapports au lieu de les confondre.
Ombres → objets et feu → reflets et choses extérieures : le regard s’habitue par étapes.
★ À maîtriser
📌 Dans L’Essayeur (Il Saggiatore), publié en 1623, Galilée distingue les propriétés qu’on ne peut séparer de l’idée d’un corps — figure, grandeur, lieu, instant, mouvement, contact, unicité ou multiplicité — des qualités sensibles comme la couleur, le goût, le son et l’odeur.
Compléments
📌 Selon Galilée, sans connaître le langage mathématique de la nature, il est impossible de comprendre le moindre mot de l’univers.
Figure et mouvement du corps, mais couleur et goût perçus par les sens
★ À maîtriser
📌 Pour Bachelard, l’expérience scientifique contredit l’expérience commune, tandis que l’expérience immédiate et usuelle demeure dans le règne des mots et des définitions. - Gaston Bachelard, 1938
Selon Bachelard, la connaissance scientifique progresse en revenant sur les erreurs, en détruisant les connaissances mal faites et en surmontant les obstacles présents dans l’esprit. - Gaston Bachelard, 1938
Pour Bachelard, l’observation scientifique confirme ou infirme une thèse antérieure, hiérarchise les apparences, dépasse l’immédiat et reconstruit le réel à partir de schémas préalables. - Gaston Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, 1934
Dans l’expérimentation scientifique, le phénomène est (Gaston Bachelard, 1934) :
Compléments
Pour Bachelard, les obstacles à la connaissance scientifique ne s’expliquent pas par des facteurs externes comme la complexité des phénomènes, ni par la faiblesse des sens ou de l’esprit humain, mais apparaissent dans l’acte même de connaître. - Gaston Bachelard, 1938
Pour Bachelard, les instruments sont des théories matérialisées et les phénomènes qu’ils produisent portent la marque théorique. - Gaston Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, 1934
Selon Bachelard, l’observation et l’expérimentation sont des outils du travail scientifique, mais la raison ne doit pas rester passive face à la nature ni tenir les premières évidences pour vraies. - Gaston Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, 1934
Erreur rectifiée → connaissance scientifique
★ À maîtriser
📌 L’observation scientifique ne se réduit pas à une contemplation passive, car les premières observations peuvent conduire à des erreurs.
Compléments
La fumée paraît monter et la pomme tomber plus vite qu’une feuille, ce qui conduit spontanément à croire que les corps légers montent et que la vitesse de chute dépend du poids.
La résistance d’un ballon de plage enfoncé dans l’eau et la flottaison d’un porte-avions montrent que l’observation courante ne suffit pas à comprendre le principe d’Archimède.
L’évidence de la pomme et de la fumée s’oppose aux lois de Galilée.
★ À maîtriser
📌 Une observation scientifique exige des précautions et des questions clairement formulées ; sans questions claires, il n’y a pas d’observation claire.
Compléments
L’utilisation d’un microscope suppose un apprentissage des instruments et des manipulations afin de distinguer un objet observé d’un reflet, d’une tache ou d’une poussière. - Ian Hacking
L’observation de Mendel sur les petits pois visait à comprendre la transmission, la combinaison ou le mélange des supports de l’hérédité, dont il ignorait la nature.
Sans précautions ni question claire, l’observation égare ou n’apprend rien.
★ À maîtriser
📌 Pour Galilée, le pendule poursuivrait indéfiniment son mouvement en l’absence de frottements et de résistance de l’air, tandis que, pour Aristote, la corde empêche l’objet de rejoindre son lieu naturel et le repos constitue son état naturel.
Compléments
Galilée remet en cause le schéma aristotélicien du pendule et reconstruit son mouvement en supprimant par la pensée les résistances afin d’obtenir un schéma mathématiquement plus simple.
La connaissance scientifique est polémique parce qu’elle combat à la fois les apparences de la nature et les fausses explications héritées de la pensée. - Bachelard
Chez Galilée, le pendule tend à continuer ; chez Aristote, il tend vers son lieu naturel.
★ À maîtriser
L’observation des chromosomes ne permet pas à elle seule d’établir qu’ils portent les gènes ; l’inférence repose sur le rapprochement entre les groupements de gènes liés et les paires de chromosomes observées.
