★ À maîtriser
Le chapitre étudie l’avènement progressif d’un nouvel espace politique autour de l’opinion publique, de la citoyenneté, du vote, de ses exclusions et de la structuration des partis.
L’héritage révolutionnaire étudié comprend les symboles républicains, l’égalité, l’isonomie et le droit-créance, qui permet au citoyen d’attendre une intervention sociale de l’État. - François Démier, La France du XIXe siècle
Compléments
Le chapitre interroge les fonctions de l’État dans la cohésion nationale, l’économie et la société, notamment la régulation du travail, la protection sociale et les rapports entre Église et politique.
L’étude des revendications porte sur leurs acteurs, leurs mots et leurs moyens d’expression au-delà de la participation à la souveraineté nationale.
📌 La Constitution interdit à Louis-Napoléon Bonaparte de briguer un nouveau mandat en 1852, et l’Assemblée refuse la révision constitutionnelle qu’il demande.
📌 La loi électorale du 31 mai 1850 impose trois ans de résidence continue dans le même canton, contre six mois auparavant, et exclut de fait les travailleurs mobiles.
La loi du 31 mai 1850 prive environ 3 millions d’électeurs, soit près d’un tiers du corps électoral, du droit de vote.
Après le plébiscite des 21 et 22 novembre 1852, qui recueille 7,8 millions de oui, l’Empire est proclamé le 2 décembre 1852 sous Napoléon III.
La restriction du suffrage fournit à Louis-Napoléon un argument pour le coup d’État.
★ À maîtriser
Napoléon III considère que la démocratie doit s’incarner dans un homme et utilise le suffrage universel par le plébiscite pour renouveler la confiance du peuple.
Les candidatures officielles instaurent un plébiscite permanent : le régime soutient ouvertement un candidat, mobilise les fonctionnaires, entrave les campagnes d’opposition et exerce des pressions sur les électeurs.
📌 Sous le Second Empire, les libertés individuelles sont reconnues, mais les libertés publiques ne sont pas considérées comme leur prolongement naturel.
Compléments
Libertés individuelles reconnues, mais libertés publiques limitées.
★ À maîtriser
📌 La loi du 6 juin 1868 sur les réunions publiques supprime l’autorisation préalable, sauf pour les réunions portant sur des questions religieuses ou politiques.
Compléments
Adresse, interpellation, presse, réunions : les espaces du débat s’élargissent.
★ À maîtriser
Aux élections législatives de mai-juin 1869, les candidats favorables à l’Empire obtiennent un peu plus de 4,4 millions de voix et l’opposition plus de 3,3 millions, soit 40 % des suffrages.
Le 4 septembre 1870, après l’invasion du palais Bourbon par le peuple parisien, les députés républicains proclament la République à l’Hôtel de Ville et réclament un gouvernement de Défense nationale.
Compléments
★ À maîtriser
Le Second Empire a familiarisé les Français avec le vote par les plébiscites, tandis que l’Empire libéral a contribué aux progrès du parlementarisme.
Les élections du 8 février 1871 donnent une majorité conservatrice à l’Assemblée, qui compte environ 400 monarchistes et 150 républicains, dont 40 démocrates.
Le 17 février 1871, Adolphe Thiers est élu chef du pouvoir exécutif à titre provisoire, puis le pacte de Bordeaux du 10 mars l’engage à ne pas prendre parti sur la nature du régime.
Le 10 mai 1871, Thiers signe le traité de Francfort, qui impose la perte de l’Alsace-Moselle et l’occupation du territoire jusqu’au paiement d’une lourde réparation.
Après l’échec de la reprise des canons de la Garde nationale dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, Thiers et son gouvernement fuient à Versailles, puis le comité central de la Garde nationale s’installe à l’Hôtel de Ville et annonce l’élection de la Commune.
La Commune de Paris est proclamée le 28 mars 1871 après l’élection de ses représentants au suffrage universel.
