QCM : Philosophies du bonheur (39 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle distinction oppose les deux conceptions du bonheur envisagées ?

La rencontre relève de la fortune, tandis que la conquête suppose une démarche méthodique.
La rencontre résulte d’un effort méthodique, tandis que la conquête dépend d’une circonstance imprévisible.
La rencontre correspond à une satisfaction durable, tandis que la conquête désigne l’absence de souffrance.
La rencontre dépend des désirs individuels, tandis que la conquête consiste à renoncer à tout désir.

La rencontre relève de la fortune, tandis que la conquête suppose une démarche méthodique.

Explication

Le bonheur peut être conçu comme une rencontre imprévisible liée à la fortune ou comme une conquête obtenue par une démarche méthodique. Confondre les deux revient à attribuer au hasard le rôle de la méthode.

2. À quelle expression latine l’étymologie proposée rattache-t-elle le mot « bon-heur » ?

« Bonum augurium », qui signifie « bonne fortune ».
« Bonum desiderium », qui signifie « désir accompli ».
« Bona vita », qui signifie « vie vertueuse ».
« Beata fortuna », qui signifie « bonheur durable ».

« Bonum augurium », qui signifie « bonne fortune ».

Explication

L’étymologie proposée rapproche « bon-heur » de « bonum augurium », expression latine signifiant « bonne fortune ». « Bonum desiderium » évoquerait un désir, mais ce n’est pas l’expression donnée pour cette étymologie.

3. Dans l’analyse de Schopenhauer, comment le désir peut-il manquer son objet ?

Par ennui lorsque l’objet échappe, ou par frustration après l’avoir obtenu.
Par impatience avant de désirer, ou par satisfaction durable après l’obtention.
Par frustration lorsque l’objet échappe, ou par satiété et ennui après l’avoir obtenu.
Par frustration lorsque l’objet est obtenu, ou par satiété avant qu’il soit atteint.

Par frustration lorsque l’objet échappe, ou par satiété et ennui après l’avoir obtenu.

Explication

Le désir échoue soit parce que son objet reste inaccessible, soit parce que sa satisfaction entraîne la satiété et l’ennui. L’inversion des circonstances confond la frustration, liée à l’objet manqué, avec la satiété, qui suit son obtention.

4. Quelle image Schopenhauer emploie-t-il pour caractériser le mouvement de la vie ?

Un pendule oscillant entre la souffrance et l’ennui.
Un cercle passant de l’ignorance à la connaissance.
Une roue progressant de la souffrance vers la satisfaction.
Une balance alternant entre le désir et la sagesse.

Un pendule oscillant entre la souffrance et l’ennui.

Explication

Schopenhauer compare la vie à un pendule qui oscille entre la souffrance et l’ennui. Une progression vers la satisfaction ne rend pas cette oscillation pessimiste.

5. Que désigne le « bonheur négatif » chez Schopenhauer ?

La simple absence de souffrance, présentée comme le seul bonheur réellement atteignable.
Une satisfaction durable des désirs, accessible après leur accomplissement.
Une joie intense qui apparaît lorsque toute frustration disparaît.
Un état de sagesse qui supprime les désirs et garantit l’ennui.

La simple absence de souffrance, présentée comme le seul bonheur réellement atteignable.

Explication

Le bonheur négatif désigne la simple absence de souffrance, seule forme de bonheur réellement atteignable dans cette conception. Une satisfaction durable des désirs correspondrait plutôt à l’idée de bonheur positif, que Schopenhauer ne tient pas pour accessible.

6. Que fait l’homme lorsqu’il se divertit au sens pascalien ?

Il renonce à toute activité pour échapper aux désirs et à l’ennui.
Il s’agite pour éviter de penser à la mort, à la misère et à l’ignorance.
Il s’isole pour examiner sa misère et chercher une issue solide.
Il médite sur la mort afin de parvenir à une connaissance certaine.

Il s’agite pour éviter de penser à la mort, à la misère et à l’ignorance.

Explication

Chez Pascal, le divertissement est une agitation qui détourne l’homme de la pensée de la mort, de la misère et de l’ignorance. Chercher une issue solide suppose au contraire d’affronter sa misère plutôt que de s’en distraire.

