QCM : Poésie française de la Renaissance (43 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quels genres dominent la poésie française avant 1540 ?

L’ode, l’élégie, le sonnet et le blason
L’épître en vers, le dizain, l’ode et le chant royal
Le rondeau, la ballade, le rondeau parfait et le chant royal
Le sonnet, la ballade, l’épître en vers et l’élégie

Le rondeau, la ballade, le rondeau parfait et le chant royal

Explication

Avant 1540, la poésie française est dominée par le rondeau, la ballade, le rondeau parfait et le chant royal. L’ode et l’élégie appartiennent plutôt aux genres que Du Bellay propose de privilégier plus tard.

2. Quelle place Clément Marot occupe-t-il dans la poésie française de son temps ?

Mécène de Marguerite de Navarre, il soutient les poètes sans écrire lui-même
Secrétaire de Marguerite de Navarre, il est un poète majeur engagé dans les débats religieux
Traducteur de Pétrarque, il fonde l’école lyonnaise et compose le premier Canzoniere français
Imprimeur de la cour, il diffuse le pétrarquisme sans prendre part aux débats religieux

Secrétaire de Marguerite de Navarre, il est un poète majeur engagé dans les débats religieux

Explication

Clément Marot, secrétaire de Marguerite de Navarre, est le poète-phare de la période et s’engage dans les débats religieux de son temps. Le premier Canzoniere français est l’œuvre de Maurice Scève, et non de Marot.

3. Que désigne le pétrarquisme comme courant poétique ?

La reprise des modèles grecs et latins afin de renouveler la poésie française
La célébration de la beauté corporelle comme reflet du monde des idées
L’imitation du Canzoniere de Pétrarque, consacré à Laure, aimée puis disparue
L’imitation des genres médiévaux français, notamment la ballade et le chant royal

L’imitation du Canzoniere de Pétrarque, consacré à Laure, aimée puis disparue

Explication

Le pétrarquisme est un courant qui imite le Canzoniere de Pétrarque, suite de poèmes consacrés à Laure. La célébration du corps comme reflet d’une beauté invisible relève plutôt d’une relecture néoplatonicienne du pétrarquisme.

4. Quel mouvement caractérise les poèmes de Pétrarque consacrés à Laure dans le Canzoniere ?

L’éloge de Laure comme mécène, puis la célébration de son rang à la cour
La description de la beauté sensible, puis le rejet de toute image de Laure
La plainte devant l’absence de Laure, puis l’abandon de la poésie amoureuse
L’amour pour Laure de Sade, puis l’obsession de son image après sa mort

L’amour pour Laure de Sade, puis l’obsession de son image après sa mort

Explication

Dans le Canzoniere, Pétrarque chante son amour pour Laure de Sade, puis l’obsession de son image après la mort de celle-ci. La disparition de Laure ne conduit donc pas à l’abandon de son image poétique.

5. Quelle caractéristique distingue Délie de Maurice Scève dans l’histoire du pétrarquisme français ?

C’est une suite de ballades françaises consacrées à Laure de Sade
C’est le premier Canzoniere français, composé de 449 dizains
C’est un traité de poésie lyonnaise consacré à l’imitation des modèles antiques
C’est un recueil de 449 sonnets qui imite les genres médiévaux

C’est le premier Canzoniere français, composé de 449 dizains

Explication

Avec Délie, publié en 1544, Maurice Scève compose le premier Canzoniere français, formé de 449 dizains. Le recueil n’est pas constitué de sonnets ni consacré à Laure, figure associée au Canzoniere de Pétrarque.

6. Quels poètes la tradition scolaire retient-elle sous le nom de Pléiade ?

Ronsard, Du Bellay, Jodelle, Baïf, Pelletier, Belleau et Tyard
Ronsard, Du Bellay, Jodelle, Bembo, Pelletier, Scève et Tyard
Ronsard, Du Bellay, Marot, Baïf, Scève, Belleau et Tyard
Ronsard, Marot, Jodelle, Baïf, Pelletier, Belleau et Pétrarque

Ronsard, Du Bellay, Jodelle, Baïf, Pelletier, Belleau et Tyard

Explication

La tradition scolaire associe à la Pléiade sept poètes : Ronsard, Du Bellay, Jodelle, Baïf, Pelletier, Belleau et Tyard. Marot et Scève sont des figures importantes de la période, mais ne font pas partie de cette liste.

