Fiche de révision : Monarchie absolue et Révolution française

Plan du Cours

  1. Lois fondamentales et succession royale
  2. Catholicité et succession au trône
  3. Intangibilité de la couronne
  4. Freins moraux du pouvoir royal
  5. Conseil et gouvernement monarchique
  6. Justice royale et juridictions
  7. Législation royale et coutumes
  8. Noblesse et contre-pouvoirs
  9. Parlements et contestation monarchique
  10. Lumières et fondements politiques
  11. Crise monarchique et États généraux
  12. Révolution et Déclaration des droits
  13. Réforme judiciaire révolutionnaire
  14. Monarchie constitutionnelle et représentation

Repères chronologiques

  1. 1374Charles V proclame que le roi et ses prédécesseurs gouvernent leurs affaires avec de nombreux sages, clercs et laïques.
  2. 1454L’ordonnance de Montils-lès-Tours prévoit la rédaction des coutumes, qui entre en vigueur au XVIe siècle.
  3. 1584La mort du dernier fils d’Henri II et de Catherine de Médicis fait d’Henri de Navarre le successeur attendu ; il est protestant.
  4. 1588Henri III adopte depuis Rouen l’édit d’union sous la pression de la Ligue catholique afin de réunifier le royaume sous le catholicisme.
  5. 1593L’arrêt Lemaistre affirme que toutes les lois fondamentales doivent être respectées également et appelle à la conversion d’Henri de Navarre, car la candidature d’Isabelle d’Espagne violerait la loi salique.
  6. 1594Henri IV est sacré.
  7. 1610La régence de Marie de Médicis ouvre une période de fragilité monarchique durant laquelle la haute noblesse cherche à exercer une part du pouvoir.
  8. 1614La dernière réunion des États généraux avant 1789 se termine sans accord entre les ordres et est interrompue par la régente Marie de Médicis.
  9. 1673L’organisation du Conseil du roi distingue les conseils contentieux des conseils de gouvernement, notamment le Conseil d’en haut, le Conseil des dépêches et le Conseil des finances.
  10. 1717Louis XV annule l’édit de Marly, affirmant que le roi ne peut disposer de la couronne, qui est destinée au bien et au salut de l’État.

1. Lois fondamentales et succession royale

★ À maîtriser

📌 Les lois du roi sont faites et modifiées par le monarque, tandis que les lois du royaume, ou lois fondamentales, s’imposent également à lui.

📌 Le roi doit respecter les lois fondamentales qui encadrent notamment la succession, et l’acte royal qui les viole peut être déclaré nul.

Compléments

  • Les lois fondamentales se sont formées progressivement par la coutume et leur contenu est évolutif et incertain.

Astuce mémo

Les lois du roi changent par sa volonté ; les lois du royaume s’imposent aussi à lui.

2. Catholicité et succession au trône

Points essentiels

  • Le cardinal de Bourbon, alternative catholique à Henri de Navarre, meurt en 1590 ; sa candidature aurait contourné la primogéniture puisqu’il était l’oncle d’Henri de Navarre.

3. Intangibilité de la couronne

★ À maîtriser

📌 La couronne de France ne peut être abandonnée par abdication, car le roi demeure roi jusqu’à sa mort.

Compléments

  • L’abdication de François Ier est tenue pour nulle, notamment parce que l’acte prévoyait un retour à la couronne s’il revenait de captivité.

  • Louis XIV avait déclaré en 1714-1715 que deux de ses fils illégitimes lui succéderaient si ses héritiers directs disparaissaient ; cette disposition constitue l’édit de Marly.

📌 La renonciation du petit-fils de Louis XIV au trône d’Espagne soulevait la question de la possibilité de renoncer à ses droits à la couronne de France.

4. Freins moraux du pouvoir royal

★ À maîtriser

  • Le monarque absolu n’a de compte à rendre qu’à Dieu, mais il devra néanmoins lui rendre des comptes.

  • Le roi doit respecter les lois divines et naturelles, qui ne relèvent pas de la volonté humaine et ne peuvent être supprimées par lui.

  • Le roi peut écarter des lois supérieures imprécises uniquement pour une cause supérieure, telle que le bien commun ou la sauvegarde de l’État.

  • La raison d’État autorise un écart à la justice ordinaire au nom du bien commun et de la défense de l’État, mais le gouvernement doit rester moral et droit.

Compléments

  • Bodin affirme que tous les princes sont sujets aux lois divines et naturelles et ne peuvent y contrevenir sans être coupables de lèse-majesté divine.

📌 La lèse-majesté divine porte atteinte à la majesté de Dieu, tandis que la lèse-majesté royale porte atteinte à celle du roi.