Parmi les mesures de la Commune figurent : la séparation de l’Église et de l’État, la démocratie directe, l’établissement d’une armée populaire et la suppression de l’armée permanente, l’instruction primaire laïque, gratuite et obligatoire, la réquisition des ateliers et la création de coopératives ouvrières sans remise en cause de la propriété privée
Le 21 mai 1871, l’armée de Versailles entre dans Paris et déclenche la Semaine sanglante, qui s’achève avec la fin de la résistance le 28 mai.
La répression versaillaise de la Commune fait entre 20 000 et 30 000 morts, 40 000 arrestations, environ 4 100 déportations et 5 000 à 10 000 exils.
Le 2 juillet 1871, les républicains et les libéraux remportent environ 90 des 114 sièges pourvus lors des élections complémentaires.
Compléments
La République sociale de la Commune s’oppose à la République légaliste des modérés.
★ À maîtriser
📌 Les légitimistes soutiennent la branche aînée des Bourbons et le comte de Chambord, tandis que les orléanistes soutiennent la branche des Orléans et défendent une monarchie parlementaire à l’anglaise.
📌 Les libéraux du centre gauche privilégient le parlementarisme et limitent l’influence de l’Église sur la société civile, tandis que le centre droit souhaite davantage cette influence religieuse.
📌 Le clivage politique majeur porte sur la présence ou l’absence d’un monarque à la tête du pays.
Le 5 juillet 1871, le comte de Chambord affirme dans un manifeste son attachement au drapeau blanc, qu’il associe à la patrie et à sa propre destinée.
L’échec de la fusion entre légitimistes et orléanistes rend impossible une restauration monarchique et conduit à renforcer le pouvoir de Thiers, dont les monarchistes se méfient.
Le 31 août 1871, la loi Rivet donne à Thiers le titre de président de la République pour la durée des travaux de l’Assemblée et le nomme président du Conseil des ministres.
📌 La loi Rivet constitue une étape vers le régime parlementaire en rendant le président et le Conseil des ministres responsables devant le Parlement, tandis que les institutions restent provisoires et que l’Assemblée s’attribue le pouvoir constituant.
Compléments
Les légitimistes modérés acceptent le drapeau tricolore, l’héritage révolutionnaire et les libertés publiques, tandis que l’extrême droite légitimiste défend une monarchie chrétienne hiérarchisée et ultramontaine.
Les orléanistes sont un peu plus de 210, les légitimistes moins de 200 et les libéraux du centre gauche environ 100.
Les bonapartistes se situent en marge du clivage politique entre droite et gauche.
Une majorité écrasante des parlementaires accepte l’héritage de la Révolution française.
L’attachement de Chambord au drapeau blanc exprime le droit divin face à la souveraineté populaire.
Droit divin du drapeau blanc contre souveraineté populaire
★ À maîtriser
La loi militaire de juillet 1872 fixe le service militaire à cinq ans, mais les nombreuses dispenses empêchent la création d’une véritable armée nationale.
Le 13 novembre 1872, Thiers déclare que la République est le gouvernement légal du pays et que vouloir un autre régime provoquerait une nouvelle révolution.
Le discours de Thiers du 13 novembre 1872 marque la rupture du pacte de Bordeaux et sa prise de parti pour la République.
Le 24 mai 1873, l’Assemblée vote contre Thiers par 360 voix contre 344, et celui-ci démissionne.
Compléments
Pour payer les réparations du traité de Francfort, le gouvernement de Thiers recourt à deux emprunts nationaux en 1871 et 1872, puis les dernières troupes prussiennes évacuent le territoire en septembre 1873.
Thiers renforce la centralisation en accroissant le pouvoir des préfets, au désaccord des députés favorables à la décentralisation.
La loi militaire de 1872 associe la citoyenneté à l’accomplissement de devoirs.
Le 13 mars 1873, l’Assemblée vote la loi dite du « cérémonial chinois », qui codifie les interventions du président devant les parlementaires.
En avril 1873, le duc de Broglie interpelle Thiers sur la nécessité de faire prévaloir une politique résolument conservatrice.
Le soir de la démission de Thiers, les députés élisent le maréchal de Mac Mahon président de la République.
Sous Thiers, Gambetta cherche à rassurer l’opinion et à gagner des soutiens républicains en parcourant les provinces et en multipliant les discours.
