QCM : Philosophie politique et courants philosophiques (47 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une décision prise par une personne dans sa vie privée a des conséquences sur la communauté. Quelle distinction permet de caractériser les deux dimensions de cette situation ?

La décision et ses effets relèvent de l’agir individuel, sans dimension politique.
La décision relève de l’agir individuel, tandis que ses effets concernent l’agir collectif.
La décision et ses effets relèvent de l’agir collectif, sans dimension morale.
La décision relève de l’agir collectif, tandis que ses effets concernent l’agir individuel.

La décision relève de l’agir individuel, tandis que ses effets concernent l’agir collectif.

Explication

La morale porte sur l’agir humain individuel, alors que la politique porte sur l’agir collectif; un acte personnel peut donc avoir des effets sur la communauté. Inverser les deux domaines confond leur niveau d’action, tandis que nier toute dimension politique ou morale écarte l’un des aspects de la situation.

2. Quelle distinction oppose l’amoralisme politique au moralisme politique ?

L’amoralisme sépare morale et politique, tandis que le moralisme rattache la politique à la morale.
L’amoralisme et le moralisme considèrent tous deux la politique comme indépendante de la morale.
L’amoralisme rattache la politique à la morale, tandis que le moralisme sépare les deux domaines.
L’amoralisme fonde la politique sur le bien social, tandis que le moralisme la fonde sur la puissance.

L’amoralisme sépare morale et politique, tandis que le moralisme rattache la politique à la morale.

Explication

L’amoralisme politique refuse tout lien entre morale et politique, tandis que le moralisme politique fait de la politique une branche de la morale. Rattacher la politique à la morale inverse l’amoralisme et le moralisme; le bien social et la puissance ne définissent pas cette distinction.

3. Un dirigeant adopte une mesure moralement mauvaise dans ses moyens, mais qui, selon lui, sert une bonne finalité politique. Comment la moralité de cet acte est-elle évaluée chez Machiavel ?

Les moyens et la fin doivent être bons pour que l’acte soit moral.
Le bien de la société détermine la moralité de l’acte politique.
La qualité des moyens détermine la moralité, indépendamment de la finalité.
La finalité politique peut justifier les moyens mauvais employés pour l’atteindre.

La finalité politique peut justifier les moyens mauvais employés pour l’atteindre.

Explication

Chez Machiavel, la moralité politique dépend de la finalité, qui peut autoriser des moyens mauvais si elle est jugée bonne. Exiger de bons moyens et une bonne fin reprend la morale classique; privilégier le bien social ou écarter la finalité ne correspond pas à ce critère.

4. Quelle œuvre politique Machiavel a-t-il écrite en 1513 et publiée à titre posthume en 1532 ?

Le Prince
L’Art de la guerre
La Mandragore
La Clizia

Le Prince

Explication

Machiavel a écrit Le Prince en 1513; l’ouvrage a été publié après sa mort, en 1532. L’Art de la guerre est un autre ouvrage de Machiavel, tandis que La Mandragore et La Clizia sont des pièces de théâtre.

5. Une philosophe soutient que les choses n’existent ou ne peuvent être connues que par la pensée. Quelle conception exprime cette position ?

Le réalisme
L’idéalisme
Le scepticisme
Le matérialisme

L’idéalisme

Explication

L’idéalisme ramène la réalité aux idées ou à l’esprit et fait dépendre l’existence ou la connaissance des choses de la pensée. Le matérialisme privilégie la matière, tandis que le réalisme reconnaît aux choses une réalité propre; le scepticisme ne désigne pas cette thèse.

6. Pour étudier une plante, une chercheuse observe ses caractéristiques sensibles puis cherche à comprendre ce qu’elles révèlent de sa nature. Quelle approche de la connaissance met-elle en œuvre ?

L’approche réaliste, qui fait connaître la plante par l’intelligence seule.
L’approche matérialiste, qui réduit la connaissance à la matière sensible.
L’approche réaliste, qui associe expérience sensible et compréhension intellectuelle.
L’approche idéaliste, qui fait connaître la plante par la pensée seule.

L’approche réaliste, qui associe expérience sensible et compréhension intellectuelle.

Explication

La connaissance réaliste prend en compte à la fois l’expérience sensible de la chose et ce que l’esprit peut en comprendre. La pensée seule correspond à l’idéalisme, la réduction au sensible au matérialisme, et l’intelligence seule omet l’expérience sensible.