Astuce mémo

La raison d’État sert le bien commun, mais ne doit pas transformer le gouvernement en tyrannie amorale.

5. Conseil et gouvernement monarchique

★ À maîtriser

📌 Le roi souverain détient les pouvoirs, mais il a l’obligation de gouverner par conseil plutôt que seul.

📌 La curia in parlamento traite les procès, tandis que la curia in concilio conseille le roi pour gouverner le royaume.

Compléments

  • Au début du XVIe siècle, le Conseil se divise en sections spécialisées tout en conservant son unité et le principe selon lequel ses décisions sont réputées prises par le roi en son conseil.

  • Les États généraux sont une institution consultative que le roi décide de convoquer ou non, et leurs réunions se concentrent notamment en période de guerre ou de régence.

6. Justice royale et juridictions

Notions clés & Définitions

  • Lettres de cachet : Des ordres royaux d’arrestation et d’emprisonnement sans accusation précise, jugement préalable, explication ni motif.
  • Cours souveraines : Des juridictions qui rendent des décisions en dernier ressort, même si un appel au roi demeure possible et reste très rare.

★ À maîtriser

  • Le roi est présenté comme la source de toute justice et comme le premier débiteur de justice.

  • Le Conseil du roi peut intervenir dans une affaire en la jugeant lui-même, en cassant un arrêt d’une cour souveraine ou en tranchant un conflit entre juridictions.

Compléments

  • Les lettres de grâce se distinguent selon le cas : la lettre de pardon concerne une peine autre que la condamnation à mort, la lettre de rémission concerne un homicide involontaire ou la légitime défense, la lettre d’absolution concerne les autres cas

  • Les tribunaux royaux s’opposent aux lettres de grâce au nom de l’indépendance de la justice, tandis que les philosophes des Lumières les contestent au nom de la légalité des peines.

  • Les parlements sont principalement des juridictions d’appel, exceptionnellement juges de première instance, et constituent depuis le Moyen Âge une source essentielle de jurisprudence.

Astuce mémo

La lettre de cachet emprisonne sans jugement ; la lettre de grâce intervient après une décision judiciaire.

7. Législation royale et coutumes

Notions clés & Définitions

  • Droit de remontrance : La possibilité pour les cours souveraines de signaler au roi les difficultés qu’elles voient dans une loi et de lui demander de la réexaminer.

★ À maîtriser

  • Les lettres patentes sont ouvertes et adressées à tous ou à des destinataires déterminés, tandis que les lettres closes sont secrètes, moins formelles et signées par le roi et un secrétaire d’État.

  • Au XVIe siècle, une loi n’est applicable dans le ressort d’un parlement qu’après son enregistrement par ce parlement.

  • Le roi est gardien des coutumes en assurant leur préservation et leur application, mais il en est aussi le censeur et doit écarter les mauvaises coutumes au nom de la justice.

Compléments

  • Le droit savant comprend notamment le droit canonique de l’Église catholique et le droit romain de l’ancien Empire romain.

📌 Au Moyen Âge, le roi est conçu comme une loi vivante, mais son pouvoir de légiférer est utilisé prudemment et conditionné par le bien commun.

  • Bodin donne au pouvoir royal de faire et casser la loi une place essentielle parmi les marques de souveraineté.

📌 À l’époque moderne, la loi se caractérise davantage par son auteur souverain que par son contenu, même si les lois royales nouvelles restent peu nombreuses et que les innovations sont souvent perçues comme dangereuses.

  • Les grandes lettres patentes comprennent les ordonnances, les édits et les déclarations, tandis que les petites lettres patentes portent sur des dispositions particulières concernant certains individus ou communautés.

  • La préparation d’une loi royale se fait au Conseil, le contenu est fixé définitivement au Conseil et le garde des sceaux authentifie le texte en y apposant le sceau royal.

  • Après les remontrances, le roi peut adresser des lettres de jussion pour ordonner l’enregistrement, et les parlements peuvent présenter des remontrances itératives.

Astuce mémo

Préparer au Conseil → sceller → enregistrer → éventuellement remontrer.

8. Noblesse et contre-pouvoirs

★ À maîtriser

  • La haute noblesse constitue un danger pour la monarchie absolue du XVIe au XVIIIe siècle et cherche à partager le pouvoir royal lors des périodes de fragilité monarchique.

  • En 1748, Montesquieu publie L’Esprit des lois et défend la séparation des fonctions ainsi que l’équilibre des pouvoirs, la noblesse constituant un contre-pouvoir au roi.

Compléments

  • En 1643, la régence d’Anne d’Autriche constitue une nouvelle période durant laquelle la haute noblesse tente de peser sur le pouvoir.

