QCM : Histoire, mémoire et sources — 14 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne le terme « histoire » lorsqu’il est employé dans toute sa portée disciplinaire ?

Les événements politiques, les biographies célèbres et les archives administratives
La mémoire collective, les traditions orales et les commémorations publiques
Le récit national, les témoignages individuels et les interprétations personnelles
La discipline savante, le passé étudié et le récit élaboré par l’historien

La discipline savante, le passé étudié et le récit élaboré par l’historien

Explication

L’histoire renvoie à la fois à une discipline savante, au passé lui-même et au récit construit par l’historien. La mémoire collective et les récits personnels constituent des formes de rapport au passé, mais ne recouvrent pas ces trois dimensions.

2. Quelle démarche caractérise le travail de l’historien lorsqu’il étudie le passé ?

Sélectionner les épisodes célèbres afin de transmettre une interprétation commune du passé
Reconstruire de manière critique les faits grâce à des outils visant l’objectivité et la vérité
Reconstituer les événements à partir d’un récit personnel privilégiant les émotions vécues
Préserver les souvenirs transmis par les groupes en respectant leur dimension affective

Reconstruire de manière critique les faits grâce à des outils visant l’objectivité et la vérité

Explication

L’historien reconstruit les faits du passé à l’aide d’outils critiques qui tendent vers l’objectivité et la vérité. Le rapport affectif aux événements caractérise davantage la mémoire que la démarche historique.

3. Quel changement majeur caractérise la construction de l’histoire comme discipline scientifique au XIXe siècle ?

Elle privilégie les traditions orales, les souvenirs familiaux et les récits transmis par les témoins
Elle abandonne l’étude des documents pour développer une interprétation fondée sur les émotions collectives
Elle s’appuie sur la critique des sources, la recherche de preuves et l’institutionnalisation universitaire
Elle se concentre sur les biographies politiques et délaisse l’analyse méthodique des événements passés

Elle s’appuie sur la critique des sources, la recherche de preuves et l’institutionnalisation universitaire

Explication

Au XIXe siècle, l’histoire se construit comme une méthode scientifique fondée sur l’analyse critique des sources et la preuve, tout en devenant une discipline universitaire. Les traditions orales et les émotions ne remplacent pas cette exigence critique.

4. Quel historien médiéviste est associé à la fondation de la revue des Annales d’histoire économique et sociale ?

Jacques Le Goff
Lucien Febvre
Marc Bloch
Hérodote

Marc Bloch

Explication

Marc Bloch, historien spécialiste du Moyen Âge, est présenté comme le fondateur de la revue des Annales d’histoire économique et sociale. Jacques Le Goff est notamment associé à une réflexion sur les relations entre histoire et mémoire, tandis qu’Hérodote appartient à l’Antiquité.

5. Sur quoi l’histoire fonde-t-elle son étude des sociétés et des événements passés ?

Sur des traditions transmises entre générations sans examen méthodique
Sur des témoignages sélectionnés en fonction de leur popularité collective
Sur des souvenirs individuels conservés selon leur intensité émotionnelle
Sur des sources diverses soumises à un travail critique

Sur des sources diverses soumises à un travail critique

Explication

L’histoire est une science humaine et sociale qui exploite des sources variées en les soumettant à une analyse critique. La mémoire repose davantage sur le rapport affectif aux événements et ne constitue pas, à elle seule, une méthode historique.

6. Pourquoi la mémoire peut-elle être qualifiée de plurielle et affective ?

Parce qu’elle produit un récit universitaire fondé sur la comparaison systématique des documents
Parce qu’elle dépend des expériences et des émotions propres à chaque individu ou groupe
Parce qu’elle applique des méthodes communes pour vérifier toutes les sources du passé
Parce qu’elle rassemble les souvenirs dans une interprétation identique pour toute la société

Parce qu’elle dépend des expériences et des émotions propres à chaque individu ou groupe

Explication

La mémoire entretient un rapport affectif avec les événements passés et varie selon les individus ou les groupes qui la portent. La vérification critique des sources et la recherche d’une connaissance historique relèvent plutôt du travail de l’histoire.

7. Quelle différence fondamentale distingue le témoin de l’historien dans le rapport au passé ?

Le témoin vérifie les documents, tandis que l’historien transmet directement une expérience vécue.
Le témoin porte une mémoire, tandis que l’historien construit une analyse critique en prenant ses distances.
Le témoin produit une analyse critique, tandis que l’historien conserve fidèlement une mémoire personnelle.
Le témoin interprète les archives, tandis que l’historien transforme son souvenir en récit public.

Le témoin porte une mémoire, tandis que l’historien construit une analyse critique en prenant ses distances.

Explication

Le témoin apporte une mémoire issue de son expérience, alors que l’historien doit mettre cette mémoire à distance pour l’analyser. Confondre l’historien avec un simple conservateur de souvenirs néglige son travail critique.

8. Pourquoi l’authenticité d’un témoignage ne suffit-elle pas à établir la vérité historique ?

Parce qu’un témoignage authentique doit encore être soumis à l’examen critique de l’historien.
Parce qu’un témoignage authentique décrit les événements sans nécessiter de comparaison avec d’autres sources.
Parce qu’un témoignage authentique devient fiable lorsqu’il est confirmé par l’autorité publique du témoin.
Parce qu’un témoignage authentique doit être remplacé par une interprétation produite longtemps après les faits.

