★ À maîtriser
Arthur Rimbaud est l’auteur de « Ma Bohème », poème qui clôt les Cahiers de Douai en 1870.
« Ma Bohème » est un sonnet en alexandrins irréguliers, sous-titré « Fantaisie », qui présente le poème comme une œuvre d’imagination et de liberté.
Compléments
« Ma Bohème » est un poème autobiographique et rêvé qui évoque les fugues de Rimbaud depuis Charleville vers Paris ou la Belgique.
Au début du XIXe siècle, les poètes romantiques valorisent la vie de bohème, caractérisée par le refus des normes bourgeoises.
★ À maîtriser
Dans le premier quatrain, les imparfaits « Je m’en allais », « devenait » et « j’allais » présentent la fugue comme une expérience passée répétée.
La répétition du verbe « aller » traduit une errance sans but précis et une rupture avec un lieu vécu comme hostile.
Compléments
Les « poings » dans les poches « crevées » suggèrent la rébellion, renforcée par l’allitération dure en [p] de « poings », « poches » et « paletot ».
Les rythmes irréguliers des vers 3 et 4, respectivement découpés en 5/1/6 et 3/6/3, traduisent l’instabilité de l’errance et disloquent l’alexandrin.
La pauvreté du poète est matérialisée par ses poches crevées, son paletot « idéal », son unique culotte trouée et ses souliers blessés par la marche.
Les exclamations, les adjectifs mélioratifs « idéal » et « splendides » ainsi que le verbe « rêver » montrent que Rimbaud vit sa pauvreté avec enthousiasme plutôt qu’avec malheur.
L’apostrophe à la « Muse » personnifie la poésie et associe la fugue à l’inspiration poétique.
En se disant « féal », Rimbaud se représente comme soumis à son inspiration poétique et reprend une métaphore traditionnelle associée au romantisme.
La pauvreté vécue librement → l’émancipation des normes bourgeoises
★ À maîtriser
La métaphore du « Petit Poucet rêveur » associe le vagabondage à la révolte de l’enfant qui désobéit à ses parents et trouve son propre chemin.
Le rejet « j’égrenais dans ma course / Des rimes » présente la poésie comme le repère qui guide les pas du poète à la place des cailloux.
Compléments
Les tirets des vers 6 et 8 soulignent l’élan de l’imagination qui transfigure le réel.
L’image de l’auberge à la Grande Ourse signifie que le poète dort à la belle étoile et donne au vagabondage une dimension cosmique.
L’onomatopée « un doux frou-frou » anime les étoiles comme des robes et, par ses sonorités enfantines et naïves, détourne le langage soutenu des romantiques.
Des rimes semées comme des cailloux pour guider le poète
★ À maîtriser
La perception de la nature progresse de l’ouïe (« écoutais ») au toucher (la rosée sur le front), puis au goût (la rosée comparée à un « vin de vigueur »), créant des correspondances sensorielles proches de la synesthésie de Charles Baudelaire dans Les Fleurs du Mal.
Comparée à un « vin de vigueur », la rosée symbolise une ivresse des sens qui nourrit l’énergie créatrice du poète.
Compléments
Dans le premier tercet, « Et je les écoutais » montre que le poète, exalté, transfigure le paysage plutôt que de simplement le regarder.
Les expressions « ces bons soirs de septembre » et « gouttes de rosée » présentent la nature comme bienveillante envers le poète.
Les « bons soirs de septembre » évoquent la période des vendanges.
Écouter → sentir la rosée → goûter le vin de vigueur
★ À maîtriser
📌 Dans le dernier hémistiche, « pied » désigne à la fois le pied du marcheur abîmé par l’errance et la mesure du vers en poésie latine.
Le participe présent « rimant » relie la création poétique à la proximité du poète avec la nature.
La comparaison des élastiques des souliers aux cordes des lyres transforme un objet trivial en référence noble à l’instrument d’Orphée et tourne en dérision les émois lyriques du poète.
Compléments
L’adjectif « fantastiques » qualifie la rêverie rimbaldienne et donne à la nature une dimension mystérieuse, voire menaçante.
La rime insolite entre « fantastiques » et « élastiques » contribue à la moquerie de Rimbaud envers le lyrisme traditionnel.
Le rapprochement du pied terre-à-terre et du cœur noble crée un contraste à la fois charnel, comique et sincère, tandis que « souliers blessés » peut évoquer métonymiquement les pieds abîmés et, plus sombrement, le cœur de Rimbaud.
Les élastiques des souliers, objets triviaux, deviennent les cordes des lyres
★ À maîtriser
« Ma Bohème » célèbre l’errance comme un mode de vie libérateur qui nourrit directement la poésie et donne accès à l’absolu de l’existence.
Rimbaud reprend des codes romantiques comme la nature, la Muse et la bohème, mais les détourne par l’autodérision, le vocabulaire quotidien et la dislocation de l’alexandrin.
Compléments
Dans le poème, la figure traditionnelle du chevalier servant devient un « féal » soumis à la création poétique, ce qui rend cette soumission désuète et contribue au jeu de Rimbaud avec les codes romantiques.
La liberté du poète s’exprime par le langage et la versification, notamment le vocabulaire du quotidien et la dislocation de l’alexandrin.
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1. Quel poète a écrit « Ma Bohème », qui clôt les Cahiers de Douai en 1870 ?
2. Une classe relève que « Ma Bohème » comporte quatorze vers, des alexandrins irréguliers et le sous-titre « Fantaisie ». Quelle interprétation de ces repères est la plus juste ?
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Qui est l’auteur de « Ma Bohème » ?
Arthur Rimbaud.
Quel recueil « Ma Bohème » clôt-il en 1870 ?
Les Cahiers de Douai.
Quelle forme poétique « Ma Bohème » adopte-t-il ?
Un sonnet en alexandrins irréguliers.
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