7. Quelle affirmation correspond au réalisme concernant l’existence des choses et la possibilité de les connaître ?

Les choses existent par la pensée et ne sont connaissables que par l’esprit.
Les choses ont une réalité matérielle, et seule l’expérience sensible permet de les connaître.
Les choses existent indépendamment de l’esprit, mais leur réalité échappe à l’intelligence.
Les choses ont une réalité propre, indépendante de l’esprit, et l’intelligence peut les connaître.

Les choses ont une réalité propre, indépendante de l’esprit, et l’intelligence peut les connaître.

Explication

Le réalisme affirme que les choses possèdent une réalité propre indépendamment de l’esprit humain, tout en étant connaissables par l’intelligence. Faire dépendre leur existence de la pensée relève de l’idéalisme; réduire la connaissance au sensible relève du matérialisme, et nier la connaissance intellectuelle contredit le réalisme.

8. Quel raisonnement Descartes utilise-t-il pour établir l’existence du sujet pensant ?

« Je perçois, donc les choses sont »
« Je doute, donc je pense, donc je suis »
« Je suis, donc je peux douter »
« Je pense, donc le monde me crée »

« Je doute, donc je pense, donc je suis »

Explication

Le doute atteste une activité de pensée, ce qui permet à Descartes d’établir l’existence du sujet pensant. « Je perçois » renvoie à Berkeley, « le monde me crée » inverse le rapport cartésien, et « je suis, donc je peux douter » inverse le raisonnement.

9. Une personne soutient qu’un arbre cesse d’exister dès qu’il n’est perçu par aucun esprit. Quelle conception exprime-t-elle ?

L’idéalisme de Fichte, où le moi absolu crée le monde
La distinction de Kant entre phénomène et noumène
La conception de Berkeley, où l’existence dépend de la perception
Le réalisme, où l’arbre existe indépendamment de l’esprit

La conception de Berkeley, où l’existence dépend de la perception

Explication

Pour Berkeley, l’existence des objets dépend de leur perception, selon la formule « être, c’est être perçu ou percevoir ». Le réalisme reconnaît une existence indépendante de l’esprit, le moi absolu est associé à Fichte, et la distinction entre phénomènes et noumènes à Kant.

10. Une chercheuse distingue ce qu’un être humain connaît par son expérience de la chose telle qu’elle est en soi et demeure inconnaissable. Quel terme désigne cette chose en soi ?

L’objet perçu
Le noumène
Le moi absolu
Le phénomène

Le noumène

Explication

Chez Kant, le noumène est la chose en soi, inconnaissable par l’expérience humaine, tandis que le phénomène est la chose telle qu’elle est connue. Le moi absolu relève de Fichte, et l’objet perçu renvoie à la thèse de Berkeley.

11. Dans un débat, une idée initiale rencontre une idée opposée ; la solution qui en résulte sert ensuite de point de départ à un nouveau débat. Quel mécanisme décrit cette évolution ?

La dialectique de Hegel : thèse, antithèse, puis synthèse devenant thèse
Le doute de Descartes : l’incertitude établit l’existence du sujet
Le moi absolu de Fichte : la pensée crée le sujet et le monde
La perception de Berkeley : l’objet existe par l’esprit qui le perçoit

La dialectique de Hegel : thèse, antithèse, puis synthèse devenant thèse

Explication

La dialectique hégélienne confronte une thèse à une antithèse pour faire émerger une synthèse, qui devient à son tour une thèse. Réduire le processus à une intuition omet l’opposition, confondre synthèse et antithèse brouille ses étapes, et la perception ou le moi absolu désignent d’autres thèses idéalistes.

12. Un marteau existe, mais une personne l’emploie pour casser des noix plutôt que pour planter des clous. Dans la distinction d’Aristote, qu’est-ce qui caractérise l’essence du marteau ?

Le bois ou le métal dont il est fabriqué
Sa nature, associée à la fonction de planter des clous
Son utilisation effective pour casser des noix
Le fait qu’il existe matériellement

Sa nature, associée à la fonction de planter des clous

Explication

L’essence désigne la nature de l’être ; pour un marteau, elle est liée à sa fonction, tandis que l’existence désigne sa réalisation effective conformément à cette nature. L’usage pour casser des noix est un emploi particulier, le matériau relève de la matière, et la présence matérielle ne définit pas l’essence.

13. Un morceau de bois peut devenir une statue, et un artisan le transforme effectivement en statue. Comment qualifier respectivement ces deux états ?