7. Quel ouvrage Joachim du Bellay publie-t-il en 1549, souvent considéré comme le programme de la Pléiade ?

La Défense et Illustration de la Langue française
Le Canzoniere, suite de poèmes consacrés à Laure
Délie, ou les 449 dizains de l’école lyonnaise
Un traité de l’ode et de l’élégie composé par Ronsard

La Défense et Illustration de la Langue française

Explication

Joachim du Bellay publie La Défense et Illustration de la Langue française en 1549, ouvrage souvent considéré comme le programme de la Pléiade. Délie est le recueil de Maurice Scève, publié en 1544.

8. Un poète veut suivre la réforme défendue par Du Bellay : quels genres devrait-il privilégier par rapport aux formes médiévales délaissées ?

Le chant royal, l’ode et le rondeau parfait
Le rondeau parfait, la ballade et le dizain
L’ode, l’élégie et le sonnet moderne italien
Le rondeau, la ballade et le chant royal

L’ode, l’élégie et le sonnet moderne italien

Explication

Du Bellay recommande les genres antiques comme l’ode et l’élégie, ainsi que le sonnet moderne italien, plutôt que le rondeau et la ballade. Le chant royal et le rondeau parfait relèvent également des formes héritées de la tradition médiévale.

9. Comment la Pléiade concilie-t-elle le travail poétique et l’inspiration ?

Elle considère l’inspiration divine comme incompatible avec tout travail poétique
Elle valorise la poésie comme un métier tout en laissant place au furor poeticus
Elle présente le furor poeticus comme une méthode de versification enseignée à tous
Elle réduit la poésie à l’imitation technique et écarte l’idée de fureur inspirée

Elle valorise la poésie comme un métier tout en laissant place au furor poeticus

Explication

La Pléiade conçoit la poésie comme un travail et un métier, sans exclure le furor poeticus évoqué notamment par Ronsard. L’idée que l’inspiration divine serait entièrement rejetée confond le travail poétique avec l’abandon de toute inspiration.

10. Quel événement transforme en 1572 une tentative visant les chefs protestants en massacre collectif à Paris ?

L’accession d’Henri de Navarre à la royauté
Le massacre de la Saint-Barthélemy
La promulgation de l’édit de Nantes
La publication de La Sepmaine

Le massacre de la Saint-Barthélemy

Explication

En 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, déclenché lors d’une tentative de Catherine de Médicis contre les chefs protestants, s’étend aux protestants parisiens. L’accession d’Henri de Navarre à la royauté survient en 1589 et ne désigne pas cet événement.

11. Quelle œuvre d’Agrippa d’Aubigné associe le récit du martyre protestant à l’espoir en la justice divine ?

Délie
Les Sonnets
La Sepmaine
Les Tragiques

Les Tragiques

Explication

Dans Les Tragiques, Agrippa d’Aubigné raconte le martyre des protestants et leur espoir en la justice divine. La Sepmaine traite plutôt de la création du monde selon la Genèse dans une poésie encyclopédique de défense religieuse.

12. Quel sujet Guillaume de Saluste du Bartas développe-t-il dans La Sepmaine, publiée en 1578 ?

La célébration du culte protestant dans les villes fortifiées
La création du monde selon la Genèse, dans une poésie encyclopédique de défense religieuse
Les guerres civiles racontées à travers le parcours d’Henri de Navarre
Le martyre des protestants et leur attente de la justice divine

La création du monde selon la Genèse, dans une poésie encyclopédique de défense religieuse

Explication

La Sepmaine commente la création du monde selon la Genèse au moyen d’une poésie encyclopédique qui défend la religion. Le récit du martyre protestant et de l’espoir en la justice divine caractérise plutôt Les Tragiques.

