QCM : Le scepticisme de Pyrrhon (14 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue le scepticisme philosophique de Pyrrhon du scepticisme courant ?

Il considère que les affirmations anciennes sont plus fiables que les modernes.
Il suspend toute réflexion afin d’éviter les désaccords entre les interlocuteurs.
Il cherche à confirmer les affirmations grâce à des preuves toujours nouvelles.
Il examine les prétentions au savoir plutôt que de rejeter une affirmation donnée.

Il examine les prétentions au savoir plutôt que de rejeter une affirmation donnée.

Explication

Le scepticisme philosophique de Pyrrhon interroge la possibilité de déterminer ce qui est vrai, tandis que le scepticisme courant peut simplement refuser une affirmation. Le rejet ponctuel d’une proposition ne constitue donc pas à lui seul la démarche pyrrhonienne.

2. Quel terme désigne le scepticisme philosophique originel associé à Pyrrhon ?

L’empirisme sextien
Le pyrrhonisme
Le scepticisme montaignien
Le scepticisme cioranien

Le pyrrhonisme

Explication

Le scepticisme originel est appelé pyrrhonisme en référence à Pyrrhon. Sextus Empiricus, Montaigne et Émil Cioran sont associés à des formes ultérieures du scepticisme.

3. Quelle attitude caractérise le mode de vie indifférent de Pyrrhon ?

Préférer les tâches familières aux activités menées dans des lieux inconnus.
Considérer la vie comme préférable à la mort dans les décisions importantes.
Ne pas accorder d’importance aux distinctions entre le danger et l’innocuité.
Accorder davantage d’importance au plaisir qu’à la souffrance dans l’action.

Ne pas accorder d’importance aux distinctions entre le danger et l’innocuité.

Explication

L’indifférence pyrrhonienne consiste à ne pas attribuer d’importance décisive à des oppositions comme le danger et l’innocuité, le plaisir et la souffrance ou la vie et la mort. Les autres réponses réintroduisent une hiérarchie entre des situations que Pyrrhon met sur un même plan.

4. Comment Pyrrhon considère-t-il les jugements qui présentent une chose comme bonne ou mauvaise ?

Ils résultent d’une décision personnelle pouvant établir la valeur réelle de chaque chose.
Ils dépendent du plaisir éprouvé, qui permet de connaître objectivement leur valeur.
Ils expriment une propriété naturelle que la raison peut identifier dans chaque chose.
Ils reposent sur des conventions et ne révèlent pas une qualité connaissable de la chose.

Ils reposent sur des conventions et ne révèlent pas une qualité connaissable de la chose.

Explication

Pour Pyrrhon, les jugements de bien et de mal reposent sur des conventions, sans permettre de connaître une valeur intrinsèque des choses. L’idée d’une propriété naturelle identifiable par la raison contredit précisément cette position.

5. Que signifie l’isosthénie dans le scepticisme ?

Toutes les opinions sont vraies dès lors qu’elles sont défendues avec conviction.
Aucune opinion ne dispose de raisons supérieures pour être tenue pour vraie.
Une opinion devient meilleure lorsqu’elle résiste à plusieurs objections successives.
Chaque opinion possède une valeur différente selon le nombre de ses partisans.

Aucune opinion ne dispose de raisons supérieures pour être tenue pour vraie.

Explication

L’isosthénie désigne l’égalité des opinions : un argument peut être opposé par un argument contradictoire, de sorte qu’aucune opinion ne bénéficie d’un avantage décisif. Elle ne signifie pas que toutes les opinions sont vraies.

6. Quelle formulation exprime le principe sceptique « pas plus ceci que cela » ?

Une opinion doit être déclarée vraie lorsqu’elle paraît plus utile dans la vie quotidienne.
Une opinion devient fausse dès qu’une personne compétente propose une objection sérieuse.
Une opinion doit être suspendue jusqu’à ce qu’une majorité reconnaisse sa validité.
Une opinion n’a pas plus de raisons d’être déclarée vraie que d’être déclarée fausse.

Une opinion n’a pas plus de raisons d’être déclarée vraie que d’être déclarée fausse.

Explication

Le principe « pas plus ceci que cela » affirme qu’une opinion ne possède pas davantage de raisons d’être déclarée vraie que fausse. L’utilité, l’autorité d’un interlocuteur ou l’accord d’une majorité ne constituent pas les critères formulés par ce principe.

7. Quelle démarche caractérise le sceptique lorsqu’il confronte des arguments opposés afin d’apaiser la souffrance ?

Il rejette les arguments adverses afin de défendre une conviction
Il choisit l’argument le plus convaincant et le tient pour vrai
Il privilégie l’opinion majoritaire pour éviter toute incertitude
Il oppose les arguments, refuse de trancher et suspend son jugement

Il oppose les arguments, refuse de trancher et suspend son jugement

Explication

Le sceptique met les arguments en opposition, refuse de prendre parti et suspend son jugement, ce qui contribue à apaiser la souffrance. Choisir l’argument jugé le plus convaincant reviendrait à adopter une position dogmatique.