La matière, puis l’essence
La puissance, puis l’acte
L’acte, puis la puissance
L’essence, puis la matière

La puissance, puis l’acte

Explication

La puissance est la capacité d’un être à devenir ce que son essence permet ; l’acte est la réalisation de cette capacité. L’ordre inverse confond possibilité et réalisation, tandis que matière et essence désignent d’autres aspects de la chose.

14. Un philosophe affirme qu’un arbre existe indépendamment des idées humaines, mais que l’observation et l’abstraction permettent d’en connaître l’essence. Quelle conception défend-il ?

Le matérialisme qui écarte l’essence
Le réalisme grec
Le scepticisme sur toute connaissance
L’idéalisme

Le réalisme grec

Explication

Le réalisme grec reconnaît l’existence indépendante des choses et affirme que l’intelligence peut en connaître l’essence par l’observation et l’abstraction. L’idéalisme fait dépendre la réalité de l’esprit, le matérialisme décrit ici écarte l’essence, et le scepticisme nie la possibilité de connaissance.

15. Après avoir perçu plusieurs chevaux, un penseur forme une représentation intelligible de ce qu’ils ont en commun. Selon Thomas d’Aquin, comment l’intellect obtient-il cette représentation ?

En conservant les images sensibles sans abstraction intellectuelle
En abstraiant une espèce intelligible à partir des images perçues
En créant l’espèce intelligible sans appui sur la perception
En recevant une espèce intelligible déjà présente dans les choses

En abstraiant une espèce intelligible à partir des images perçues

Explication

Thomas d’Aquin soutient que l’intellect abstrait les espèces intelligibles à partir des images fournies par la perception des choses extérieures. Une abstraction sans perception omet ce point de départ, la simple conservation des images n’est pas l’abstraction, et l’espèce n’est pas créée sans appui sur les images.

16. Une œuvre intéresse fortement une collectionneuse, qui serait prête à payer plus que son prix courant. Quelle distinction rend compte de cette situation ?

Sa valeur psychologique dépend du prix courant, tandis que sa valeur économique relève du sentiment de la collectionneuse.
Sa valeur axiologique dépend de son intérêt pour l’œuvre, tandis que sa valeur économique relève du vrai et du bien.
Sa valeur économique dépend de son intérêt pour l’œuvre, tandis que sa valeur psychologique relève notamment du marché.
Sa valeur psychologique dépend de son intérêt pour l’œuvre, tandis que sa valeur économique relève notamment du marché.

Sa valeur psychologique dépend de son intérêt pour l’œuvre, tandis que sa valeur économique relève notamment du marché.

Explication

La valeur psychologique est liée à l’intérêt et au sentiment d’une personne, alors que la valeur économique dépend notamment de l’offre, de la demande et du marché. La régulation du marché n’est pas l’intérêt personnel, la valeur intrinsèque relève d’une autre distinction et le jugement esthétique n’est pas le critère économique.

17. Quelle caractéristique distingue les valeurs axiologiques des valeurs qui dépendent des préférences individuelles ?

Elles concernent le vrai, le beau et le bien comme des intérêts propres à chaque personne.
Elles concernent le vrai, le beau et le bien comme des préférences individuelles.
Elles concernent le vrai, le beau et le bien comme des transcendantaux liés à l’être.
Elles concernent le vrai, le beau et le bien comme des prix déterminés par le marché.

Elles concernent le vrai, le beau et le bien comme des transcendantaux liés à l’être.

Explication

Les valeurs axiologiques renvoient au vrai, au beau et au bien conçus comme des transcendantaux liés à l’être. Les préférences et les intérêts personnels relèvent de valeurs subjectives, tandis que la fixation des prix appartient au domaine économique.

18. Une philosophe décrit l’être comme une réalité qui se transforme et n’est pas immobile. À quelle famille de courants cette conception correspond-elle ?

Aux philosophies des valeurs, qui conçoivent l’être comme étant en mouvement.
Aux philosophies du vivant, qui conçoivent l’être comme étant en mouvement.
À l’évolutionnisme scientifique, qui explique l’être par la sélection des espèces.
À une philosophie de l’être immobile, qui exclut toute transformation.

Aux philosophies du vivant, qui conçoivent l’être comme étant en mouvement.

Explication

Les philosophies du vivant regroupent les courants qui conçoivent l’être comme étant en mouvement. La philosophie des valeurs porte sur les valeurs, l’évolutionnisme scientifique traite de l’évolution des espèces, et l’immobilité contredit cette caractéristique.