13. Comment faut-il comprendre le baroque dans la poésie française à partir du dernier quart du XVIe siècle ?

Comme une école poétique définie par l’imitation stricte des formes de l’Antiquité
Comme un mouvement littéraire organisé dont les poètes revendiquent explicitement l’appartenance
Comme une période qui exclut les thèmes religieux et les procédés visuels
Comme un ensemble de thèmes et de procédés en vogue, plutôt que comme un mouvement revendiqué par les poètes

Comme un ensemble de thèmes et de procédés en vogue, plutôt que comme un mouvement revendiqué par les poètes

Explication

Le baroque désigne un ensemble de thèmes et de procédés poétiques en vogue à partir du dernier quart du XVIe siècle, non un mouvement revendiqué par ses poètes. Le présenter comme une école organisée confond cette notion historiographique avec un mouvement littéraire déclaré.

14. Quel ensemble de caractéristiques correspond aux tendances baroques en poésie ?

Abondance oratoire, effets visuels, goût du macabre, religiosité inquiète et nature en métamorphose
Culte de l’équilibre, imitation des modèles antiques, effacement du tragique et refus du mouvement
Sobriété de l’expression, rejet des images, stabilité de la nature et indifférence religieuse
Primauté du récit historique, descriptions neutres, rejet de l’ostentation et célébration du quotidien

Abondance oratoire, effets visuels, goût du macabre, religiosité inquiète et nature en métamorphose

Explication

Les tendances baroques réunissent notamment l’abondance oratoire et encyclopédique, l’ostentation visuelle, le macabre, une religiosité inquiète et une nature mobile. Le culte de l’équilibre et la stabilité naturelle proposés dans une autre réponse ne rendent pas compte de cette importance du mouvement et des métamorphoses.

15. Quelle évolution caractérise le pétrarquisme français au XVIe siècle ?

Une phase précoce avec Scève en sonnets, puis une phase parisienne qui écarte les formes héritées du pétrarquisme
Une phase précoce avec Marot et Mellin de Saint-Gelais, une phase lyonnaise ample, puis son intégration par la Pléiade, qui consacre le sonnet
Une phase précoce avec la Pléiade, une phase lyonnaise limitée, puis son abandon par Marot et Mellin de Saint-Gelais
Une phase précoce consacrée au dizain, puis l’abandon du sonnet par la Pléiade au profit de l’épopée

Une phase précoce avec Marot et Mellin de Saint-Gelais, une phase lyonnaise ample, puis son intégration par la Pléiade, qui consacre le sonnet

Explication

Le pétrarquisme français passe d’une phase précoce avec Marot et Mellin de Saint-Gelais à une phase lyonnaise d’œuvres d’ampleur, avant d’être intégré par la Pléiade, qui consacre le sonnet. Attribuer la phase précoce à la Pléiade inverse les étapes de cette évolution.

16. Qu’apportent les Sonnets de Louise Labé à la tradition pétrarquiste ?

Une voix collective raconte le martyre religieux et l’espoir en la justice divine
Une amante privilégie le récit de la création du monde et la défense religieuse
Une amante prend la parole et exprime une sensualité discrète, parfois ardente
Un locuteur masculin décrit un amour spiritualisé qui écarte toute sensualité

Une amante prend la parole et exprime une sensualité discrète, parfois ardente

Explication

Les Sonnets de Louise Labé donnent la parole à une amante et réintroduisent une sensualité discrète, parfois ardente, dans la tradition pétrarquiste. L’idée d’un locuteur masculin qui écarte la sensualité contredit précisément cette singularité.

17. Dans le sonnet II de Louise Labé, quel rôle joue l’insensibilité de l’être aimé ?

Elle pousse l’amante à privilégier le toucher et le baiser dans une relation réciproque
Elle transforme l’amour partagé en récit composé de dizains de décasyllabes
Elle sert de cadre à une réflexion sur la création du monde en vers encyclopédiques
Elle explique l’amour à sens unique mis en scène dans le sonnet composé de décasyllabes

Elle explique l’amour à sens unique mis en scène dans le sonnet composé de décasyllabes

Explication

Le sonnet II est composé de décasyllabes et présente l’insensibilité de l’être aimé comme la cause d’un amour à sens unique. L’idée d’une relation réciproque ne correspond donc pas au rôle attribué à cette insensibilité.

