Fiche de révision : Histoire, mémoire et justice

Plan du Cours

  1. Histoire, mémoires et justice
  2. Histoire et mémoire
  3. Devoir de mémoire et lois mémorielles
  4. Arméniens et définition du génocide
  5. Historiographie de la Grande Guerre
  6. Mémoires de la guerre d’Algérie
  7. Justice internationale des génocides
  8. Génocide des Tutsis au Rwanda
  9. Guerres de Yougoslavie et Srebrenica
  10. Shoah et Porajmos
  11. Mémoires de la Shoah en France
  12. Représenter la Shoah au cinéma

1. Histoire, mémoires et justice

Notions clés & Définitions

  • Histoire : L’histoire est une discipline scientifique qui étudie et interprète le passé humain à partir de sources afin d’en comprendre les évolutions et les ruptures.
  • Mémoire : La mémoire est un point de vue affectif centré sur un témoignage ou une expérience, qui isole un événement de son contexte global.
  • Devoir de mémoire : Le devoir de mémoire correspond à l’action de l’État visant à maintenir le souvenir de crimes de masse et de génocides par des dispositifs publics.
  • Loi mémorielle : Une loi mémorielle est une loi qui impose un cadre officiel pour la façon d’aborder certains événements historiques.
  • Génocide : Le génocide désigne l’ensemble d’actes commis avec l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

Points essentiels

  • En 1949, Marc Bloch définit l’histoire comme « la science des hommes dans le temps », ce qui souligne l’importance du contexte humain et temporel.
  • En 1996, Antoine Prost présente la mémoire comme un élément affectif qui extrait un événement de son contexte, contrairement à l’analyse historique.
  • Le tribunal militaire international de Nuremberg juge 21 responsables du régime nazi entre novembre 1945 et octobre 1946 sur quatre chefs d’inculpation, et le concept de génocide de Raphaël Lemkin est écarté lors du procès.
  • La Convention des Nations unies pour prévenir et réprimer le crime de génocide est approuvée à l’unanimité en 1948 après la proposition de Raphaël Lemkin.
  • Le génocide vise la destruction d’un groupe comme tel, tandis que les crimes de masse peuvent relever des crimes contre l’humanité sans objectif de destruction totale, même si l’anéantissement peut en résulter, comme à Srebrenica en 1995 avec 8 000 hommes et enfants tués.

Astuce mémo

Histoire = contexte + critique ; Mémoire = affect isolant ; Génocide = intention de détruire un groupe.

2. Histoire et mémoire

Notions clés & Définitions

  • Marc Bloch : Marc Bloch est l’historien qui formule une définition centrée sur l’étude des hommes dans le temps, pour replacer les actions humaines dans leur contexte.
  • Pierre Nora : Pierre Nora développe l’idée d’une histoire des mémoires à travers des travaux sur les lieux de mémoire.

Points essentiels

  • La démarche historique confronte les sources entre elles pour juger leur fiabilité et leur pertinence avant d’en tirer une interprétation.
  • L’histoire cherche à expliquer les changements dans le temps en reliant causes, conséquences et interactions entre événements.
  • L’historien vise l’objectivité mais son travail reste marqué par son époque et son point de vue, d’où la nécessité d’une remise en question constante.
  • La mémoire, bien que très utile, n’est qu’un élément à intégrer parmi d’autres dans le travail de l’historien.
  • L’histoire des mémoires se développe surtout à partir des années 80 avec les travaux de Pierre Nora et la notion de lieux de mémoire.

Astuce mémo

Bloch = hommes dans le temps; Prost = affect qui isole; Nora = lieux de mémoire.

3. Devoir de mémoire et lois mémorielles

Notions clés & Définitions

  • Lois mémorielles : Dispositifs juridiques qui encadrent la manière dont certains événements historiques doivent être commémorés, nommés ou enseignés publiquement.
  • Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide : Texte adopté par l’Assemblée générale des Nations unies pour encadrer la prévention et la répression du crime de génocide.
  • Crimes de masse : Violences à grande échelle pouvant relever des crimes contre l’humanité, sans viser nécessairement la destruction totale d’un groupe défini.