L’observation peut fonctionner comme une déduction : le rapprochement entre les groupements de gènes liés et le nombre de paires de chromosomes conduit à l’hypothèse que les gènes se trouvent sur les chromosomes, ensuite confirmée par d’autres observations.
📌 L’expérimentation exige une idée préalable ou une hypothèse, car la raison ne peut expérimenter sans plan.
Compléments
📌 Pour Claude Bernard, observer la nature sans hypothèse de départ est stérile, car le chercheur risque d’aller à l’aventure et de ne pas observer ce qu’il faut.
★ À maîtriser
📌 Dans la conception d’Aristote, le repos et le mouvement sont deux états distincts, et une force doit agir continuellement pour qu’un corps poursuive son mouvement.
📌 Pour Galilée, repos et mouvement ne sont pas essentiellement différents, car leur description dépend du repère choisi par l’observateur.
Pour Galilée, le mouvement d’un boulet de canon résulte de la composition d’un mouvement rectiligne et d’un mouvement de chute, qui produit une trajectoire parabolique.
Selon la loi galiléenne de la chute, les corps tombent à la même vitesse, indépendamment de leur poids ou de leur masse. - Galilée
Compléments
📌 Aristote distingue le mouvement naturel, par lequel un corps rejoint son lieu propre, du mouvement violent, qui le pousse vers un lieu qui n’est pas le sien.
Pour Aristote, les corps tombent vers leur lieu naturel, situé géométriquement au centre de la Terre et physiquement à sa surface.
Selon Aristote, la vitesse de chute est proportionnelle au poids : un corps plus lourd tombe plus vite qu’un corps léger.
Selon Aristote, plus le milieu traversé est peu dense, plus la chute est rapide ; dans le vide, la vitesse serait infinie, ce qui l’amène à conclure que le vide ne peut exister.
Pour Galilée, les lois de la nature sont partout identiques et il n’y a pas de différence fondamentale entre mouvement naturel et mouvement contraint.
Les différences de vitesse de chute observées sur Terre s’expliquent par la résistance de l’air.
L’accélération est constante et continue tant qu’aucune résistance ne freine le corps ni aucun obstacle ne l’arrête.
Le vide peut être pensé théoriquement comme un espace dépourvu de matière, même si son existence terrestre doit être établie par l’expérience.
Pour Aristote, le mouvement exige une force ; pour Galilée, il se prolonge sans moteur.
★ À maîtriser
📌 Les objections théoriques à Galilée s’appuient sur le bon sens et l’observation, tandis que les difficultés matérielles concernent les moyens de mesurer et d’observer les phénomènes.
Compléments
La Terre tourne autour du Soleil à une vitesse voisine de 30 km/s, ce qui rend difficilement perceptible son mouvement à l’échelle de l’expérience quotidienne.
La résistance de l’air et les obstacles expliquent pourquoi les mouvements observés sur Terre s’arrêtent, bien que le principe d’inertie décrive la persistance du mouvement sans obstacle.
L’observation directe ne suffit pas toujours à percevoir une trajectoire parabolique, qui peut être mise en évidence par des photographies.
Galilée mesure le temps avec son pouls ou avec un dispositif rempli d’eau dont l’écoulement sert à quantifier la durée, faute de chronomètre.
À la surface de la Terre, aucun espace vide ne permet d’annuler la résistance de l’air.
★ À maîtriser
📌 L’expérience immédiate correspond à ce que l’on perçoit de la réalité, tandis que l’expérimentation scientifique provoque artificiellement un phénomène dans le cadre d’une démarche intellectuelle.
Compléments
L’expérience met en contact avec le réel et peut contribuer à construire des apprentissages à partir de l’observation pratique.
Une démarche scientifique peut passer du doute à la formulation d’une hypothèse, puis à l’expérimentation.
Doute → hypothèse → expérimentation
★ À maîtriser
📌 Le doute rationnel demande des raisons et compare les hypothèses, tandis que le doute systématique invente toujours une nouvelle hypothèse pour refuser toute preuve contraire. - René Descartes
Compléments
Une hypothèse simplement imaginable n’est pas nécessairement probable et ne suffit pas à justifier qu’on y croie.