18. Quel pouvoir poétique le mythe d’Orphée permet-il à Du Bellay d’évoquer face à la mort ?

La faculté du poète de déplacer les pierres pour bâtir une cité grâce à la musique
La possibilité de transformer les ruines en édifices en reproduisant un modèle antique
La capacité de l’harmonie poétique à lutter contre la mort, même si Orphée échoue à ramener Eurydice à la vie
Le pouvoir de rendre immortel un souverain par l’éloge de ses victoires militaires

La capacité de l’harmonie poétique à lutter contre la mort, même si Orphée échoue à ramener Eurydice à la vie

Explication

Orphée, qui descend aux Enfers sans parvenir à rendre la vie à Eurydice, figure le pouvoir de l’harmonie poétique face à la mort. Le déplacement des pierres renvoie plutôt au mythe d’Amphion.

19. Quel exploit légendaire Du Bellay associe-t-il à Amphion ?

Il aurait réglé la construction d’un temple en traçant ses plans au compas
Il aurait peint les monuments de Rome pour en conserver l’image dans ses vers
Il aurait fondé Thèbes en faisant s’assembler les blocs des édifices grâce à son instrument magique
Il aurait ramené Eurydice des Enfers en apaisant les ombres par le chant

Il aurait fondé Thèbes en faisant s’assembler les blocs des édifices grâce à son instrument magique

Explication

La légende attribue à Amphion la fondation de Thèbes, dont les blocs auraient été assemblés par le pouvoir de son instrument. Le retour d’Eurydice des Enfers appartient au mythe d’Orphée, qui échoue d’ailleurs à la ramener à la vie.

20. Dans le sonnet de Du Bellay, que révèlent les figures d’Orphée et d’Amphion sur les pouvoirs du poète face aux ruines de Rome ?

Elles figurent des pouvoirs mythiques de ressusciter les morts ou de déplacer les pierres, que le poète reconnaît ne pas posséder
Elles montrent que le poète peut reconstruire Rome dès qu’il imite fidèlement les récits antiques
Elles établissent que le poète possède le pouvoir d’Orphée, mais pas celui d’Amphion
Elles symbolisent la capacité des ruines à inspirer des poèmes sans évoquer de pouvoirs surnaturels

Elles figurent des pouvoirs mythiques de ressusciter les morts ou de déplacer les pierres, que le poète reconnaît ne pas posséder

Explication

Orphée et Amphion incarnent les pouvoirs légendaires de rendre la vie ou de mouvoir les pierres, tandis que le poète se dit impuissant à ressusciter Rome. L’imitation des récits antiques ne lui confère donc pas le pouvoir de rebâtir la ville.

21. Dans la métaphore de la poésie comme peinture chez Du Bellay, à quoi correspondent le « pinceau », le « patron » et le « portrait » ?

Au pinceau du peintre, au modèle architectural de Thèbes et à une image de Virgile
Au compas, aux ruines de Rome et à la reconstruction matérielle de la cité
À la plume, au récit d’Orphée et à la résurrection des habitants de Rome
À la plume, au modèle littéraire de Virgile et à la représentation poétique de Rome

À la plume, au modèle littéraire de Virgile et à la représentation poétique de Rome

Explication

La métaphore associe le pinceau à la plume, le patron au modèle de Virgile et le portrait à l’image poétique de Rome. Le compas relève plutôt de la représentation de la poésie comme travail de construction.

22. Un poète reprend des souvenirs de lecture antiques, les assimile et les transforme dans ses propres vers sans copier servilement ses modèles : comment nomme-t-on cette démarche ?

L’imitation servile, qui reproduit les modèles antiques sans appropriation personnelle
La prosopopée, qui fait parler un personnage absent dans un discours poétique
La métaphore filée, qui développe une comparaison dans plusieurs images liées
L’innutrition, qui assimile les modèles littéraires au lieu de les reproduire servilement

L’innutrition, qui assimile les modèles littéraires au lieu de les reproduire servilement

Explication

L’innutrition consiste à s’inspirer de modèles, notamment antiques, en les assimilant et en les transformant dans son écriture. L’imitation servile se distingue précisément par la copie sans cette appropriation.