Les « couches nouvelles » que Gambetta veut rallier comprennent des commerçants, des employés et des médecins, issus notamment de la petite propriété, de la démocratisation scolaire et du développement économique du Second Empire.
★ À maîtriser
Le 5 août 1873, le comte de Paris rencontre le comte de Chambord à Frohsdorf et convient qu’en cas de restauration Chambord régnerait, un Orléans devant lui succéder.
Le 27 octobre 1873, le comte de Chambord refuse dans un manifeste publié par L'Union toute concession au libéralisme orléaniste, notamment le drapeau tricolore, et défend la monarchie de droit divin.
Le 19 novembre 1873, les pouvoirs de Mac Mahon sont prolongés pour sept ans afin de maintenir le provisoire dans l’attente d’une possible restauration monarchique.
Compléments
En 1873, plus de 100 députés participent au pèlerinage de Paray-le-Monial.
Le projet de la basilique du Sacré-Cœur est lancé en 1871 pour expier la Commune et manifester une solidarité avec le pape.
Le 24 juillet 1873, l’Assemblée valide le choix du lieu de construction de la basilique du Sacré-Cœur, qui surplombe les quartiers populaires du bas Montmartre.
L’ordre moral permet aux préfets de fermer des cercles et de supprimer des journaux dans le cadre de l’état de siège.
Le chef de l’État et les préfets reçoivent le droit de nommer les maires dans toutes les communes.
Sous l’ordre moral, la commémoration du 14 juillet et l’exposition de Marianne dans les mairies sont interdites.
Une commission de 30 membres est chargée d’étudier et de préparer les projets de lois constitutionnelles.
Le refus du drapeau tricolore par Chambord fait échouer la restauration
★ À maîtriser
Le 30 janvier 1875, l’amendement Wallon prévoit que le président de la République est élu à la majorité des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale.
L’amendement Wallon, adopté par 353 voix contre 352, fait de la présidence une fonction du régime plutôt qu’un attribut personnel et constitue la seule mention du mot « République » dans les lois constitutionnelles.
Les lois constitutionnelles de 1875 résultent de l’incapacité des monarchistes à s’accorder sur une fusion et d’une entente entre les centres politiques.
La loi sur le Sénat institue 75 sénateurs inamovibles élus à vie et désignés initialement par l’Assemblée de 1871.
La loi sur le Sénat institue 225 sénateurs élus pour neuf ans au suffrage universel indirect par des collèges électoraux départementaux, avec renouvellement par tiers.
Le président de la République est élu par les deux chambres et le Conseil des ministres est solidairement responsable devant elles.
Les lois de 1875 établissent un régime parlementaire soutenu par les républicains et conforme à l’idéal orléaniste, tandis que la Chambre des députés élue au suffrage universel direct et le Sénat disposent des mêmes droits sur les lois et le budget.
Le 30 novembre 1875, la loi électorale accorde le droit de vote aux hommes de plus de 21 ans justifiant de six mois de résidence et n’étant pas sous les drapeaux ; l’éligibilité est fixée à 25 ans.
Les orléanistes voient dans la révision constitutionnelle une possibilité de transformer le régime en monarchie constitutionnelle, tandis que les républicains considèrent les députés comme les dépositaires de la souveraineté nationale.
Compléments
La IIIe République est définie par un ensemble de lois constitutionnelles plutôt que par une Constitution unique.
Le 24 février 1875, la loi organise le Sénat et est adoptée par 435 voix contre 234.
Le 25 février 1875, la loi organise les pouvoirs publics et est adoptée par 425 voix contre 254.
Le 16 juillet 1875, la loi sur les rapports entre les pouvoirs publics est adoptée par 520 voix contre 94.
Le président de la République nomme les ministres, peut dissoudre l’Assemblée avec l’accord du Sénat, convoque ou ajourne les chambres, et préside le Conseil des ministres.
Le président de la République a l’initiative des lois et de la révision constitutionnelle, promulgue les lois dans le mois et peut demander une nouvelle délibération par un message motivé.
