Fiche de révision : Histoire du théâtre et ses évolutions

Plan du Cours

  1. Diderot et l’invention du drame
  2. Lessing et la dramaturgie de Hambourg
  3. Tableau, pantomime et réel
  4. Théâtre révolutionnaire et actualité politique
  5. Talma et le costume historique
  6. Origines du drame romantique
  7. Vaudeville et mélodrame
  8. Mise en scène naturaliste et théâtre d’art
  9. Jouvet, Craig et Artaud
  10. Brecht et le théâtre épique

1. Diderot et l’invention du drame

Notions clés & Définitions

  • Drame : Genre théâtral nouveau, durable, qui ouvre vers le drame bourgeois, romantique, historique et moderne.
  • Entretiens sur le fils naturel : Texte de 1757 organisé en dialogue où Diderot imagine une représentation familiale observée par un narrateur caché.
  • Discours sur la poésie dramatique : Texte de 1758 où Diderot défend le théâtre et critique la dramaturgie classique française.
  • Quatrième mur : Principe scénographique où l’espace de jeu devient une boîte fermée dont un mur est rendu transparent au regard du spectateur.
  • Dramaturgie classique française : Modèle théâtral traditionnel contre lequel Diderot construit une pensée moderne de la scène.

Points essentiels

  • Depuis l’Antiquité, le théâtre ne comptait essentiellement que deux genres, la tragédie et la comédie, avant l’apparition du drame comme genre durable.
  • En 1757 et 1758, Diderot ne rédige pas encore des drames, mais appelle à la création du drame dans ses Entretiens sur le fils naturel et son Discours sur la poésie dramatique.
  • Dans les Entretiens sur le fils naturel, la représentation fictive est jouée par une famille sur ses propres événements réels, tandis que le narrateur assiste caché, sans que les acteurs-non-acteurs sachent qu’il est là.
  • Le Discours sur la poésie dramatique propose une défense du théâtre contre une condamnation de Rousseau la même année, à partir d’un commentaire lié à la pièce du père de famille.
  • La théorie du quatrième mur sert à la fois l’auteur et le comédien comme consigne de jeu, en cherchant qu’ils oublient le spectateur.

Astuce mémo

Diderot lance le drame en 1757-1758 : regard caché du narrateur (fils naturel) puis défense du théâtre (poésie dramatique).

2. Lessing et la dramaturgie de Hambourg

Notions clés & Définitions

  • Dramaturgie de Hambourg : Suite de livraisons rédigées par Lessing à partir de ses observations des représentations du théâtre national de Hambourg.
  • Théâtre national de Hambourg : Projet de théâtre fondé en 1767 en Allemagne, destiné à servir de modèle durable par son répertoire et son travail sur le jeu des acteurs.
  • Dramaturge : Rôle artistique chargé de faire le lien entre la scène et la salle, dont Lessing revendique un sens moderne lorsqu’il collabore au théâtre.
  • Journal de dramaturgie : Texte divisé en soirées où Lessing consigne ce qu’il observe pendant les représentations vues au théâtre national de Hambourg.

Points essentiels

  • La dramaturgie de Hambourg (1767-1768) prolonge et approfondit la critique formulée par Diderot dans ses textes théoriques de 1757 et 1758.
  • Lessing contribue comme dramaturge au théâtre national de Hambourg en tant que collaborateur artistique pour relier la scène et la salle.
  • Le journal de dramaturgie est composé d’environ 104 livraisons, produit à partir des représentations réellement observées par Lessing.
  • Lessing n’a pas commenté toutes les représentations vues et le rythme prévu a été abandonné au fil de l’avancement du théâtre, ce qui explique les retards.

Astuce mémo

Hambourg = un journal de bord de scène : Lessing observe, puis commente en livraisons.

3. Tableau, pantomime et réel

Notions clés & Définitions

  • Tableau : Le tableau est une disposition des personnages sur scène, conçue pour être si naturelle et vraie qu’elle pourrait plaire sur une toile.
  • Coup de théâtre : Le coup de théâtre est un incident imprévu qui survient pendant l’action et modifie brusquement la situation des personnages.
  • Pantomime : La pantomime est une forme qui prolonge l’idée d’un théâtre fondé sur le geste plutôt que sur les discours du comédien.
  • Jeu réel du comédien : Le jeu réel du comédien désigne une performance observée comme effective, appuyée sur la sensibilité et sur l’expression corporelle plutôt que sur la seule déclamation.