23. Comment les tercets de Du Bellay opposent-ils le travail poétique à l’impossibilité de rebâtir Rome ?

Le modèle de Virgile fournit les matériaux réels de la ville, tandis que le poème en conserve les ruines
Le compas règle le poème, qui peut ériger des monuments littéraires alors que les mains ne rebâtissent pas la ville
Les mains rebâtissent Rome pierre par pierre, tandis que le compas empêche le poète de composer librement
Le compas trace les plans d’une Rome reconstruite, tandis que les vers servent à décorer ses édifices

Le compas règle le poème, qui peut ériger des monuments littéraires alors que les mains ne rebâtissent pas la ville

Explication

Le compas représente la rigueur qui organise le poème, capable de devenir un monument littéraire malgré l’impuissance des mains à reconstruire Rome. Les vers ne constituent donc pas un plan de reconstruction matérielle de la ville.

24. Selon Ronsard, qu’est-ce qui fonde la grandeur véritable d’un roi ?

La vertu et le savoir, car le rang royal à lui seul ne suffit pas à rendre le souverain grand
La naissance royale et l’étendue du pouvoir, même lorsque le souverain manque de vertu
La bravoure militaire et le sang versé, qui donnent au roi son prestige et sa légitimité
La maîtrise de la parole, qui dispense le souverain d’acquérir d’autres savoirs

La vertu et le savoir, car le rang royal à lui seul ne suffit pas à rendre le souverain grand

Explication

Ronsard affirme que la vertu et le savoir doivent honorer le roi, car la royauté seule ne garantit pas sa grandeur. Le rang et le pouvoir ne remplacent donc pas les qualités intellectuelles et morales.

25. Quelle opposition Ronsard établit-il entre les rois brutaux et les princes mieux nés ?

Les rois brutaux s’appuient sur l’histoire et la musique, tandis que les princes mieux nés privilégient les embuscades
Les rois brutaux tirent leur prestige des armes, tandis que les princes mieux nés fondent leur vertu sur les arts et les savoirs des Muses
Les rois brutaux fondent leur vertu sur les Muses, tandis que les princes mieux nés tirent leur prestige du sang versé
Les rois brutaux recherchent la connaissance des arts, tandis que les princes mieux nés évitent les savoirs des Muses

Les rois brutaux tirent leur prestige des armes, tandis que les princes mieux nés fondent leur vertu sur les arts et les savoirs des Muses

Explication

Ronsard oppose le prestige des rois brutaux, associé à la force des armes et au sang versé, à la vertu des princes nourrie des arts et des savoirs des Muses. L’idée que les rois brutaux s’appuient sur les Muses inverse cette distinction.

26. Pourquoi Ronsard associe-t-il au savoir du roi des disciplines comme les mathématiques, l’histoire, la musique et l’art de bien parler ?

Pour qu’il puisse remplacer les arts des Muses par la force des armes
Pour qu’il puisse mieux juger ses sujets grâce à une formation intellectuelle diversifiée
Pour qu’il puisse démontrer que la naissance royale suffit à garantir sa vertu
Pour qu’il puisse organiser les embuscades et conduire les soldats sous les étendards

Pour qu’il puisse mieux juger ses sujets grâce à une formation intellectuelle diversifiée

Explication

Ces savoirs doivent donner au roi les moyens de mieux juger ses sujets. Les compétences de combat et de commandement relèvent d’un autre ensemble de qualités que Ronsard évoque également.

27. Comment La Sepmaine organise-t-elle le récit biblique de la création ?

En trois livres, elle décrit la naissance des arts et des sciences dans l’Antiquité.
En douze chants, elle raconte la vie du Christ à partir des Évangiles.
En quatre saisons, elle retrace l’histoire des royaumes évoqués dans l’Ancien Testament.
En sept « jours », elle développe la création du monde et de l’homme racontée dans la Genèse.

En sept « jours », elle développe la création du monde et de l’homme racontée dans la Genèse.

Explication

Le poème est structuré en sept « jours » et développe le récit de la création du monde et de l’homme contenu dans la Genèse. Les douze chants évoqueraient une autre organisation et ne correspondent pas à celle de La Sepmaine.