Le président de la République négocie et ratifie les traités et possède le droit de grâce.
★ À maîtriser
Aux élections législatives de février-mars 1876, les républicains obtiennent 363 sièges contre 180 pour la droite.
La crise institutionnelle oppose une Chambre républicaine à un président et un Sénat conservateurs, dans un régime où le gouvernement doit obtenir leur confiance.
Le 16 mai 1877, Mac Mahon obtient la démission de Jules Simon, appelle le duc de Broglie à former un cabinet d’ordre moral et ajourne la Chambre pour un mois.
Après le refus de confiance de la Chambre envers Broglie, Mac Mahon obtient du Sénat la dissolution de la Chambre, puis de nouvelles élections soumettent le conflit entre l’exécutif et le législatif au peuple souverain.
Compléments
Le 30 janvier 1876, les conservateurs remportent de justesse les élections sénatoriales avec 151 sièges sur 300.
Le 4 mai 1877, l’Assemblée vote un ordre du jour inspiré par Gambetta qui invite le gouvernement à réprimer les manifestations ultramontaines.
Mac Mahon invoque une responsabilité du président envers la France, sans fondement juridique, pour justifier son action du 16 mai 1877.
Mac Mahon défend l’exécutif, les républicains la majorité parlementaire
★ À maîtriser
Aux élections législatives des 14 et 28 octobre 1877, les républicains remportent 327 sièges contre 208 pour les conservateurs.
Après la victoire républicaine de 1877, Mac Mahon accepte la démission de Broglie et nomme Dufaure président du Conseil, faisant entrer la gauche au gouvernement.
Lors du renouvellement sénatorial de 1879, les républicains remportent 66 sièges sur 96 et les monarchistes ne détiennent plus que 126 sièges sur 300.
Le 30 janvier 1879, Mac Mahon démissionne après s’être opposé à la mise à la retraite de dix généraux conservateurs; Jules Grévy lui succède le même jour.
Jules Grévy affirme qu’il ne luttera pas contre la volonté nationale exprimée par les organes constitutionnels, conformément au régime parlementaire.
Les symboles et les mesures républicaines de 1879-1880 contribuent à construire un imaginaire républicain fondé sur la paix, la grandeur nationale, le progressisme social et la primauté des idées libérales et de l’individu sur la société et l’État.
Compléments
Le 14 décembre 1877, Mac Mahon adresse un message aux chambres; après la crise, l’usage de la dissolution diminue.
En 1877, les républicains remportent 20 000 communes sur 36 000 aux élections municipales.
Le 4 février 1879, Waddington est appelé à constituer un gouvernement républicain pouvant s’appuyer sur l’ensemble des institutions.
Le 14 février 1879, La Marseillaise est adoptée comme hymne national.
Le 27 novembre 1879, l’Assemblée et le Sénat reviennent s’installer à Paris après la révision constitutionnelle du 21 juin 1879.
Le 6 juillet 1880, le 14 juillet devient la fête nationale.
Le 11 juillet 1880, les communards sont amnistiés et peuvent revenir sur le territoire.
Victoire électorale, démission de Mac Mahon, symboles républicains
★ À maîtriser
En 1876, Gambetta définit l’opportunisme comme une politique qui n’engage une question jusqu’au bout que lorsqu’une majorité nationale est assurée.
En 1881, Gambetta définit l’opportunisme comme une politique avisée qui saisit les circonstances favorables sans rien sacrifier au hasard ni à l’esprit de violence.
La IIIe République est souvent présentée comme le modèle de la république parlementaire, mais les rapports parlementaires se mettent en place par la pratique plutôt que par les lois de 1875.
📌 Jules Ferry juge les lois de 1875 satisfaisantes parce qu’elles garantissent l’équilibre des trois pouvoirs et défend le droit présidentiel de dissolution, la nomination aux emplois civils et militaires et le maintien d’un Sénat représentant les collectivités territoriales.
Les radicaux, attachés à l’héritage de 1848, souhaitent que la souveraineté s’exprime par une assemblée unique, conception qualifiée de jacobine.
