★ À maîtriser
Compléments
La bibliothèque d’Alexandrie, fondée au IIIe siècle av. J.-C., vise à rassembler tous les livres existants, y compris les écrits dits « barbares », dans un projet encyclopédique.
Au Moyen Âge, les églises développent des collections d’objets merveilleux et de curiosités, exposés notamment dans les sanctuaires et sur les voies de pèlerinage et commerciales.
Les collections médiévales sont des antécédents des cabinets de curiosités, mais ne leur sont pas identiques.
Au Ier siècle, Pline l’Ancien compile dans l’Histoire naturelle des connaissances de son époque, dont des informations artistiques.
Au Ier siècle, Auguste fait restaurer 82 temples de Rome afin de réaffirmer leur intention et leur fonction d’origine.
Au IIe siècle, Pausanias décrit les lieux de mémoire grecs dans un récit de voyage, sans proposer de programme de sauvegarde.
Au VIe siècle, Cassiodore rapporte la préoccupation de Théodoric pour préserver l’éclat des monuments antiques tout en construisant de nouveaux édifices sur leur modèle.
Selon Daniel Russo en 1998, la « pratique du patrimoine exulte la puissance du père de famille, du souverain, du pape ».
Au Moyen Âge, la conservation patrimoniale est liée au pouvoir politique et religieux et les biens ne deviennent publics qu’au XIIIe siècle.
Au Moyen Âge, les descriptions littéraires des objets merveilleux cherchent à susciter l’admiration, et les collections d’Europe du Nord se distinguent par leur orientation surnaturelle et superstitieuse de celles d’Europe du Sud, davantage antiques et archéologiques.
Conserver l’usage d’un monument n’équivaut pas toujours à préserver sa fonction d’origine.
★ À maîtriser
Compléments
Les œuvres servent à la formation des artistes, notamment par des copies d’œuvres antiques, et contribuent aux débuts de l’histoire de l’art.
Rodolphe II de Habsbourg développe une Kunstkammer qui rassemble des objets d’histoire naturelle, d’art et de science afin d’impressionner et de mieux connaître le monde, sans être un musée démocratisé.
Giorgio Vasari publie les Vite en 1550 puis en 1568, biographies qui recontextualisent artistes et styles et contribuent à l’historiographie artistique.
François Ier fait venir des artistes italiens à la cour de France, où ils contribuent à la décoration de Fontainebleau et à la réalisation de copies d’œuvres romaines pour former les artistes français.
Dans son étude des cabinets, Bredekamp les décrit comme associant visuels et pensées dans un même lieu et comme un « chaos studieux ».
★ À maîtriser
Compléments
En 1649, Velázquez se rend à Rome pour faire copier des œuvres antiques et acheter des tableaux pour la Cour.
En 1667, Colbert affirme : « nous devons faire en sorte d’avoir en France tout ce qu’il y a de beau en Italie ».
Louis XIV lance une campagne de copies pour les jardins de Versailles.
L’abbé Jean-Baptiste Boisot lègue à l’abbaye Saint-Vincent de Besançon ses livres et œuvres d’art et donne 2 000 écus pour qu’ils soient présentés dans une salle ouverte deux fois par semaine à tous ceux qui souhaitent lire et étudier.
À partir de 1688, chaque objet du muséum Aldrovandi est décrit par un papier attaché à l’objet, servant d’étiquette et de moyen de classement.
En 1770, le musée Pio Clementino se développe au Vatican pour valoriser les découvertes archéologiques et affirmer la grandeur pontificale.
En 1779, le Museum Fridericianum ouvre à Cassel avec des collections universalistes au service du savoir et de l’utilité publique.
Le Museum Fridericianum réunit notamment des statues antiques, des gravures, des instruments scientifiques, des objets liés à la musique et le cabinet personnel de Frédéric II, et accueille le public à heures fixes.
Selon Algarotti, les productions de l’esprit humain doivent devenir un bien public, et les collections doivent rendre visibles les styles et l’histoire de la peinture pour former les artistes.
En 1780, Christian von Mechel propose un classement des œuvres par ordre chronologique, succession de maîtres ou école afin de privilégier l’instruction et la pédagogie.
En 1785, Rittershausen s’oppose à von Mechel en reprochant à son classement de privilégier les savants et les historiens au détriment du plaisir esthétique et de la formation du goût.
Au XVIIIe siècle, les musées archéologiques italiens et pontificaux favorisent la conservation et l’étude des antiquités tout en affirmant le prestige des institutions qui les abritent.
À Rome, l’absence de dates précises pour certaines antiquités complique l’organisation d’une galerie selon une progression chronologique.