Points essentiels

  • La mémoire est devenue un outil central de la sphère politique grâce aux commémorations et aux lois mémorielles, mais l’histoire critique reste fondée sur une confrontation des sources.
  • Le tribunal militaire international de Nuremberg juge 21 responsables nazis entre novembre 1945 et octobre 1946 sur quatre chefs d’inculpation incluant les crimes contre l’humanité.
  • Le concept de génocide formulé par Raphaël Lemkin en 1944 n’est pas retenu à Nuremberg, mais sa Convention est approuvée à l’unanimité en 1948 par l’ONU.
  • En droit, le génocide suppose une intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, via des actes comme le meurtre ou les transferts forcés d’enfants.

4. Arméniens et définition du génocide

5. Historiographie de la Grande Guerre

Notions clés & Définitions

  • Mission du centenaire : Mission lancée en France à partir de 2012 qui mobilise un réseau d’historiens pour étudier à la fois l’histoire et les mémoires de la Première Guerre mondiale.
  • Collecte d’archives privées : Grande campagne de recueil organisée pendant le centenaire pour récupérer des documents conservés par des particuliers, afin de relancer les recherches historiques.
  • Globalisation des combattants : Idée historiographique selon laquelle l’étude de la Première Guerre mondiale ne se limite plus au front ni à l’Europe, car les combattants sont liés à une mise en contact à l’échelle mondiale.
  • Christopher Clark Les somnambules : Livre de 2012 dans lequel l’historien Christopher Clark défend une responsabilité particulière du jeune État serbe et, par extension, de ses alliés russe et français dans le déclenchement du conflit.
  • Gerd Krumeich Le feu aux poudres : Ouvrage de 2014 où l’historien Gerd Krumeich insiste sur la responsabilité centrale de l’Allemagne et sur l’idée d’un déclenchement anticipant l’agression redoutée.

Points essentiels

  • Le centenaire (à partir de 2012) repousse les limites chronologiques en incluant des guerres des Balkans dès 1912 et des conflits jusqu’en 1923 en Turquie.
  • Le centenaire repousse aussi la limite géographique en reliant la Première Guerre mondiale à une globalisation des combattants liée à la première mondialisation.
  • Les débats historiographiques sur les causes du conflit sont relancés, notamment par les thèses publiées en 2012 et 2014.
  • En 2012, Christopher Clark attribue une responsabilité particulière à la Serbie et, par extension, à ses alliés russe et français dans le déclenchement.
  • En 2014, Gerd Krumeich réaffirme la responsabilité centrale de l’Allemagne et l’usage de l’attentat de Sarajevo pour devancer une agression redoutée de la Russie et de son allié français.

Astuce mémo

Clark = Serbie puis alliés ; Krumeich = Allemagne au cœur, Sarajevo comme accélérateur.

6. Mémoires de la guerre d’Algérie

Notions clés & Définitions

  • Mémorial du martyr : Un mémorial inauguré à Alger en 1982 pour célébrer 30 ans d’indépendance et glorifier la victoire.
  • Avoir 20 ans dans les Aurès : Un film réalisé en 1972 qui raconte la guerre du point de vue de soldats réfractaires et dénonce la torture.
  • Loi de 1999 sur la guerre d’Algérie : Une loi adoptée en 1999 qui remplace l’expression « événements en Algérie » par « guerre d’Algérie » et ouvre le statut d’ancien combattant.
  • Reconnaissance du caractère systématique de la torture : Une reconnaissance faite en 2018 par Emmanuel Macron, confirmant que la torture a eu un caractère systématique pendant la guerre d’Algérie.
  • Commission mémoire et vérité : Une recommandation du rapport Stora (2021) visant à créer une commission avec des historiens français et algériens.

Points essentiels

  • En 1992, l’ouverture des archives liées à la guerre d’Algérie est présentée comme un tournant pour les recherches historiques.
  • En France, Vidal-Naquet publie en 1972 La torture dans la République et le film Avoir 20 ans dans les Aurès dénonce la torture la même année.
  • En 1983, « les événements d’Algérie » entrent pour la première fois dans les programmes scolaires d’histoire en France.
  • En 2003, une journée du 25 septembre devient un hommage aux harkis et aux autres formations supplétives ; la loi de 2005 sur le rôle positif de la présence française en Afrique du Nord est ensuite abrogée.
  • En 2018, Macron reconnaît le caractère systématique de la torture, et en 2021 il demande officiellement « pardon » aux harkis.
  • Le rapport Stora remis en 2021 propose d’apaiser les mémoires rivales et recommande une commission mémoire et vérité, tout en appelant à continuer les commémorations.

Astuce mémo

1972 (Vidal-Naquet + Aurès) → 1983 (école) → 1992 (archives) → 1999 (appellation) → 2018-2021 (torture puis pardon) → 2021 (rapport Stora).

