Fiche de révision : Institutions et droit médiévaux

Plan du Cours

  1. Droit et périodes de l’Ancienne France
  2. Naissance et division de l’Empire romain
  3. Pouvoir impérial romain
  4. Société franque et statuts personnels
  5. Royauté et administration mérovingiennes
  6. Église et affaiblissement mérovingien
  7. Sacre et pouvoir carolingiens
  8. Administration et liens vassaliques carolingiens
  9. Déclin carolingien et avènement capétien
  10. Église et royauté carolingiennes
  11. Sources laïques du droit
  12. Personnalité et territorialité du droit
  13. Sources canoniques du droit
  14. Les trois ordres médiévaux
  15. Seigneurs et relations féodales
  16. Royauté capétienne et renouveau
  17. Réforme grégorienne et pouvoir pontifical
  18. Ascension capétienne et sacre royal

Repères chronologiques

  1. 313À Milan, Constantin et Licinius décident de tolérer le culte chrétien dans l’Empire.
  2. 380L’édit de Thessalonique impose le christianisme dans l’Empire.
  3. 800Charlemagne est couronné empereur à Rome lors des célébrations de Noël.
  4. 843Le partage de Verdun divise l’Empire de Charlemagne en trois royaumes, dont la Francie occidentale.
  5. 884Le dernier capitulaire connu date.
  6. 888Charles le Gros est déposé après avoir versé un tribut aux Scandinaves qui assiègent Paris ; l’aristocratie choisit Eudes, qui s’est illustré en défendant la ville.
  7. 987L’aristocratie choisit Hugues Capet comme roi, ouvrant la période capétienne.
  8. 1155Louis VII promulgue une loi qui impose la paix dans le royaume pour les dix années suivantes.
  9. 1403 et 1407Deux édits de Charles VI expriment plus explicitement le principe d’instantanéité de la succession.

1. Droit et périodes de l’Ancienne France

Notions clés & Définitions

  • Droit : Ensemble de règles, de normes et d’institutions qui encadrent la société et constitue « l’art du bon et de l’équitable ».
  • État : L’État est une personne morale et une institution abstraite qui crée du droit ; il suppose la souveraineté, un territoire et une population.

★ À maîtriser

📌 Le droit privé régit les relations entre particuliers, tandis que le droit public encadre le fonctionnement des institutions publiques et leurs relations avec les personnes privées.

  • L’Ancienne France comprend la période médiévale, du Ve au XVe siècle, puis la période moderne, du XVIe au XVIIIe siècle, qui s’achève en 1789.

Compléments

  • Le droit pénal est présenté comme une branche du droit privé située à la frontière entre droit public et droit privé.

  • La définition de l’État comme institution souveraine dotée d’un territoire et d’une population est employée à partir du XVIe siècle, même si l’État existait auparavant sous une autre forme.

Astuce mémo

Privé : relations entre particuliers ; public : institutions et action des gouvernants

2. Naissance et division de l’Empire romain

★ À maîtriser

  • Le régime impérial romain apparaît au Ier siècle av. J.-C. à partir du régime républicain.

  • La République romaine repose sur trois institutions. :

    • les magistrats
    • les comices, assemblées de citoyens
    • le Sénat
  • La crise de la République au Ier siècle av. J.-C. permet à des hommes forts de dominer les règles républicaines ; Octave devient empereur avec l’aide du Sénat, tandis que les anciennes institutions perdent progressivement leur pouvoir.

  • En 285, Dioclétien divise l’Empire romain en deux parties, occidentale et orientale, gouvernées par deux empereurs.

Compléments

  • Après la mort de Théodose Ier, à la fin du IVe siècle, la division de l’Empire devient définitive ; l’Occident reste latin tandis que le grec s’impose en Orient.

  • En 451, les Huns sont défaits lors d’un moment d’union entre Romains et Barbares.

Astuce mémo

République en crise → principat → division de l’Empire

3. Pouvoir impérial romain

★ À maîtriser

📌 Le principat, de la fin du Ier siècle av. J.-C. au IIe siècle ap. J.-C., présente l’empereur comme le premier des citoyens, tandis que le dominat, de la fin du IIIe à la fin du Ve siècle ap. J.-C., assume une monarchie absolue.

  • Sous le principat, l’empereur est appelé princeps, « le premier », ou imperator, « celui qui commande » et détient l’imperium.