7. Où réside, pour Pascal, le bonheur véritable ?

Dans l’union vécue avec Dieu, inaccessible à l’homme sans Dieu.
Dans la satisfaction des désirs obtenue par une activité incessante.
Dans l’agitation qui permet d’oublier provisoirement les misères humaines.
Dans la connaissance de soi qui rend l’homme indépendant de Dieu.

Dans l’union vécue avec Dieu, inaccessible à l’homme sans Dieu.

Explication

Pour Pascal, le bonheur véritable réside dans l’union vécue de l’homme avec Dieu et demeure inaccessible à l’homme sans Dieu. Le divertissement peut offrir un oubli provisoire des misères, mais il ne constitue pas ce bonheur véritable.

8. Qu’est-ce qui caractérise le souverain bien chez Aristote ?

Il désigne un plaisir passager qui soulage momentanément la douleur.
Il est recherché comme moyen d’obtenir un autre bien jugé supérieur.
Il consiste dans l’accumulation de biens matériels et de pouvoir politique.
Il est recherché pour lui-même comme but ultime de l’existence.

Il est recherché pour lui-même comme but ultime de l’existence.

Explication

Le souverain bien est visé pour lui-même et constitue le but ultime, plutôt qu’un instrument au service d’une autre fin. Un bien recherché pour obtenir quelque chose d’autre est un moyen, et non le souverain bien.

9. Quelle thèse définit l’eudémonisme ?

La prospérité matérielle est identifiée à la connaissance.
La contemplation est identifiée à l’absence de toute activité.
Le bonheur est identifié au souverain bien.
Le plaisir corporel est identifié à la vertu morale.

Le bonheur est identifié au souverain bien.

Explication

L’eudémonisme désigne la doctrine qui identifie le bonheur et le souverain bien. La contemplation concerne une conception aristotélicienne du bonheur parfait, mais ne définit pas à elle seule l’eudémonisme.

10. Quel ensemble de conditions Aristote associe-t-il au bonheur ordinaire ?

La vertu morale, la santé physique et un minimum de prospérité.
La contemplation intellectuelle, l’absence de douleur et une grande richesse.
La vertu politique, l’indépendance matérielle et l’évitement du plaisir.
La maîtrise des passions, la renommée publique et une santé parfaite.

La vertu morale, la santé physique et un minimum de prospérité.

Explication

Aristote décrit le bonheur ordinaire comme associant vertu morale, santé physique et un minimum de prospérité. La contemplation caractérise plutôt la vie à laquelle il réserve le bonheur parfait.

11. À quelle forme de vie Aristote réserve-t-il le bonheur parfait dans le livre X de l’Éthique à Nicomaque ?

À une vie contemplative, appelée bios theoretikos.
À une vie tournée vers l’accumulation des richesses privées.
À une vie centrée sur l’obtention de charges politiques.
À une vie consacrée aux plaisirs corporels les plus variés.

À une vie contemplative, appelée bios theoretikos.

Explication

Dans le livre X, Aristote réserve le bonheur parfait à la vie contemplative, ou bios theoretikos. La recherche des richesses ou des charges politiques ne constitue pas la forme de vie qu’il désigne ainsi.

12. Quels conseils composent le tétrapharmakos d’Épicure ?

Honorer les dieux pour éviter leur colère, craindre la mort et rechercher un plaisir durable malgré la douleur.
Craindre les dieux et la mort, tout en considérant le plaisir difficile à obtenir et la douleur impossible à endurer.
Ne pas craindre les dieux ni la mort, et reconnaître que le plaisir s’obtient facilement et que la douleur se supporte facilement.
Écarter les dieux de toute réflexion, redouter la douleur et préférer la mort aux plaisirs incertains.

Ne pas craindre les dieux ni la mort, et reconnaître que le plaisir s’obtient facilement et que la douleur se supporte facilement.

Explication

Le tétrapharmakos enseigne à ne craindre ni les dieux ni la mort, et à considérer le plaisir facile à obtenir ainsi que la douleur facile à endurer. L’idée que les dieux doivent être honorés pour éviter leur colère contredit le conseil de ne pas les craindre.

13. Qu’est-ce que le plaisir catastématique chez Épicure ?

Un plaisir intense et bref que l’on recherche en acceptant les perturbations qui le suivent.
Un plaisir constant dont la préservation demande de distinguer les plaisirs inoffensifs des plaisirs aux effets indésirables.
Un plaisir corporel qui exige de multiplier les désirs afin d’en prolonger les effets.
Un plaisir fondé sur la contemplation des dieux et indépendant des choix de vie.