19. Au fil du temps, une forme de vie rencontre des obstacles et se transforme. Quelle notion philosophique décrit ce mouvement ?

L’évolutionnisme, compris comme un mouvement temporel sans rencontre d’obstacles.
L’évolutionnisme, compris comme l’apparition de cellules primitives à partir de macromolécules.
L’évolutionnisme, compris comme une transformation liée aux obstacles rencontrés au cours du temps.
L’évolutionnisme, compris comme l’unité finale entre un pôle positif et un pôle négatif.

L’évolutionnisme, compris comme une transformation liée aux obstacles rencontrés au cours du temps.

Explication

Dans son approche philosophique, l’évolutionnisme décrit un mouvement où les choses rencontrent des obstacles et se transforment au cours du temps. L’apparition des cellules primitives appartient aux étapes proposées par Monod, tandis que l’unité des pôles relève de la pensée attribuée à Böhme.

20. Une équipe reconstitue les étapes de l’évolution proposées par Jacques Monod. Quel enchaînement doit-elle retenir ?

Apparition de macromolécules duplicatives, formation de constituants chimiques essentiels, puis évolution vers des cellules primitives.
Formation de constituants chimiques essentiels, apparition de macromolécules duplicatives, puis évolution vers des cellules primitives.
Rencontre d’obstacles, formation de constituants chimiques essentiels, puis union des pôles en une unité.
Formation de constituants chimiques essentiels, apparition de cellules primitives, puis évolution vers des macromolécules duplicatives.

Formation de constituants chimiques essentiels, apparition de macromolécules duplicatives, puis évolution vers des cellules primitives.

Explication

Monod propose d’abord la formation de constituants chimiques essentiels comme les nucléotides, puis l’apparition de macromolécules capables de se dupliquer, et enfin l’évolution vers des cellules primitives. Inverser les deux premières étapes, placer les cellules avant les structures duplicatives ou substituer les obstacles et les pôles déforme cet enchaînement.

21. Dans une œuvre, une énergie débordante est contenue par une forme équilibrée et proportionnée. Quelle opposition nietzschéenne cette œuvre met-elle en tension ?

Apollon, associé à la démesure, et Dionysos, associé à la mesure
Dionysos, associé à la démesure, et Apollon, associé à la mesure
L’instinct, associé à la raison, et la qualité, associée à la quantité
Dionysos, associé à la domination, et Apollon, associé au bien commun

Dionysos, associé à la démesure, et Apollon, associé à la mesure

Explication

Nietzsche associe Dionysos à la démesure et Apollon à la mesure, deux tendances qui peuvent se confronter dans les arts. L’inversion des divinités confond leurs associations, la domination et le bien commun relèvent d’une autre distinction, et raison et instinct renvoient aux catégories de Bergson.

22. Quel portrait correspond au surhomme dans la pensée de Nietzsche ?

Un être qui se réalise par la création et le dépassement de la faiblesse
Un être qui se satisfait de plaisirs limités et manque de puissance créatrice
Un être qui accomplit l’humanité en orientant sa vertu vers le bien commun
Un être qui réalise sa puissance en recherchant principalement la domination d’autrui

Un être qui se réalise par la création et le dépassement de la faiblesse

Explication

Le surhomme représente une réalisation supérieure de l’humanité par la volonté de puissance, la création et le dépassement de la faiblesse. Les plaisirs limités caractérisent les « petits hommes » ; la domination seule et le bien commun ne définissent pas le surhomme dans cette unité.

23. Une personne affirme que la vertu doit être évaluée par sa contribution au bien commun, tandis qu’une autre y voit une manière d’affirmer sa puissance et sa domination. Quelle distinction Nietzsche met-il en jeu ?

Aristote associe la vertu à la création du surhomme, Nietzsche au dépassement de la faiblesse
Aristote associe sa finalité au bien commun, Nietzsche son exercice à l’affirmation de puissance
Aristote associe la vertu à la démesure, Nietzsche à la mesure et à la proportion
Aristote associe son exercice à la domination, Nietzsche sa finalité au bien commun

Aristote associe sa finalité au bien commun, Nietzsche son exercice à l’affirmation de puissance

Explication

La distinction porte sur la finalité de la vertu chez Aristote, orientée vers le bien commun, et sur son exercice chez Nietzsche, compris comme affirmation de puissance et de domination. L’option inversant ces attributions confond les deux conceptions ; le surhomme et les pôles apollinien et dionysiaque sont d’autres thèmes.