📌 La potestas désigne la puissance de l’empereur, dont découle l’imperium et de larges pouvoirs civils, législatifs, judiciaires et militaires ; l’auctoritas donne à ses décisions une autorité supérieure.

  • Sous le dominat, les magistrats ne sont plus que des titulaires de titres, le Sénat est écarté des grandes décisions et le pouvoir impérial ne connaît pas de contre-pouvoir.

  • En 312, Constantin se convertit au christianisme.

  • La compilation de Justinien comprend trois œuvres officielles achevées en 534 — le Code, le Digeste et les Institutes — ainsi qu’une œuvre officieuse, les Novelles.

Compléments

  • À partir du IIIe siècle, les empereurs assument que les lois viennent d’eux seuls, comme l’expriment les adages « ce qui a plu au princeps a force de loi » et « le princeps est délié des lois ».

  • Sous le dominat, l’empereur est réputé « lex animata », loi vivante, et la monarchie impériale s’apparente à une autocratie militaire.

  • Les quatre œuvres de la compilation de Justinien ont les fonctions suivantes. :

    • Le Code rassemble des constitutions impériales.
    • Le Digeste rassemble des extraits de la doctrine juridique classique.
    • Les Institutes sont un manuel destiné aux étudiants.
    • Les Novelles complètent officieusement le Code.

Astuce mémo

Princeps : façade républicaine ; Dominus : monarchie absolue assumée

4. Société franque et statuts personnels

Notions clés & Définitions

  • Libre : Une personne libre possède la pleine capacité juridique, notamment le droit de se marier, d’avoir un patrimoine et d’agir en justice, et peut être astreinte au service des armes et à la participation à la vie judiciaire.
  • Commendatio : La commendatio est un contrat par lequel un libre, appelé recommandé, entre dans la dépendance d’un seigneur en échange de sa protection, tout en conservant sa liberté et ses droits.
  • Esclave : Du point de vue juridique, l’esclave est une chose soumise à son maître, sans capacité juridique, bien que son humanité ne soit pas niée.
  • Colon : Le colon est une personne libre attachée héréditairement à une terre, qu’elle doit exploiter et qu’elle ne peut quitter ; si la parcelle est vendue, il est vendu avec elle.
  • Aristocratie : L’aristocratie est l’élite des libres qui détient une forte influence politique et économique et comprend notamment des proches du roi, des évêques, des abbés et de grands propriétaires fonciers.

★ À maîtriser

📌 La société franque distingue les clercs des laïques ainsi que les personnes libres des non-libres.

Compléments

  • La liberté ne dépend pas de l’ethnie.

  • On peut devenir esclave de trois façons. :

    • par naissance si l’un des parents est esclave
    • par capture en guerre
    • par condamnation pénale à l’esclavage
  • À la fin de l’époque franque, la condition des esclaves et celle des colons convergent, notamment parce que les esclaves exploitent des parcelles et que leur lien direct avec leur maître s’affaiblit.

Astuce mémo

Le colon reste libre, l’esclave est juridiquement une chose

5. Royauté et administration mérovingiennes

Notions clés & Définitions

  • Ban : Pouvoir royal de commander, d’interdire et de contraindre, notamment pour exiger des services, lever des impôts et des armées ou faire la loi.
  • Mainbour : Pouvoir protecteur du roi, qui doit rendre la justice et maintenir la paix en contrepartie de l’obéissance de ses sujets.

★ À maîtriser

  • La légitimité mérovingienne est à la fois héréditaire, fondée sur le sang, et élective, car le roi doit être accepté par la haute aristocratie ; il doit être un homme.

  • À la mort du roi, le royaume mérovingien est partagé entre ses fils conformément à la conception patrimoniale du royaume, mais les Francs continuent de considérer qu’il n’existe qu’un seul royaume.

  • Le palais mérovingien est une institution administrative itinérante, constituée autour du roi, et non un bâtiment unique.

  • Le comte représente le roi dans son pagus, exerce par délégation le ban et le mainbour, garantit la paix et préside le tribunal local appelé mallus.

Compléments

  • Parmi les officiers et organes du palais figurent : les référendaires, qui rédigent et scellent les actes royaux, le maréchal ou connétable, qui gère les écuries et la cavalerie, le comte du palais, le maire du palais, la chancellerie

  • Le tribunal du palais est une juridiction d’exception, et non une juridiction d’appel, qui traite notamment les affaires touchant directement le roi et les cas de déni de justice.