7. Justice internationale des génocides

Notions clés & Définitions

  • Raphaël Lemkin : Le juriste Raphaël Lemkin est à l’origine d’une réflexion qui conduit l’ONU à traiter spécifiquement le crime de génocide comme une catégorie juridique à réprimer.
  • Convention ONU 1948 : La Convention de l’ONU de 1948 organise la répression et la prévention du crime de génocide et fournit la base juridique internationale pour le juger.
  • Crime de génocide : Le crime de génocide désigne des actes commis avec l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

Points essentiels

  • L’ONU adopte en 1948 une convention qui définit le génocide comme des actes commis avec l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en tant que tel.
  • Après le mot d’ordre « plus jamais ça », la réapparition de pratiques génocidaires au Rwanda et en Ex-Yougoslavie rend nécessaire la poursuite et le jugement des responsables.
  • Face à chaque conflit, la communauté internationale crée des tribunaux pénaux internationaux pour juger des criminels.
  • Jugement et réconciliation ne se recouvrent pas automatiquement, même lorsque des crimes de guerre et des processus génocidaires ont été traités par la justice internationale.
  • Les tribunaux pénaux internationaux ouverts dans les années 1990 servent aussi de socle à la création ultérieure d’une juridiction pénale internationale permanente en 2002.

Astuce mémo

L’ONU (1948) cadre le génocide : penser d’abord à l’intention de détruire « un groupe » (en tout ou partie).

8. Génocide des Tutsis au Rwanda

Notions clés & Définitions

  • Tribunal pénal international pour le Rwanda : Juridiction créée par l’ONU pour juger les dirigeants politiques et militaires rwandais responsables du génocide de 1994.
  • TPIR : Sigle du tribunal pénal international pour le Rwanda, basé à Arusha en Tanzanie, chargé de poursuivre pénalement les responsables.
  • Tribunaux gacaca : Tribunaux à ciel ouvert réactivés au Rwanda, où des populations sont tirées au sort et formées pour juger des affaires liées au génocide.
  • Gacaca : Terme kinyarwanda signifiant herbe douce, utilisé pour désigner ces tribunaux populaires organisés localement.
  • Collectif des parties civiles pour le Rwanda : Organisation qui suit des dossiers de réfugiés rwandais et favorise des poursuites en justice en France.

Points essentiels

  • Le TPIR, dont le siège est fixé à Arusha, a pour mission de juger des dirigeants politiques et militaires responsables du génocide.
  • En 21 ans, le TPIR a inculpé 93 personnes pour génocide et autres violations graves, avec 61 condamnations et 14 acquittements.
  • De 2005 à 2012, les gacaca ont jugé près de 2 millions de personnes, avec environ 170 000 juges réunis dans 12 000 tribunaux.
  • Les gacaca visaient la réconciliation via la confrontation victimes-bourreaux, mais posaient des questions sur les droits judiciaires, notamment l’absence d’avocats et la pression sur les témoins.
  • En 2019, la justice belge condamne à 25 ans un homme accusé du massacre d’une famille belgo-rwandaise, et en 2021 une condamnation en France vise un chauffeur pour complicité de génocide.

Astuce mémo

Gacaca = “herbe douce” : justice populaire tirée au sort, pour juger vite et faire se parler victimes et bourreaux.

9. Guerres de Yougoslavie et Srebrenica

Notions clés & Définitions

  • FORPRONU : Force de maintien de la paix de l’ONU mise en place en 1993 pour assister les populations en ex-Yougoslavie pendant les violences.
  • Srebrenica : Ville bosniaque devenue le symbole d’un massacre pendant l’attaque de juillet 1995 par les troupes serbes.
  • Référendum d’indépendance de 1992 : Vote organisé en 1992 en Bosnie-Herzégovine qui aboutit à l’indépendance et déclenche la montée des armes chez plusieurs communautés.
  • Accords de Dayton : Accord signé le 21 novembre 1995 à Dayton qui encadre la fin de la guerre en entérinant une partition de la Bosnie en deux entités.
  • TPIY : Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie siégeant à La Haye de 1993 à 2017 pour juger des responsables de crimes de guerre et de crimes de masse.