24. Quels thèmes Nietzsche explore-t-il notamment en réfléchissant à la puissance humaine et à la manière d’agir envers les autres ?

La Volonté comme chose en soi et la volonté de vivre
La mesure apollinienne et la démesure dionysiaque
Le mouvement et la durée
Le tragique et le surhomme

Le tragique et le surhomme

Explication

Nietzsche réfléchit notamment au tragique et au surhomme en lien avec la puissance humaine et son action envers les autres. Le mouvement et la durée sont associés à Bergson ; la Volonté comme chose en soi renvoie à Schopenhauer, et mesure et démesure constituent une distinction artistique précise.

25. Une évolution progresse vers des formes nouvelles et ascendantes. Quelle catégorie de mouvement Bergson lui associe-t-il ?

Le mouvement négatif
Le mouvement positif
Le mouvement statique
Le mouvement quantitatif

Le mouvement positif

Explication

Chez Bergson, le mouvement positif est progressif et ascendant, tandis que le mouvement négatif est régressif et descendant. La stabilité et l’inertie caractérisent le pôle négatif ; quantité et technique lui sont également associées, plutôt qu’au mouvement positif.

26. Deux personnes regardent la même durée mesurée par une horloge, mais l’une ressent le passage comme long et l’autre comme bref. Qu’est-ce qui varie ici au sens de Bergson ?

L’élan vital, comme force créatrice de formes nouvelles
La durée, comme perception psychologique du changement
Le mouvement négatif, comme régression vers l’inertie
Le temps physique, comme mesure identique pour les deux personnes

La durée, comme perception psychologique du changement

Explication

La durée désigne la perception psychologique du changement et du passage d’un état à un autre, distincte du temps physique. L’horloge mesure le temps physique ; l’élan vital explique la création de formes, tandis que le mouvement négatif relève de la régression et de l’inertie.

27. Quelle fonction Bergson attribue-t-il à l’élan vital dans le devenir du vivant ?

Mesurer le passage vécu d’un état à un autre sans produire de formes nouvelles
Ramener le vivant d’un état à un autre en produisant des formes moins complexes
Faire progresser le vivant selon une suite de formes entièrement prévisibles
Faire passer le vivant d’un état à un autre et créer imprévisiblement des formes plus complexes

Faire passer le vivant d’un état à un autre et créer imprévisiblement des formes plus complexes

Explication

L’élan vital est une force créatrice qui fait passer le vivant d’un état à un autre et produit de manière imprévisible des formes toujours plus complexes. La régression vers des formes moins complexes inverse son orientation, la prévisibilité nie son caractère imprévisible et la simple perception du passage définit plutôt la durée.

28. Dans un cas donné, une transformation vivante repose sur l’instinct, l’intuition et la qualité, tandis qu’un processus voisin privilégie la raison, l’inertie, la quantité et la technique. Comment classer ces deux orientations ?

La première relève du mouvement négatif, la seconde du mouvement positif
Les deux relèvent du mouvement négatif, car elles décrivent des processus
Les deux relèvent du mouvement positif, car elles impliquent un changement
La première relève du mouvement positif, la seconde du mouvement négatif

La première relève du mouvement positif, la seconde du mouvement négatif

Explication

Le mouvement positif est lié au devenir vivant, à l’intuition, à l’instinct et à la qualité ; le mouvement négatif est associé à la raison, à l’inertie, à la quantité et à la technique. L’inversion des associations constitue la confusion centrale ; le changement ne suffit pas à faire des deux orientations des mouvements positifs.

29. Une personne affirme que son caractère reçu à la naissance détermine entièrement qui elle est. Quelle idée existentialiste permet de contester cette affirmation ?

L’être humain se définit par sa nature de naissance plutôt que par ses actions.
L’être humain se définit par ses principes moraux plutôt que par ses actions.
L’être humain se définit par ses actions plutôt que par sa nature de naissance.
L’être humain se définit par sa foi plutôt que par ses actions.

L’être humain se définit par ses actions plutôt que par sa nature de naissance.

Explication

L’existentialisme donne la primauté à l’existence : les actions contribuent à définir l’être humain plutôt qu’une nature reçue à la naissance. La nature de naissance inverse cette priorité, la foi relève du stade religieux et les principes moraux renvoient au stade éthique.