  • Les plaids sont des assemblées à caractère consultatif, principalement composées de l’élite aristocratique, et il est traditionnellement réuni au moins un plaid au printemps, en mars.

Astuce mémo

Le roi exerce son ban et son mainbour depuis un palais itinérant, relayé par les comtes

6. Église et affaiblissement mérovingien

★ À maîtriser

  • Clovis reçoit le baptême chrétien entre 496 et 508, ce qui lui permet d’obtenir le soutien du clergé catholique.

  • Après la mort de Dagobert en 639, le pouvoir royal mérovingien s’affaiblit tandis que la fonction héréditaire de maire du palais, monopolisée par les Pippinides, se renforce.

  • En 751, Pépin le Bref est élu roi par les grands du royaume et Childéric III, dernier roi mérovingien, est déposé.

Compléments

  • Sous les Mérovingiens, l’évêque dirige un diocèse et les évêques sont en principe désignés par le clergé et le peuple, mais leur élection est souvent dirigée par les aristocrates puis confirmée par le métropolitain.

📌 Le clergé séculier vit au contact quotidien des fidèles, tandis que le clergé régulier limite autant que possible ses contacts avec les laïques, comme les moines dans les monastères.

  • Les monastères mérovingiens participent à la conservation du savoir en laissant des traces dans des manuscrits.

Astuce mémo

Partages du royaume → affaiblissement royal → montée des maires du palais

7. Sacre et pouvoir carolingiens

★ À maîtriser

  • Lors du sacre carolingien, l’onction du Saint Chrême fait du roi un personnage sacré et inviolable, et le roi se présente comme roi des Francs par la grâce de Dieu.

  • À l’époque carolingienne, le ministère royal est conçu comme une fonction de service envers Dieu et le peuple, qui engage le roi à gouverner avec équité et justice et à assurer la paix.

Compléments

  • En 754, Pépin le Bref reçoit une nouvelle cérémonie de sacre et fait sacrer ses deux fils.

📌 La théocratie royale désigne une situation où le roi l’emporte dans le rapport entre royauté et Église, tandis que la théocratie pontificale correspond à une forte influence de l’Église lorsque le pouvoir royal s’affaiblit.

  • Le couronnement impérial de Charlemagne réintroduit la notion de chose publique, c’est-à-dire l’action dans l’intérêt du peuple.

  • Le ministère royal doit défendre :

    • le clergé
    • les veuves
    • les orphelins
    • les pauvres

Astuce mémo

Onction → roi sacré → autorité royale renforcée

8. Administration et liens vassaliques carolingiens

Notions clés & Définitions

  • Missi dominici : Les missi dominici sont des envoyés du roi, généralement un comte et un évêque, chargés d’inspecter une circonscription et de punir les abus ; le roi peut les révoquer.

★ À maîtriser

📌 À l’époque carolingienne, le recommandé est davantage appelé vassal et le lien de dépendance est désigné comme vassalité.

  • Le service du vassal devient principalement militaire et le seigneur lui concède souvent un bénéfice, généralement une terre, pour lui permettre de financer son équipement de cavalerie lourde.

Compléments

  • Le capitulaire de Mersen de 847 cherche à généraliser les liens vassaliques et à inciter tous les hommes libres à devenir vassaux du roi ou d’un autre seigneur.

  • L’administration carolingienne conserve les comtés et le mallus, mais crée la fonction de vicomte et confie à des ducs, notamment aux frontières, des commandements militaires couvrant plusieurs comtés.

Astuce mémo

Terre concédée → revenu du vassal → service militaire

9. Déclin carolingien et avènement capétien

★ À maîtriser

  • À partir de la fin du IXe siècle, des chefs régionaux s’émancipent du roi, imposent l’hérédité de leurs charges et exercent en leur nom propre les prérogatives reçues du roi.

Compléments

  • Après les années 880, le roi perd progressivement son pouvoir législatif, l’autorité de sa justice et la capacité de lever des troupes.

📌 Au cours du siècle suivant, les Robertiens et les Carolingiens se succèdent selon le choix de l’aristocratie, tandis que l’élection d’un seul roi met fin aux partages territoriaux entre fils.

Astuce mémo

Verdun → émancipation des comtes → élection d’Eudes → Hugues Capet

10. Église et royauté carolingiennes

Notions clés & Définitions

  • Immunité : Prérogative accordée par le roi à certaines terres, où l’administration royale n’a plus le droit d’entrer.

