QCM : Médée et le théâtre romain (33 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Après avoir obtenu de Créon un délai, Médée prépare les cadeaux destinés à Créüse. Quelle suite correspond à la progression de sa vengeance ?

Elle tue ses enfants, empoisonne les cadeaux, puis s’envole sur un char céleste.
Elle empoisonne les cadeaux, tue ses enfants, puis s’envole sur un char céleste.
Elle empoisonne les cadeaux, s’envole sur un char céleste, puis tue ses enfants.
Elle empoisonne les cadeaux, tue ses enfants, puis s’enfuit par la mer.

Elle empoisonne les cadeaux, tue ses enfants, puis s’envole sur un char céleste.

Explication

La vengeance passe de l’empoisonnement des cadeaux à la mort des enfants, avant la fuite de Médée sur un char céleste. Placer les meurtres avant l’empoisonnement inverse les étapes, et faire s’envoler Médée avant la mort des enfants déplace la fuite ; la fuite par la mer remplace le char céleste.

2. À Corinthe, Créüse et Créon viennent de mourir dans l’incendie. Que fait Médée lorsque Jason la supplie d’épargner leurs fils ?

Elle tue ses deux fils, puis s’envole sur un char céleste.
Elle épargne ses deux fils, puis s’envole sur un char céleste.
Elle tue ses deux fils, puis s’enfuit avec Jason par la route.
Elle tue Créon et Créüse, puis s’envole sur un char céleste.

Elle tue ses deux fils, puis s’envole sur un char céleste.

Explication

Après la mort de Créüse et de Créon dans l’incendie, Médée tue ses deux fils malgré les supplications de Jason, puis s’envole sur un char céleste. Les épargner confond la supplication avec son résultat, la fuite par la route change le moyen d’évasion, et tuer de nouveau Créon et Créüse répète des morts déjà survenues.

3. À quelle date les jeux scéniques apparaissent-ils à Rome, après les jeux du cirque consacrés notamment aux courses de chars ?

À partir de 280 avant Jésus-Christ.
Avant les jeux du cirque à Rome.
À partir de 240 avant Jésus-Christ.
À partir du IVe siècle après Jésus-Christ.

À partir de 240 avant Jésus-Christ.

Explication

Les jeux scéniques apparaissent à Rome à partir de 240 avant Jésus-Christ, après les jeux du cirque. Le IVe siècle correspond à leur grande expansion, tandis que les autres choix les placent avant les jeux du cirque ou leur attribuent une date différente.

4. Une cité romaine organise des jeux accompagnés de processions pour répondre à une rupture ressentie dans ses relations avec les dieux. Quelle fonction religieuse ces jeux remplissent-ils ?

Célébrer la victoire militaire et exprimer un désordre exceptionnel.
Rétablir l’accord avec les dieux et exprimer un désordre exceptionnel.
Rétablir l’accord avec les dieux et prolonger les jeux dans l’Empire.
Rétablir l’accord avec les dieux au moyen d’un rituel privé.

Rétablir l’accord avec les dieux et exprimer un désordre exceptionnel.

Explication

Le rituel religieux des jeux vise à rétablir l’accord avec les dieux et exprime le sentiment d’un désordre exceptionnel. La célébration militaire confond les jeux avec la guerre, l’expansion dans l’Empire concerne leur développement, et le rituel est le plus souvent public.

5. Un magistrat oppose le temps consacré aux jeux scéniques à celui qu’il consacre aux affaires. Quelle distinction décrit correctement ces deux activités ?

Les jeux relèvent de l’otium, temps privé, et les affaires du negotium.
Les jeux relèvent du negotium, temps libre, et les affaires de l’otium.
Les jeux relèvent du negotium, temps des affaires, et les affaires de l’otium.
Les jeux relèvent de l’otium, temps libre, et les affaires du negotium.

Les jeux relèvent de l’otium, temps libre, et les affaires du negotium.

Explication

L’otium désigne le temps libre, auquel se rattachent les jeux scéniques, tandis que le negotium désigne le temps des affaires. Inverser ces termes confond leurs sens ; le caractère public ou privé ne définit pas leur opposition, et le negotium ne signifie pas « temps libre ».