Points essentiels

  • En Bosnie-Herzégovine, le référendum de 1992 aboutit à l’indépendance tandis que des minorités serbes puis croates prennent les armes et proclament des sécessions contrôlées.
  • À Sarajevo assiégée, le conflit devient un symbole de l’affrontement, et l’ONU déploie la FORPRONU à partir de 1993 sans empêcher les massacres de civils.
  • En juillet 1995, les troupes serbes attaquent Srebrenica et exécutent plus de 8 000 hommes et adolescents malgré la protection d’environ 400 casques bleus.
  • Le 21 novembre 1995, les accords de Dayton signés à Dayton (États-Unis) découpent la Bosnie en deux entités : la république serbe de Bosnie et la fédération croato-musulmane.
  • Après le massacre de Srebrenica, les États-Unis et leurs alliés frappent militairement les forces serbes, ce qui accélère les négociations de paix jusqu’à Dayton.
  • Le TPIY est créé par une résolution de l’ONU le 25 mai 1993 et siège à La Haye de 1993 à 2017, avec 161 personnes mises en accusation et 90 condamnations après plus de 4 600 témoins.

Astuce mémo

Srebrenica : plus de 8 000 exécutés malgré 400 casques bleus ; Dayton : 21/11/1995 pour diviser la Bosnie en 2 entités.

10. Shoah et Porajmos

Notions clés & Définitions

  • Shoah : La Shoah désigne le génocide des Juifs d’Europe mené par les nazis et leurs alliés, aboutissant à l’extermination de masse au cours de la Seconde Guerre mondiale.
  • Porajmos : Le Porajmos désigne le génocide des Tsiganes (Roms et Sinti) perpétré par le régime nazi et des collaborateurs, fondé sur une persécution raciale.
  • Einsatzgruppen : Les Einsatzgruppen sont des groupes spéciaux chargés de mener l’élimination des Juifs, notamment dès le front de l’Est à partir de 1941.
  • Solution Finale : La Solution Finale est le cadre nazi qui transforme à partir de 1942 le meurtre en une extermination organisée, réalisée dans des centres de mise à mort.
  • Grand silence : Le « grand silence » est l’idée d’une mémoire tardive de la Shoah et de ses spécificités, car de nombreux rescapés refusent de témoigner après la guerre.

Points essentiels

  • Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques libèrent les derniers survivants d’Auschwitz-Birkenau, marquant la fin du génocide des Juifs et des Tsiganes.
  • Le génocide fait environ entre 5,5 et 6 millions de Juifs et 250 000 Tsiganes tués du seul fait de leur origine.
  • À partir de 1942, la « Solution Finale » rend l’extermination industrielle via des centres de mise à mort comme Treblinka, Chelmno, Belzec, Sobibor, Majdanek et Auschwitz.
  • En novembre 1943, les centres de mise à mort de Treblinka, Sobibor et Belzec sont liquidés, puis en novembre 1944 Himmler ordonne de détruire les fours crématoires d’Auschwitz.
  • Auschwitz devient musée en 1947 et reste ensuite un symbole central, avec plus de 2 millions de visiteurs en 2018 et des comportements parfois jugés inadaptés.

11. Mémoires de la Shoah en France

Notions clés & Définitions

  • Auschwitz : Lieu de commémoration central, associé à la Shoah et à l’afflux massif de visiteurs qui pose la question d’un tourisme mémoriel déconnecté.
  • Robert Paxton : Historien dont les travaux des années 1970 mettent en évidence la collaboration du régime de Vichy et sa participation à la déportation des Juifs.
  • Discours de Jacques Chirac (1995) : Déclaration prononcée en 1995 devant le monument du Vel d’Hiv qui reconnaît la responsabilité de l’État français dans la déportation.
  • Mémorial de la Shoah (Paris, 2005) : Mémorial inauguré en 2005 à Paris qui rappelle l’identité des 76 000 Juifs déportés depuis la France.
  • Cité de la Muette (Drancy) : Lieu de transit de près de 63 000 Juifs avant leur déportation, devenu ensuite un lieu de résidence et porteur de mémoriaux.

Points essentiels

  • En 2018, Auschwitz accueille plus de 2 millions de visiteurs, ce qui alimente le débat sur un tourisme mémoriel de plus en plus déconnecté de la Shoah.
  • Les années 1970 voient les travaux de Robert Paxton démontrer sans ambiguïté la collaboration du régime pétainiste et sa participation à la déportation de Juifs français et étrangers.
  • En 1995, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’État français dans la déportation lors d’un discours prononcé devant le monument du Vel d’Hiv.
  • En 2005, un mémorial de la Shoah est inauguré à Paris pour rappeler l’identité des 76 000 Juifs déportés de France.
  • À Drancy, près de 63 000 Juifs transitent avant la déportation vers les camps de la mort, puis la cité redevient un lieu de résidence.
  • À Drancy, un monument commémoratif est inauguré en 1976, un wagon du souvenir est installé en 1988, le site est classé monument protégé en 2001, et un mémorial est inauguré en 2012.

