Fiche de révision : Héritages et agricultures des DROM

Plan du Cours

  1. Projets coloniaux et spécialisations
  2. Plantation et héritages sociaux
  3. Recul et contrastes agricoles
  4. Cultures et contraintes des milieux

1. Projets coloniaux et spécialisations

Notions clés & Définitions

  • Exclusif colonial : Monopole de la métropole sur les échanges avec sa colonie, qui encourage la monoculture sucrière aux Antilles.

★ À maîtriser

  • Le projet colonial français, développé dès le XVIIᵉ siècle et surtout au XVIIIᵉ siècle, vise à produire dans les terres tropicales des denrées agricoles complémentaires de celles de la métropole située en zone tempérée.

  • Les Antilles françaises, possessions depuis le XVIIᵉ siècle rattachées directement à la couronne en 1674, se spécialisent rapidement dans la canne à sucre, qui représente alors 85 % des exportations.

📌 La Réunion, française depuis 1642, est d’abord une escale sur la route des Indes destinée au ravitaillement des navires à l’île de France, puis devient une colonie de peuplement où les cultures vivrières côtoient des cultures d’exportation comme le café, sans grand succès initial.

Compléments

  • La perte de l’île de France en 1814 et de Saint-Domingue en 1804, alors que les besoins en sucre sont importants, conduit à réorienter le projet colonial réunionnais vers la canne à sucre, avec davantage de succès.

  • Au XIXᵉ siècle, la Guyane sert aussi à expulser des populations jugées indésirables, un projet également à l’origine du peuplement de la Nouvelle-Calédonie.

  • Saint-Pierre-et-Miquelon, découvert en 1520 par João Álvares Fagundes, est un centre stratégique de pêche à la morue du XVIIIᵉ au XIXᵉ siècle et le seul DOM-TOM habité hors de la zone intertropicale. - G. Cartier

Astuce mémo

Antilles sucrières, Réunion d’abord escale de ravitaillement

2. Plantation et héritages sociaux

Notions clés & Définitions

  • Békés : Familles martiniquaises de phénotype blanc descendant des premiers colons français.

★ À maîtriser

  • La canne coupée perd rapidement de sa teneur en sucre avec la fraîcheur, ce qui impose de la transformer rapidement en sucre ou en mélasse.

  • La culture de la canne nécessite de grandes exploitations latifundiaires, une main-d’œuvre abondante et servile ainsi que des capitaux métropolitains pour financer les moulins hydrauliques puis à vapeur.

  • Les esclaves importés viennent :

    • d’Afrique de l’Ouest aux Antilles
    • d’Afrique de l’Ouest à La Réunion
    • du Mozambique à La Réunion
    • de Madagascar à La Réunion

Compléments

📌 La structure foncière des îles tropicales françaises associe de grandes exploitations agro-manufacturières à des lopins consacrés aux cultures vivrières.

  • La Martinique et la Guadeloupe, spécialisées tôt dans la canne, importent massivement des esclaves sous la domination d’une minorité de grands propriétaires terriens blancs.

  • À La Réunion, le développement de la canne après 1815 entraîne la concentration foncière et l’éviction de petits propriétaires blancs, qui s’installent dans les Hauts moins propices à la canne.

  • Après l’abolition de l’esclavage, les grands propriétaires réunionnais recourent à une main-d’œuvre indienne appelée « coolies », ce qui diversifie les origines ethniques de la population.

Astuce mémo

Canne périssable → grandes exploitations, capitaux et main-d’œuvre abondante

3. Recul et contrastes agricoles

★ À maîtriser

  • En 2016, la surface agricole utilisée représente 30 % du territoire en Guadeloupe, en Martinique et à Mayotte, 20 % à La Réunion et à Mayotte, et 0,4 % en Guyane, dont 96 % du territoire est couvert de forêt.

  • En Martinique, sur 22 000 ha de surface agricole utile, la banane occupe 5 000 ha et produit 135 000 tonnes, dont 132 000 tonnes sont exportées vers l’Hexagone.

  • L’agriculture des DROM demeure orientée vers des produits tropicaux spécifiques, exportés vers la métropole, même si elle est en recul.

Compléments

  • En Martinique, l’agriculture compte 2 600 exploitations, dont 56 % de micro-exploitations et 31 % de petites exploitations, sur une île de 1 100 km².

  • En Martinique, la canne à sucre occupe 6 000 ha et produit 204 000 tonnes.

  • En Martinique, les cultures maraîchères occupent 3 000 ha et produisent 15 500 tonnes de légumes et de fruits.

4. Cultures et contraintes des milieux

★ À maîtriser

  • À La Réunion, la canne est cultivée sur la côte au vent du rivage jusqu’à 500 m d’altitude et sur la côte sous le vent entre 200 et 800 m.

  • Les exigences climatiques excluent la canne : des zones sous le vent recevant moins de 1 m de précipitations, des zones au vent trop humides au-delà de 500 m, des régions d’altitude supérieure à 1 200 m où apparaît le gel

Compléments

  • Au-dessus de la zone de culture de la canne, la côte au vent laisse place à la forêt ombrophile.

  • Les zones trop élevées pour la canne sont consacrées :

    • aux cultures florales
    • aux cultures vivrières
    • à l’élevage

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Héritages et agricultures des DROM avec 7 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une sucrerie doit organiser la coupe et la transformation de la canne :

2. Concernant la main-d’œuvre et les groupes sociaux liés aux plantations :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Héritages et agricultures des DROM avec 29 flashcards interactives.

Quel est l’objectif agricole du projet colonial français dans les terres tropicales ?

Produire des denrées agricoles complémentaires de celles de la métropole tempérée.

À quelle culture les Antilles françaises se spécialisent-elles rapidement ?

À la canne à sucre, qui représente alors 85 % des exportations.

À quoi sert d’abord La Réunion sur la route des Indes ?

À ravitailler les navires à l’île de France.

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