  • La Fronde conduit Louis XIV à orienter son règne vers la réduction du pouvoir de la noblesse.

  • Henri de Boulainvilliers et Louis de Rouvroy défendent le partage du pouvoir entre le roi et la noblesse au nom d’un droit historique de l’ancienne noblesse.

9. Parlements et contestation monarchique

★ À maîtriser

  • En 1641, l’édit de Saint-Germain interdit aux parlements les remontrances sur le gouvernement de l’État et affirme qu’ils sont des cours de justice sans rôle dans l’élaboration des lois.

  • Le 3 mars 1766, lors de la séance de la Flagellation, Louis XV affirme que le roi fait seul la loi, sans dépendance ni partage, et réfute la théorie des classes parlementaires.

  • Le constitutionnalisme vise à établir un texte écrit fixant clairement et rationnellement le fonctionnement des pouvoirs publics sur la base de leur séparation.

Compléments

  • En 1648, les cours souveraines se soulèvent pour réclamer le droit de contrôler les lois fiscales du roi.

  • Les textes royaux de 1667 et 1673 suppriment le qualificatif de cours souveraines, mettent fin aux remontrances itératives et imposent l’enregistrement avant les remontrances.

  • En 1715, le régent Philippe d’Orléans rétablit le droit de remontrance des cours souveraines.

  • Adrien Le Paige soutient en 1752 que les parlements sont nés avec la monarchie, que l’enregistrement libre est une loi fondamentale et que les parlements forment une institution unique divisée en classes. - lettres histo sur les fonctions essentielles du parlement

  • En janvier-février 1771, la réforme Maupeou exile les parlementaires parisiens et les remplace par des membres du Conseil du roi.

  • En mai 1788, le parlement de Paris publie une liste des lois fondamentales et y ajoute notamment l’impossibilité de destituer les parlementaires et la nécessité de leur accord avant l’application d’une loi.

10. Lumières et fondements politiques

Notions clés & Définitions

  • Contrat social : Le pacte par lequel les individus quittent l’état de nature et fondent une société politique.

★ À maîtriser

📌 Les Lumières opposent la raison, la preuve et la nouveauté à l’organisation complexe et héritée de la tradition de l’Ancien Régime.

  • Les trois ordres sont :
    • ceux qui prient
    • ceux qui se battent
    • ceux qui travaillent

📌 Les libertés traditionnelles protègent les privilèges, tandis que la liberté des Lumières revendique un droit commun identique pour tous.

📌 Dans la pensée politique des Lumières, l’état de nature est dépourvu d’organisation politique et les hommes y sont libres, rationnels et égaux.

Compléments

  • Diderot définit le philosophe comme celui qui n’admet rien sans preuve et distingue le certain, le probable et le douteux.

📌 Les philosophes des Lumières sont plutôt déistes qu’athées : ils croient en une divinité mais rejettent l’Église comme institution et contestent ses dogmes.

  • Dans la pensée du XVIIIe siècle présentée ici, l’État est une organisation artificielle issue du libre choix des individus, dont la forme du pouvoir est fixée par le contrat social.

Astuce mémo

L’Ancien Régime légitime la tradition ; les Lumières réclament raison et égalité civile.

11. Crise monarchique et États généraux

★ À maîtriser

  • En 1774, Louis XVI nomme Turgot ministre des finances, qui tente de concilier absolutisme et réformes libérales de l’économie.

📌 Dans la forme traditionnelle des États généraux, les trois ordres disposent chacun d’une assemblée ayant une voix.

  • Le tiers état revendique le doublement du nombre de ses députés et le vote par tête, tandis que les parlements défendent la forme traditionnelle des États généraux.

Compléments

  • En 1776, l’opposition des parlements à la réforme des corporations provoque l’échec de Turgot et son départ.

  • En 1788, l’opposition des parlements et des soulèvements dans plusieurs villes provoquent l’échec de la réforme de Lamoignon, sa démission et le retour des parlements.

12. Révolution et Déclaration des droits

Notions clés & Définitions

  • Liberté : La possibilité de faire ce qui ne nuit pas à autrui et ce que la loi n’interdit pas ; elle comprend notamment la liberté d’expression et d’opinion.

★ À maîtriser

  • Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est adoptée comme un texte provisoire après la suspension des débats le 27 août.

  • Les articles 1 et 2 de la DDHC proclament la liberté, l’égalité, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

📌 Le légicentrisme place la loi au centre de l’ordre politique et la considère comme l’expression de la volonté générale, contrairement à la loi de l’Ancien Régime conçue comme l’expression de la volonté du roi.