Le 14 août 1884, la révision partielle des lois constitutionnelles constitue un compromis qui ne modifie pas profondément les lois de 1875.
📌 La révision de 1884 interdit de proposer une révision de la forme républicaine du gouvernement et rend inéligibles à la présidence les membres des familles ayant régné sur la France.
Compléments
Les républicains de gouvernement, notamment Gambetta et Jules Ferry, sont aussi appelés opportunistes.
Dans la pratique opportuniste, seules les mesures favorables sont engagées, comme l’illustre l’application du programme de Belleville.
Les lois constitutionnelles de 1875 sont issues d’un compromis et non d’une réforme entreprise par les républicains.
En 1884, les opportunistes acceptent la suppression des sénateurs inamovibles et la modification des élections sénatoriales afin d’augmenter le poids des villes.
Ferry défend l’équilibre girondin ; les radicaux privilégient l’assemblée jacobine.
★ À maîtriser
📌 Les décisions gouvernementales sont partagées collectivement, et un refus de confiance entraîne la chute du cabinet.
Compléments
Jules Grévy a longtemps refusé d’appeler Gambetta à la tête du gouvernement lors de la formation des cabinets.
Jean Casimir-Périer et Alexandre Millerand figurent parmi les présidents poussés à la démission lorsqu’ils ne se conforment pas aux attentes du Parlement.
Entre juin 1899 et juillet 1909, seuls cinq cabinets se succèdent, ce qui nuance l’image d’une instabilité ministérielle constante.
Le président renonce à dissoudre → la Chambre gagne en ascendant et les cabinets deviennent instables.
★ À maîtriser
Le temps de parole des députés n’est pas limité, et les débats parlementaires peuvent durer très longtemps.
Les sessions parlementaires deviennent permanentes, du 1er septembre au 14 juillet, et le métier de député devient un travail à temps complet.
Les commissions parlementaires jouent un rôle fondamental dans la conception des textes de loi, même si l’initiative législative est partagée avec le président.
📌 La Chambre vote le budget et peut s’emparer de tout texte entraînant une dépense, ce qui lui donne un ascendant sur le gouvernement.
Compléments
Le budget de 1911 est adopté après 101 jours de débats et 970 discours prononcés par 278 parlementaires.
La loi de séparation des Églises et de l’État, absente du programme du cabinet Combes, résulte principalement du travail des deux assemblées entre juin 1903 et décembre 1905.
★ À maîtriser
Le 24 février 1875, une loi donne au Sénat le pouvoir de se constituer en Haute Cour de justice pour juger le président, les ministres et les auteurs de complots.
La crise boulangiste est favorisée par la crise économique de 1882, l’antiparlementarisme lié à l’instabilité ministérielle, le scandale des décorations et le sentiment nationaliste que la République ne prépare pas la revanche contre l’Allemagne.
La popularité de Boulanger repose notamment sur : l’amélioration de la vie des soldats, la modernisation de l’armement, la radiation de l’armée des membres des familles ayant régné sur la France, un projet de service militaire de trois ans sans exemptions
Le programme antiparlementaire de Boulanger se résume à « Dissolution, Élection, Révision » et vise le retour à une république de type bonapartiste dotée d’un exécutif fort.
Compléments
En janvier 1886, le général Boulanger devient ministre de la Guerre dans les cabinets Freycinet puis Goblet.
Le 17 mai 1887, le cabinet Goblet tombe par 275 voix contre 267 après que les républicains modérés se sont opposés à sa politique de surenchère face à l’Allemagne.
Le 14 août 1889, la Haute Cour condamne par contumace Boulanger et ses soutiens pour complot et attentat visant à changer la forme du gouvernement.
Après la crise boulangiste, les candidatures multiples sont supprimées et le scrutin uninominal est rétabli afin de limiter le risque plébiscitaire.
★ À maîtriser
La loi du 29 juillet 1881 établit un régime libéral pour la presse en supprimant l’autorisation préalable de création, le cautionnement et le droit de timbre.
La loi de 1881 maintient comme délits de presse :
La culture politique républicaine se méfie des corps intermédiaires entre l’individu et la nation indivisible, dans le prolongement de la loi Le Chapelier de 1791 abolissant les corporations.