28. Pourquoi Du Bartas présente-t-il les beautés de la Création dans une visée apologétique ?

Pour démontrer que la nature s’explique sans intervention divine ni ordre supérieur.
Pour établir que l’humanité doit renoncer à étudier les phénomènes de la nature.
Pour soutenir que les beautés naturelles sont des illusions produites par les sens humains.
Pour faire de ces beautés des preuves de l’existence d’un Dieu bienveillant envers l’humanité.

Pour faire de ces beautés des preuves de l’existence d’un Dieu bienveillant envers l’humanité.

Explication

Du Bartas mobilise les beautés de la Création comme preuves de l’existence d’un Dieu bienveillant envers les humains. L’idée d’une nature dépourvue d’intervention divine contredit cette démarche apologétique.

29. Quelle cosmologie Du Bartas défend-il dans son poème ?

Un univers centré sur le Soleil, où la Terre tourne parmi les autres planètes.
Un univers infini sans centre, où les éléments anciens ont perdu toute fonction explicative.
Un univers clos et centré sur la Terre, composé de l’eau, du feu, de la terre et de l’air.
Un univers clos centré sur la Terre, mais composé de quatre éléments entièrement nouveaux.

Un univers clos et centré sur la Terre, composé de l’eau, du feu, de la terre et de l’air.

Explication

La cosmologie de Du Bartas est traditionnelle : elle imagine un univers clos et géocentrique organisé par les quatre éléments antiques. L’univers infini correspond à une conception associée à Bruno, et non à celle de Du Bartas.

30. Dans la pensée analogique de Du Bartas, quel rapport unit l’être humain et l’univers ?

L’être humain est le macrocosme qui contient l’univers, tandis que le microcosme désigne le ciel et ses astres.
L’être humain imite le monde animal, tandis que les réalités célestes échappent à toute analogie.
L’être humain est un microcosme qui récapitule le macrocosme, et des correspondances relient les mondes animal, humain et céleste.
L’être humain forme un monde séparé, sans correspondance avec les règnes animal et céleste.

L’être humain est un microcosme qui récapitule le macrocosme, et des correspondances relient les mondes animal, humain et céleste.

Explication

L’être humain est conçu comme un microcosme qui récapitule le grand univers, ou macrocosme, au sein d’un réseau de correspondances entre différents mondes. Dire que l’homme est le macrocosme inverse les deux notions.

31. Comment Du Bartas enrichit-il le récit de la création dans La Sepmaine ?

Il le remplace par une démonstration mathématique et l’enrichit de savoirs portant surtout sur la politique.
Il l’étaye par les doctrines atomistes et l’enrichit principalement de récits historiques et militaires.
Il l’étaye par l’aristotélisme scolastique et l’enrichit de savoirs variés, notamment en physique et en anatomie.
Il le réduit à une paraphrase de la Genèse et écarte les connaissances issues des sciences naturelles.

Il l’étaye par l’aristotélisme scolastique et l’enrichit de savoirs variés, notamment en physique et en anatomie.

Explication

Du Bartas conserve le récit de la Genèse, que l’aristotélisme scolastique vient étayer, et l’amplifie par des connaissances comme la physique et l’anatomie. Une simple paraphrase qui écarterait les savoirs naturels ne rend pas compte de cet enrichissement.

32. Que désigne la copia dans l’écriture poétique encyclopédique ?

Une écriture savante qui classe les connaissances sans amplifier le récit ni le vocabulaire.
Une écriture narrative qui privilégie l’action et écarte les descriptions détaillées.
Une écriture concise qui réduit les connaissances à quelques images et formules essentielles.
Une écriture d’abondance qui amplifie le récit et accumule connaissances, mots et détails.

Une écriture d’abondance qui amplifie le récit et accumule connaissances, mots et détails.

Explication

La copia désigne une écriture abondante qui développe le récit en accumulant savoirs, mots et détails. Une écriture concise, à l’inverse, repose sur la réduction plutôt que sur l’amplification.