  • La DDHC affirme que la nation est souveraine, que la garantie des droits est la finalité de l’organisation politique, que la séparation des pouvoirs est nécessaire et que les citoyens font la loi directement ou indirectement.

Compléments

  • La crise de 1789 passe des débats révolutionnaires à Versailles en mai et juin aux révoltes urbaines et à la Grande Peur en juillet et août, puis à l’abolition des privilèges dans la nuit du 4 août.

  • Dans la DDHC, l’égalité est une égalité civile et en droit, qui reprend l’abolition des privilèges du 4 août.

  • La sûreté protège contre l’arbitraire, notamment par la présomption d’innocence, la légalité des délits et des peines et la garantie contre les lettres de cachet.

  • Le 5 octobre 1789, une marche parisienne sur Versailles obtient le déplacement de la famille royale aux Tuileries, où s’installe également l’Assemblée constituante.

13. Réforme judiciaire révolutionnaire

★ À maîtriser

  • La réforme judiciaire révolutionnaire rejette l’arbitraire du roi et des juges, fait de la loi nationale la source unique du droit et retire au roi le pouvoir judiciaire au nom de la séparation des pouvoirs.

  • Les juges sont élus pour six ans renouvelables et des jurys citoyens siègent dans les juridictions criminelles.

📌 L’appel circulaire renvoie une affaire au tribunal du district voisin afin de préserver le double degré de juridiction sans rétablir les parlements.

Compléments

  • En novembre 1789, les parlements sont mis en vacances illimitées dans le cadre de la suppression des anciennes juridictions.

  • La justice civile prévoit un juge de paix dans chaque canton et un tribunal civil dans chaque district, avec une place donnée à l’arbitrage et à la conciliation.

  • La justice pénale comprend : un tribunal de police municipal dans chaque commune, un tribunal correctionnel dans chaque canton, un tribunal criminel dans chaque département

  • Les arrêts des jurys des cours criminelles sont définitifs, tandis qu’un tribunal de cassation composé de juges élus peut casser les arrêts et saisir le législateur après deux cassations.

Astuce mémo

Élire les juges → répartir les tribunaux → organiser appel et cassation.

14. Monarchie constitutionnelle et représentation

★ À maîtriser

  • L’article 16 de la DDHC affirme qu’une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs déterminée n’a pas de constitution.

📌 La séparation des pouvoirs implique une séparation des organes et des fonctions.

  • La monarchie constitutionnelle établit une assemblée unique, dont l’indépendance se traduit par la maîtrise de ses séances et l’impossibilité de sa dissolution.

📌 Le mandat représentatif autorise les députés à représenter la nation, tandis que le mandat impératif les ferait agir comme porte-parole de leurs électeurs.

  • Le suffrage censitaire repose sur le principe de l’électorat-fonction et distingue les citoyens passifs des citoyens actifs.

  • Le suffrage est indirect à deux degrés : les citoyens actifs élisent les électeurs du second degré, qui élisent les députés.

Compléments

  • Les députés bénéficient d’une immunité parlementaire qui protège leur indépendance individuelle.

  • Les conditions du citoyen actif sont :

    • avoir 25 ans
    • ne pas être domestique
    • être domicilié depuis un an
    • être inscrit à la garde nationale
    • prêter serment civique
    • ne pas être accusé ou condamné ni libéré
    • payer le cens
  • Les électeurs du second degré doivent satisfaire à des conditions de cens plus élevées, tandis qu’aucune condition de cens n’est exigée pour être élu député.

Tableaux de synthèse

Modes de participation au pouvoir

ActeurRôle revendiquéLimite ou principe
NoblessePartager le pouvoir avec le roiDéfense des libertés et privilèges historiques
ParlementsContrôler et discuter les lois royalesLe roi affirme qu’il fait seul la loi
États générauxConseiller le roi et exprimer des doléancesInstitution consultative convoquée par le roi
NationExercer la souveraineté et faire la loiS’exprime par ses représentants

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1. Un monarque modifie une règle qu’il avait lui-même instaurée, puis tente de modifier une règle fondamentale du royaume. Quelle distinction s’applique à ces deux actes ?

2. Un roi prend un acte qui bouleverse les règles fondamentales de succession. Quelle conséquence juridique peut en résulter ?

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Qui peut modifier les lois du roi ?

Le monarque.

En 1584, qui devient le successeur attendu après la mort du dernier fils d’Henri II ?

Henri de Navarre, qui est protestant.

Pourquoi Henri III adopte-t-il l’édit d’union depuis Rouen en 1588 ?

Sous la pression de la Ligue catholique, pour réunifier le royaume sous le catholicisme.

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