Le classement instruit ; la présentation esthétique forme le goût.
★ À maîtriser
Le 2 novembre 1789, l’Assemblée constituante met les biens du clergé à la disposition de la nation, amorçant la nationalisation du patrimoine et la responsabilité de l’État pour l’inventaire et la conservation des œuvres.
La Révolution française est paradoxale : la volonté de rompre avec l’ancien ordre entraîne des destructions de monuments et d’œuvres associées à la monarchie, mais ces destructions contribuent à faire émerger une conscience patrimoniale.
Le 27 juillet 1793, un décret crée le Louvre en tant que musée afin de mettre les collections à la disposition du peuple et d’en faire un instrument de rayonnement républicain.
Compléments
Le Salon est le moyen pour les artistes de montrer leurs œuvres et de faire carrière, sous le contrôle de l’autorité royale sur la production artistique.
Le 31 août 1794, l’abbé Grégoire publie un rapport contre le vandalisme et affirme que les objets nationaux, n’étant à personne, sont la propriété de tous.
En 1795, Alexandre Lenoir présente un projet de musée historique des monuments français pour protéger des œuvres menacées et relier l’histoire de l’art aux périodes historiques.
En 1801, le rapport Chaptal organise la répartition des collections du Louvre entre les musées de province selon des principes d’équité et d’utilité.
Louis Georges de Bréquigny propose d’identifier et d’inventorier les monuments puis de les distribuer dans des villes de province disposant de lieux d’instruction publique.
Dans son projet de musée au Louvre sous Louis XVI, le comte d’Angiviller veut rendre les collections plus accessibles que dans un espace réservé à l’élite et soutenir la formation des artistes par des modèles.
La volonté de rompre avec l’ancien ordre provoque des destructions → elles éveillent une conscience patrimoniale.
★ À maîtriser
📌 Dans son rapport sur la répartition des œuvres, Chaptal pose des principes d’équité et d’utilité pédagogique, afin que les collections soient attribuées sans hasard et contribuent au rayonnement national.
📌 La répartition des œuvres oppose les velléités centralisatrices des institutions parisiennes aux demandes des administrations locales de restituer à la province les monuments transférés à la capitale.
Compléments
Au XIXe siècle, la province est encouragée à faire connaître ses richesses par des catalogues de collections inspirés du modèle italien.
Chaptal défend l’installation des œuvres là où les connaissances déjà acquises peuvent leur donner de la valeur.
Paris centralise, la province réclame ses monuments : l’équité cherche un lieu où ils instruisent.
★ À maîtriser
📌 Au Louvre, les débats sur la présentation des œuvres et leur accès opposent un parti esthétique à un parti éducatif.
Compléments
📌 Le classement par école est défendu pour éviter les dissonances stylistiques entre œuvres et permettre à l’amateur d’en tirer une instruction.
Au Louvre, l’afflux d’œuvres est difficile à gérer et il n’existe pas encore de formation professionnelle dédiée aux métiers des musées.
Jacques-Louis-David souhaite réorganiser les arts et le système de formation, et distingue les œuvres utiles à l’éducation du goût, associées au retour aux valeurs antiques, des œuvres qu’il juge superflues ou futiles.
L’école ordonne pour instruire ; l’esthétique expose pour former le goût.
★ À maîtriser
En 1795, Alexandre Lenoir présente son projet de musée historique des monuments français, qui reste ouvert jusqu’en 1816, au moment de la Restauration.
Au musée des monuments français, la présentation commence par une salle d’introduction montrant chronologiquement les progrès de l’art, puis classe les œuvres par âge et par date en accordant de l’importance au décor et à la mise en scène.
Compléments
L’abbé Grégoire dénonce l’anti-intellectualisme des élites révolutionnaires dans sa défense des arts et des lettres, et est accusé de fanatisme.
Alexandre Lenoir fait remonter au musée des monuments français des œuvres ayant survécu au vandalisme de Saint-Denis afin d’en assurer la protection.
Protéger les monuments, les classer dans le temps, montrer le progrès des arts.
★ À maîtriser
En 1720, Scipione Maffei fait paraître un projet de musée d’inscriptions destiné à préserver le patrimoine écrit pour son utilité historique, artistique et linguistique. - Scipione-Maffei
En 1749, la galerie archéologique du musée lapidaire de Vérone ouvre au public.
À partir de 1770, le pape Pie VI développe le musée Pio Clementino au Vatican dans le contexte d’un regain d’intérêt pour les fouilles et l’archéologie.