Points essentiels

  • Avant le XVIIIe siècle, la vraisemblance sert surtout de critère de cohérence interne par enchaînement logique des événements.
  • La structure du tableau s’oppose à l’action dramatique en interrompant l’enchaînement des gestes et des événements.
  • Pour Diderot, le coup de théâtre finit par ne plus plaire aux spectateurs, donc il faut changer de dispositif scénique.
  • Diderot défend une scène qui donne au spectateur l’illusion que les événements s’enchaînent comme d’eux-mêmes, pas comme agencés par un auteur.
  • La démarche de Diderot passe de la parole à la gestuelle, d’abord associée à la manière de jouer puis prolongée dans les réflexions sur la pantomime.

Astuce mémo

Tableau = “statique mais vrai” : on fige l’action pour que la scène ressemble à une toile, et on évite les coups de théâtre.

4. Théâtre révolutionnaire et actualité politique

Notions clés & Définitions

  • Décret du 24 décembre 1789 : Le décret du 24 décembre 1789 encadre juridiquement l’accès des comédiens à la citoyenneté pour les rendre égaux aux autres citoyens.
  • Loi du 13 janvier 1791 : La loi du 13 janvier 1791 met fin au monopole de la Comédie-Française en ouvrant la possibilité d’ouvrir des théâtres selon des catégories de genres.
  • Décret du 2 août 1793 : Le décret du 2 août 1793 organise la surveillance des spectacles en imposant une censure des pièces, soit intégrale, soit par modification de répliques.
  • Arrêté du 10 mars 1794 : L’arrêté du 10 mars 1794 instaure un contrôle du public en subordonnant l’accès à une autorisation.
  • Théâtre d’actualité : Le théâtre d’actualité réutilise des événements récents pour obtenir l’adhésion du public et fabriquer une forme d’unanimité révolutionnaire autour de la représentation.

Points essentiels

  • La DDHC sert de cadre général et, avec le décret du 24 décembre 1789, assure l’égalité juridique des comédiens aux autres citoyens.
  • La loi du 13 janvier 1791 (le Chapelier) abolit le monopole de la Comédie-Française et permet à chaque citoyen d’ouvrir un théâtre, favorisant la création de nombreux établissements à Paris.
  • Le décret du 2 août 1793 rétablit une censure des pièces dans leur intégralité ou en modifiant certaines répliques.
  • L’arrêté du 10 mars 1794 transforme le contrôle en imposant une autorisation pour accéder au théâtre de la nation, ce qui agit comme une censure du public.
  • Des spectacles servent à légitimer la nouvelle République et à fédérer le public, par exemple autour de la Prise de la Bastille où le public finit par participer.
  • Autour du 9 thermidor révolutionnaire, le théâtre contribue à la terreur en mettant en scène Robespierre de façon caricaturale et en justifiant son arrestation.

Astuce mémo

1793-1794 : 2/8 censure des pièces, 10/3 autorisation du public.

5. Talma et le costume historique

Notions clés & Définitions

  • François-Joseph Talma : Acteur français (1763-1826) dont le jeu et les choix de mise en scène marquent la transition de la Révolution à l’Empire.
  • Révolution du costume : Choix théâtral visant à transformer la représentation des personnages historiques par des costumes plus proches des modèles antiques.
  • Souci de véracité historique : Attitude de Talma qui privilégie une fidélité visuelle aux époques représentées, même quand elle déstabilise les habitudes scéniques.
  • Toge romaine (Brutus) : Costume adopté par Talma en 1790 pour Brutus, qui le distingue car les autres acteurs restent dans des tenues de cour du XVIIIe siècle.
  • Les licteurs rapportant à Brutus : Tableau de Jacques-Louis David (1789) présenté comme source visuelle à l’origine de l’idée de Talma pour ses costumes.

Points essentiels

  • En 1790, dans le Brutus de Voltaire, Talma apparaît en toge romaine tandis que les autres acteurs portent des costumes de cour du XVIIIe siècle.
  • Ce choix, fondé sur une véracité historique, scandalise mais convainc fortement le public, et Talma conserve ensuite ce style tout au long de sa carrière.
  • En 1825, Talma rédige une préface aux mémoires de Lekain, réflexion sur Lekain et sur l’art théâtral.
  • Talma est aussi remarqué par la gestuelle et par des expressions faciales et des regards jugés particulièrement séduisants par les témoignages.
  • Devenu tragédien officiel de l’Empire, il se signale notamment dans des tragédies de Corneille, avec un exemple cité : Sina.

