QCM : Histoire et méthodes de la philosophie (25 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que signifie le terme grec « philosophia » ?

La maîtrise du savoir, associant « sophia » et « technè »
La recherche de la nature, associant « physis » et « logos »
L’amour de la sagesse, associant « philia » et « sophia »
La parole sur les dieux, associant « mythos » et « logos »

L’amour de la sagesse, associant « philia » et « sophia »

Explication

Le terme associe « philia », l’amour, et « sophia », la sagesse. La recherche de la nature est une idée liée à la philosophie grecque, mais ne correspond pas à l’étymologie de « philosophia ».

2. Quelle différence caractérise les explications philosophiques de l’origine du monde par rapport aux explications mythiques à leurs débuts ?

Elles attribuent l’origine du monde à des forces surnaturelles plutôt qu’à la raison.
Elles s’appuient sur la raison plutôt que sur des forces surnaturelles.
Elles s’appuient sur des récits divins plutôt que sur des observations naturelles.
Elles décrivent les coutumes humaines plutôt que l’origine du cosmos.

Elles s’appuient sur la raison plutôt que sur des forces surnaturelles.

Explication

À ses débuts, la philosophie substitue aux explications religieuses et mythiques des réponses fondées sur la raison. L’invocation de forces surnaturelles caractérise plutôt l’explication mythique.

3. Où et quand apparaissent les premiers signes de la pensée philosophique grecque associés à Thalès, Anaximandre et Anaximène ?

À Milet, au IVe siècle av. J.-C., avec des recherches sur les formes politiques.
À Athènes, au début du VIe siècle av. J.-C., avec des recherches sur les forces surnaturelles.
À Milet, au début du VIe siècle av. J.-C., avec des recherches sur les forces naturelles.
À Athènes, au IVe siècle av. J.-C., avec des débats sur les lois de la cité.

À Milet, au début du VIe siècle av. J.-C., avec des recherches sur les forces naturelles.

Explication

Les premiers signes apparaissent à Milet au début du VIe siècle av. J.-C., où ces penseurs rapportent le cosmos à des forces naturelles comme l’eau et l’air. Athènes et le IVe siècle correspondent plutôt à l’épanouissement accompli de la philosophie.

4. Dans quel cadre la philosophie grecque atteint-elle une forme accomplie avec Socrate, Platon et Aristote ?

À Athènes, au début du VIe siècle av. J.-C.
À Milet, au début du VIe siècle av. J.-C.
À Athènes, au IVe siècle av. J.-C.
Dans les cités grecques, au VIIIe siècle av. J.-C.

À Athènes, au IVe siècle av. J.-C.

Explication

La philosophie atteint une forme accomplie à Athènes au IVe siècle av. J.-C., avec Socrate, Platon et Aristote. Milet au début du VIe siècle est associé aux premiers signes de la pensée philosophique, et non à cette forme accomplie.

5. Quel effet la publicité des savoirs et le débat libre ont-ils sur les doctrines philosophiques ?

Ils les soustraient à la discussion, puis les transforment en prescriptions politiques.
Ils les protègent de la critique, puis favorisent leur transmission sous forme de récits mythiques.
Ils les réduisent à des opinions privées, puis découragent leur formulation par des arguments.
Ils les exposent à la critique, puis favorisent leur formulation argumentative et démonstrative.

Ils les exposent à la critique, puis favorisent leur formulation argumentative et démonstrative.

Explication

La publicité des savoirs et le débat permettent de critiquer et de discuter les doctrines, qui prennent alors une forme argumentative et démonstrative. Les doctrines ne sont donc pas protégées de la critique : leur exposition publique la rend possible.

6. Comment Al-Kindi définit-il la philosophie ?

Comme l’étude des vérités divines indépendamment des capacités humaines.
Comme l’examen des êtres visant à connaître leur créateur.
Comme la démonstration des actions prescrites par la religion.
Comme la connaissance des vérités des choses selon la capacité humaine.

Comme la connaissance des vérités des choses selon la capacité humaine.

Explication

Pour Al-Kindi, la philosophie connaît les vérités des choses dans la mesure permise par la capacité humaine. La démonstration des actions religieuses renvoie à la conception d’Al-Farabi.

7. Quel est l’objet de la philosophie première, ou métaphysique ?

Démontrer les actions prescrites par la religion vraie.
Connaître la vérité première, Dieu, cause des autres vérités.
Examiner les êtres connus pour décrire leurs propriétés sensibles.
Étudier les conséquences produites par les vérités dérivées.

Connaître la vérité première, Dieu, cause des autres vérités.

Explication

La philosophie première cherche à connaître Dieu comme vérité première et cause des autres vérités. L’étude du causé porte sur les conséquences, et non sur la cause première elle-même.

