QCM : Lecteur et construction du sens (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une lectrice distingue le projet supposé de l’écrivain, ses propres attentes et les possibilités ouvertes par le texte. Quelle intention désigne les contraintes et possibilités de l’œuvre ?

L’intentio lectoris
La réaction personnelle
L’intentio auctoris
L’intentio operis

L’intentio operis

Explication

L’intentio operis correspond aux possibilités et aux contraintes de l’œuvre. L’intentio auctoris renvoie au projet de l’auteur, l’intentio lectoris aux attentes du lecteur, et la réaction personnelle désigne un effet de lecture.

2. En étudiant un récit, une interprète découvre une lettre de l’auteur qui éclaire son projet, mais un détail du texte semble admettre plusieurs sens. Quelle démarche respecte la conception d’Eco ?

Écarter le projet de l’auteur et s’en tenir aux réactions spontanées du lecteur
Déduire le sens de chaque détail des attentes initiales du lecteur
Retenir pour chaque détail le sens que l’auteur a probablement voulu imposer
Utiliser le projet comme éclairage sans en faire le sens décisif de chaque détail

Utiliser le projet comme éclairage sans en faire le sens décisif de chaque détail

Explication

Chez Eco, le projet de l’auteur éclaire la lecture, mais ne décide pas seul du sens de chaque détail. En faire l’arbitre absolu surestime son rôle, l’écarter entièrement néglige son apport, et privilégier les attentes confond le projet auctorial avec l’intentio lectoris.

3. Après avoir lu une scène, Malik dit qu’elle l’a mis mal à l’aise, puis avance que le silence du personnage suggère une menace et cite plusieurs indices. Quelle partie de son propos constitue une interprétation ?

La supposition d’une menace sans justification textuelle
L’hypothèse sur la menace, soutenue par des indices
Le malaise ressenti pendant la lecture
Le simple relevé du silence du personnage

L’hypothèse sur la menace, soutenue par des indices

Explication

Une interprétation formule une hypothèse sur le texte et l’appuie sur des indices. Le malaise est une réaction personnelle, le relevé du silence une observation, et une supposition non étayée ne répond pas au critère d’appui sur des indices.

4. Une classe étudie une pièce ancienne en la reliant à un enjeu contemporain. Quelle démarche rend cette lecture légitime tout en tenant compte de son éloignement historique ?

Réserver l’analyse au contexte historique et éviter les questions actuelles
Traiter le contexte de la pièce comme identique aux enjeux contemporains
Évaluer la pièce avec les critères du présent sans examiner son contexte
Distinguer le contexte historique de la pièce des questions actuelles posées

Distinguer le contexte historique de la pièce des questions actuelles posées

Explication

Une œuvre ancienne peut être lue à partir de questions actuelles, à condition de distinguer celles-ci de son contexte historique. Assimiler les contextes les confond, s’en tenir au passé évacue la possibilité d’une lecture actuelle, et ignorer le contexte historique empêche cette distinction.

5. Que désigne la critique de la réception dans l’étude d’une œuvre ?

L’étude des intentions de l’auteur et de la manière dont elles déterminent le sens de l’œuvre.
L’analyse des formes et de l’organisation du texte au moyen d’une lecture attentive.
L’étude de la place du lecteur, de ses réactions et des effets de lecture, ainsi que de ses attentes.
L’étude des conventions partagées par un groupe et de leur influence sur l’interprétation.

L’étude de la place du lecteur, de ses réactions et des effets de lecture, ainsi que de ses attentes.

Explication

La critique de la réception examine la place du lecteur, ses réactions, les effets produits pendant la lecture et les attentes qui se forment puis se corrigent. L’analyse des formes et de l’organisation du texte relève plutôt du New Criticism.

6. Quelles instances peuvent transmettre des codes de lecture qui influencent l’interprétation d’une œuvre ?

Les auteurs, les narrateurs et les personnages qui composent le récit
Les genres littéraires, les personnages et les lieux de l’intrigue
Les éditeurs, les imprimeurs et les librairies qui diffusent les livres
L’école, la famille, les médias et les traditions religieuses

L’école, la famille, les médias et les traditions religieuses

Explication

L’école, la famille, les médias et les traditions religieuses sont cités comme des instances qui transmettent des codes de lecture. Les éditeurs et les librairies diffusent des œuvres, mais ne sont pas indiqués ici comme les exemples de communautés transmis dans le cours.

7. Quel rôle les habitudes partagées par une communauté interprétative jouent-elles dans la lecture d’une œuvre ?

Elles établissent le sens de l’œuvre à partir du projet de son auteur.
Elles définissent les formes et l’organisation du texte par une analyse rapprochée.
Elles orientent les lectures sans déterminer une interprétation unique.
Elles servent à vérifier les attentes du lecteur au fil de sa lecture.