Astuce mémo

TALMA fait scandale avec sa TOGE : en 1790 (Brutus), il choisit l’Antique plutôt que la mode du XVIIIe.

6. Origines du drame romantique

Notions clés & Définitions

  • Kean ou désordre de génie : Un drame romantique d’Alexandre Dumas qui sert d’exemple de la rupture romantique avec les formes établies.
  • Mode shakespearo-française : Une tendance du XIXe siècle en France qui valorise Shakespeare et réactive son esprit dans des formes théâtrales nouvelles et hybrides.
  • Vision romantique de Guizot : Une idée formulée par François Guizot selon laquelle le renouveau du théâtre doit répondre aux transformations politiques et sociales du moment.
  • Préface de Cromwell : Un texte de Victor Hugo qui fonde théoriquement le drame romantique en justifiant une esthétique liée au présent et à l’histoire utilisée comme miroir politique.

Points essentiels

  • Guizot défend un théâtre renouvelé, adapté aux « conditions du moment », pour sortir de la tragédie classique française et suivre un chemin inspiré du génie shakespearien.
  • Stendhal (Racine et Shakespeare) soutient l’abandon des trois unités et plaide pour un théâtre en prose, sans réduire Shakespeare à l’imitation.
  • Dans la préface de Cromwell, Hugo choisit un épisode historique anglais marginal pour évoquer indirectement la révolution française via l’exécution de Charles Ier et des correspondances possibles avec Napoléon et Robespierre.
  • Hugo présente un drame où grotesque et sublime ne s’opposent pas par simple alternance, mais se combinent dans la définition d’un même personnage, comme Cromwell.
  • La dramaturgie romantique s’appuie aussi sur une idée de miroir de la représentation réaliste, avec une « forme optique » liée à l’écriture en vers romantique sans hémistiche.

7. Vaudeville et mélodrame

Notions clés & Définitions

  • Vaudeville : Genre théâtral populaire fondé sur une comédie d’intrigue aux enjeux limités et, à l’origine, interrompue par des couplets chantés.
  • Eugène Scribe : Auteur associé à la domination du vaudeville au début du XIXe siècle, notamment par l’enchaînement de quiproquos.
  • Mélodrame : Genre né à l’aube de la Révolution française, construit avec des personnages types opposés et une vision manichéenne du monde.
  • Mélodrame classique : Forme de mélodrame marquée par le conformisme impérial, illustrée par des pièces de René-Charles Gilbert.
  • Boulevard du Temple : Zone de théâtres où se multiplient les petites salles, surnommée « boulevard du crime » à cause de cette concentration.

Points essentiels

  • Le vaudeville naît comme comédie à l’intrigue très mince avec des couplets chantés intercalés, puis il évolue vers une comédie d’intrigue sans prétentions psychologiques ou morales.
  • Le théâtre consacré au vaudeville est créé en 1792 et Eugène Scribe domine le genre à partir de 1815.
  • En 1860, les couplets chantés disparaissent du vaudeville.
  • Scribe complexifie le vaudeville par davantage de quiproquos, tandis qu’Eugène Labiche l’oriente vers la comédie de caractères et Georges Feydeau exploite surtout le comique de situation.
  • Le mélodrame naît au début de la Révolution française et propose une représentation manichéenne avec des gentils et des méchants distincts, en connaissant des phases dont le mélodrame classique puis le mélodrame romantique et le mélodrame social.

Astuce mémo

Vaudeville : « couplets au début, plus de couplets en 1860 » ; Mélodrame : « gentils contre méchants ».

8. Mise en scène naturaliste et théâtre d’art

Notions clés & Définitions

  • Metteur en scène : Métier qui émerge au XIXe siècle et devient un rôle de coordination de la création scénique, avec une initiative propre.
  • Théâtre naturaliste : Courant cherchant à faire entrer sur scène le monde réel, en visant un effet de nudité et de proximité avec le milieu.
  • Théâtre d’art : Forme opposée au théâtre commercial qui vise un théâtre à venir et privilégie une œuvre dirigée, avec des exigences de formation des acteurs.
  • Opposition théâtre commercial : Principe de différenciation entre un théâtre destiné au divertissement de masse et des formes qui cherchent la renouvellement artistique du spectacle.
  • Élargissement à la Révolution contemporaine : Objectif attribué au théâtre naturaliste de dépasser le simple réalisme et d’ouvrir la scène à la description de l’actualité révolutionnaire.