Un plaisir constant dont la préservation demande de distinguer les plaisirs inoffensifs des plaisirs aux effets indésirables.

Explication

Le plaisir catastématique est un plaisir constant, dont la préservation suppose de distinguer les plaisirs sans conséquences nuisibles de ceux qui entraînent des effets indésirables. Un plaisir intense et bref ne correspond pas à cette notion de stabilité.

14. Pourquoi Épicure conseille-t-il parfois d’éviter un plaisir pourtant bon en lui-même ?

Parce que tout plaisir doit être différé au profit de la contemplation intellectuelle.
Parce que le plaisir cesse d’être bon dès qu’il concerne le corps plutôt que l’âme.
Parce que ses conséquences peuvent entraîner davantage de perturbations que le plaisir éprouvé.
Parce que les plaisirs naturels sont moins importants que la renommée et la richesse.

Parce que ses conséquences peuvent entraîner davantage de perturbations que le plaisir éprouvé.

Explication

Pour Épicure, tout plaisir est bon en lui-même, mais il peut être judicieux de l’éviter si ses conséquences provoquent plus de perturbations que le plaisir initial. Le critère n’est donc pas que le plaisir soit corporel, mais le bilan de ses effets.

15. Dans la distinction d’Épictète, quels éléments dépendent de nous ?

Les possessions, le désir, les magistratures et le jugement d’autrui.
Le corps, les possessions, les opinions d’autrui et les magistratures.
Le corps, l’impulsion à agir, les opinions d’autrui et l’aversion.
Le jugement, l’impulsion à agir, le désir et l’aversion.

Le jugement, l’impulsion à agir, le désir et l’aversion.

Explication

Épictète classe le jugement, l’impulsion à agir, le désir et l’aversion parmi les choses qui dépendent de nous. Le corps et les possessions relèvent au contraire des choses qui n’en dépendent pas.

16. Selon Épictète, que risque-t-on en prenant pour libres des choses extérieures qui ne dépendent pas de nous ?

Une liberté accrue, une tranquillité durable et une diminution des contrariétés extérieures.
Des obstacles, de la tristesse, de l’inquiétude et des reproches envers les dieux et les hommes.
Une meilleure maîtrise du jugement et une indépendance renforcée à l’égard d’autrui.
Une satisfaction constante issue de la possession des biens matériels et des charges.

Des obstacles, de la tristesse, de l’inquiétude et des reproches envers les dieux et les hommes.

Explication

Attribuer une liberté à des choses extérieures qui ne dépendent pas de nous expose aux obstacles, à la tristesse, à l’inquiétude et aux reproches. La maîtrise du jugement ne découle pas de cette confusion, mais de la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas.

17. Comment Kant caractérise-t-il le bonheur, et pourquoi sa définition varie-t-elle selon les individus ?

Comme la récompense accordée à toute personne qui suit les règles de la vertu
Comme l’obéissance à une loi morale universelle, dont le contenu est identique pour chacun
Comme la possession de biens extérieurs, dont la quantité détermine le degré de bonheur
Comme la satisfaction de tous les penchants, dont le contenu relève de la situation personnelle de chacun

Comme la satisfaction de tous les penchants, dont le contenu relève de la situation personnelle de chacun

Explication

Kant définit le bonheur comme la satisfaction de tous les penchants et en fait une affaire privée, variable d’une personne à l’autre. La loi morale, contrairement au bonheur, ne se réduit pas aux préférences individuelles.

18. Pourquoi, selon Kant, une personne ne peut-elle pas établir avec précision ce qui la rendra durablement heureuse ?

Parce que le bonheur est un concept indéterminé et que ses effets futurs sont difficiles à prévoir
Parce que la vertu détermine à elle seule les événements extérieurs de la vie
Parce que les désirs humains disparaissent dès qu’une personne commence à les satisfaire
Parce que le bonheur dépend d’une loi morale dont les exigences changent selon les circonstances

Parce que le bonheur est un concept indéterminé et que ses effets futurs sont difficiles à prévoir

Explication

Kant estime que le concept de bonheur est indéterminé, ce qui empêche chacun de savoir avec cohérence ce qui le rendrait durablement heureux. L’incertitude ne vient pas d’exigences morales variables, mais de la difficulté à déterminer ce qui satisfera les penchants dans la durée.