Elles orientent les lectures sans déterminer une interprétation unique.

Explication

Les conventions partagées orientent les stratégies et les rapprochements des lecteurs, mais ne leur imposent pas un sens unique. Contrairement à l’idée qu’elles détermineraient le sens à partir du projet de l’auteur, elles influencent la lecture sans la fixer.

8. Dans l’expérience de Fish, dans quel ordre les deux groupes ont-ils rencontré la liste de noms ?

Un groupe l’a vue comme une liste de noms, puis un autre comme un poème religieux du XVIIe siècle.
Un groupe l’a vue comme un poème religieux du XVIIe siècle, puis un autre comme une liste de noms.
Les deux groupes l’ont vue d’abord comme un poème religieux, puis comme une liste de noms.
Les deux groupes l’ont vue d’abord comme une liste de noms, puis comme un poème religieux.

Un groupe l’a vue comme une liste de noms, puis un autre comme un poème religieux du XVIIe siècle.

Explication

Fish a d’abord présenté la liste de noms de linguistes et de critiques à un groupe, puis l’a encadrée et accompagnée d’une indication de page avant de la présenter à un autre groupe comme un poème religieux du XVIIe siècle. L’ordre inverse ne correspond pas à la mise en scène décrite.

9. En quoi la littérarité diffère-t-elle de l’ouverture du sens d’une œuvre ?

La littérarité dépend du projet de l’auteur, tandis que l’ouverture exclut les conventions et les usages culturels.
La littérarité concerne la reconnaissance d’un texte comme littéraire, tandis que l’ouverture permet plusieurs lectures étayées par des indices.
La littérarité est une méthode d’analyse formelle, tandis que l’ouverture correspond au contexte historique du texte.
La littérarité désigne les réactions personnelles du lecteur, tandis que l’ouverture garantit que toutes les lectures se valent.

La littérarité concerne la reconnaissance d’un texte comme littéraire, tandis que l’ouverture permet plusieurs lectures étayées par des indices.

Explication

La littérarité renvoie à ce qui fait qu’un texte est reconnu, reçu ou étudié comme littéraire, alors que l’ouverture concerne la pluralité des sens que le lecteur contribue à construire. Contrairement à ce que suggère une autre approche, cette pluralité ne signifie pas que toutes les lectures se valent : elles doivent rendre visibles leurs indices et leur cheminement.

10. Quelle démarche permet le mieux d’éprouver une interprétation littéraire ?

Décrire l’effet ressenti pendant la lecture et considérer cette réaction comme une preuve suffisante.
Comparer l’œuvre à des textes similaires sans préciser les indices qui justifient l’interprétation.
Privilégier l’intention supposée de l’auteur et écarter les détails qui lui semblent incompatibles.
Repérer les indices qui soutiennent l’hypothèse, étudier leur organisation et expliciter les conventions mobilisées.

Repérer les indices qui soutiennent l’hypothèse, étudier leur organisation et expliciter les conventions mobilisées.

Explication

Une interprétation s’éprouve en reliant une hypothèse à des indices précis, à leur organisation et aux conventions ou méthodes utilisées, tout en tenant compte des contextes pertinents. Une réaction personnelle peut orienter l’analyse, mais elle ne suffit pas à établir une interprétation sans appui textuel.

11. Pourquoi le projet de l’auteur ne suffit-il pas, chez Eco, à déterminer le sens de chaque détail d’une œuvre ?

Parce que chaque détail dépend principalement des conventions de la communauté de lecture.
Parce que le contexte historique fixe le sens indépendamment de l’organisation de l’œuvre.
Parce que les attentes du lecteur remplacent le projet de l’auteur dans toute interprétation.
Parce que les possibilités et les contraintes de l’œuvre contribuent aussi à orienter le sens.

Parce que les possibilités et les contraintes de l’œuvre contribuent aussi à orienter le sens.

Explication

Le projet de l’auteur éclaire la lecture, mais le sens dépend aussi des possibilités et des contraintes propres à l’œuvre. Les attentes du lecteur comptent, mais elles ne remplacent pas à elles seules les autres intentions.

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Quelles trois intentions Eco distingue-t-il dans Les limites de l’interprétation (1992) ?

L’intentio auctoris, l’intentio lectoris et l’intentio operis.

Quel rôle le projet de l’auteur joue-t-il dans la lecture selon Eco ?

Il éclaire la lecture sans décider seul du sens de chaque détail.

Qu’exprime une réaction personnelle à la lecture d’un texte ?

Un effet de lecture, comme la surprise, la gêne ou le plaisir.

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