La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 légalise les syndicats professionnels afin de permettre la constitution de groupes d’intérêts sociaux sans nuire à l’intérêt général.
Compléments
📌 Les délits de presse sont jugés par un jury populaire, et la vente sur la voie publique ainsi que le colportage sont autorisés.
Le Petit Journal, journal républicain conservateur, passe de 220 000 exemplaires en 1872 à 700 000 en 1882, puis atteint un million au tournant du siècle.
L’essor de la presse, favorisé par des progrès techniques comme la rotative et par la presse à un sou, stimule une opinion publique à l’échelle nationale.
📌 La loi de 1884 exclut les fonctionnaires des syndicats et interdit les activités d’ordre religieux ou politique.
📌 L’autorisation reste nécessaire pour les associations de plus de 20 personnes, tandis que le gouvernement fait preuve de souplesse envers les cercles locaux.
★ À maîtriser
Les lois scolaires de 1881-1882 rendent l’enseignement primaire gratuit en 1881, puis obligatoire de 6 à 13 ans et laïque en 1882 pour les garçons comme pour les filles.
La loi du 27 juillet 1872 instaure un service militaire de cinq ans avec tirage au sort, aménagements et dispenses, tandis que la loi du 15 juillet 1889 généralise un service de trois ans et réduit fortement les exemptions.
La caserne contribue à l’apprentissage du français, au brassage social, à la formation civique et à la discipline des corps des jeunes hommes venus de différentes régions.
Compléments
De 1880 à 1890, la part des dépenses scolaires dans le budget de l’État passe de 3,7 % à 7,1 %.
En 1913, la proportion de conscrits illettrés tombe à 5 %, selon l’enquête Maggiolo.
La loi Goblet du 30 octobre 1886 organise la laïcisation du personnel enseignant public en remplaçant les instituteurs congréganistes par des laïcs en cinq ans.
Le lycée demeure payant et seuls 5 % d’une classe d’âge poursuivent leurs études au-delà de 13 ans au lycée.
Selon Odile Roynette, dans Bons pour le service. L’expérience de la caserne à la fin du XIXe siècle en France, la caserne participe à la « fabrique des soldats ».
Les cérémonies militaires du 14 juillet, mises en place dès 1880, diffusent une liturgie militaire et nourrissent l’imaginaire de la Revanche et de la puissance militaire française.
L’école transmet une culture commune aux enfants ; la caserne brasse et discipline les conscrits.
| Courant | Repère dynastique | Orientation |
|---|---|---|
| Légitimistes | Bourbons, comte de Chambord | Branche aînée |
| Orléanistes | Descendance de Louis-Philippe | Monarchie parlementaire à l’anglaise |
| Centre gauche | Tradition orléaniste | Parlementarisme, moindre influence de l’Église |
| Liberté | Mesure réclamée |
|---|---|
| Individuelle | Abroger la loi de sûreté générale |
| Presse | Modifier des articles du décret sur la presse |
| Électorale | Supprimer la candidature officielle |
| Représentation nationale | Accorder le droit d’interpellation |
| Majorité | Rendre le gouvernement responsable devant la chambre |
Teste tes connaissances sur La République et son institutionnalisation avec 71 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Pour étudier la formation de la vie politique au XIXe siècle, quel ensemble de phénomènes correspond aux axes du chapitre ?
2. Dans l’héritage révolutionnaire étudié, quelle attente le droit-créance autorise-t-il un citoyen à nourrir envers l’État ?
Mémorisez les concepts clés de La République et son institutionnalisation avec 98 flashcards interactives.
Quels thèmes politiques le chapitre étudie-t-il autour de l’opinion publique ?
La citoyenneté, le vote, ses exclusions et la structuration des partis.
Quel nouvel espace politique le chapitre étudie-t-il autour de l’opinion publique ?
Un nouvel espace politique qui se met en place progressivement.
Quel ouvrage de François Démier est associé à l’héritage révolutionnaire étudié ?
La France du XIXe siècle.
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