19. Quelle relation Kant établit-il entre la vertu et le bonheur ?

La vertu donne un droit au bonheur, même lorsque les circonstances empêchent de l’atteindre
La vertu forme une composante naturelle du bonheur et en assure la possession
La vertu et le bonheur sont deux noms désignant la même qualité morale
La vertu rend une personne digne du bonheur, sans lui garantir un droit à celui-ci

La vertu rend une personne digne du bonheur, sans lui garantir un droit à celui-ci

Explication

Chez Kant, la vertu rend la personne digne du bonheur, mais elle ne lui confère pas un droit à l’obtenir. Il ne faut donc pas confondre cette dignité avec une garantie de bonheur.

20. Comment Descartes distingue-t-il l’heur de la béatitude dans sa lettre à Élisabeth du 4 août 1645 ?

L’heur désigne la vertu acquise par l’effort, tandis que la béatitude désigne le prix matériel de cet effort
L’heur dépend des choses extérieures et de la fortune, tandis que la béatitude est un contentement parfait de l’esprit
L’heur et la béatitude désignent tous deux la satisfaction intérieure, mais à des degrés différents
L’heur est un contentement parfait de l’esprit, tandis que la béatitude dépend des choses extérieures et de la fortune

L’heur dépend des choses extérieures et de la fortune, tandis que la béatitude est un contentement parfait de l’esprit

Explication

Descartes oppose l’heur, lié aux circonstances extérieures et à la fortune, à la béatitude, qui consiste en un contentement parfait de l’esprit. L’association de la satisfaction intérieure à l’heur inverse précisément cette distinction.

21. Quelle caractéristique définit la béatitude chez Descartes ?

Un parfait contentement d’esprit, qui constitue une satisfaction intérieure non garantie par la fortune
Une possession de biens favorables, qui rend la satisfaction intérieure dépendante de la chance
Une heureuse conjoncture extérieure, qui procure à l’esprit une satisfaction durable
Une réussite de l’action vertueuse, dont la récompense consiste en des avantages matériels

Un parfait contentement d’esprit, qui constitue une satisfaction intérieure non garantie par la fortune

Explication

Pour Descartes, la béatitude est un parfait contentement d’esprit et une satisfaction intérieure que la fortune ne garantit pas. Une conjoncture extérieure favorable relève plutôt de l’heur.

22. Que signifie qu’un état est un « by-product » ?

Qu’il ne peut être atteint en faisant directement de lui le but de son activité
Qu’il apparaît lorsqu’une personne renonce à poursuivre toute autre fin que lui
Qu’il résulte nécessairement de toute activité menée avec une intention précise
Qu’il constitue le résultat extérieur d’une activité sans rapport avec ses intentions

Qu’il ne peut être atteint en faisant directement de lui le but de son activité

Explication

Un « by-product » est un état qui échappe à la poursuite directe : on ne l’atteint pas en le prenant pour but de son activité. Cela ne signifie pas qu’il découle automatiquement de toute action intentionnelle.

23. Selon John Stuart Mill, comment peut-on favoriser l’atteinte du bonheur ?

En tournant son esprit vers des fins idéales autres que son propre bonheur, comme le bien d’autrui ou une recherche
En faisant du bonheur personnel l’objectif direct de chaque activité et de chaque décision
En évitant de s’investir dans des projets collectifs ou dans des activités artistiques
En recherchant les plaisirs extérieurs comme une fin indépendante de toute autre valeur

En tournant son esprit vers des fins idéales autres que son propre bonheur, comme le bien d’autrui ou une recherche

Explication

Mill soutient que le bonheur s’atteint en dirigeant son esprit vers d’autres fins, telles que le bonheur d’autrui, le progrès de l’humanité, un art ou une recherche. Faire du bonheur personnel le but direct inverse le mécanisme qu’il décrit.

24. Pourquoi, selon l’objection spinoziste, le sage a-t-il intérêt à vivre dans une communauté guidée par la raison ?

Parce que la raison de la communauté garantit au sage une indépendance complète à l’égard des autres.
Parce que la vertu du sage s’accorde avec la vie rationnelle et que celle-ci est favorisée par un entourage raisonnable.
Parce que la vertu du sage dépend de la richesse produite par les membres les plus habiles.
Parce qu’un environnement rationnel protège le sage de toute forme de désaccord politique.

Parce que la vertu du sage s’accorde avec la vie rationnelle et que celle-ci est favorisée par un entourage raisonnable.