8. Comment Al-Farabi explique-t-il la proximité entre la religion vraie et la philosophie ?

La philosophie démontre les actions prescrites par la religion et les idées qu’elle contient.
La philosophie étudie les conséquences de la religion sans examiner ses actions ni ses idées.
La religion démontre les vérités philosophiques et la philosophie transmet ses prescriptions pratiques.
La philosophie remplace les actions religieuses par des règles politiques et des récits symboliques.

La philosophie démontre les actions prescrites par la religion et les idées qu’elle contient.

Explication

Pour Al-Farabi, la partie pratique de la philosophie démontre les actions prescrites par la religion, tandis que la partie théorique démontre les idées qu’elle contient. La conception inverse les rôles en faisant de la religion la source des démonstrations philosophiques.

9. Quelle démarche définit la philosophie pour Ibn Rushd ?

Examiner rationnellement les êtres et inférer l’inconnu du connu par démonstration afin de connaître leur créateur.
Déduire les êtres connus à partir de l’inconnu en s’appuyant sur des prescriptions religieuses.
Connaître les vérités des choses dans les limites de la capacité humaine, sans examiner leur créateur.
Étudier la cause première comme une vérité distincte de Dieu et des êtres connus.

Examiner rationnellement les êtres et inférer l’inconnu du connu par démonstration afin de connaître leur créateur.

Explication

Pour Ibn Rushd, philosopher consiste à examiner rationnellement les êtres afin de connaître leur créateur, en inférant l’inconnu à partir du connu par démonstration. La définition centrée sur les vérités accessibles à la capacité humaine est celle d’Al-Kindi.

10. Comment la méthode rationnelle de Descartes conduit-elle à la connaissance des objets complexes ?

Elle commence par les objets complexes, puis en déduit des notions simples.
Elle juxtapose des observations sans les organiser en étapes successives.
Elle privilégie les idées reçues avant d’examiner les objets difficiles.
Elle part de notions simples et ordonnées, puis progresse vers les objets complexes.

Elle part de notions simples et ordonnées, puis progresse vers les objets complexes.

Explication

Descartes propose de progresser des notions simples et ordonnées vers la connaissance de ce qui est complexe. Commencer par les objets difficiles inverse cette démarche méthodique.

11. Dans la conception de Kant, comment la connaissance se forme-t-elle ?

Elle résulte de l’expérience seule, qui fournit à la raison des règles entièrement indépendantes.
Elle découle de la raison seule, sans intervention de l’expérience dans la formation des connaissances.
Elle résulte de l’action conjointe de la raison et de l’expérience, la raison interrogeant celle-ci selon ses propres lois.
Elle naît d’une accumulation d’observations, sans que la raison les examine selon ses propres lois.

Elle résulte de l’action conjointe de la raison et de l’expérience, la raison interrogeant celle-ci selon ses propres lois.

Explication

Pour Kant, raison et expérience contribuent ensemble à la connaissance, et la raison examine l’expérience selon ses lois. L’expérience seule ne suffit donc pas à rendre compte de cette conception.

12. Dans la dialectique de Hegel, que devient la synthèse issue de la confrontation d’une thèse et de son antithèse ?

Elle met fin au processus en supprimant toute possibilité de nouvelle opposition.
Elle devient à son tour une thèse susceptible d’entrer dans une nouvelle confrontation.
Elle se substitue à la thèse initiale sans pouvoir susciter une nouvelle étape.
Elle revient à l’antithèse initiale, qui reprend alors la place de la thèse.

Elle devient à son tour une thèse susceptible d’entrer dans une nouvelle confrontation.

Explication

La synthèse hégélienne relance le mouvement dialectique en devenant une nouvelle thèse. Elle ne clôt donc pas le processus comme le ferait une résolution définitive.

13. Comment Edgar Morin décrit-il le progrès de la connaissance scientifique ?

La science reflète directement la réalité dans des théories stables, puis remplace l’expérimentation par la déduction.
La science traduit la réalité en théories révisables, accumule des faits par l’expérimentation et élimine des erreurs théoriques.
La science évite de formuler des théories, car les faits expérimentaux suffisent à représenter directement le réel.
La science traduit la réalité en théories définitives, accumule des erreurs expérimentales et confirme les modèles théoriques.

La science traduit la réalité en théories révisables, accumule des faits par l’expérimentation et élimine des erreurs théoriques.

Explication

Pour Morin, les théories scientifiques traduisent la réalité, demeurent changeantes et réfutables, et la science progresse par les faits expérimentaux et l’élimination des erreurs théoriques. L’idée d’un simple reflet direct de la réalité correspond à la confusion signalée.