33. Quelles fonctions l’accumulation propre à la copia remplit-elle chez Du Bartas ?

Une fonction intellectuelle de simplification, une fonction stylistique d’effacement du visible et une fonction religieuse de contestation de Dieu.
Une fonction intellectuelle cumulative, une fonction stylistique d’épuisement du visible et une fonction religieuse de louange à Dieu.
Une fonction politique de persuasion, une fonction stylistique de dramatisation et une fonction morale de condamnation des sens.
Une fonction scientifique de mesure, une fonction stylistique de concision et une fonction religieuse de mise à distance de la Création.

Une fonction intellectuelle cumulative, une fonction stylistique d’épuisement du visible et une fonction religieuse de louange à Dieu.

Explication

La copia accumule les connaissances, cherche stylistiquement à épuiser le visible et contribue à louer Dieu pour la perfection de sa création. La fonction de simplification est un distracteur plausible, mais elle inverse le principe même de l’accumulation.

34. Quelle distinction Du Bartas établit-il entre copia rerum et copia verborum ?

La copia rerum désigne l’abondance des mots du poème, tandis que la copia verborum désigne l’abondance des choses créées.
La copia rerum désigne l’organisation des rimes, tandis que la copia verborum désigne l’ordre des connaissances scientifiques.
La copia rerum désigne l’abondance des choses créées, tandis que la copia verborum désigne l’abondance des mots du poème.
La copia rerum désigne les images célestes, tandis que la copia verborum désigne les descriptions du monde humain.

La copia rerum désigne l’abondance des choses créées, tandis que la copia verborum désigne l’abondance des mots du poème.

Explication

La copia rerum concerne les choses créées et la copia verborum les mots par lesquels le poème les exprime. L’inversion de ces deux termes constitue précisément la confusion à éviter.

35. Comment Du Bartas caractérise-t-il la Gascogne avant d’évoquer ses bains ?

Elle prospère grâce à ses mines, ses draperies et ses foires, puis reçoit des voyageurs dans ses auberges.
Elle est réputée pour ses écoles, ses marchés et ses vergers, puis attire des pèlerins dans ses sanctuaires.
Elle abonde en soldats, en blés et en vins, puis offre des bains gratuits aux curistes étrangers.
Elle se distingue par ses ports, ses troupeaux et ses forêts, puis accueille des marchands étrangers.

Elle abonde en soldats, en blés et en vins, puis offre des bains gratuits aux curistes étrangers.

Explication

Du Bartas associe la Gascogne à l’abondance de soldats, de blés et de vins, puis à des bains gratuits qui attirent des curistes venus de l’étranger. La réponse évoquant les ports et les marchands attribue à la région des activités qui ne caractérisent pas cet éloge.

36. Quel effet produisent les ressemblances sonores entre les noms des villes d’eaux évoquées par Du Bartas ?

Elles établissent une hiérarchie politique entre les villes et signalent leur dépendance.
Elles relient les villes à des héros antiques et situent leurs origines légendaires.
Elles distinguent les eaux froides des eaux chaudes et précisent leur température.
Elles mettent en relief les propriétés des lieux et aident à retenir leurs noms.

Elles mettent en relief les propriétés des lieux et aident à retenir leurs noms.

Explication

Les jeux de sonorités et de paronymie soulignent les propriétés des villes d’eaux tout en facilitant leur mémorisation. L’idée d’une hiérarchie politique entre les villes ne correspond pas à la fonction de ces rapprochements sonores.

37. Quel lien Du Bartas établit-il entre Bagnères, les Pyrénées et la légende de Pyrène ?

Il rattache Bagnères aux Pyrénées et présente Pyrène comme la sœur d’Hercule, fondatrice d’une cité gasconne.
Il rattache Bagnères à l’Arcadie et fait de Pyrène, fille de Pénée, l’ancêtre des habitants de la plaine.
Il rattache Bagnères à la Gascogne et fait de Pyrène, fille d’un roi local, l’ancêtre des montagnards.
Il rattache Bagnères aux Pyrénées et fait de Pyrène, fille d’Hercule, l’ancêtre éponyme des Gascons et des Pyrénées.

Il rattache Bagnères aux Pyrénées et fait de Pyrène, fille d’Hercule, l’ancêtre éponyme des Gascons et des Pyrénées.