Compléments
📌 Scipione Maffei estime que les inscriptions doivent être préservées parce qu’elles risquent de disparaître sous l’effet du temps, de l’ignorance ou de leur réemploi dans de nouvelles constructions. - Scipione-Maffei
Maffei propose de classer les inscriptions en séries progressives et chronologiques, couvrant différentes langues et zones géographiques, avec un intérêt particulier pour le Moyen Âge. - Scipione-Maffei
Le musée lapidaire de Vérone associe une architecture inspirée de l’Antiquité à une présentation des collections qui reflète leur nature archéologique.
📌 À Rome, le classement chronologique des collections d’antiquités est difficile lorsque les œuvres ne sont pas datées, ce qui conduit à une présentation davantage héritée du collectionnisme.
Pour le musée Pio Clementino, Pie VI fait publier un catalogue sollicitant divers spécialistes pour la restauration, le classement et la recherche.
Au musée Pio Clementino, chaque découverte ou acquisition fait l’objet d’un poème diffusé dans la presse.
L’architecture du musée Pio Clementino évoque la Rome antique et impériale, notamment par une rotonde consacrée aux divinités majeures, et célèbre la grandeur pontificale.
Dans Le triomphe de l’histoire sur le temps (1772-1773), Anton Raphael Mengs représente l’histoire préservant la mémoire et célébrant l’action papale.
Inscription conservée, classée, puis offerte à l’étude publique.
★ À maîtriser
En 1830, l’Altes Museum de Berlin ouvre au public et affirme le musée comme institution culturelle dans un projet de rayonnement national prussien.
Sous l’influence de von Humboldt, l’Altes Museum privilégie une pédagogie de la beauté inspirée de l’idéal grec, où l’esthétique et la mise en scène du parcours doivent favoriser l’élévation spirituelle du visiteur.
📌 Le modèle du « Temple du Beau » privilégie une expérience esthétique et spirituelle plutôt qu’une collection didactique et encyclopédique fondée sur des moulages.
Compléments
Le musée comme temple : l’architecture élève le visiteur devant les œuvres.
★ À maîtriser
📌 Au Royaume-Uni, les initiatives muséales reposent d’abord surtout sur le mécénat privé et la royauté, tandis que l’intervention gouvernementale et le financement public progressent à partir du milieu du XIXe siècle.
📌 Robert Peel privilégie des œuvres de mérite incontestable pouvant servir de modèles, tandis que Charles Eastlake défend l’acquisition d’œuvres variées, notamment de primitifs, pour constituer des spécimens représentatifs des styles de peinture.
Compléments
La National Gallery, créée en 1824 à partir de collections privées, s’installe à Trafalgar Square en 1838.
En 1851, l’Exposition universelle de Londres et le Crystal Palace de Joseph Paxton mettent en scène la modernité et le développement industriels britanniques.
En 1852, le Musée des Arts et Manufactures est créé au Royaume-Uni pour promouvoir la puissance industrielle et commerciale et améliorer la formation des ouvriers, artisans et dessinateurs industriels.
Dans sa Grammaire de l’Ornement (1856), Owen Jones propose des modèles issus de différentes époques et civilisations à étudier sans les copier, rejette le trompe-l’œil et le réalisme, et donne à l’ouvrage une portée pédagogique comparable à celle des musées d’arts et d’industrie.
L’essor industriel → des musées pour former artisans et ouvriers.
★ À maîtriser
📌 En France, l’État décide des acquisitions tout en consultant davantage les administrations locales, et les musées provinciaux valorisent les spécificités historiques et culturelles de leur territoire.
📌 Au XIXe siècle, les innovations réalistes et impressionnistes contestent l’autorité académique, tandis que les politiques d’acquisition des musées peinent à suivre les évolutions de la création contemporaine.
Compléments
Le 24 janvier 1882, une école d’administration des musées est créée en France pour former conservateurs, adjoints et attachés.
En 1887, une inspection des musées est créée en France pour renforcer l’encadrement administratif des institutions.
En 1895, la Réunion des Musées Nationaux est créée en France pour régir les acquisitions d’œuvres destinées aux collections nationales.
En 1863, Napoléon III ouvre le Salon des Refusés, où sont exposées des œuvres rejetées par les Salons académiques.
En 1884, des artistes exposent au Salon des Indépendants, marquant leur autonomie croissante face aux institutions artistiques traditionnelles.
Les musées de province distinguent des salles fonctionnelles richement décorées des salles d’exposition au décor plus sobre afin de ne pas distraire le visiteur.
★ À maîtriser
Le goût romantique pour les ruines et le Moyen Âge s’intensifie en France au XIXe siècle dans un contexte de destructions révolutionnaires et de crainte de la disparition des monuments.
