Fiche de révision : Histoire et sociétés des Comores

Plan du Cours

  1. Peuplement de Madagascar et migrations
  2. Madagascar avant la colonisation
  3. Religion et ancestralité malgaches
  4. Peuplement et pouvoirs aux Comores
  5. Traces anciennes et patrimoine mahorais
  6. Conflits et influences malgaches
  7. Cession de Mayotte et présence française
  8. Statuts politiques de Mayotte et des Comores
  9. Parenté et organisation sociale
  10. Grand mariage et rites sociaux

Repères chronologiques

  1. 1793Des razzias malgaches détruisent Tsingoni et conduisent des Malgaches à s’installer dans le sud de Mayotte.
  2. 1833Andriantsouly prend possession du « Rocher » après avoir quitté Mohéli et s’être replié à Sada.
  3. 1840Soutenu par le sultan d’Anjouan, Andriantsouly reprend le pouvoir à Mayotte en tant que sultan.
  4. 24 août 1840Andriantsouly offre de céder Mayotte à la France afin d’obtenir de l’aide face aux sultans comoriens rivaux.
  5. 25 avril 1841Le protectorat français est installé à Mayotte sous l’action du commandant Pierre Passot.
  6. 1886Le protectorat français s’étend à l’ensemble des quatre îles de l’archipel.
  7. 1892La colonie de Mayotte et ses dépendances est créée et Dzaoudzi devient la capitale de l’archipel comorien sous domination française.
  8. 1946Les Comores obtiennent une autonomie administrative par rapport à Madagascar et Dzaoudzi est choisie comme capitale des Comores.
  9. 1961Said Mohamed Cheikh, président du Conseil de Gouvernement, fait déplacer la capitale des Comores à Moroni.
  10. 6 juillet 1975La France reconnaît l’indépendance de Grande Comore, Anjouan et Mohéli, tandis que Mayotte reste française.

1. Peuplement de Madagascar et migrations

★ À maîtriser

  • Jusqu’au VIIIe siècle, les Indonésiens sont présents sur les côtes orientales d’Afrique, aux Comores et sur les côtes nord-est et nord-ouest de Madagascar.

  • Un circuit commercial ouest-est et est-ouest exporte jusqu’aux confins de la Chine de l’ivoire, des écailles de tortue et surtout des esclaves.

  • La formation des Proto-Malgaches commence en Afrique de l’Est puis se poursuit à Madagascar par métissage entre des populations venues de la côte orientale africaine et des Indonésiens établis sur l’île.
  • Du VIIIe au XIe siècle, le peuple malgache et sa langue se constituent, tandis que commence la pénétration de l’intérieur de l’île et que des populations islamisées s’installent en petites colonies côtières.

Compléments

  • Le cours étudie les civilisations comorienne et malgache précoloniales à partir d’approches historiques, sociologiques, anthropologiques, démographiques et géopolitiques.

  • Au Xe siècle, les comptoirs arabes remplacent les comptoirs indonésiens sur la côte orientale africaine, tandis que la souahilisation progresse sur cette côte et aux Comores.

Astuce mémo

Des échanges maritimes aux peuplements, puis aux royaumes

2. Madagascar avant la colonisation

★ À maîtriser

  • Du Xe au XIIIe siècle, les chefferies venues du nord-ouest, du nord-est et de l’ouest pénètrent dans l’intérieur de Madagascar, bousculent les Vazimba et contribuent à leur dévazimbisation.

  • Aux XIVe et XVe siècles, la guerre entre chefferies accélère la dévazimbisation et accompagne la naissance des royaumes sakalava et mérina.

  • Aux XVIe et XVIIe siècles, les Européens prennent le contrôle de comptoirs et de bases arabes dans l’océan Indien, puis occupent le littoral est-africain et fréquentent les côtes malgaches pour les échanges d’armes et d’esclaves.

  • Au XVIIIe siècle, la traite et l’insécurité provoquent de nouveaux regroupements et une répartition en tribus relativement cloisonnées, renforçant les particularismes régionaux, notamment linguistiques.

  • Au XIXe siècle, le royaume mérina mène avec l’aide des Européens une campagne d’expansion visant à unifier l’île, tandis que Madagascar est colonisé par la France de 1896 à 1960.