★ À maîtriser

  • Sous les Carolingiens, le roi valide la nomination des évêques, ce qui s’explique par la sacralisation de la royauté.

📌 Le métropolitain, auparavant coordinateur, devient le chef hiérarchique des évêques de sa province.

📌 La théocratie royale place le roi à la tête du pouvoir, tandis que la théocratie pontificale affirme la supériorité morale de l’Église lorsque la royauté s’affaiblit, surtout sous Louis le Pieux.

  • Selon Gélase, l’auctoritas revient aux prêtres et la potestas au roi ; comme l’auctoritas est l’attribut le plus prestigieux, cette doctrine donne à l’Église un rôle directeur.

Compléments

  • Les évêques participent à l’administration royale au même titre que les comtes et les marquis.

📌 Une personne qui conteste le jugement d’un évêque peut saisir l’archevêque, supérieur hiérarchique des évêques.

  • Les décisions prises lors d’un concile par l’archevêque et les grands dignitaires de l’Église peuvent devenir des règles de droit.

📌 Durant la période carolingienne décrite, le pape n’est pas encore un chef hiérarchique donnant des ordres à l’Église.

  • Par l’immunité, le roi délègue à des dignitaires ecclésiastiques des prérogatives habituellement confiées au comte, ce qui affaiblit le pouvoir royal.

Astuce mémo

Théocratie royale : le roi dirige ; théocratie pontificale : l’Église donne le cap.

11. Sources laïques du droit

Notions clés & Définitions

  • Personnalité du droit : Soumet chaque individu au droit de son ethnie plutôt qu’à un droit commun territorial.
  • Wergeld : Composition pécuniaire qui incite l’auteur d’un méfait et sa victime à substituer le versement d’une somme d’argent à la vengeance.

★ À maîtriser

📌 Les sources laïques du droit distinguent la législation royale des lois ethniques, ces dernières concernant les sujets selon leur appartenance ethnique.

  • Les lois ethniques sont promulguées avec l’aide du pouvoir royal, mais elles sont élaborées avec une large consultation de l’aristocratie, contrairement aux lois royales qui procèdent du seul roi.

  • Les lois barbares sont des textes écrits issus de coutumes germaniques, que la mise par écrit en latin a contribué à romaniser.

  • Le Bréviaire d’Alaric est une loi romaine promulguée par les Wisigoths en 506, inspirée du Code théodosien et résumant le droit romain ; il est une source essentielle de sa transmission jusqu’au XIe siècle.

  • Les Mérovingiens légifèrent ponctuellement, tandis que les Carolingiens légifèrent régulièrement au moyen de capitulaires.

  • Les capitulaires sont d’abord rédigés au palais par le roi et ses conseillers, puis présentés lors d’un plaid pour obtenir le soutien de l’aristocratie, avant d’être transmis dans l’Empire et mis en œuvre rapidement par les missi dominici.

Compléments

  • La loi salique, loi franque mise par écrit sous Clovis, est considérée par les historiens comme la loi barbare la plus fidèle aux coutumes germaniques et affirme l’exclusion des femmes de l’hérédité.

  • Les capitulaires carolingiens traitent de matières diverses, peuvent s’appliquer à une région ou à tout l’Empire et servent notamment à conduire des politiques ambitieuses de maintien de la paix et de lutte contre la vengeance.

12. Personnalité et territorialité du droit

★ À maîtriser

  • Dans le système de personnalité du droit, une femme mariée suit la loi de l’ethnie de son mari ; hors mariage, la loi applicable est celle du père, sauf en cas de naissance hors mariage, où s’applique celle de la mère.

  • En cas de conflit entre des parties relevant d’ethnies différentes, la loi du défendeur prédomine en principe.

  • La personnalité du droit s’applique surtout au droit privé et à la matière pénale, tandis que le droit public relève de la territorialité, qui soumet les parties au droit du territoire.

  • À l’époque carolingienne, la territorialité progresse au détriment de la personnalité du droit, et les lois ethniques tombent en désuétude au milieu du IXe siècle.

Compléments

  • La fusion progressive des peuples, notamment par les mariages mixtes, rend l’appartenance ethnique plus difficile à déterminer et favorise l’apparition de droits régionaux, comme le droit romain dans le sud de la France.

  • L’uniformisation du droit contribue également au recul de la personnalité du droit au profit de la territorialité.