14. Quels principes composent les quatre fondements de la pensée rationnelle dans la conception attribuée à Aristote ?

La non-contradiction, la vérification, le tiers exclu et la raison suffisante.
L’identité, la causalité, le tiers exclu et la raison suffisante.
L’identité, la non-contradiction, le tiers exclu et la raison suffisante.
L’identité, la non-contradiction, l’induction et la raison suffisante.

L’identité, la non-contradiction, le tiers exclu et la raison suffisante.

Explication

La conception présentée attribue à Aristote quatre principes : identité, non-contradiction, tiers exclu et raison suffisante. La causalité est une notion apparentée, mais elle ne remplace pas ici le principe de non-contradiction.

15. Deux propositions contradictoires sont examinées dans un raisonnement : que prescrit le principe de non-contradiction ?

Elles laissent nécessairement place à une troisième proposition vraie.
Elles doivent être fausses simultanément.
Elles ne peuvent pas être vraies simultanément.
Elles peuvent être vraies simultanément si elles portent sur des sujets proches.

Elles ne peuvent pas être vraies simultanément.

Explication

Le principe de non-contradiction interdit que deux propositions contradictoires soient vraies ensemble. L’existence d’une troisième possibilité relève plutôt du principe du tiers exclu, et non de cette règle.

16. Quelle différence distingue l’étonnement ordinaire de l’étonnement philosophique ?

La personne ordinaire interroge surtout les réalités familières, tandis que le philosophe s’étonne de l’inhabituel.
La personne ordinaire s’étonne surtout de l’inhabituel, tandis que le philosophe interroge des réalités familières.
La personne ordinaire s’étonne des phénomènes inhabituels, tandis que le philosophe se limite aux événements rares.
La personne ordinaire s’interroge sur sa propre existence, tandis que le philosophe se concentre sur les nouveautés.

La personne ordinaire s’étonne surtout de l’inhabituel, tandis que le philosophe interroge des réalités familières.

Explication

L’étonnement philosophique porte notamment sur des réalités familières, comme l’existence de soi et du monde, tandis que l’étonnement ordinaire vise surtout l’inhabituel. L’inversion de ces deux attitudes constitue la confusion principale.

17. Une personne veut appliquer la méthode du doute cartésien à ses jugements : quelle démarche convient-elle ?

Remettre en question les jugements préconçus et retenir les idées simples, évidentes et claires.
Remettre en question les idées claires et retenir les opinions reçues qui résistent à la discussion.
Accumuler les jugements d’autrui et retenir ceux qui sont confirmés par la majorité.
Conserver les jugements préconçus et retenir les idées qui semblent familières et convaincantes.

Remettre en question les jugements préconçus et retenir les idées simples, évidentes et claires.

Explication

Le doute cartésien conduit à examiner les jugements préconçus et à ne retenir que des idées simples, évidentes et claires. S’appuyer sur des opinions reçues et leur familiarité ne correspond pas à cette méthode.

18. Quelle conception de la philosophie Jaspers défend-il ?

Philosopher consiste à rechercher la vérité sur un chemin où chaque réponse ouvre une nouvelle question.
Philosopher consiste à accumuler des réponses jusqu’à ce que toute question puisse être écartée.
Philosopher consiste à suspendre la recherche de vérité au profit de convictions définitives.
Philosopher consiste à posséder la vérité et à clore l’enquête une fois les réponses établies.

Philosopher consiste à rechercher la vérité sur un chemin où chaque réponse ouvre une nouvelle question.

Explication

Pour Jaspers, la philosophie est une recherche plutôt qu’une possession de la vérité, et chaque réponse peut ouvrir une nouvelle question. La considérer comme un savoir définitivement acquis inverse cette conception.

19. Quelle différence distingue une question philosophique d’une question ordinaire ?

La question philosophique examine les fondements, tandis que la question ordinaire demande une information immédiate.
La question philosophique recherche une réponse mesurable, tandis que la question ordinaire compare des opinions.
La question philosophique décrit une expérience personnelle, tandis que la question ordinaire analyse une idée abstraite.
La question philosophique demande un renseignement pratique, tandis que la question ordinaire examine les fondements.

La question philosophique examine les fondements, tandis que la question ordinaire demande une information immédiate.

Explication

La question philosophique remonte aux fondements profonds d’un sujet, alors que la question ordinaire porte sur une information immédiate, comme un lieu. La recherche d’une réponse mesurable ne définit pas cette distinction.

20. Quel rôle Deleuze attribue-t-il au concept philosophique dans l’usage du langage ?

Il classe les informations disponibles et transforme le langage en outil de mesure.
Il fixe le sens courant des mots et ramène le langage abstrait à des usages familiers.
Il reproduit des définitions établies et préserve le langage des interprétations nouvelles.
Il exprime une conception propre et fait passer le langage du niveau ordinaire au niveau abstrait.