En 1830, François Guizot crée l’inspection générale des monuments historiques afin de coordonner les initiatives individuelles et de structurer l’action publique de conservation.
Compléments
Les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, publiés par le baron Taylor de 1820 à 1878, contribuent à faire connaître des monuments menacés de disparition par des planches lithographiées.
En 1810, le comte de Montalivet initie un fonds pour la conservation des anciens monuments.
📌 L’inspection créée par Guizot doit informer propriétaires et détenteurs de l’intérêt de conserver les monuments, afin qu’aucun monument de mérite incontestable ne périsse par ignorance ou précipitation et que les ressources ne soient pas dépensées sur des objets indignes de protection. - François Guizot
Inventorier et classer → empêcher la disparition des monuments.
★ À maîtriser
📌 Jean-Philippe Schmit défend le maintien des monuments dans leur état de vieillissement et s’oppose à toute restauration, tandis qu’Eugène Viollet-le-Duc veut rétablir une unité stylistique, parfois dans un état qui n’a jamais existé.
À Vézelay, Eugène Viollet-le-Duc restaure la basilique Sainte-Marie-Madeleine selon un modèle roman du XIIe siècle, bien que l’édifice comporte plusieurs périodes de construction.
Dans sa définition de 1866, Viollet-le-Duc affirme que restaurer un édifice consiste à le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. - Eugène Viollet-le-Duc
Compléments
En 1837, la foudre fragilise une tour de la basilique de Saint-Denis, qui est ensuite supprimée sans être reconstruite à cette époque.
En 1859, Eugène Viollet-le-Duc achève le chantier de restauration de la basilique de Vézelay, où il reconstruit notamment les arcs, les voûtes, la façade ouest et le chœur.
Dans son dictionnaire de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, publié de 1854 à 1868, Viollet-le-Duc érige le patrimoine médiéval en modèle et traite les dimensions techniques, administratives, historiques et politiques de la restauration. - Eugène Viollet-le-Duc, 1854-1868
Pour Viollet-le-Duc, la restauration doit donner au monument une nouvelle destination et un nouvel usage.
📌 Dans son dictionnaire sur les arts décoratifs, Viollet-le-Duc distingue les ornements essentiels des ornements superflus et défend l’unité entre architecture et aménagement intérieur.
Schmit conserve la vieillesse ; Viollet-le-Duc rétablit l’unité stylistique.
★ À maîtriser
Dans la sphère germanique, les guerres napoléoniennes favorisent l’émergence d’une conscience nationale et d’un mouvement de protection du patrimoine associé à l’idéal romantique de la chrétienté médiévale et de l’architecture gothique.
La commission chargée du château de Heidelberg entre 1883 et 1890 conclut qu’il vaut mieux le conserver en l’état plutôt que le reconstruire complètement.
📌 Aloïs Riegl distingue le monument intentionnel, créé pour transmettre une mémoire, du monument historique, auquel une valeur est attribuée rétrospectivement par les générations suivantes. - Le Culte moderne des monuments, 1903
Compléments
À partir de 1815, la cathédrale de Cologne est présentée comme une autoreprésentation de la nation et du peuple allemands, symbolisant leur esprit collectif et leurs prouesses techniques et artistiques.
En 1904, une circulaire prussienne élargit la conservation aux vestiges historiques, artistiques, pittoresques et paysagers.
En 1872, un premier texte institutionnel italien sur la protection des monuments est introduit au Sénat.
La loi italienne de 1902 protège les monuments de toutes les époques, à l’exception des œuvres des artistes vivants.
En Grèce, la loi de 1834 ne protège que les antiquités, mais cette protection est étendue à toutes les périodes en 1902.
En 1902, le Musée du Caire ouvre ses portes et succède à une égyptologie jusque-là entièrement européenne.
Les membres égyptiens du Comité de conservation des monuments de l’art arabe revendiquent le droit de préserver leur patrimoine, tandis que les membres étrangers revendiquent la détention des connaissances et de l’expertise. - El-Habachi
En 1922, la découverte de la tombe de Toutankhamon renforce les revendications nationalistes égyptiennes sur les antiquités découvertes dans le pays. - James Goode
En Autriche, un décret de 1899 étend la protection patrimoniale à la première moitié du XIXe siècle.
En 1904, la Prusse étend la protection patrimoniale jusqu’à l’année 1870.
★ À maîtriser
Compléments
En 1909, Marinetti publie le Manifeste du futurisme, qui appelle notamment à démolir les musées et les bibliothèques.
Dans la Seconde Considération Actuelle de 1874, Nietzsche critique la « fureur de collection » qu’il considère comme une maladie de l’histoire empêchant le développement de la création et de la nouveauté.