Astuce mémo

Personnalité : l’ethnie suit la personne ; territorialité : le droit suit le lieu.

13. Sources canoniques du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit canonique : Droit de l’Église, dont les règles proviennent notamment des Écritures et des interprétations des Pères de l’Église.
  • Décrétal : Lettre du pape exposant des principes à respecter ou une manière d’interpréter les dogmes.

★ À maîtriser

  • Le droit canonique concerne tôt les laïcs, notamment par les règles du mariage.

  • Les décrétales pontificales et la législation conciliaire, issue de réunions qui fixent des règles pour l’ensemble de la chrétienté, influencent le droit canonique.

Compléments

  • Le droit romain a influencé l’Église en raison des liens institutionnels entre l’Église et le pouvoir, notamment de la christianisation du pouvoir royal.

  • L’Église fixe des règles religieuses, notamment les dogmes relatifs au mariage et aux sacrements.

  • Des collections canoniques rassemblant les principales dispositions existent dès l’époque franque.

14. Les trois ordres médiévaux

Notions clés & Définitions

  • Servage : Dépendance de naissance envers un maître et surtout envers la terre de celui-ci ; le serf cesse de l’être s’il quitte cette terre.
  • Roturier : Membre libre du tiers ordre, distinct du serf, qui peut être paysan, commerçant ou artisan.

★ À maîtriser

  • La société médiévale est pensée en trois ordres (Adalbéron) :

    • Les oratores prient.
    • Les bellatores combattent.
    • Les laboratores travaillent.
  • Les clercs bénéficient de l’exemption du service armé, de l’exemption fiscale et du privilège du for, qui les soustrait aux juridictions laïques au profit des juridictions ecclésiastiques.

  • La noblesse réunit des héritiers de l’aristocratie franque et des hommes libres fortunés capables de combattre à cheval ; à partir du XIe siècle, ces derniers revendiquent le titre de chevalier.

📌 À partir du XIIe siècle, tout chevalier est noble, mais tout noble n’est pas chevalier.

  • Au XIIIe siècle, le droit reconnaît un statut nobiliaire et l’accès à la noblesse repose sur la naissance de parents mariés et nobles.

  • Les paysans forment environ 95 % de la population médiévale décrite et constituent l’essentiel des laboratores.

Compléments

  • La conception des trois ordres considère que chaque groupe remplit une fonction complémentaire au service de la société et conforme au plan de Dieu, tout en établissant une hiérarchie des oratores, des bellatores puis des laboratores.

📌 Le clergé est régulier ou séculier et ses membres sont soumis aux règles ecclésiastiques.

  • L’adoubement est le rite au cours duquel les armes sont remises au chevalier, et l’Église cherche à moraliser la chevalerie en lui assignant notamment la protection de l’Église et des personnes vulnérables ainsi que la préservation de la paix.

  • Les nobles disposent de privilèges fiscaux et d’un droit de guerre encadré leur permettant de se venger et de faire valoir leurs droits sans saisir les tribunaux.

  • Le servage réunit notamment d’anciens affranchis, colons et esclaves de l’époque franque ainsi que des personnes libres incapables de combattre à cheval.

  • La capacité juridique des serfs est très limitée, notamment pour se marier librement et transmettre leurs biens.

  • Le servage recule à partir du XIIIe siècle et décline jusqu’à disparaître dans certaines régions à la fin du Moyen Âge, à la fin du XVe siècle.

  • Les roturiers sont appelés vilains dans les campagnes et bourgeois dans les villes ; ils ont une pleine capacité juridique et supportent des charges moins lourdes que les serfs, tandis que certains, surtout des bourgeois, bénéficient de privilèges.

15. Seigneurs et relations féodales

Notions clés & Définitions

  • Seigneurie : Territoire sur lequel un seigneur exerce une domination ; le seigneur n’en est généralement pas propriétaire, car il la tient en fief d’un plus puissant.
  • Contrat vassalique : Fait entrer un vassal dans la dépendance d’un seigneur féodal et repose sur des obligations réciproques entre les deux parties.
  • Fief : Bien foncier auquel sont associés des droits concédés par le seigneur féodal, qui en demeure juridiquement propriétaire.
  • Ministériaux : Agents du seigneur chargés d’appliquer ses décisions et de relayer sa volonté.

