Fiche de révision : Le Mal de Rimbaud

Plan du Cours

  1. La guerre et ses images violentes
  2. Le pouvoir royal et la guerre-machine
  3. La plainte du poète et la Nature
  4. Dieu et la satire du culte
  5. Les mères et la chute finale
  6. Versification et indignation poétique

1. La guerre et ses images violentes

★ À maîtriser

📌 Les « crachats rouges » associent la métonymie du sang des blessures à une personnification écœurante de la mitraille, tandis que le verbe « sifflent » évoque le bruit des canons.

📌 L’expression « tout le jour » souligne la durée de la guerre et « l’infini du ciel bleu » l’immensité du champ de bataille, tandis que le rouge du sang contraste avec la sérénité du ciel.

  • Dans les deux quatrains du poème, Rimbaud dénonce la guerre à travers un vocabulaire militaire comprenant notamment « mitraille » et « bataillons ».

Compléments

📌 Les uniformes « écarlates ou verts » désignent respectivement les armées française et allemande.

  • L’allitération en [f] et en [r], la répétition de « ail » et les monosyllabes produisent des harmonies imitatives du chant de bataille, des cris de souffrance et des coups de fusil.

Astuce mémo

Le rouge sang des « crachats » tranche sur le « ciel bleu » paisible.

2. Le pouvoir royal et la guerre-machine

★ À maîtriser

📌 Dans les six premiers vers, le registre épique est détourné : l’ampleur de la bataille ne célèbre pas la grandeur guerrière, mais accentue l’horreur de la mort.

  • Le « Roi » sans nom, écrit avec une majuscule, représente le pouvoir et désigne également Napoléon III, que Rimbaud présente comme méprisant envers ses soldats.

  • L’hyperbole « cent milliers d’hommes » oppose la masse indéterminée des soldats à la guerre personnifiée, qui les « broie » et les réduit à un « tas fumant ».

Compléments

📌 La rime entre « raille » et « mitraille » associe ironiquement le mépris du roi à la violence de la guerre.

  • L’expression « une folie épouvantable » constitue un pléonasme ironique qui insiste sur la folie de la guerre.

Astuce mémo

Le roi raille tandis que les soldats meurent.

3. La plainte du poète et la Nature

Notions clés & Définitions

  • Nature personnifiée : Interpellée par le poète, qui la tutoie et lui attribue la création « saintement » des hommes.

★ À maîtriser

  • Dans les vers 7 et 8, l’apposition « Pauvres morts ! », encadrée par des tirets et suivie d’exclamations, fait entendre le commentaire plaintif et lyrique du poète.

Compléments

📌 Le poète oppose la Nature, associée à l’été, à la joie et au ciel bleu, au « tas fumant » des morts et à la guerre.

  • La Nature, seule digne d’être divinisée dans le poème, devient le contre-pied de la religion et l’objet d’un hymne que Rimbaud reprendra dans « Sensation ».

Astuce mémo

Le poète se tourne vers une Nature personnifiée, refuge lumineux face aux morts.

4. Dieu et la satire du culte

★ À maîtriser

📌 La tournure impersonnelle « Il est un Dieu » et l’article indéfini « un » créent une distance critique et mettent en doute l’authenticité de cette divinité, dont les attributs renvoient néanmoins au dieu chrétien.

📌 Le parallélisme entre le Roi qui « raille » et Dieu qui « rit » présente les deux figures comme méprisantes envers les hommes.

  • Dieu est représenté comme indifférent aux malheurs humains, car ses actions se limitent à rire et à dormir dans le bercement des chants.

Compléments

  • Les « autels », les « calices » et les « hosannahs » sont les attributs qui identifient le Dieu évoqué comme le dieu chrétien.

  • Les nappes damassées, l’encens et les calices d’or composent un vocabulaire du luxe, renforcé par la rime entre « or » et « s’endort ».

Astuce mémo

Le Dieu rit et dort au milieu du luxe, quand les hommes souffrent.

5. Les mères et la chute finale

★ À maîtriser

  • Les mères du dernier tercet sont celles des « pauvres morts » du premier quatrain et, plus largement, des soldats.

  • Dieu ne se « réveille » que lorsque les mères affligées lui donnent « un gros sou », ce qui rend la dénonciation de la religion particulièrement violente.

  • La longue phrase retarde la proposition principale « Il est un Dieu » après les quatrains introduits par « Tandis que », puis reporte la révélation du motif de son réveil au dernier vers.

Compléments

  • L’image de Dieu qui s’endort dans le bercement des chants lui donne l’apparence d’un enfant, rapprochée de l’évocation ultérieure des mères.

  • Le vieux bonnet noir, le sou unique et le mouchoir qui enveloppe l’offrande soulignent la pauvreté des mères et associent leur don à leurs larmes.

Astuce mémo

Les mères donnent leur sou → Dieu se réveille

6. Versification et indignation poétique

★ À maîtriser

📌 Le poème passe du registre épique de la guerre au registre pathétique et lyrique lorsque le poète intervient pour plaindre les morts et s’adresser à la Nature.

  • Rimbaud fait percevoir son indignation par les rejets et contre-rejets, le déséquilibre des alexandrins et la quasi-absence de césures marquées.

Compléments

  • Le vers consacré aux mères met en relief « mères ramassées » par une paronomase et un rejet, qui font voir leur posture repliée dans la douleur ou la soumission.

  • Dans la conclusion, Rimbaud exprime une indignation face à la guerre et à la religion, et affirme la valeur de la Nature comme principe de vie et de joie.

Astuce mémo

Les ruptures de versification rendent perceptible l’émotion du poète.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Le Mal de Rimbaud avec 16 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels termes illustrent le vocabulaire militaire employé par Rimbaud dans les deux quatrains pour dénoncer la guerre ?

2. Comment les actions attribuées à Dieu caractérisent-elles son rapport aux malheurs humains ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Le Mal de Rimbaud avec 43 flashcards interactives.

Quels termes militaires Rimbaud emploie-t-il dans les deux quatrains ?

« Mitraille » et « bataillons ».

À quelles images les « crachats rouges » associent-ils la mitraille ?

Au sang des blessures et à une personnification écœurante de la mitraille.

Quel bruit le verbe « sifflent » évoque-t-il dans le poème de Rimbaud ?

Le bruit des canons.

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