Faire taire une opinion parce qu’on la juge fausse suppose que l’on soit certain de ne pas se tromper. - John Stuart Mill, De la liberté
Hannah Arendt et George Orwell ont analysé la vulnérabilité des vérités historiques et factuelles face à la propagande qui leur substitue des contrevérités.
Les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune ont lieu en 1969.
Douter rationnellement compare les preuves ; douter systématiquement les esquive
★ À maîtriser
Dans De la liberté (1859), John Stuart Mill soutient que faire taire une opinion, même fausse, empêche la collision de la vérité avec l’erreur, par laquelle la connaissance peut naître. - On Liberty
Jason Stanley critique le « marché des idées » parce que la conversation peut aussi fermer des perspectives, susciter des craintes et renforcer des préjugés, plutôt que seulement échanger des raisons. - How fascism works (Comment fonctionne le fascisme), 2018
Selon Jason Stanley, RT et les sites conspirationnistes visent à saper la confiance dans les institutions démocratiques et déstabilisent la réalité partagée nécessaire à la contestation démocratique. - How fascism works (Comment fonctionne le fascisme), 2018
📌 Selon Jason Stanley, les médias responsables d’une démocratie libérale doivent donner voix à la vérité et résister à la diffusion d’une théorie extravagante au seul motif que quelqu’un l’a avancée. - How fascism works (Comment fonctionne le fascisme), 2018
Compléments
La métaphore du « marché des idées » suppose que les opinions s’affrontent par l’échange de raisons et que le débat élimine les préjugés pour faire émerger la vérité.
Dans une société divisée, un politicien démagogique peut exploiter les divisions en semant la peur, en renforçant les préjugés et en appelant à la vengeance contre des groupes présentés comme haïssables. - Jason Stanley, How fascism works (Comment fonctionne le fascisme), 2018
📌 Un désaccord politique productif porte sur les coûts et les avantages d’une politique, tandis qu’un soupçon infondé sur les intentions cachées d’un dirigeant déplace la discussion vers une supposée conspiration antidémocratique. - Jason Stanley, How fascism works (Comment fonctionne le fascisme), 2018
La cacophonie propagandiste → la réalité partagée se déstabilise.
★ À maîtriser
Dans De la liberté (1859), John Stuart Mill affirme qu’une majorité ne serait pas plus justifiée à imposer le silence à une personne dissidente que cette personne ne le serait à réduire l’humanité au silence.
Dans Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ? (1786), Emmanuel Kant soutient que la communication publique des pensées contribue à la liberté de penser, car nous pensons en échangeant nos idées avec autrui.
Dans « Vérité et Politique », Hannah Arendt souligne que les faits importants résistent à la discussion et que seuls des mensonges purs et simples peuvent les ébranler.
Compléments
Le 30 novembre 2016, Scottie Nell Hughes affirme sur NPR que les faits ne sont pas vraiment des faits, car chacun peut les interpréter comme vrais ou non.
Dans 1984 (1949), George Orwell présente comme liberté fondamentale celle de pouvoir dire que deux et deux font quatre.
Orwell : dire le vrai ; Arendt : les faits résistent au débat.
Teste tes connaissances sur Galilée et les obstacles à la vérité avec 44 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Deux guides conduisent un groupe au même lieu : le premier connaît le trajet et peut l’expliquer, tandis que le second a seulement une opinion juste sur le chemin. Quelle différence demeure entre eux ?
2. Dans le vocabulaire philosophique étudié, quel terme désigne la science ou la connaissance ?
Mémorisez les concepts clés de Galilée et les obstacles à la vérité avec 89 flashcards interactives.
Que sait le guide qui connaît le chemin, contrairement au guide qui en a seulement une opinion ?
Il connaît le chemin.
Selon Platon, quelle contrainte physique limite les prisonniers de la caverne ?
Ils restent enchaînés depuis l’enfance, incapables de bouger ou de tourner la tête.
Selon Platon, comment les ombres apparaissent-elles sur la paroi de la caverne ?
Un feu éclaire des objets transportés derrière un petit mur.
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