★ À maîtriser

📌 Le seigneur banal exerce le ban sur un territoire, tandis que le seigneur féodal est la partie qui reçoit le vassal dans sa dépendance ; tout seigneur féodal est seigneur banal, mais l’inverse n’est pas toujours vrai.

  • La vassalité est établie par l’hommage puis le serment de fidélité, après lesquels le vassal doit obéissance et dévouement tandis que le seigneur doit protection, soutien et moyens de subsistance.

  • La saisie du fief est une reprise provisoire par le seigneur, tandis que la commise du fief en est la confiscation définitive.

  • Le fief se transmet héréditairement : à la mort du seigneur, le vassal le conserve en rendant hommage à son successeur, et à la mort du vassal, son successeur le reçoit en rendant hommage.

  • Dans l’ordre féodo-seigneurial, le vassal de mon vassal n’est pas mon vassal et ne relève donc pas directement de mon autorité.

  • Le ban seigneurial peut comprendre le pouvoir de rendre justice, maintenir la paix, imposer des règles, exiger des services et des corvées, faire la guerre et lever des impôts, mais il est rare qu’un seigneur réunisse toutes ces prérogatives.

Compléments

  • En contrepartie du fief, le vassal doit aide et conseil à son seigneur, notamment une aide financière et militaire, ainsi que l’obéissance.

📌 La sous-inféodation permet à un vassal de concéder à un autre seigneur une partie du fief reçu, sans pouvoir transmettre davantage de droits qu’il n’en possède.

  • Les sergents sont les agents présents sur le terrain qui contribuent au maintien de l’ordre.

  • Le sceau permet d’authentifier un acte comme exécutoire.

Astuce mémo

Le seigneur banal détient le ban ; le seigneur féodal reçoit le vassal dans sa dépendance.

16. Royauté capétienne et renouveau

Notions clés & Définitions

  • Ministère royal : Conception selon laquelle le roi doit servir la société en rendant justice, en maintenant la paix et en défendant les faibles.
  • Domaine royal : Ensemble des terres où le roi exerce directement son pouvoir sur les habitants, sans autorité intermédiaire.
  • Mouvance : Théorie qui affirme que toute terre appartient au roi et que tous les vassaux, directs ou indirects, sont liés à lui.

★ À maîtriser

  • Le sacre des rois se déroule à Reims à partir du Xe siècle et demeure un privilège royal, aucun autre seigneur n’étant sacré.

  • À partir de 987, les premiers Capétiens font élire et sacrer leur fils aîné de leur vivant afin que la transmission du pouvoir soit immédiate à la mort du roi.

  • À partir du XIIe siècle, deux principes de succession s’imposent : la préférence pour un fils plutôt qu’une fille et, entre les fils, la primogéniture.

  • Au début de l’époque capétienne, le domaine royal est très réduit et correspond environ à l’actuelle Île-de-France, avec Paris et Orléans comme grandes villes.

  • Louis VI et Louis VII mènent au XIIe siècle des interventions mesurées hors du domaine royal pour imposer leur volonté sur les territoires de leurs vassaux.

Compléments

  • À partir du XIe siècle, le roi est réputé thaumaturge, c’est-à-dire capable de guérir les malades par le toucher ; cette croyance perdure jusqu’à la Révolution.

  • Philippe Auguste est le dernier Capétien à recourir à l’élection anticipée de son fils, car le sacre du fils devient ensuite une évidence.

  • Jusqu’au début du XIIe siècle, aucun Capétien ne légifère, le roi n’est plus sollicité pour rendre justice dans tout le royaume et il ne peut maintenir la paix hors de son domaine.

  • Le roi est qualifié de suzerain au sommet de la pyramide féodale et tient son royaume de Dieu, sans dépendre d’un autre seigneur.

📌 L’expression « la couronne » désigne la puissance royale et témoigne de la conception de la royauté comme une institution.

  • La maisonnée royale rassemble les grands officiers aux charges domestiques et politiques, dont le premier est le sénéchal, tandis que la cour du roi est un organe itinérant de conseil à composition variable.

Astuce mémo

Sacre, hérédité, domaine : les appuis de la royauté capétienne.