6. Dans une mise en scène de Médée, que peut représenter le mur de scène au cours de la pièce ?

La maison de Médée et le sanctuaire où elle pratique la magie
Le palais royal et le sanctuaire où elle pratique la magie
La maison de Médée et l’espace réservé aux spectateurs privilégiés
La maison de Médée et le toit d’où elle s’envole à la fin

La maison de Médée et le sanctuaire où elle pratique la magie

Explication

Le mur de scène figure deux espaces dramatiques : la maison de Médée et le sanctuaire où elle opère la magie. Le palais royal confond la maison de Médée avec le palais, l’espace des spectateurs renvoie à l’orchestra, et le toit n’est pas le second lieu représenté par le mur.

7. Quel édifice, construit en 55 avant Jésus-Christ sur le Champ de Mars hors du pomerium, fut le premier théâtre romain en pierre doté de gradins ?

Le théâtre de Dionysos
Le théâtre de Marcellus
Le théâtre de Pompée
Le théâtre de Balbus

Le théâtre de Pompée

Explication

Le théâtre de Pompée, construit en 55 avant Jésus-Christ sur le Champ de Mars et hors du pomerium, est le premier théâtre romain en pierre avec des gradins. Le théâtre de Marcellus et celui de Balbus correspondent à d’autres édifices romains, tandis que celui de Dionysos est grec.

8. Un acteur romain est célèbre et bien rémunéré, mais souhaite obtenir une charge publique et conserver son appartenance à sa tribu. Quel obstacle découle de sa profession ?

Sa rémunération lui permet de conserver sa tribu, mais lui interdit de jouer sur scène
Sa célébrité lui donne accès aux charges publiques, mais l’empêche de diriger une troupe
Son statut d’acteur l’oblige à devenir éditeur avant de pouvoir exercer une charge publique
Son infamie juridique l’exclut des charges publiques et peut entraîner son exclusion de sa tribu

Son infamie juridique l’exclut des charges publiques et peut entraîner son exclusion de sa tribu

Explication

Malgré leur appréciation et leur bonne rémunération, les acteurs sont juridiquement infâmes : ils sont exclus des charges publiques et les censeurs peuvent les chasser de leur tribu. La rémunération ne confère pas de privilège politique, l’infamie ne signifie pas une interdiction de jouer, et l’éditeur est une fonction distincte.

9. Quel tableau décrit le mieux le public d’un spectacle romain et sa participation ?

Un public séparé selon les catégories sociales dès l’origine, qui participe par des applaudissements
Un public mêlant sexes et origines, mais réservé aux citoyens libres et silencieux
Un public mêlant sexes, statuts et origines, qui applaudit, crie et exprime sa désapprobation
Un public composé de citoyens et d’esclaves, qui manifeste son approbation sans invectives

Un public mêlant sexes, statuts et origines, qui applaudit, crie et exprime sa désapprobation

Explication

Le public romain rassemble des personnes des deux sexes, de catégories sociales diverses, des citoyens, des esclaves et des étrangers ; il intervient par les applaudissements, les cris, les désapprobations et les invectives. La séparation sociale des places apparaît plus tard, et la participation dépasse les applaudissements.

10. Pourquoi les adaptations romaines des pièces grecques ne sont-elles pas de simples traductions au sens moderne ?

Elles remplacent les intrigues grecques par des sujets romains en conservant les mêmes contraintes linguistiques.
Elles transposent une œuvre dans un contexte politique et esthétique différent, avec d’autres contraintes linguistiques.
Elles changent surtout la fonction du chœur, tandis que le contexte et la langue restent comparables.
Elles reproduisent fidèlement le contexte grec, mais modifient les conventions de jeu des acteurs.

Elles transposent une œuvre dans un contexte politique et esthétique différent, avec d’autres contraintes linguistiques.

Explication

L’adaptation transforme une pièce dans un contexte romain où le théâtre a une fonction ludique et esthétique, et où la langue impose d’autres contraintes. La copie fidèle confond adaptation et traduction moderne, la seule mise en scène néglige les différences de contexte, et le remplacement par des sujets romains ne rend pas compte de l’adaptation d’œuvres grecques.

11. Dans une représentation romaine, un acteur déclame un prologue sur un sénaire iambique, sans chant ni accompagnement musical. De quel type de passage s’agit-il ?

Un canticum, passage récité sur un mètre unique sans instrument.
Un diuerbium, passage chanté avec la tibia et le scabellum.
Un diuerbium, passage récité sans chant ni accompagnement musical.
Un canticum, passage chanté avec accompagnement instrumental.

Un diuerbium, passage récité sans chant ni accompagnement musical.