Explication

Pour Spinoza, vivre sous la conduite de la raison et être vertueux ne font qu’un, ce qui rend avantageux un environnement où le plus grand nombre est raisonnable. L’indépendance à l’égard des autres n’est pas le fondement de cette objection.

25. Comment Adam Smith explique-t-il que la recherche individuelle de l’enrichissement puisse contribuer au bien commun ?

La main invisible du marché peut transformer les intérêts individuels en prospérité collective.
La réglementation publique détourne les intérêts individuels vers une prospérité collective.
La limitation des échanges privés préserve les intérêts individuels et la prospérité collective.
La solidarité volontaire remplace les intérêts individuels par une prospérité collective.

La main invisible du marché peut transformer les intérêts individuels en prospérité collective.

Explication

Dans l’objection libérale attribuée à Adam Smith, la main invisible du marché fait contribuer la recherche de l’enrichissement individuel à la prospérité collective. La réglementation publique n’est pas le mécanisme invoqué dans cette explication.

26. Chez Mill, que devient l’égoïsme étroit lorsque la coopération fait apparaître l’interdépendance des intérêts ?

Il s’élargit progressivement en intégrant les besoins d’autrui aux intérêts de l’individu.
Il se renforce en ramenant les besoins d’autrui aux seuls intérêts de l’individu.
Il disparaît au profit d’un désintéressement qui écarte les intérêts de l’individu.
Il se transforme en rivalité, chaque individu défendant ses intérêts contre ceux d’autrui.

Il s’élargit progressivement en intégrant les besoins d’autrui aux intérêts de l’individu.

Explication

Mill soutient que la coopération peut élargir l’égoïsme en faisant intégrer à chacun les besoins d’autrui. La confusion consiste à prendre cet égoïsme élargi pour l’égoïsme étroit, qui reste centré sur l’individu seul.

27. Quelle distinction Badiou établit-il entre satisfaction et bonheur ?

La satisfaction adapte les désirs à l’ordre existant, tandis que le bonheur découvre une puissance d’agir et une possibilité nouvelles.
La satisfaction découvre une possibilité nouvelle, tandis que le bonheur adapte les désirs à l’ordre existant.
La satisfaction supprime les désirs, tandis que le bonheur procure leur accomplissement au sein de l’ordre existant.
La satisfaction transforme l’ordre du monde, tandis que le bonheur assure l’accord avec ses règles immuables.

La satisfaction adapte les désirs à l’ordre existant, tandis que le bonheur découvre une puissance d’agir et une possibilité nouvelles.

Explication

Pour Badiou, la satisfaction consiste à ajuster ses désirs à un ordre tenu pour immuable, alors que le bonheur ouvre sur une puissance d’agir et une possibilité nouvelles. La confusion entre les deux notions inverse précisément cette distinction.

28. Selon Badiou, quelle dynamique conduit le plus souvent à l’émergence d’une possibilité nouvelle ?

Une initiative individuelle isolée qui accepte la loi du monde et préserve la subjectivité existante.
Une adaptation progressive des désirs individuels à la loi du monde et à ses possibilités établies.
Un mouvement collectif qui conteste la loi du monde et peut faire naître une nouvelle subjectivité.
Une réforme institutionnelle qui renforce la loi du monde sans modifier les formes de subjectivité.

Un mouvement collectif qui conteste la loi du monde et peut faire naître une nouvelle subjectivité.

Explication

Badiou associe le plus souvent l’émergence d’une possibilité nouvelle à un mouvement collectif contestant la loi du monde, susceptible de produire une nouvelle subjectivité. Une initiative individuelle isolée ne correspond pas au rôle privilégié qu’il attribue au mouvement collectif.

29. Pourquoi, dans le Gorgias, la joie ne se confond-elle pas avec le bonheur ?

Parce que le bonheur dépend de l’absence de plaisir et de douleur dans l’expérience humaine.
Parce que le plaisir met fin à la douleur et garantit ainsi le bonheur de la personne.
Parce que la douleur révèle le malheur, même lorsqu’une personne éprouve aussi du plaisir.
Parce qu’une personne peut éprouver simultanément du plaisir et de la douleur, sans que ces affects définissent son bonheur ou son malheur.

Parce qu’une personne peut éprouver simultanément du plaisir et de la douleur, sans que ces affects définissent son bonheur ou son malheur.