30. Une personne mène une vie ordonnée et responsable, tandis qu’une autre recherche plaisirs et passions. Comment classer ces deux modes de vie chez Kierkegaard ?

La première relève du stade éthique et la seconde du stade esthétique.
La première relève du stade esthétique et la seconde du stade éthique.
La première relève du stade esthétique et la seconde du stade religieux.
La première relève du stade religieux et la seconde du stade éthique.

La première relève du stade éthique et la seconde du stade esthétique.

Explication

Le stade éthique correspond à une vie ordonnée et responsable, tandis que le stade esthétique est associé aux plaisirs et aux passions. Le stade religieux se fonde sur la foi ; intervertir les deux premiers stades confond leurs caractéristiques.

31. Un philosophe distingue l’être en général de la manière d’être propre à celui qui existe, et estime que les actions déterminent ce qu’il est. Quelle notion désigne cette manière d’être ?

L’essence de naissance.
Le Sein.
Le Dasein.
Le pour-soi.

Le Dasein.

Explication

Chez Heidegger, le Dasein désigne la manière d’être de celui qui est et prime sur le Sein, l’être. Le pour-soi est une notion de Sartre, tandis qu’une essence immuable contredit l’idée que les actions déterminent ce qu’est l’être.

32. Une analyse distingue un être qui ne sait pas qu’il est d’une conscience de ce que l’on est. Quelle affirmation complète correctement cette distinction chez Sartre ?

L’en-soi est la conscience de soi, le pour-soi l’être inconscient de son existence, et leur synthèse est impossible.
L’en-soi est l’être inconscient de son existence, le pour-soi la conscience, et leur synthèse est impossible.
L’en-soi est l’être inconscient de son existence, le pour-soi la foi, et leur synthèse est impossible.
L’en-soi est l’être inconscient de son existence, le pour-soi la conscience, et leur synthèse est possible.

L’en-soi est l’être inconscient de son existence, le pour-soi la conscience, et leur synthèse est impossible.

Explication

Sartre distingue l’en-soi, l’être qui ne sait pas qu’il est, du pour-soi, la conscience de ce que l’on est ; leur synthèse en un en-soi-pour-soi est impossible. Inverser les notions brouille la distinction, une synthèse possible contredit le principe, et la foi ne définit pas le pour-soi.

33. Une théorie soutient que les idées n’ont pas d’existence propre et que toute réalité se réduit à la matière. De quelle conception s’agit-il ?

Du matérialisme.
D’un idéalisme accordant une réalité propre aux idées.
Du matérialisme dialectique.
De l’idéalisme.

Du matérialisme.

Explication

Le matérialisme réduit toute chose à la matière et ne reconnaît pas d’existence propre aux idées. L’idéalisme accorde une place centrale aux idées, tandis que le matérialisme dialectique désigne l’application de la dialectique aux rapports matériels.

34. Deux réalités matérielles s’affrontent et leur dépassement fait apparaître une situation nouvelle. Quel principe cette situation illustre-t-elle ?

La dialectique appliquée aux rapports entre idées.
L’accumulation de matière sans opposition entre réalités.
La dialectique appliquée aux rapports matériels.
La conservation des réalités matérielles sans transformation.

La dialectique appliquée aux rapports matériels.

Explication

Le matérialisme dialectique applique la dialectique de Hegel aux rapports matériels : leur affrontement et leur dépassement produisent une nouvelle situation. Le matérialisme idéaliste porte le processus sur les idées, tandis que conservation ou accumulation sans affrontement omettent le mécanisme dialectique.

35. Pour expliquer l’organisation d’une société, un chercheur examine d’abord les rapports économiques qui structurent les relations entre les personnes. Quelle approche correspond à la thèse de Marx ?

Les relations humaines sont fondamentalement spirituelles et religieuses.
Les relations humaines sont économiques, mais ces rapports restent indépendants des autres.
Les relations humaines sont fondamentalement matérielles et économiques.
Les relations humaines se réduisent au conflit entre salariés et détenteurs du capital.

Les relations humaines sont fondamentalement matérielles et économiques.

Explication

Pour Marx, les relations humaines sont fondamentalement matérielles et économiques, et les rapports économiques organisent les autres rapports. Une explication fondée d’abord sur le spirituel inverse cette priorité ; l’indépendance des rapports économiques ou leur réduction à un seul conflit déforme également la thèse.