Explication

Le diuerbium est récité sans chant ni accompagnement musical, et le sénaire iambique est notamment employé dans les prologues. Le canticum est chanté; le chant choral ne définit pas le prologue; enfin, le mètre ne transforme pas un passage récité en texte accompagné ou chanté.

12. Dans une pièce de Sénèque, un dialogue est chanté avec accompagnement de la tibia. À quelle forme ce passage correspond-il ?

Au canticum, mais seulement si le passage appartient au chœur.
Au canticum, car le dialogue est chanté avec accompagnement musical.
Au diuerbium, car la tibia accompagne les passages récités.
Au diuerbium, car le dialogue est récité sur un mètre régulier.

Au canticum, car le dialogue est chanté avec accompagnement musical.

Explication

Un passage chanté accompagné par la tibia relève du canticum, qui peut comprendre des dialogues et des chants du chœur. Le diuerbium est récité sans chant; le scabellum peut accompagner le canticum, mais ne le définit pas; le canticum n’est pas réservé au chœur.

13. Dans une représentation de Médée, que signale le masque persona associé à son personnage ?

L’identité mythologique du personnage sans indication sur ses actes.
La passion essentielle du personnage et le nefas qu’il accomplira.
Le rang social du personnage et les alliances qu’il nouera.
La décision finale du personnage après le dénouement de l’intrigue.

La passion essentielle du personnage et le nefas qu’il accomplira.

Explication

Le masque persona indique la passion essentielle du personnage et annonce le nefas qu’il accomplira; pour Médée, il évoque notamment la colère vengeresse. Le rang social et les alliances ne constituent pas cette fonction, et le masque ne se limite pas à identifier le personnage ni à annoncer une décision prise après l’action.

14. Quel portrait correspond à Sénèque ?

Un philosophe stoïcien du Ier siècle après Jésus-Christ, auteur de l’Énéide et des Lettres à Lucilius.
Un philosophe stoïcien du Ier siècle après Jésus-Christ, auteur du traité De uita beata et des Lettres à Lucilius.
Un philosophe stoïcien du Ier siècle avant Jésus-Christ, auteur du traité De uita beata et des Lettres à Lucilius.
Un philosophe épicurien du Ier siècle après Jésus-Christ, auteur du traité De uita beata et des Lettres à Lucilius.

Un philosophe stoïcien du Ier siècle après Jésus-Christ, auteur du traité De uita beata et des Lettres à Lucilius.

Explication

Sénèque est un philosophe stoïcien du Ier siècle après Jésus-Christ, connu notamment pour De uita beata et les Lettres à Lucilius. L’épicurisme inverse son appartenance philosophique, le Ier siècle avant Jésus-Christ décale son époque, et l’Énéide est attribuée à Virgile.

15. Après la mort de Pélias, provoquée par la ruse de Médée qui prétend pouvoir le rajeunir, où Jason et Médée trouvent-ils refuge, et qui y règne ?

En Colchide, sous le règne d’Aiétès.
À Corinthe, sous le règne d’Acaste.
À Corinthe, sous le règne de Créon.
À Iolchos, sous le règne d’Acaste.

À Corinthe, sous le règne de Créon.

Explication

Après la mort de Pélias, Jason et Médée sont exilés et trouvent refuge à Corinthe, où règne Créon. Iolchos est associé à Pélias et à son fils Acaste; Aiétès règne en Colchide; Acaste n’est pas le souverain de Corinthe.

16. Au début de la tragédie, Médée a tout perdu et se sent impuissante : quel concept désigne cette souffrance initiale liée à la douleur et au deuil ?

Le dolor
L’insania
Le nefas
Le furor

Le dolor

Explication

Le dolor désigne la souffrance insupportable et l’impuissance de la situation initiale de Médée. Le furor relance l’action, l’insania désigne la folie, et le nefas est l’acte qui transgresse l’ordre humain et divin.

17. Après une confrontation, Médée passe soudainement d’une maîtrise apparente à un délire qui relance l’action : quel état temporaire décrit ce changement ?

Le nefas
L’insania
Le furor
Le dolor

Le furor

Explication

Le furor est un état temporaire de délire ou de perte de maîtrise, relevant du pathos et relançant l’action tragique. L’insania renvoie à la folie, le dolor à la souffrance initiale et le nefas à l’acte extrême.