Parce qu’un témoignage authentique doit encore être soumis à l’examen critique de l’historien.

Explication

L’authenticité garantit que le témoignage provient bien de la personne ou de la situation revendiquée, mais elle ne garantit pas à elle seule la vérité historique. L’autorité du témoin ne dispense donc pas l’historien de la critique.

9. Qu’est-ce qui distingue l’histoire d’un roman, malgré le fait que toutes deux puissent prendre la forme d’un récit ?

L’histoire repose sur l’invention d’intrigues, tandis que le roman vérifie les documents selon une méthode critique.
L’histoire repose sur une méthode critique d’étude des documents, tandis que le roman relève de la fiction.
L’histoire restitue des souvenirs personnels, tandis que le roman analyse les archives issues des institutions publiques.
L’histoire cherche à divertir par son style, tandis que le roman organise des preuves selon une enquête historique.

L’histoire repose sur une méthode critique d’étude des documents, tandis que le roman relève de la fiction.

Explication

L’histoire est bien une mise en récit, mais elle s’appuie sur l’analyse critique de documents. Le roman peut raconter des événements vraisemblables sans être soumis à cette même méthode historique.

10. Quelles opérations caractérisent le travail de l’historien face aux problèmes du passé ?

Mémoriser les témoignages, les répéter et les transmettre sans transformation critique.
Décrire les problèmes, les comprendre et les interpréter à partir d’une démarche historique.
Sélectionner les personnages, imaginer leurs dialogues et construire une intrigue cohérente.
Inventer les événements, les dramatiser et les organiser selon les attentes du public.

Décrire les problèmes, les comprendre et les interpréter à partir d’une démarche historique.

Explication

L’historien cherche à décrire, comprendre et interpréter les problèmes historiques. La construction d’une intrigue ou l’invention de dialogues appartient à la fiction plutôt qu’à cette démarche d’analyse.

11. Comment définir une source historique de première main ?

Une interprétation rédigée bien plus tard par un chercheur qui reconstitue les événements.
Un commentaire contemporain qui résume plusieurs études consacrées à une période ancienne.
Un document produit par les acteurs de l’époque étudiée, pendant les faits ou peu après.
Un récit scolaire élaboré à partir de travaux historiques et destiné à la transmission des connaissances.

Un document produit par les acteurs de l’époque étudiée, pendant les faits ou peu après.

Explication

Une source de première main est produite par les acteurs de la période étudiée, au moment de l’enquête historique ou peu après. Une interprétation postérieure peut être utile, mais elle n’est pas une source directe de cette période.

12. Quelle caractéristique rend les sources historiques particulièrement diverses ?

Elles peuvent être écrites, orales, gravées ou peintes, et provenir d’archives comme de fouilles.
Elles prennent surtout la forme de récits publiés par les historiens après leur enquête documentaire.
Elles sont généralement matérielles et proviennent des collections constituées par les bibliothèques nationales.
Elles sont principalement écrites et conservées dans des institutions administratives ou religieuses.

Elles peuvent être écrites, orales, gravées ou peintes, et provenir d’archives comme de fouilles.

Explication

Les sources historiques ont des formes matérielles variées : elles peuvent être écrites, orales, en bois ou peintes, et provenir d’archives ou de travaux archéologiques. Les réduire aux documents écrits conservés en bibliothèqu'écarte une part importante des traces disponibles.

13. Quelle différence oppose les témoins volontaires aux documents « témoins malgré eux » ?

Les témoins volontaires sont produits pour transmettre une information historique, tandis que les autres n’avaient pas cet objectif.
Les témoins volontaires sont toujours fiables, tandis que les autres doivent être écartés comme des traces accidentelles.
Les témoins volontaires sont des objets archéologiques, tandis que les autres sont des récits rédigés par des historiens.
Les témoins volontaires sont conservés par les particuliers, tandis que les autres appartiennent aux archives publiques.

Les témoins volontaires sont produits pour transmettre une information historique, tandis que les autres n’avaient pas cet objectif.

Explication

Les témoins volontaires sont conçus pour transmettre un témoignage ou servir à l’histoire, alors que les témoins malgré eux sont des traces produites dans le cadre d’activités humaines ordinaires. Le caractère volontaire ne garantit toutefois pas automatiquement la fiabilité du document.

14. De quoi dépend la constitution d’un fonds documentaire utilisable comme source historique ?

De sélections multiples liées aux choix de conservation des archives et des documents.
De la conservation intégrale de toutes les traces produites par les sociétés étudiées.
De la transformation des témoignages oraux en archives écrites par les institutions publiques.
De la décision des historiens de privilégier les documents les plus anciens et les plus prestigieux.

De sélections multiples liées aux choix de conservation des archives et des documents.

Explication

Un fonds documentaire résulte de nombreuses sélections, car certains documents sont conservés tandis que d’autres disparaissent ou sont écartés. Il ne constitue donc pas un ensemble intégral et neutre de toutes les traces du passé.

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Qu'est-ce que l'histoire en tant que discipline ?

L'histoire est la discipline savante qui étudie le passé.

Que désigne le terme « histoire » au-delà de la discipline ?

Le passé lui-même et le récit produit par l'historien.

Quel est le but principal du travail de l'historien ?

Reconstituer les faits du passé dignes d'être conservés.

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