Points essentiels

  • La mise en scène devient un nouvel acteur de la création, ce qui crée une concurrence entre l’auteur et le metteur en scène sur la représentation du texte.
  • Dans le contexte de l’industrialisation du spectacle (grand public), transformer le théâtre passe aussi par la manière dont il est joué, pas seulement par l’écriture de nouvelles pièces.
  • Le théâtre d’art se définit d’abord par sa position contre le divertissement et par une exigence de formation de l’acteur.
  • En 1891, Paul Fort fonde le théâtre d’art en réaction au théâtre libre d’André Antoine et au naturalisme défendu par ce dernier.
  • À partir de 1893, le théâtre d’art devient celui de l’œuvre dirigée par Aurélien Lugné-Poe.

9. Jouvet, Craig et Artaud

Notions clés & Définitions

  • L’accent de Jouvet : Doctrine de mise en scène selon laquelle Jouvet cherche à retrouver l’état d’esprit de l’auteur plutôt qu’à moderniser ou surprendre.
  • Idéal de modestie : Principe de retenue de Jouvet envers le texte, qu’il monte notamment à partir d’auteurs classiques comme Molière.
  • Théâtre et littérature dramatique : Position de Craig affirmant que l’art théâtral ne se réduit pas à la littérature dramatique et qu’il ne naît pas du texte seul.
  • Théâtre Alfred Jarry : Projet attribué au cas d’Artaud selon lequel le théâtre est créé pour se servir de lui-même, et non pour servir une littérature dramatique.

Points essentiels

  • Jouvet dirige une mise en scène de Lés Fourberies de Scapin en reprenant le relief primitif de Molière sans chercher l’excentricité ni la nouveauté.
  • Jouvet revendique une collaboration avec Jean Giraudoux, dont il monte de nombreuses pièces.
  • Craig défend que l’art théâtral repose sur plusieurs composantes dont le texte n’est pas la source fondatrice.
  • Craig imagine un théâtre de l’avenir qui ferait l’économie du texte, tout en ayant monté Hamlet de Shakespeare.
  • Le théâtre Alfred Jarry, selon le passage cité, est créé pour se servir du théâtre plutôt que pour le servir.

Astuce mémo

Jouvet = retrouver l’esprit de l’auteur ; Craig (et Artaud) = couper le lien dominant avec la littérature dramatique.

10. Brecht et le théâtre épique

Notions clés & Définitions

  • Théâtre épique : Forme de théâtre que Brecht oppose au théâtre dramatique, en privilégiant la narration et le déroulement plutôt que l’attente du dénouement.
  • Dramaturgie non aristotélicienne : Ensemble de textes théoriques de Brecht qui rassemblent une conception de théâtre conçue contre la poétique d’Aristote.
  • Distanciation : Procédé visant à empêcher l’identification du spectateur au personnage, afin de lui laisser la place pour juger et réfléchir.
  • Théâtre en tableaux : Organisation des pièces de Brecht en tableaux, permettant des ruptures temporelles et spatiales entre les séquences.

Points essentiels

  • Brecht oppose son théâtre épique à la poétique d’Aristote et vise à remplacer la dramaturgie occidentale fondée sur une logique dramatique.
  • Il définit deux modes de représentation opposés : l’action liée au théâtre et la narration liée à l’épopée et au roman avec un narrateur qui délègue la parole aux personnages.
  • Dans le théâtre épique, les repères narratifs existent (titres au début des tableaux et chansons) mais la pièce n’est pas seulement un théâtre narratif.
  • Les pièces sont découpées en tableaux plutôt qu’en scènes, ce qui permet des ruptures temporelles et spatiales entre chaque séquence.
  • La distanciation libère le spectateur de l’identification au personnage pour activer son esprit critique.
  • Brecht remplace la résolution du conflit par la mise en évidence des contradictions, qu’il laisse ouvertes au lieu de les fermer.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1757Entretiens sur le « fils naturel »
1758Discours sur la poésie dramatique
1767création du Théâtre National de Hambourg (projet en Allemagne)
1767-1768Dramaturgie de Hambourg (période d’élaboration)
1759suppression des banquettes latérales pour spectateurs de marque
1743Riccoboni imagine un vaste plateau débarrassé des spectateurs
1789début de la Révolution au théâtre (DDHC et contexte de réforme culturelle)
24 décembre 1789décret encadrant juridiquement l’accès des comédiens à la citoyenneté
13 janvier 1791loi abolissant le monopole de la Comédie-Française (liberté d’ouvrir des théâtres)
2 août 1793décret sur la surveillance des spectacles (censure des pièces)