Explication

Socrate montre que joie et bonheur, comme peine et malheur, ne sont pas équivalents, notamment parce que plaisir et douleur peuvent être éprouvés en même temps. L’idée que le plaisir met nécessairement fin à la douleur ne rend pas compte de cette coexistence.

30. Comment Épicure classe-t-il les désirs ?

Il distingue les désirs corporels des désirs de l’esprit, puis sépare chacun en désirs nécessaires et désirs vains.
Il distingue les désirs naturels des désirs vains, puis sépare les désirs naturels en désirs nécessaires et désirs simplement naturels.
Il distingue les désirs nécessaires des désirs vains, puis sépare ces derniers en désirs naturels et désirs simplement naturels.
Il distingue les désirs naturels des désirs nécessaires, puis classe les désirs vains parmi les désirs simplement naturels.

Il distingue les désirs naturels des désirs vains, puis sépare les désirs naturels en désirs nécessaires et désirs simplement naturels.

Explication

Épicure distingue d’abord les désirs naturels des désirs vains, puis subdivise les désirs naturels en désirs nécessaires et simplement naturels. Le classement ne consiste pas à répartir les désirs vains entre les deux catégories de désirs naturels.

31. Quel raisonnement conduit Épicure à affirmer que la mort n’est rien pour nous ?

Nous pouvons connaître la mort avant qu’elle survienne, mais elle perd son importance après notre existence.
Tant que nous existons, la mort n’est pas présente ; lorsqu’elle est présente, nous n’existons plus.
La mort est présente durant notre existence, mais cesse d’agir lorsque nous n’existons plus.
La mort est une douleur que nous éprouvons durant l’existence, puis une absence de plaisir après celle-ci.

Tant que nous existons, la mort n’est pas présente ; lorsqu’elle est présente, nous n’existons plus.

Explication

Pour Épicure, la mort ne rencontre jamais le sujet vivant : lorsqu’il existe, elle n’est pas là, et lorsqu’elle survient, il n’existe plus. L’idée qu’elle constitue une douleur éprouvée pendant la vie contredit ce raisonnement.

32. Comment Rousseau définit-il la sagesse dans l’éducation des désirs ?

Accroître les facultés jusqu’à ce qu’elles puissent satisfaire tous les désirs
Distinguer les désirs imaginaires des besoins afin d’écarter toute ambition
Réduire l’excès des désirs sur les facultés afin d’accorder puissance et volonté
Renoncer à la volonté pour accepter les limites imposées par la nature

Réduire l’excès des désirs sur les facultés afin d’accorder puissance et volonté

Explication

Pour Rousseau, la sagesse consiste à réduire l’écart entre ce que l’on désire et ce que l’on peut, en égalisant puissance et volonté. Accroître les facultés pour satisfaire tous les désirs ne réduit pas cet excès à sa source.

33. Pourquoi, selon Rousseau, l’imagination peut-elle éloigner le bonheur lorsque la jouissance est poursuivie ?

Elle rend les objets désirés présents, mais leur illusion s’efface au commencement de la jouissance
Elle transforme chaque plaisir passager en un état durable qui empêche le bonheur
Elle élargit le champ des possibles et nourrit des désirs que leur satisfaction poursuivie peut rendre insatiables
Elle réduit les désirs aux facultés disponibles et rend ainsi la volonté moins puissante

Elle élargit le champ des possibles et nourrit des désirs que leur satisfaction poursuivie peut rendre insatiables

Explication

L’imagination étend la mesure des possibles et alimente les désirs, si bien que la poursuite de la jouissance peut éloigner le bonheur. L’effacement d’une illusion au commencement de la jouissance relève d’une autre caractérisation de l’imagination chez Rousseau.

34. Comment Voltaire distingue-t-il le plaisir, le bonheur et la félicité selon leur durée ?

La félicité est plus brève que le bonheur, qui est lui-même plus bref que le plaisir
Le plaisir est plus bref que le bonheur, qui est lui-même plus bref que la félicité
Le plaisir et la félicité sont plus brefs que le bonheur, mais de durées égales
Le bonheur est plus bref que le plaisir, qui est lui-même plus bref que la félicité

Le plaisir est plus bref que le bonheur, qui est lui-même plus bref que la félicité

Explication

Voltaire établit une progression de durée : le plaisir est plus rapide que le bonheur, tandis que la félicité dure davantage que le bonheur. L’inversion entre plaisir et bonheur confond la brièveté du plaisir avec celle du bonheur.