Astuce mémo

Vel d’Hiv 1995 = reconnaissance de la responsabilité; Drancy ≈ 63 000 = transit vers la mort; Paris 2005 = 76 000 déportés.

12. Représenter la Shoah au cinéma

Notions clés & Définitions

  • Nuit et Brouillard : Court-métrage de 1956 qui dénonce le système concentrationnaire nazi à partir d’images et de vues de cette réalité historique.
  • Holocaust : Série télévisée en 4 épisodes diffusés en 1978 qui raconte la vie d’une famille juive et diffuse largement la parole des déportés.
  • La liste de Schindler : Film de Steven Spielberg qui met en récit l’action d’Oskar Schindler pour sauver 1200 Juifs, ce qui relance le débat sur la représentation de la Shoah.
  • La zone d’intérêt : Film de Jonathan Glazer dont les débats récents illustrent que les enjeux mémoriels restent centraux autour de la manière de filmer la Shoah.

Points essentiels

  • En France, Alain Resnais réalise en 1956 Nuit et Brouillard pour dénoncer le système concentrationnaire nazi, mais le film ne traite pas spécifiquement du génocide des Juifs et des Tsiganes ni des centres de mise à mort.
  • En 1977, une série produite pour bouleverser la vision de la Shoah est diffusée en 1978 en quatre épisodes, avec un succès mondial lié à l’affirmation de la parole des déportés juifs.
  • Avec Shoah, Claude Lanzmann tourne près de dix heures sur les lieux mêmes de la tuerie et construit le film à partir de témoignages de rescapés.
  • La liste de Schindler (Spielberg) déclenche une polémique en montrant une histoire de sauvetage (1200 Juifs), ce qui révèle les difficultés à filmer la Shoah.
  • En 1997, La vie est belle de Roberto Benigni raconte la déportation d’une famille, en faisant croire au fils que tout est un jeu, ce qui suscite de nombreuses critiques malgré un succès important.
  • Dans Amen (Costa-Gavras, 2002), le réalisateur choisit de montrer des trains vides pour évoquer les morts, tandis que La zone d’intérêt de Jonathan Glazer relance ensuite des débats mémoriels.

Astuce mémo

Doc (témoigner) → Série TV (parole des déportés) → Film-lieux (Lanzmann) → Fictions controversées (Schindler, Benigni, Costa-Gavras) → Débats récents (Glazer).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1949Marc Bloch définit l’histoire comme « la science des hommes dans le temps ».
1996Antoine Prost définit la mémoire comme un élément affectif qui isole un évènement de son contexte.
novembre 1945Début du procès de Nuremberg (21 responsables jugés jusqu’à octobre 1946).
1948Adoption de la Convention de l’ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide (approuvée à l’unanimité).
28 juin 1914Assassinat de François-Ferdinand, déclencheur de la Première Guerre mondiale.
1912Débuts des guerres dans les Balkans (intégrées au périmètre du centenaire à partir de 2012).
2012Lancement de la mission du centenaire de la Première Guerre mondiale ; Christopher Clark publie « Les somnambules ».
2014Gerd Krumeich publie « le feu aux poudres, qui a déclenché la guerre en 1914 ? ».
1830Début de la présence française en Algérie (Algérie aux mains de la France depuis 1830).
5 juilletIndépendance de l’Algérie après les accords d’Évian de mars 1962.

Tableaux de synthèse

Histoire vs mémoire

NotionsHistoireMémoire
CaractèreScience/disciplinesPoint de vue/témoignage
DémarcheDémarche critique confrontant les sourcesÉlément affectif isolant un événement du contexte
TemporalitéChangements, causes, conséquencesSouvent sans replacer dans un ensemble complexe
Place dans le travailOutil central et critiqueÉlément utile parmi d’autres à intégrer