Tableaux de synthèse

Diderot : poétique et dispositif de la scène

NotionDiderotEffet recherché
Quatrième murespace transformé en « boîte fermée » avec un mur rendu transparent au regard du spectateurfaire oublier le spectateur ; outil dramaturgique et consigne de jeu
Coup de théâtreincident imprévu qui modifie brusquement l’état des personnagesne plus plaire : raison de changer de dispositif
Tableaudisposition des personnages si naturelle et vraie qu’elle plairait sur une toileinterrompre l’enchaînement des actions ; emprunt à une autre forme artistique
Jeurupture avec une conception centrée sur la déclamation ; valorisation du gesteréalité perçue par la scène et continuité vers pantomime/gestuelle

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre le quatrième mur (outil dramaturgique et consigne de jeu) avec une simple « séparation » scène/salle sans transparence.
  2. Croire que Diderot écrit déjà des drames en 1757-1758 alors qu’il appelle seulement à créer le drame dans ses Entretiens et son Discours.
  3. Interpréter le narrateur caché des Entretiens sur le « fils naturel » comme une présence jouée par des acteurs, alors qu’il n’est pas reconnu par la famille.
  4. Méconnaître que la dramaturgie de Hambourg s’appuie sur des représentations réellement observées, et non sur une réflexion théorique seule.
  5. Réduire le tableau à un arrêt « décoratif » sans comprendre qu’il s’oppose à la forme dramatique fondée sur l’action (enchaînement).
  6. Confondre les dates de la censure révolutionnaire : 2 août 1793 vise les pièces, 10 mars 1794 contrôle le public par autorisation.
  7. Penser que Talma choisit ses costumes pour la simple nouveauté : le cours insiste sur le souci de véracité historique et son effet de scandale/adhésion.

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi le drame est présenté comme un genre nouveau, durable, différencié de la tragédie et de la comédie depuis l’Antiquité.
  2. Citer et distinguer ce que Diderot fait en 1757 (Entretiens sur le « fils naturel ») et en 1758 (Discours sur la poésie dramatique) vis-à-vis de la dramaturgie classique française.
  3. Décrire la fiction des Entretiens (famille jouant ses propres rôles, narrateur caché, père mort joué par un acteur) et l’effet de contagion émotionnelle.
  4. Définir et mobiliser le quatrième mur : boîte fermée, mur transparent au regard du spectateur, et double fonction auteur/comédien pour oublier le spectateur.
  5. Rappeler le rôle de la dramaturgie de Hambourg (1767-1768) : observation de représentations réelles, journal en livraisons, lien moderne entre scène et salle.
  6. Expliquer l’évolution du jugement du réel : au-delà de la vraisemblance, ouverture à un réel extérieur (logique de la vraisemblance maintenue, mais dispositif renouvelé).
  7. Définir coup de théâtre et tableau à partir de la citation/description de Diderot, et montrer en quoi le tableau interrompt l’action.
  8. Donner les principales étapes révolutionnaires liées au théâtre et à la réception : DDHC via décret du 24 décembre 1789, loi du 13 janvier 1791 (fin du monopole), puis censure des pièces (2 août 1793) et contrôle du public (10 mars 1794).
  9. Présenter l’idée de théâtre d’actualité et au moins un exemple de mécanisme de mobilisation du public (émotion, participation, unanimité révolutionnaire).
  10. Expliquer la « révolution du costume » de Talma : Brutus en toge romaine (1790), véracité historique, scandale/adhésion, puis continuité de son style.
  11. Résumer l’argumentation du drame romantique dans la préface de Cromwell : impossibilité d’évoquer directement 1789, choix d’un épisode marginal, articulation grotesque/sublime et idée de miroir.
  12. Décrire la transition du XIXe siècle au théâtre moderne via la mise en scène : contexte du grand public, transformation des conditions de réception, et naissance du metteur en scène autour de 1887.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire du théâtre et ses évolutions avec 20 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pourquoi Diderot juge-t-il nécessaire de modifier le dispositif scénique plutôt que de conserver le coup de théâtre ?

2. Quelle innovation théâtrale Diderot cherche-t-il à faire advenir dans ses textes de 1757-1758 ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire du théâtre et ses évolutions avec 20 flashcards interactives.

Diderot — invention du drame ?

Genre théâtral nouveau, durable, ouvrant vers le romantique.

Entretiens sur le fils naturel — date ?

1757.

Discours sur la poésie dramatique — rôle ?

Défendre le théâtre et critiquer la dramaturgie classique.

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