Il exprime une conception propre et fait passer le langage du niveau ordinaire au niveau abstrait.

Explication

Pour Deleuze, la philosophie crée des concepts afin d’exprimer une conception propre et d’élever le langage vers un niveau abstrait. Le concept ne sert pas à ramener l’abstraction aux usages familiers.

21. Lorsqu’on vérifie qu’une conclusion découle nécessairement de prémisses selon la forme d’un syllogisme, quelle démarche mobilise-t-on ?

La construction d’un système, qui organise des connaissances diverses selon une idée du tout.
La définition, qui précise le sens d’un terme en distinguant ses différents usages.
L’argumentation, qui examine l’adhésion de l’interlocuteur et l’enchaînement des propositions d’un texte.
La démonstration, qui vérifie le lien logique nécessaire entre les prémisses et la conclusion.

La démonstration, qui vérifie le lien logique nécessaire entre les prémisses et la conclusion.

Explication

La démonstration évalue la nécessité logique qui relie les prémisses à la conclusion et contrôle la forme du raisonnement. L’argumentation porte plutôt sur l’adhésion de l’interlocuteur et l’enchaînement des propositions dans un texte.

22. Dans l’analyse d’un texte, que cherche-t-on à évaluer lorsqu’on étudie l’adhésion de l’interlocuteur et l’enchaînement des propositions ?

Le système, qui ordonne des connaissances variées à partir d’une idée du tout.
L’argumentation, qui examine la réception des propositions et leur articulation dans le texte.
La démonstration, qui vérifie la nécessité logique entre les prémisses et la conclusion.
Le concept, qui transforme une conception particulière en expression abstraite.

L’argumentation, qui examine la réception des propositions et leur articulation dans le texte.

Explication

L’argumentation examine si une proposition est tenue pour vraie ou fausse par l’interlocuteur et analyse l’enchaînement des propositions. La démonstration se concentre plutôt sur la nécessité du lien logique entre prémisses et conclusion.

23. Selon Kant, qu’est-ce qui fait d’un ensemble de connaissances un système ?

Les connaissances sont rapprochées parce qu’elles portent sur un même sujet, sans organisation d’ensemble.
Les connaissances sont organisées selon une idée du tout qui détermine la place de chaque élément.
Les connaissances sont réunies selon leur utilité immédiate, sans que leur place soit déterminée.
Les connaissances sont présentées dans l’ordre où elles ont été découvertes, sans idée directrice commune.

Les connaissances sont organisées selon une idée du tout qui détermine la place de chaque élément.

Explication

Pour Kant, un système unit des connaissances diverses en les organisant selon une idée du tout, qui détermine la place de chaque élément. Un simple regroupement par sujet ne suffit pas à constituer cette organisation systématique.

24. Quelle orientation correspond aux valeurs humaines que la philosophie cherche à promouvoir ?

Favoriser l’uniformité des convictions et l’autorité d’un groupe sur les personnes.
Privilégier la compétition entre les différences et limiter les échanges entre groupes.
Protéger les droits de certains groupes tout en écartant ceux des personnes vulnérables.
Favoriser le dialogue, la tolérance et le respect des droits, tout en rejetant le fanatisme.

Favoriser le dialogue, la tolérance et le respect des droits, tout en rejetant le fanatisme.

Explication

La philosophie promeut le dialogue, la tolérance, la coexistence, la reconnaissance de la différence et le respect des droits, tout en rejetant le fanatisme. L’uniformité des convictions s’oppose à la reconnaissance des différences.

25. Une école souhaite traduire les valeurs humaines de la philosophie en pratiques quotidiennes. Quelle initiative s’y accorde le mieux ?

Traiter les droits des élèves comme secondaires face aux résultats scolaires.
Demander aux élèves d’adopter une conviction commune pour éviter les désaccords.
Créer des échanges entre élèves différents et veiller au respect des droits de chacun.
Réserver les discussions collectives aux élèves qui partagent les mêmes opinions.

Créer des échanges entre élèves différents et veiller au respect des droits de chacun.

Explication

Le dialogue entre élèves différents et le respect des droits de chacun mettent en pratique la reconnaissance de la différence et la coexistence. Imposer une conviction commune risque plutôt d’effacer les différences et de réduire le dialogue.

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Que signifie le terme grec « philosophia » ?

L’amour de la sagesse.

Quelles explications la philosophie remplace-t-elle à ses débuts ?

Les explications religieuses et mythiques de l’origine du monde.

Sur quoi reposent les réponses de la philosophie à ses débuts ?

Sur la raison.

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