8. Que désigne l’épochè dans la démarche sceptique ?

La préférence accordée à l’opinion soutenue par la majorité
La suspension du jugement entre des opinions jugées équivalentes
La sélection d’une opinion présentée comme certaine et vraie
La réfutation d’une opinion par une démonstration définitive

La suspension du jugement entre des opinions jugées équivalentes

Explication

L’épochè désigne le refus de prendre parti entre des opinions équivalentes, donc la suspension du jugement. Présenter une opinion comme vraie correspond plutôt à l’affirmation dogmatique.

9. Comment le sceptique atteint-il l’ataraxie ?

En établissant une hiérarchie certaine entre les plaisirs et les peines
En défendant une doctrine ferme pour éliminer les opinions concurrentes
En recherchant activement le bien et en fuyant tout ce qui paraît mauvais
En suspendant son jugement et en se libérant du trouble de l’âme

En suspendant son jugement et en se libérant du trouble de l’âme

Explication

L’ataraxie est la sérénité de l’âme obtenue grâce à la suspension du jugement. La recherche du bien et la fuite du mal alimentent au contraire la souffrance liée aux préférences.

10. Quelle place l’indifférence occupe-t-elle dans la sagesse sceptique ?

Elle exprime le refus des opinions sans constituer une valeur morale propre
Elle constitue la valeur absolue, se confond avec la vertu et définit la sagesse
Elle désigne une préférence modérée pour les biens jugés les plus importants
Elle représente une attitude provisoire avant de choisir la meilleure opinion

Elle constitue la valeur absolue, se confond avec la vertu et définit la sagesse

Explication

Chez les sceptiques, l’indifférence est une valeur absolue qui se confond avec la vertu et définit la sagesse. La présenter comme une étape avant un choix réintroduirait la préférence caractéristique des opinions ordinaires.

11. Quelle différence oppose principalement le doute sceptique au doute cartésien ?

Le doute sceptique vise l’ataraxie et demeure permanent, tandis que le doute cartésien est provisoire et vise la vérité
Le doute sceptique repose sur une méthode temporaire, tandis que le doute cartésien cherche surtout la tranquillité
Le doute sceptique cherche une certitude finale, tandis que le doute cartésien entretient durablement l’incertitude
Le doute sceptique examine les perceptions sensibles, tandis que le doute cartésien compare les opinions équivalentes

Le doute sceptique vise l’ataraxie et demeure permanent, tandis que le doute cartésien est provisoire et vise la vérité

Explication

Le doute sceptique reste permanent et cherche l’ataraxie, alors que le doute cartésien est temporaire et sert à garantir la vérité contre l’incertitude. Le doute cartésien n’a donc pas pour objectif principal une tranquillité durable.

12. Comment le sceptique est-il souvent compris dans le langage courant ?

Comme une personne qui recherche la sérénité en renonçant aux préférences
Comme une personne qui examine les arguments sans adopter de position définitive
Comme une personne qui suspend son jugement entre des opinions équivalentes
Comme une personne qui rejette une affirmation parce qu’elle contredit ses croyances

Comme une personne qui rejette une affirmation parce qu’elle contredit ses croyances

Explication

Dans le langage courant, le sceptique est souvent une personne convaincue qu’une affirmation est fausse parce qu’elle contredit ses croyances. Cette attitude de rejet fondé sur des certitudes diffère de la suspension du jugement pyrrhonienne.

13. Pourquoi l’affirmation « la vérité n’existe pas » met-elle en difficulté le scepticisme radical ?

Parce qu’elle repose sur une preuve empirique insuffisante
Parce qu’elle attribue aux opinions une certitude pratique
Parce qu’elle se présente elle-même comme une affirmation vraie
Parce qu’elle confond le doute méthodique et le doute moral

Parce qu’elle se présente elle-même comme une affirmation vraie

Explication

Cette affirmation prétend être vraie tout en niant l’existence de la vérité, ce qui la rend contradictoire avec le scepticisme radical. Le doute radical devrait donc suspendre cette thèse comme toutes les autres, plutôt que l’énoncer comme certaine.

14. Quelle attitude Bertrand Russell associe-t-il au scepticisme modéré lorsqu’une preuve fait défaut ?

Accepter provisoirement l’idée la plus vraisemblable
Douter absolument de chaque affirmation formulée
Suspendre son jugement jusqu’à disposer d’une preuve
Rejeter toute proposition qui ne peut être démontrée

Suspendre son jugement jusqu’à disposer d’une preuve

Explication

Pour Bertrand Russell, le scepticisme modéré consiste à ne rien accepter sans preuve et à suspendre son jugement lorsque la preuve manque. Le doute absolu de chaque affirmation correspond plutôt au scepticisme radical, qui va plus loin que cette attitude prudente.

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Qu'est-ce que le scepticisme philosophique ?

Un mouvement dont les origines remontent à Pyrrhon.

Qu'est-ce que l'indifférence selon Pyrrhon ?

Le mode de vie qui n'accorde aucune importance aux distinctions.

Quelles distinctions Pyrrhon considère-t-il sans importance ?

Les lieux, tâches, danger, innocuité, souffrance, plaisir, vie et mort.

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