Génocide vs crimes de masse

CatégorieGénocideCrimes de masse
FinalitéIntention de détruire tout ou partie d’un groupe (national/ethnique/racial/religieux) comme telPas d’objectif de destruction totale d’une population définie
Lien avec les faitsActes visant directement le groupe (ex. meurtre, atteintes graves, entraves aux naissances, transfert forcé d’enfants)Peut terrifier ou soumettre totalement ; peut aussi aboutir à l’anéantissement
Exemple du coursSrebrenica (confusion possible avec génocide)Srebrenica (8 000 hommes et enfants musulmans) ; massacres sur le front de l’Est

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « mémoire » et « histoire » : la mémoire est décrite comme affective et isolante, alors que l’histoire repose sur une démarche critique des sources replacées dans un contexte.
  2. Croire que le génocide se réduit à des massacres : le cours insiste sur l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe comme tel.
  3. Penser que crimes de masse et génocide sont toujours distincts : le cours précise qu’ils peuvent être concomitants et parfois se confondre, notamment à Srebrenica.
  4. Retenir Nuremberg comme moment où la notion de génocide est retenue : au contraire, le concept de génocide de Raphaël Lemkin est écarté, mais sa Convention est approuvée en 1948.
  5. Oublier que l’ONU a aussi une mission de justice et non une garantie de réconciliation : juger n’implique pas forcément réconcilier des populations.
  6. Assimiler « FORPRONU » à une protection efficace à Srebrenica : le cours dit qu’elle assiste sans empêcher les massacres malgré 400 casques bleus.
  7. Se dire que la guerre d’Algérie est simplement un « conflit » sans enjeux mémoriels : le cours montre l’importance des lois mémorielles (1999, 2003, 2005) et des débats sur la reconnaissance de la torture.

Checklist Examen

  1. Définir l’histoire comme discipline scientifique fondée sur une démarche critique des sources et replacant les faits dans leur contexte avec temporalité, causes et conséquences.
  2. Définir la mémoire selon Antoine Prost (élément affectif isolant un événement du contexte) et expliquer la place de la mémoire dans le travail de l’historien.
  3. Expliquer le lien entre histoire, mémoires et justice dans la reconnaissance des crimes de masse et des pratiques génocidaires.
  4. Rappeler les éléments essentiels de Nuremberg (21 responsables, période novembre 1945–octobre 1946, quatre chefs, et écart du concept de génocide).
  5. Donner la définition juridique du génocide telle qu’issue de la Convention de 1948 et citer au moins deux actes constitutifs mentionnés dans le cours.
  6. Expliquer la différence de logique entre génocide et crimes de masse (absence d’objectif de destruction totale vs intention de détruire) et rappeler la possibilité de confusion à Srebrenica.
  7. Identifier le déclenchement de 1914 (assassinat du 28 juin 1914) et les responsabilités débattues dans l’historiographie (Clark : Serbie et alliés ; Krumeich : Allemagne et Sarajevo).
  8. Expliquer ce que le centenaire (à partir de 2012) change dans la chronologie et la géographie (Balkans dès 1912, jusqu’en 1923 en Turquie ; globalisation des combattants).
  9. Raconter l’enchaînement de la guerre d’Algérie (présence française depuis 1830, guerre 1954-1962, accords d’Évian en mars 1962, indépendance le 5 juillet) et les mémoires éclatées (pieds-noirs, harkis).
  10. Situer les étapes mémorielles clés en France sur la guerre d’Algérie : 1972, 1983, 1992, 1999, et la reconnaissance de la torture en 2018 puis le rapport Stora en 2021.
  11. Expliquer la logique de la justice internationale après les génocides : création de tribunaux pénaux internationaux et articulation avec la question de la réconciliation (non automatique).
  12. Présenter le Rwanda : rôle du TPIR à Arusha et des gacaca (2005-2012, justice locale et limites sur les droits) et rappeler l’enjeu des poursuites en Belgique et en France en 2019 et 2021.
  13. Présenter le TPIY : contexte (FORPRONU impuissante à Srebrenica), création par résolution du 25 mai 1993, période de siège (1993-2017) et bilan quant aux mises en accusation et condamnations.
  14. Expliquer le « grand silence » et la « Solution Finale » (centres de mise à mort, liquidations 1943/1944) puis les lieux de mémoire en France (Vel d’Hiv 1995, Drancy avec ses dates commémoratives).

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1. Quelle formule décrit le mieux l’histoire comme discipline ?

2. Quel type d’approche correspond au devoir de mémoire ?

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Histoire — définition ?

Science qui étudie le passé humain par sources.

Mémoire — rôle ?

Point de vue affectif isolant un événement.

Devoir de mémoire — objectif ?

Maintenir le souvenir des crimes de masse.

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