36. Dans une entreprise, les salariés produisent les biens tandis que les détenteurs du capital s’enrichissent grâce à cette production. Comment Marx caractériserait-il ce rapport ?

Une relation de soumission politique entre l’autorité et les salariés.
Une relation d’exploitation des salariés par les détenteurs du capital.
Une relation d’enrichissement des salariés grâce à la production des détenteurs du capital.
Une relation d’échange équitable entre les salariés et les détenteurs du capital.

Une relation d’exploitation des salariés par les détenteurs du capital.

Explication

Marx analyse le rapport entre détenteurs du capital et salariés comme une relation d’exploitation : les premiers s’enrichissent grâce à la production des seconds. L’échange équitable nie cette exploitation, l’inversion des rôles attribue l’enrichissement aux mauvais acteurs, et la soumission politique est une autre forme de rapport.

37. Sur un marché, le prix d’un bien varie lorsque l’offre et la demande changent. Quelle notion de Smith désigne ce prix observé ?

Le prix salarial
Le prix naturel
Le prix de marché
Le prix de production

Le prix de marché

Explication

Le prix de marché dépend de la relation entre l’offre et la demande. Le prix naturel désigne le prix de la chose en soi, le prix de production renvoie au coût de fabrication et le prix salarial concerne le travail.

38. Des commerçants sont empêchés de conclure librement des échanges. Selon le libéralisme de Smith, quel rôle l’État doit-il jouer ?

Diriger les échanges entre commerçants
Protéger la liberté des échanges contre les entraves
Fixer le prix de chaque marchandise
Prendre possession des entreprises concernées

Protéger la liberté des échanges contre les entraves

Explication

L’État doit préserver la liberté des échanges en empêchant qu’on y fasse obstacle. Diriger les échanges confond protection et conduite directe, fixer les prix relève d’une autre intervention et prendre possession des entreprises n’est pas la règle énoncée.

39. Quelle priorité caractérise le principe socialiste concernant les intérêts individuels et collectifs ?

Les intérêts des individus passent avant ceux de la société
Les intérêts de la société passent avant ceux des individus
La vie collective passe après les échanges marchands
Les intérêts privés suppriment toute organisation sociale

Les intérêts de la société passent avant ceux des individus

Explication

Le socialisme fait primer la société sur les individus, notamment lorsque les intérêts individuels concernent la propriété privée. La primauté de l’individu correspond à la confusion avec le libéralisme, tandis que la primauté du marché et la disparition de la vie collective ne décrivent pas ce principe.

40. Un gouvernement souhaite appliquer l’industrialisme de Saint-Simon afin que le développement industriel profite davantage aux classes pauvres. Quelle orientation politique correspond à cette théorie ?

Confier l’économie à la seule concurrence libre
Faire gérer chaque entreprise par les syndicats
Faire participer l’État à la vie économique
Retirer l’État de la vie économique

Faire participer l’État à la vie économique

Explication

L’industrialisme de Saint-Simon attribue à l’État un rôle dans la vie économique pour que la société industrielle améliore le sort des classes pauvres. La concurrence libre réduit cette ambition, la gestion syndicale des entreprises n’est pas la définition de l’industrialisme et l’exclusion de l’État en contredit le principe.

41. Une personne croit décider librement, mais des forces psychiques inconscientes orientent ses pensées et ses choix. Quelle conception freudienne cela illustre-t-il ?

L’inconscient oriente une conscience qui n’est donc pas entièrement libre
Le ça rend compte à lui seul de toute décision consciente
Le sur-moi détermine les choix par les règles transmises socialement
La conscience perçoit la réalité sans être orientée par l’inconscient

L’inconscient oriente une conscience qui n’est donc pas entièrement libre

Explication

Pour Freud, l’inconscient agit sans que l’individu en ait conscience et oriente sa conscience, qui n’est donc pas entièrement libre. La perception consciente de la réalité caractérise plutôt le moi, tandis que l’influence sociale relève du sur-moi et que le ça est une instance particulière, non l’ensemble des forces psychiques.

42. Un analyste cherche à comprendre une décision en étudiant des forces psychiques qui entrent en conflit chez la personne. Quel est l’objectif freudien qu’il met en œuvre ?