Compléments

  • Le cours cite parmi les tribus malgaches les Sakalav, Betsimazaraka, Betsiléo, Baras, Antandroy, Mérinas ou Haova et Antakarana, et distingue les tribus côtières de celles des Hauts Plateaux.

Astuce mémo

Côtes ouvertes aux échanges, intérieur marqué par les royaumes

3. Religion et ancestralité malgaches

Notions clés & Définitions

  • Fihavanana : Valeur humaine selon laquelle toute la société forme une seule famille unie et solidaire.

★ À maîtriser

  • La religion malgache traditionnelle reconnaît Zanahary comme principe divin universel, considère la nature comme l’ordre auquel l’humanité doit s’harmoniser et associe le sacré, ou Hasina, à la relation avec Dieu et les ancêtres.

📌 Les ancêtres, ou Razana, ne sont pas des dieux : ce sont des défunts méritants dont la sagesse et la puissance spirituelle peuvent aider les vivants.

  • L’ancestralisation commence aux funérailles, lorsque les vivants évaluent la valeur du défunt et préparent son éventuelle accession au rang d’ancêtre.

Compléments

  • Le cours distingue trois mondes :
    • le monde sensible
    • le monde invisible des esprits et des ancêtres, qui communique avec les vivants
    • le monde infini, inaccessible à l’être humain

📌 Le culte des ancêtres repose sur une continuité entre vivants et morts, tandis que le culte des morts désignerait une relation limitée aux défunts.

Astuce mémo

Une chaîne relie les vivants, les ancêtres et la nature

4. Peuplement et pouvoirs aux Comores

★ À maîtriser

  • Les Comores comprennent Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte, situées dans le canal du Mozambique à environ 300 km de l’Afrique et 300 km de Madagascar.

  • Le peuplement des Comores comprend une période archaïque du VIe au XIIIe siècle, avec des immigrants indonésiens venus de l’est et des Bantous venus de l’ouest, puis une période classique du XIVe au XVIIIe siècle marquée par l’arrivée arabo-persane.

  • Les Shiraziens arrivent d’abord pour le commerce, puis les Arabes contribuent à l’islamisation de l’archipel et à l’organisation politique en sultanats.

📌 Aux Comores, une civilisation urbaine et patrilinéaire arabo-persane se superpose à un système tribal et matrilinéaire d’influence africaine.

  • La Grande Comore compte douze villages et douze sultans, Anjouan un sultan, tandis que Mohéli et Mayotte ne possèdent pas de sultanat et sont sous la domination politique d’Anjouan.

Compléments

  • À Mayotte, les populations malgaches se sont davantage installées que dans les autres îles comoriennes, en raison de la proximité géographique et de l’absence de sultanat arabo-perse.

Astuce mémo

Système tribal matrilinéaire et sultanats patrilinéaires se superposent

5. Traces anciennes et patrimoine mahorais

★ À maîtriser

  • Dembéni est un haut lieu de mémoire où des poteries chinoises, arabes, malgaches, bantoues et iraniennes attestent des échanges commerciaux.

  • La mosquée de Tsingoni, construite en 1538 par le sultan Issa, est présentée comme la plus ancienne de Mayotte.

Compléments

  • À Bagamoyo, boulevard des Crabes à Mayotte, une sépulture musulmane datant du IXe siècle témoigne d’une nécropole ancienne.

  • La mosquée en ruine de Polé, datée du XIVe au XVIIe siècle, témoigne de pratiques animistes et islamiques.

  • M’Tsamboro fut la capitale de Mayotte au XVe siècle, tandis que Tsingoni devint capitale de l’île au XVIe siècle.

6. Conflits et influences malgaches

Points essentiels

  • À partir du XVIe siècle, les Sakalaves et les Betsimisaraka menèrent des raids dans les îles Comores et capturèrent des femmes et des hommes pour les réduire en esclavage.

  • Les Comoriens pratiquaient eux-mêmes l’esclavage et le trafic d’esclaves pour les Arabes et les Européens, tandis que les Arabo-Persans introduisaient dans l’archipel des esclaves africains appelés Makoas.

Astuce mémo

Les razzias malgaches vident la grande terre → Dzaoudzi devient capitale.