18. Une mise en scène présente d’abord Médée dans la souffrance et l’impuissance, puis dans un état délirant qui relance l’action, avant qu’elle ne commette un acte transgressant l’ordre humain et divin : quel enchaînement suit-elle ?

Furor, dolor, nefas
Dolor, nefas, furor
Dolor, furor, nefas
Nefas, furor, dolor

Dolor, furor, nefas

Explication

Le scénario tragique latin présenté par Florence Dupont progresse du dolor au furor, puis au nefas, par lequel le personnage accomplit son identité mythologique. Inverser dolor et furor brouille les étapes, tandis que placer le nefas avant le furor inverse le déroulement.

19. Après le nefas, Médée affirme avoir retrouvé son père, son frère, son sceptre, son royaume et sa virginité perdue ; quelle déclaration conclut cette affirmation de son identité ?

« Je suis Jason, maître de mon royaume. »
« Maintenant, oui maintenant, je suis Médée. »
« Je suis morte, je n’ai plus rien. »
« Je suis hors de moi et je ne sais où aller. »

« Maintenant, oui maintenant, je suis Médée. »

Explication

Après avoir énuméré ce qu’elle estime avoir retrouvé, Médée affirme : « Maintenant, oui maintenant, je suis Médée ». La plainte de mort évoque la perte initiale, le délire ne formule pas cette identité retrouvée, et Jason n’est pas celui qui prononce cette déclaration.

20. Quelle fonction Florence Dupont attribue-t-elle à l’attention du public dans le théâtre romain ?

Une attention consacrée au débat politique sur les institutions
Une attention limitée au dénouement et à l’intrigue dramatique
Une attention purement esthétique, sans fonction pédagogique du théâtre
Une attention tournée vers l’enseignement moral des spectateurs

Une attention purement esthétique, sans fonction pédagogique du théâtre

Explication

Selon Florence Dupont, l’attention du public au théâtre romain est purement esthétique et le théâtre n’a pas de fonction pédagogique. L’enseignement moral et le débat politique lui attribuent une visée pédagogique ou civique qui n’est pas celle décrite.

21. Dans une scène de Médée, un critique relève des anaphores, des antithèses et oxymores, des stichomythies, des sentences et des énumérations savantes : à quelle dimension de l’écriture ces procédés appartiennent-ils ?

Aux effets totalisants
À la copia des énumérations
Au brio rhétorique
Au scénario tragique latin

Au brio rhétorique

Explication

Les anaphores, antithèses et oxymores, stichomythies, sentences et énumérations savantes relèvent du brio rhétorique de la pièce. Le scénario tragique désigne la progression dolor-furor-nefas, les effets totalisants associent des contraires, et la copia concerne l’amplification par les énumérations.

22. Dans une scène, les mots *metus*, *timor* et *ira* accompagnent une voix qui s’accorde au masque du personnage. Quel registre domine ?

La fureur et l’horreur
La légèreté et l’ironie comique
La résignation et le deuil
La douleur et la pitié

La fureur et l’horreur

Explication

Les termes *metus*, *timor* et *ira* caractérisent la fureur et l’horreur, registre où la voix concorde avec le masque. La contradiction entre voix et masque relève de la douleur et de la pitié ; la résignation et le comique ne sont pas les registres décrits ici.

23. Lorsque Médée évoque ses enfants alors que son projet de les tuer paraît encore inconscient, quelle fonction ces paroles remplissent-elles dans la tragédie ?

Elles servent seulement à exprimer l’attachement maternel
Elles garantissent que les enfants seront épargnés
Elles révèlent explicitement un meurtre déjà décidé
Elles annoncent ironiquement le meurtre final

Elles annoncent ironiquement le meurtre final

Explication

Ces évocations prennent une portée d’ironie tragique : elles annoncent le meurtre final alors que Médée semble encore ne pas en avoir conscience. Les lire comme une décision explicitement formulée efface cette inconscience apparente ; elles ne garantissent pas non plus le salut des enfants ni ne se réduisent à l’affection.

24. Pour éviter une guerre entre la Thessalie et Corinthe, quelle stratégie Créon adopte-t-il au sujet du meurtre de Pélias ?