Le mouvement dada, créé autour de Hugo Ball en 1916, interroge la définition de l’œuvre d’art et la légitimité des musées à choisir les œuvres exposées ou conservées.
Pendant la Grande Guerre, les ruines d’Arras, ville détruite à près de 80 %, deviennent un symbole d’identité nationale et nourrissent un discours anti-allemand.
L’exposition de 1937 à Paris contribue à la modernisation de la muséographie par le cloisonnement des espaces, les mezzanines, les vitrines et des décors de présentation contrastés.
En 1919, Marcel Duchamp réalise LHOOQ, une représentation dérisoire de la Joconde.
L’avant-garde détruit le passé ; les nationalismes mobilisent les ruines.
★ À maîtriser
📌 Le régime nazi oppose l’art d’avant-garde qualifié de dégénéré à un art officiel classicisant, inspiré de l’Antiquité gréco-romaine et associé à la pureté de l’âme allemande.
Compléments
En 1929, le Musée de l’Empire romain est inauguré à Rome pour mettre en valeur l’héritage national lié à l’Empire romain.
En 1937, le régime fasciste organise une exposition sur la romanité pour le bimillénaire de la naissance de l’empereur Auguste.
Le Stade des marbres, inauguré en 1932, comporte 64 statues colossales et sert à l’entraînement des étudiants de l’Académie fasciste masculine d’éducation physique.
L’exposition de l’art dégénéré organisée en 1937 par le régime nazi rejette l’avant-garde et met en évidence le prix payé pour les œuvres afin de susciter l’indignation contre les dépenses publiques.
Après les révolutions bolcheviques, les autorités soviétiques ferment des églises et nationalisent des propriétés impériales, puis confient la gestion de certains musées à des familles nobles formées sous le régime tsariste.
L’Office général de la conservation des objets d’art et d’archéologie, créé en 1921, gère et contrôle les musées soviétiques, qui sont plus de 500 en 1936.
En 1931, Staline fait détruire la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou pour construire un palais des Soviets qui ne sera jamais achevé.
★ À maîtriser
📌 Aux États-Unis, les musées relèvent souvent d’élites et de trustees influents qui financent les institutions et peuvent renvoyer leurs directeurs, contrairement à un modèle reposant principalement sur la propriété publique.
Compléments
En 1924, l’American Wing du Metropolitan Museum ouvre avec 17 period rooms consacrées à l’art décoratif américain.
En 1924, Rockefeller finance la restauration et l’aménagement de Williamsburg afin d’illustrer une communauté américaine de la fin du XVIIIe siècle.
Greenfield Village, construit par Henry Ford en 1927 et ouvert en 1929, présente l’art décoratif et industriel américain ainsi que les coutumes ancestrales dans un village accompagné de guides costumés.
Dans l’article « Museum Fatigue » publié en 1916 dans The Scientific Monthly, Gilman formule des recommandations pour réduire la fatigue des visiteurs en agissant sur le parcours et le mobilier des musées.
★ À maîtriser
Compléments
René Verneau améliore la présentation des collections par :
L’École des Ruralistes étudie les modes de vie, les architectures paysannes et l’histoire rurale française, notamment à travers les travaux de de la Blache, Demangeon et Bloch.
En 1928, Paul Rivet succède à René Verneau à la direction du musée d’ethnographie du Trocadéro et le réorganise avec l’aide de George Henri Rivière.
En 1937, le Musée de l’Homme ouvre à l’occasion de l’Exposition universelle, sous le Front populaire.
Conceptions de la restauration
| Approche | Objectif | Rapport au temps |
|---|---|---|
| Schmit | Maintenir l’état conservé | Respecter les marques de vieillissement |
| Viollet-le-Duc | Rétablir une unité stylistique | Accepter un état complet parfois jamais réalisé |
Teste tes connaissances sur Patrimoine et musées en Europe avec 49 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Dans un acte antique, le mot latin « patrimonium » désigne des biens transmis au sein d’une famille. Quelle idée exprime-t-il à l’origine ?
2. Un érudit romain décrit des statues grecques et des monuments dans un catalogue, mais ne propose aucune mesure pour les protéger. Quelle pratique cela illustre-t-il ?
Mémorisez les concepts clés de Patrimoine et musées en Europe avec 95 flashcards interactives.
À quoi renvoie à l’origine le terme latin « patrimonium » ?
À l’héritage et aux biens transmis.
Comment les Romains décrivent-ils les œuvres et monuments antiques ?
Comme dans un inventaire.
Que désigne le collectionnisme ?
L’accumulation, le classement et la conservation d’objets artistiques, historiques ou catégoriels.
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