17. Réforme grégorienne et pouvoir pontifical

Notions clés & Définitions

  • Réforme grégorienne : Mouvement de redressement de l’Église lancé face à sa crise politique et morale, qui s’étend du milieu du XIe à la fin du XIIe siècle.
  • Théorie des deux glaives : Théorie formulée au XIIe siècle, selon laquelle Dieu confie au pape le glaive spirituel et le glaive temporel, que le pape remet ensuite au roi ou aux princes laïques pour qu’ils l’exercent.
  • Simonie : Achat ou vente de biens spirituels ou de charges ecclésiastiques, une pratique interdite par l’Église.
  • Nicolaïsme : Désigne la contestation de l’exigence de célibat au sein du clergé, contre laquelle lutte la réforme grégorienne.
  • Légat du pape : Représentant pontifical qui assure le lien entre le pape et les différents clergés du royaume chrétien.

★ À maîtriser

  • La réforme grégorienne place le pape comme chef hiérarchique de l’Église chrétienne, position refusée par les chrétiens d’Orient, et la séparation entre catholiques d’Occident et orthodoxes d’Orient commence en 1054.

📌 Après sa désignation par son chapitre, l’évêque est confirmé par l’archevêque et dirige une justice d’Église ainsi qu’une justice seigneuriale.

📌 La doctrine grégorienne reprend l’idée gélasienne selon laquelle l’auctoritas des prêtres prévaut sur la potestas des rois, car les prêtres doivent rendre compte à Dieu des actes des rois.

Compléments

  • La crise politique de l’Église tient notamment à sa dépendance envers les laïcs pour la désignation de ses cadres, à la perte de contrôle sur son personnel et au fait que des évêques sont aussi des seigneurs banaux et des vassaux.

Astuce mémo

Le pape garde le glaive spirituel ; le prince reçoit le glaive temporel.

18. Ascension capétienne et sacre royal

Notions clés & Définitions

  • Instantanéité de la succession : Principe selon lequel le successeur devient roi dès la mort du roi précédent, sans attendre de procédure ni le sacre.

★ À maîtriser

  • La guerre de Cent Ans commence en 1337 et se termine en 1453 ; elle découle notamment de la prétention du roi d’Angleterre à la couronne de France et déstabilise la royauté, qui en ressort renforcée.

  • La cérémonie du sacre se fixe dans ses principaux caractères aux XIIIe et XIVe siècles sous la conduite de l’archevêque de Reims.

  • Lors du serment du sacre, le roi s’engage d’abord envers l’Église à la défendre et à préserver ses droits et privilèges, puis envers le peuple à garantir la paix et la justice, l’équité et la chasse aux hérétiques.

  • L’onction est le moment où l’archevêque bénit le roi avec la sainte chrême et où le roi reçoit ses pouvoirs de Dieu ; la sainte ampoule, associée au baptême de Clovis, renforce le caractère sacré de l’onction royale.

📌 Jusqu’au début du XIIIe siècle, le sacre paraît nécessaire pour que le roi soit pleinement roi, tandis qu’à partir de la fin du XIIIe siècle le règne commence à la mort du prédécesseur, avant le sacre éventuel.

Compléments

  • La dynastie capétienne se maintient pendant huit siècles, de l’avènement d’Hugues Capet en 987 jusqu’à la fin de la monarchie en 1792.

  • Les insignes du sacre comprennent l’épée, remise avant l’onction pour symboliser la défense du royaume et de l’Église, l’anneau, les deux sceptres — dont la main de justice au XVe siècle — et la couronne.

  • À partir du XIVe siècle, le titre de « roi très chrétien » est réservé au roi de France.

Astuce mémo

Serment, onction, insignes : les trois temps du sacre.

Tableaux de synthèse

Personnalité et territorialité du droit

CritèrePersonnalitéTerritorialité
RattachementEthnie de la personneTerritoire où se trouvent les parties
Champ principalDroit privé et matière pénaleDroit public
ÉvolutionPrédominante au début de l’époque franqueProgresse à l’époque carolingienne

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1. Concernant le droit et ses branches :

2. Une institution possède une souveraineté, un territoire et une population ; sa définition moderne est employée depuis le XVIe siècle. Concernant l’État et les périodes de l’Ancienne France, quelles propositions sont exactes ?

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Mémorisez les concepts clés de Institutions et droit médiévaux avec 10 flashcards interactives.

Que désigne le droit ?

Un ensemble de règles, de normes et d’institutions encadrant la société, ainsi que « l’art du bon et de l’équitable ».

Quelles relations le droit privé régit-il ?

Les relations entre particuliers.

À partir de quel régime le régime impérial romain apparaît-il ?

Du régime républicain, au Ier siècle av. J.-C.

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