Faire porter le meurtre à Acaste afin de protéger Jason à Corinthe
Faire porter le meurtre à Médée afin d’innocenter Jason auprès d’Acaste
Faire porter le meurtre à Jason afin de satisfaire Acaste
Faire porter le meurtre à Créon afin d’apaiser la Thessalie

Faire porter le meurtre à Médée afin d’innocenter Jason auprès d’Acaste

Explication

Créon charge Médée du meurtre de Pélias pour innocenter Jason auprès d’Acaste et éviter que la Thessalie ne fasse la guerre à Corinthe. Accuser Jason ne l’innocenterait pas ; rendre Créon ou Acaste responsable ne correspond pas à la stratégie de l’intrigue.

25. Médée demande à Créon de traiter son affaire comme un procès et d’entendre les deux parties. Quelle distinction entre ses fonctions met-elle ainsi en avant ?

Le juge et le roi doivent tous deux ordonner sans instruire l’affaire
Le juge tranche sans débat, tandis que le roi instruit le procès contradictoirement
Le juge ordonne selon son pouvoir royal, tandis que le roi entend les deux parties
Le juge instruit le procès et entend les deux parties, tandis que le roi peut ordonner

Le juge instruit le procès et entend les deux parties, tandis que le roi peut ordonner

Explication

Médée oppose le juge, qui doit instruire l’affaire et entendre les deux parties, au roi, qui peut ordonner. Dire que le juge ordonne confond les fonctions ; faire trancher sans débat contredit l’exigence d’audition, et assimiler les deux rôles efface la distinction.

26. Dans le scénario tragique du bouc émissaire, que désigne le terme *pharmakos* ?

Un remède médical administré pour soigner un individu malade
Une victime sacrificielle désignée pour remédier à un malheur collectif
Une personne accusée sans être désignée comme victime sacrificielle
Un officiant chargé d’accomplir le sacrifice au nom de la cité

Une victime sacrificielle désignée pour remédier à un malheur collectif

Explication

Le *pharmakos* est une victime sacrificielle, souvent marginale, désignée pour tenter de remédier à un malheur collectif. Le *pharmakon* désigne le remède au sens médical ; une personne simplement accusée ou l’officiant du rite ne correspond pas à cette définition.

27. Comment évolue le rapport de force sacrificiel lorsque Médée réagit au traitement que lui réservent Créon et Jason ?

Médée, traitée en victime sacrificielle, ne retourne le rapport de force qu’en visant Créon
Médée, traitée en victime sacrificielle, désigne à son tour Créüse, Créon, Jason et ses enfants comme juges
Médée, traitée en victime sacrificielle, fait à son tour de Créüse, Créon, Jason et ses enfants ses victimes
Médée, traitée en victime sacrificielle, devient à son tour la seule victime de Créüse, Créon et Jason

Médée, traitée en victime sacrificielle, fait à son tour de Créüse, Créon, Jason et ses enfants ses victimes

Explication

Créon et Jason traitent Médée en victime sacrificielle, mais elle retourne ce rapport de force en faisant de Créüse, Créon, Jason et ses enfants ses propres victimes. La présenter comme juge confond les rôles ; la réduire à la victime finale ou limiter sa riposte à Créon ne rend pas compte du retournement décrit.

28. Un lecteur moderne interprète les passages où Médée oscille entre douleur et colère comme des signes de conflit intérieur. Quelle nuance faut-il apporter à cette lecture ?

La pièce présente ces hésitations comme une stratégie de vengeance, que le lecteur moderne interprète comme de la peur.
La pièce présente ces hésitations comme une psychologie explicite, que le lecteur moderne reconnaît sans la modifier.
La pièce ne conçoit pas d’abord ces hésitations comme l’expression d’une psychologie, même si un lecteur moderne peut les percevoir ainsi.
La pièce présente ces hésitations comme l’effet du seul furor, que le lecteur moderne interprète comme de la douleur.

La pièce ne conçoit pas d’abord ces hésitations comme l’expression d’une psychologie, même si un lecteur moderne peut les percevoir ainsi.

Explication

La distinction porte sur l’écart entre la conception de la pièce et la réception moderne : l’oscillation entre dolor et furor peut paraître psychologique aujourd’hui sans être d’abord pensée ainsi dans la pièce. L’« expression d’une psychologie explicite » efface cet écart, la « stratégie de vengeance » transforme l’hésitation en calcul, et le « seul furor » écarte le dolor.

29. Dans la scène finale, Médée envisage encore de tuer ses enfants, puis regrette que Jason n’ait pas eu d’enfants avec Créüse. Quel rapport établit-elle entre ce regret et son hésitation ?