Analyser les forces psychiques opposées susceptibles d’expliquer les actions
Étudier la perception consciente de la réalité pour expliquer les actions
Décrire l’influence du milieu social comme explication des actions
Apaiser les pulsions en satisfaisant les désirs de la personne

Analyser les forces psychiques opposées susceptibles d’expliquer les actions

Explication

La psychanalyse freudienne analyse les forces psychiques qui s’opposent entre elles et peuvent ainsi expliquer les actions humaines. La perception consciente, l’influence sociale et la satisfaction des pulsions renvoient à des notions voisines, mais ne définissent pas à elles seules cet objectif.

43. Un enfant intériorise, par son éducation, des interdictions et des normes sociales. À quelle instance psychique cette influence correspond-elle ?

Au ça, dominé par les instincts de vie et de mort
À l’inconscient, qui oriente la conscience sans être connu
Au sur-moi, formé sous l’action du milieu social
Au moi, chargé de percevoir consciemment la réalité

Au sur-moi, formé sous l’action du milieu social

Explication

Le sur-moi résulte de l’action du milieu social sur l’individu, notamment par l’éducation et l’intériorisation des interdictions. La perception consciente relève du moi, tandis que les instincts associés au principe de plaisir caractérisent le ça.

44. Dans un régime, une doctrine fournit l’objectif politique, tandis que la terreur élimine les obstacles à sa réalisation. Comment Arendt distingue-t-elle ces deux éléments ?

L’idéologie est le moteur du totalitarisme et la terreur son moyen de réalisation
La terreur et l’idéologie sont deux contenus doctrinaux du totalitarisme
L’idéologie est le moyen matériel du totalitarisme et la terreur son contenu
La terreur est le moteur du totalitarisme et l’idéologie son moyen de réalisation

L’idéologie est le moteur du totalitarisme et la terreur son moyen de réalisation

Explication

Pour Arendt, l’idéologie constitue le moteur du totalitarisme, tandis que la terreur lui permet d’exister et d’imposer cette idéologie. Inverser les deux fonctions confond le projet doctrinal et son moyen de réalisation; traiter l’idéologie comme un moyen matériel brouille également cette distinction.

45. Une doctrine totalitaire rejette les faits observables et promet qu’une humanité nouvelle, plus parfaite, dépassera la réalité présente. Quelle caractéristique de l’idéologie cela illustre-t-il ?

Elle élimine matériellement les obstacles au nom d’une humanité nouvelle
Elle nie le réel et l’expérience au nom d’un dépassement vers une humanité nouvelle
Elle défend le réel et l’expérience comme fondements d’une humanité nouvelle
Elle organise la répression pour maintenir les limites de l’humanité présente

Elle nie le réel et l’expérience au nom d’un dépassement vers une humanité nouvelle

Explication

L’idéologie totalitaire nie le réel et l’expérience en promettant un dépassement vers une humanité nouvelle et plus parfaite. L’élimination matérielle des obstacles relève de la terreur, et la défense de l’expérience présente contredit la négation du réel.

46. Un régime élimine des groupes qu’il présente comme des obstacles à l’avènement d’une humanité plus parfaite. Quel mécanisme totalitaire décrit Arendt ?

L’idéologie écarte les obstacles par la seule promesse d’une humanité nouvelle
La terreur protège les groupes qui entravent l’établissement du régime
La terreur conduit à une liquidation de masse au service de l’idéologie
L’idéologie conduit à une liquidation de masse en niant toute doctrine

La terreur conduit à une liquidation de masse au service de l’idéologie

Explication

Pour Arendt, la terreur élimine ce qui entrave l’idéologie et peut conduire à la liquidation de masse au nom d’une humanité plus parfaite. La promesse d’un dépassement est le contenu de l’idéologie, tandis que la terreur en est le moyen coercitif.

47. Un parti cherche à conserver le pouvoir et impose sa volonté collective, au détriment du bien commun. Quelle critique de Simone Weil cette situation illustre-t-elle ?

Le parti protège la liberté individuelle en renonçant à la volonté collective
Le parti garantit la paix sociale en donnant la priorité au pouvoir
Le parti tend vers le bien commun en écartant la volonté collective
Le parti tend vers l’acquisition du pouvoir plutôt que vers le bien commun

Le parti tend vers l’acquisition du pouvoir plutôt que vers le bien commun

Explication

Simone Weil critique les partis politiques parce qu’ils tendent à acquérir le pouvoir plutôt qu’à servir le bien commun, et peuvent imposer leur volonté collective aux individus. Confondre pouvoir et bien commun inverse précisément sa critique, tandis que l’imposition de la volonté collective ne protège pas la liberté individuelle.

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Quel domaine d’action relève de la morale ?

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Le Prince.

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