★ À maîtriser
📌 Un outil peut être posé sans que l’utilisateur cesse d’être lui-même, tandis que le langage pourrait être constitutif de l’humanité de l’Homme.
Compléments
📌 Le langage désigne une capacité humaine, tandis que les langues sont des systèmes particuliers de signes.
Outil que l’on pose / élément constitutif de l’humanité
★ À maîtriser
📌 Un signe naturel renvoie à quelque chose par un lien naturel de cause à effet, tandis qu’un signe conventionnel repose sur un accord quant à sa signification.
Compléments
Reconnaître un signe demande de l’identifier et d’en interpréter le sens.
Un signe naturel peut être utilisé intentionnellement et devenir alors conventionnel, comme lorsqu’une personne fait volontairement de la fumée pour prévenir quelqu’un.
Un panneau « STOP » est un signe matériel présent qui renvoie à l’idée qu’il faut s’arrêter.
La fumée indique naturellement la présence possible d’un feu, tandis qu’un feu rouge signifie conventionnellement qu’il faut s’arrêter.
Fumée : cause naturelle ; feu rouge : convention
★ À maîtriser
📌 Pour Ferdinand de Saussure, le signe linguistique associe un signifiant, forme sonore ou visible du mot, et un signifié, concept ou idée exprimé.
📌 Les règles d’utilisation des signes varient, mais elles doivent être communes au groupe linguistique pour permettre la communication.
Compléments
★ À maîtriser
📌 Le message des abeilles est un signal qui déclenche une action de recherche de nourriture, tandis qu’un message humain peut appeler une réponse et être construit à partir d’un autre message.
Compléments
Descartes soutient que l’absence de langage chez l’animal révèle l’absence de pensée et précise sa définition de la parole pour distinguer l’Homme de l’animal. - lettre au Marquis de Newcastle
Karl Von Frisch observe que les abeilles indiquent une source de nourriture par des danses en cercles horizontaux ou en figures en forme de huit, qui renseignent sur l’orientation et la distance.
Un nombre limité de morphèmes peut être combiné pour produire un nombre illimité d’énoncés ayant du sens.
Benveniste caractérise la communication des abeilles par :
Signal déclencheur chez l’abeille / langage humain recombinable
★ À maîtriser
Le mot est un substitut symbolique de l’objet et permet d’évoquer une sensation à distance, sans la ressentir directement.
Le langage articulé constitue un élément essentiel de l’humanité et modifie le rapport de l’être humain au monde, aux autres et à lui-même.
Le langage permet l’abstraction en regroupant dans une forme commune ce qui a été perçu de commun dans des sensations singulières.
Compléments
📌 Une relation immédiate relie deux termes sans intermédiaire, tandis qu’une relation médiate passe par un médiateur et comporte trois termes.
La sensation est immédiate, singulière, dépend de la présence de l’objet qui la provoque et ne peut être éprouvée qu’au présent.
Le langage permet d’enregistrer et de conserver en mémoire des expériences qui, sans lui, restent des états de conscience fragiles.
Selon Rousseau, le langage permet à l’esprit de former des idées générales et de déployer une pensée abstraite, conceptuelle et complexe. - Le langage et pensée
Le mot permet de penser ce qui n’est pas présent dans l’expérience immédiate et de se projeter dans le passé ou l’avenir.
Pour Claude Lévi-Strauss, le langage articulé constitue la ligne de démarcation entre la culture humaine et la nature.
Sensation immédiate, mot médiateur
★ À maîtriser
📌 Le langage peut sembler trop lâche lorsque les mots expriment autre chose que l’intention du locuteur, ou trop étroit lorsqu’il ne parvient pas à exprimer toute la richesse de sa pensée.
Compléments
L’image du vêtement trop large figure les mots qui déforment ou dépassent l’intention, tandis que celle du vêtement trop étroit figure un langage qui réduit la pensée exprimée.
L’image du corps et du vêtement suggère que la pensée et le langage sont deux réalités distinctes et que la pensée pourrait exister sans le langage.
Vêtement trop large : sens déformé ; vêtement trop étroit : pensée réduite
★ À maîtriser
📌 Une pensée limitée par un usage incomplet ou incorrect de la langue relève d’une maîtrise insuffisante, tandis qu’une limite attribuée à la nature des mots concerne la langue elle-même, même lorsqu’elle est maîtrisée.
Un vocabulaire riche aide à désigner les choses et à exprimer les nuances, tandis qu’un vocabulaire limité réduit la capacité de penser et d’exprimer ces nuances.
Les mots ne sont pas les choses elles-mêmes : le mot général désigne un concept qui rassemble les caractéristiques communes et essentielles d’une classe d’objets, en laissant de côté la singularité de l’objet particulier.
Les mots sont généraux et désignent des concepts, si bien qu’ils laissent de côté la singularité des objets et des expériences.
Dans l’extrait de l’Essai sur les données immédiates de la conscience, Bergson affirme que le langage fixe l’aspect objectif et impersonnel des sentiments, alors que chacun aime et hait d’une manière qui reflète sa personnalité.
Selon Bergson, les idées juxtaposées par le langage ne se pénètrent pas comme les états de conscience, et la pensée demeure ainsi incommensurable avec le langage.
Compléments
La maîtrise de la langue suppose de respecter :
Une maîtrise inégale de la langue peut instaurer une hiérarchie entre les locuteurs et placer celui qui la maîtrise mal en position d’infériorité.
Selon Bergson, le romancier tente de rendre aux sentiments et aux idées leur individualité vivante en les tirant du domaine public par une multiplicité de détails juxtaposés.