35. Quelle conclusion Voltaire tire-t-il des limites humaines et des aléas de l’existence à propos du bonheur ?

Les aléas empêchent tout plaisir ponctuel, mais la félicité permanente demeure accessible
Un plaisir ponctuel ne suffit pas à rendre heureux, et être heureux en permanence est impossible
Un plaisir intense suffit à rendre heureux, mais cette joie permanente reste difficile à conserver
La limite humaine rend le bonheur durable possible, à condition de renoncer aux plaisirs passagers

Un plaisir ponctuel ne suffit pas à rendre heureux, et être heureux en permanence est impossible

Explication

Voltaire souligne qu’un moment de plaisir ne constitue pas à lui seul un bonheur et que les limites humaines rendent impossible le fait d’être toujours heureux. L’intensité d’un plaisir ne suffit donc pas à garantir un bonheur durable.

36. En quoi consiste la félicité selon Hobbes, par opposition à la quiétude de l’âme ?

Dans le retrait des rivalités, qui permet de préserver une puissance déjà acquise
Dans un repos durable de l’âme, plutôt que dans l’acquisition continue de puissance
Dans la satisfaction complète des désirs, suivie d’un état stable de quiétude
Dans une progression perpétuelle et insatiable de puissance, plutôt que dans le repos

Dans une progression perpétuelle et insatiable de puissance, plutôt que dans le repos

Explication

Pour Hobbes, la félicité réside dans une montée incessante en puissance, et non dans le repos de l’âme. La quiétude correspond plutôt à l’idéal d’ataraxie auquel cette conception s’oppose.

37. Pourquoi la comparaison des puissances entre individus favorise-t-elle la rivalité dans la pensée de Hobbes ?

Parce que chacun mesure sa puissance à son repos intérieur, ce qui favorise le retrait des rivalités
Parce que chacun évalue sa puissance par rapport à celle d’autrui, ce qui nourrit concurrence et conflit
Parce que chacun renonce à comparer sa puissance, ce qui transforme la rivalité en coopération
Parce que chacun recherche une puissance identique, ce qui élimine les motifs de concurrence

Parce que chacun évalue sa puissance par rapport à celle d’autrui, ce qui nourrit concurrence et conflit

Explication

Chez Hobbes, la puissance se mesure en comparaison avec celle des autres, ce qui entraîne concurrence et conflit entre les hommes. Une évaluation fondée sur le repos intérieur ne décrit pas cette logique comparative.

38. Selon Alain, que doit faire une personne pour conquérir son bonheur face à l’adversité ?

Le vouloir et lutter contre les obstacles qui se présentent
Le recevoir comme un état qui dépend principalement des autres
L’attendre avec patience jusqu’à ce que les circonstances changent
Le rechercher en évitant les difficultés susceptibles de la troubler

Le vouloir et lutter contre les obstacles qui se présentent

Explication

Pour Alain, vouloir être heureux est indispensable et le bonheur se conquiert par un effort face à l’adversité. L’attente passive, même accompagnée de patience, ne correspond pas à cette démarche volontaire.

39. Pourquoi, pour Alain, conquérir son bonheur constitue-t-il aussi un devoir envers les personnes que l’on aime ?

Parce que leur tristesse disparaît lorsque l’on renonce à ses propres projets
Parce que leur bonheur dépend principalement des décisions de chacun
Parce que les difficultés personnelles doivent être partagées avec ses proches
Parce que leur ennui, leur tristesse ou leur malheur sont difficiles à surmonter

Parce que leur ennui, leur tristesse ou leur malheur sont difficiles à surmonter

Explication

Alain relie le bonheur personnel à une responsabilité envers les autres, car la tristesse ou le malheur des êtres aimés sont difficiles à surmonter. L’idée que le bonheur des proches dépend principalement des décisions de chacun ne rend pas compte de cette raison.

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Quelles conceptions du bonheur le cours distingue-t-il ?

La rencontre imprévisible liée à la fortune et la conquête méthodique accessible par la philosophie.

Selon Schopenhauer (1788-1860), quelles deux expériences suivent le désir ?

La frustration ou, après satisfaction, la satiété et l’ennui.

Comment Schopenhauer (1788-1860) décrit-il l’alternance de la vie ?

Comme un pendule oscillant entre la souffrance et l’ennui.

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