Elle aurait pu tuer les enfants de Créüse à la place des siens.
Elle aurait pu épargner les enfants de Créüse à la place des siens.
Elle aurait pu tuer Créüse à la place de ses propres enfants.
Elle aurait pu épargner ses enfants en renonçant à tuer Créüse.

Elle aurait pu tuer les enfants de Créüse à la place des siens.

Explication

Médée regrette l’absence d’enfants de Jason et de Créüse parce qu’elle aurait pu les tuer à la place de ses propres enfants. « Épargner les enfants de Créüse » inverse la cible envisagée, « tuer Créüse » confond les enfants avec leur mère, et « renoncer à tuer Créüse » déplace le regret vers une autre décision.

30. Dans une adaptation de l’intrigue d’Euripide, Médée doit s’exiler et cherche où se réfugier. Quel événement lui offre une issue à Athènes ?

Jason lui propose de l’accueillir dans son royaume.
La nourrice lui propose de l’accueillir dans son royaume.
Créon lui propose de l’accueillir dans son royaume.
Égée lui propose de l’accueillir dans son royaume.

Égée lui propose de l’accueillir dans son royaume.

Explication

Dans la tragédie d’Euripide, Égée offre à Médée un refuge à Athènes, ce qui lui ouvre une issue à l’exil. Attribuer cette offre à Créon confond les personnages, Jason n’est pas le roi d’Athènes, et la nourrice ne lui offre pas de refuge.

31. Dans une mise en scène comparant les demandes de Médée à Jason, quelle différence faut-il montrer entre Euripide et Sénèque au sujet du départ des enfants ?

Chez Euripide, elle demande que les enfants restent à Corinthe; chez Sénèque, elle demande qu’ils l’accompagnent en exil.
Dans les deux pièces, elle demande que les enfants l’accompagnent en exil pour échapper à Créon.
Dans les deux pièces, elle demande que les enfants restent à Corinthe pour porter les cadeaux empoisonnés.
Chez Euripide, elle demande que les enfants l’accompagnent en exil; chez Sénèque, elle demande qu’ils restent à Corinthe.

Chez Euripide, elle demande que les enfants restent à Corinthe; chez Sénèque, elle demande qu’ils l’accompagnent en exil.

Explication

Euripide fait demander à Médée que ses enfants restent à Corinthe afin de faire remettre les cadeaux empoisonnés à Créüse; chez Sénèque, elle demande qu’ils l’accompagnent en exil. La réponse qui inverse les demandes mélange les deux versions, tandis que les réponses qui attribuent une même demande aux deux pièces effacent leur différence.

32. Après avoir été exilée de Corinthe, Médée met à exécution le stratagème qu’elle avait imaginé. Que demande-t-elle à ses enfants de transmettre à Créüse ?

Une tunique intacte
Une couronne empoisonnée
Une tunique empoisonnée
Un message de réconciliation

Une tunique empoisonnée

Explication

Médée avait imaginé faire parvenir à Créüse, par l’intermédiaire de ses enfants, une tunique empoisonnée, puis réalise ce projet après son exil. La couronne substitue un autre objet, la tunique intacte omet le poison et le message de réconciliation confond ce stratagème avec une feinte ultérieure.

33. Dans la scène réelle du film, Créüse refuse le vêtement offert par les enfants de Médée. Quel dénouement distingue cette scène de la séquence imaginée par Médée ?

Elle s’enfuit de Corinthe, tandis que Médée tue ses enfants hors champ.
Elle se jette d’une tour, tandis que Jason tue les enfants hors champ.
Elle brûle dans la tunique, tandis que Médée tue ses enfants hors champ.
Elle se jette d’une tour, tandis que Médée tue ses enfants hors champ.

Elle se jette d’une tour, tandis que Médée tue ses enfants hors champ.

Explication

Dans la scène réelle, Créüse refuse la tunique et se jette d’une tour, tandis que Médée tue ses deux enfants hors champ. La tunique en flammes correspond à la séquence imaginée; attribuer la mort des enfants à Jason ou faire fuir Créüse confond les événements du dénouement.

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Comment évolue l’intrigue de la pièce *Médée* de Sénèque ?

Médée passe de l’impasse de l’exil à la vengeance.

Comment Médée tue-t-elle ses fils dans la pièce *Médée* de Sénèque ?

Elle les tue malgré les supplications de Jason.

Comment Médée quitte-t-elle Corinthe après avoir tué ses fils ?

Elle s’envole sur un char céleste.

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