7. Cession de Mayotte et présence française

★ À maîtriser

  • En échange de la cession, Andriantsouly reçoit : une aide militaire, une rente annuelle de 1 000 piastres, la prise en charge de l’éducation de ses enfants à La Réunion par le gouvernement français

  • Le recensement de 1851 par M. Bonfils dénombre 6 898 habitants à Mayotte, dont 1 198 Mahorais, soit environ un cinquième de la population totale.

Compléments

  • Les objectifs français dans la région sont : renforcer la présence française dans l’océan Indien, se positionner face aux Anglais et aux Allemands, obtenir un port dans le canal du Mozambique, consolider le traité d’amitié avec le sultan d’Oman à Zanzibar

8. Statuts politiques de Mayotte et des Comores

Points essentiels

  • Lors du référendum de 1974, trois îles votent à 90 % pour l’indépendance, tandis qu’à Mayotte 65 % votent non et 35 % oui.

  • Après le référendum de 2009, où 95 % votent pour la départementalisation, Mayotte devient un département d’outre-mer en 2011 et une région ultrapériphérique en 2014.

Astuce mémo

Trois îles deviennent indépendantes ; Mayotte reste française.

9. Parenté et organisation sociale

Notions clés & Définitions

  • Parenté : Système de liens fondés sur le sang, l’alliance et la spiritualité, qui assure la cohésion du groupe et donne à l’individu sa place dans la société.

★ À maîtriser

  • La famille comorienne est une unité de production et de consommation, organise les rôles selon le sexe et l’âge, et s’inscrit dans un système nataliste où l’enfant est considéré comme un don de Dieu.

📌 La filiation comorienne est à la fois matrilinéaire, héritage bantou, et patrilinéaire, héritage arabo-perse.

  • Dans la société comorienne, la femme exerce un pouvoir sur l’espace de vie, la transmission des valeurs et l’éducation, tandis que l’homme transmet son nom aux enfants.

Compléments

  • Les liens fraternels sont présentés comme plus forts que les liens conjugaux dans le réseau de parenté comorien.

Astuce mémo

La filiation est matrilinéaire et patrilinéaire, tandis que le pouvoir domestique est matrifocal.

10. Grand mariage et rites sociaux

Notions clés & Définitions

  • Grand mariage : Rite de passage qui confère un statut social élevé et une reconnaissance au sein de la société comorienne.

★ À maîtriser

  • Le grand mariage traditionnel dure neuf jours, du défilé conduisant le marié chez sa fiancée jusqu’au festin partagé après la consommation du mariage le neuvième jour.

📌 Le droit comorien distingue la dot religieuse, mahari ya sharia, offerte pendant le mafungigzo, et la dot coutumière, mahari ya aanda, offerte pendant les festivités.

  • Après le grand mariage, l’époux accède au septième et plus haut échelon social, peut participer aux affaires du village et bénéficie d’un réseau d’invitations aux cérémonies qui contribue à la sécurité économique et à la redistribution.

Compléments

📌 Le petit mariage, appelé mnadaho, comprend une cérémonie religieuse en présence du cadi et le versement de la dot, sans festivités.

  • Le grand mariage est le dernier rite de passage associé aux classes d’âge et aux mérites accomplis dans la société comorienne.

Astuce mémo

Alliance → préparatifs → neuf jours de cérémonies → dot et nouveau statut.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire et sociétés des Comores avec 37 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel ensemble d’avantages Andriantsouly reçoit-il en échange de la cession de Mayotte ?

2. Quelle décision accompagne l’autonomie administrative des Comores par rapport à Madagascar en 1946 ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire et sociétés des Comores avec 78 flashcards interactives.

Jusqu’au VIIIe siècle, où les Indonésiens sont-ils présents en Afrique et à Madagascar ?

Sur les côtes orientales d’Afrique, aux Comores et sur les côtes nord-est et nord-ouest de Madagascar.

Jusqu’aux confins de quelle région s’étend le circuit commercial ouest-est et est-ouest ?

Jusqu’aux confins de la Chine.

Quelles marchandises le circuit commercial ouest-est et est-ouest exporte-t-il ?

De l’ivoire, des écailles de tortue et surtout des esclaves.

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