Le langage fige les choses et donne l’illusion de la stabilité du réel, alors que le réel change continuellement ; le mot « je » sert d’exemple à cette difficulté.
Les mots distincts et successifs peuvent faire croire que les réalités qu’ils désignent sont séparées, alors que les sentiments sont liés et ne sont pas juxtaposés comme les mots.
Bergson soutient que la représentation spatiale suggérée par le langage n’est pas légitime pour représenter les états de conscience.
★ À maîtriser
Présenter le langage comme un vêtement de la pensée suppose l’antériorité de la pensée, la séparation de la pensée et du langage, et la supériorité de la pensée.
Dans L’évolution pédagogique en France, Durkheim soutient que le langage n’est pas un vêtement extérieur de la pensée, mais un élément qui la constitue et la rend possible. - E. Durkheim
Hegel soutient que nous ne sommes conscients de pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons une forme objective dans les mots. - Philosophie de l’esprit, 1861
Compléments
Durkheim affirme que les formes complexes de la vie mentale n’auraient pu se constituer sans l’aide des mots et que l’étude de la langue peut donc être une étude de la pensée. - E. Durkheim, L’évolution pédagogique en France
Hegel considère que le son articulé unit intimement l’externe et l’interne, et qu’il est donc insensé de vouloir penser sans les mots. - Philosophie de l’esprit, 1861
Pour Hegel, l’ineffable n’est pas une pensée supérieure, mais une pensée obscure qui ne devient claire qu’en trouvant les mots. - Philosophie de l’esprit, 1861
Le vêtement sépare langage et pensée ; l’élément intégrant les unit.
★ À maîtriser
L’esprit prend conscience de lui-même lorsqu’il formule ses pensées en mots, qui rendent celles-ci exprimables à soi-même et aux autres.
La répétition de mots ou de formules toutes faites sans leur donner de véritable signification transforme l’extériorisation de la pensée en aliénation.
Le langage rend la pensée possible, mais il peut aussi la faire disparaître ; il peut donc y avoir du langage sans véritable pensée, mais pas de pensée sans langage.
Compléments
L’esprit ne se saisit pas immédiatement et a besoin de la médiation du langage pour s’extérioriser dans les mots.
Dans l’aliénation de la pensée par le langage, la pensée est déposée au profit des mots qui l’asservissent et la conditionnent.
Pour se libérer autant que possible des limites du langage, il ne faut pas y renoncer, mais clarifier, compléter et corriger chaque parole par une autre parole.
Les mots rendent la pensée saisissable ; répétés sans sens, ils l’asservissent.
★ À maîtriser
Dans Le fondement de la morale, M. Conche distingue l’ordre adressé à quelqu’un sans reconnaître son droit de répondre du dialogue avec un interlocuteur considéré comme capable de vérité et libre.
La parole peut servir d’instrument de pouvoir pour dominer autrui ou de moyen pour élaborer des pensées en commun.
Dans un dialogue, chaque participant considère en principe l’autre comme son égal, capable de vérité et libre.
Compléments
L’ordre impose le silence ; le dialogue reconnaît un interlocuteur.
★ À maîtriser
📌 Le vrai est conforme à la réalité, tandis que le vraisemblable a seulement l’apparence du vrai et n’est pas nécessairement vrai.
📌 Pour Platon, le philosophe utilise la parole pour chercher la vérité avec son interlocuteur, tandis que le sophiste l’utilise pour produire un effet et exercer une domination.
Compléments
📌 Dans Phèdre, Platon oppose la recherche du vrai à l’usage oratoire du vraisemblable, notamment au tribunal où les faits passés sont connus par témoignage.
Le philosophe cherche le vrai ; le sophiste vise l’effet.
★ À maîtriser
Convaincre consiste à obtenir l’adhésion de l’interlocuteur en exposant des raisons qui s’adressent à sa raison.
Persuader consiste à obtenir l’adhésion de l’autre sans faire intervenir sa raison, notamment en jouant sur l’émotion.
Selon la critique de Platon, la rhétorique sophistique peut manipuler un peuple en jouant sur ses émotions et en plaçant l’ignorant sous le pouvoir de celui qui sait.
Compléments
Dans le Gorgias de Platon, Gorgias affirme pouvoir persuader des patients d’avaler un remède sans connaître la médecine, grâce à la rhétorique.
Dans l’exemple rapporté, Alcibiade flatte le peuple athénien pour le persuader de faire la guerre en Sicile, en lui promettant une victoire facile.
Convaincre par les raisons ; persuader sans mobiliser la raison.
★ À maîtriser
📌 Un dialogue doit respecter des règles logiques, notamment le principe de non-contradiction, qui interdit d’affirmer une proposition et son contraire.
📌 Un dialogue exige de traiter l’interlocuteur comme l’égal en capacité de penser et d’accepter de réfuter et d’être réfuté.
Compléments
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1. Quelle capacité définit le langage ?
2. Une personne compare le langage à un marteau : elle remarque qu’on peut poser le marteau sans cesser d’être soi-même, puis se demande si renoncer au langage aurait la même conséquence. Quelle distinction cette comparaison met-elle en évidence ?
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Qu’est-ce que le langage ?
La capacité d’utiliser un système de signes pour exprimer ses pensées et les communiquer aux autres.
Qu’est-ce qui distingue un outil du langage dans le rapport à l’humanité ?
Un outil peut être posé sans que l’utilisateur cesse d’être lui-même, tandis que le langage pourrait être constitutif de l’humanité de l’Homme.
Quelle question philosophique le statut du langage pose-t-il pour l’humanité ?
Le langage est-il contingent et dispensable, ou essentiel à l’humanité de l’Homme ?
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