Explication

Du Bartas associe Bagnères aux Pyrénées et reprend le mythe où Hercule engendre Pyrène, ancêtre éponyme des Gascons et des Pyrénées. L’option qui fait de Pyrène une sœur d’Hercule conserve le lien géographique, mais déforme sa parenté et son rôle légendaire.

38. Quelle opposition structure le paysage décrit autour de Bagnères ?

Les montagnes enneigées contrastent avec une plaine aride assimilée à un désert éloigné de l’Arcadie.
Les montagnes verdoyantes contrastent avec une plaine enneigée assimilée au vallon de Pénée et à l’Arcadie.
Les montagnes boisées contrastent avec une plaine rocheuse assimilée à une vallée historique de Gascogne.
Les montagnes enneigées contrastent avec une plaine verdoyante assimilée au vallon de Pénée et à l’Arcadie.

Les montagnes enneigées contrastent avec une plaine verdoyante assimilée au vallon de Pénée et à l’Arcadie.

Explication

La description oppose les sommets enneigés à une plaine verdoyante, rapprochée du vallon de Pénée et de l’Arcadie mythique. L’option qui attribue la neige à la plaine inverse les éléments du contraste paysager.

39. Quelle caractéristique définit l’hypotypose ?

Une description visuelle, composée de traits marquants, qui rend la scène présente à l’imagination.
Une argumentation logique, composée de preuves abstraites, qui démontre la valeur d’une idée.
Un récit chronologique, composé d’événements successifs, qui explique l’origine d’une scène.
Un portrait moral, composé de jugements généraux, qui révèle les intentions d’un personnage.

Une description visuelle, composée de traits marquants, qui rend la scène présente à l’imagination.

Explication

L’hypotypose donne à voir une scène grâce à une description visuelle faite de touches marquantes, comme si elle se déroulait sous les yeux du lecteur. Un récit chronologique peut raconter une succession d’événements, mais il ne définit pas ce procédé descriptif.

40. Dans la lecture typologique protestante des Tragiques, que représente Abel ?

Le témoin neutre, figure des croyants épargnés par les conflits confessionnels.
Le juste innocent persécuté, figure des protestants victimes de persécution.
Le persécuteur meurtrier, figure des protestants qui s’en prennent aux croyants.
Le souverain victorieux, figure des catholiques défendant l’ordre religieux établi.

Le juste innocent persécuté, figure des protestants victimes de persécution.

Explication

Abel figure le juste innocent persécuté et, dans la lecture de Du Bartas, les protestants victimes de persécution. L’interprétation qui fait d’Abel le meurtrier confond son rôle avec celui de Caïn.

41. Quelle différence entre Abel et Caïn explique l’accueil contrasté de leurs sacrifices par Dieu ?

Abel offre un cœur doux agréé par Dieu, tandis que Caïn offre un cœur endurci qui ne l’est pas.
Abel offre un cœur endurci refusé par Dieu, tandis que Caïn offre un cœur doux qui est agréé.
Abel et Caïn offrent des cœurs semblables, mais Dieu distingue leurs sacrifices selon leur valeur matérielle.
Abel et Caïn ont des cœurs opposés, mais Dieu agrée le sacrifice de Caïn et refuse celui d’Abel.

Abel offre un cœur doux agréé par Dieu, tandis que Caïn offre un cœur endurci qui ne l’est pas.

Explication

Le poème oppose la douceur du cœur d’Abel, dont le sacrifice est agréé, à l’endurcissement de Caïn, dont le sacrifice ne l’est pas. L’interprétation inverse les qualités des deux frères et l’accueil divin de leurs offrandes.

42. Comment le meurtre d’Abel est-il relié au sacrifice du Christ dans le poème ?

Il devient un sacrifice accompli par Abel qui reproduit celui du Christ, représenté par le bélier guerrier.
Il devient un sacrifice inversé qui annonce la victoire de Caïn, représenté par le bouc triomphant.
Il devient un sacrifice accepté par Dieu qui remplace celui du Christ, représenté par l’agneau doux.
Il devient un sacrifice inversé qui préfigure celui du Christ, représenté par l’agneau doux.

Il devient un sacrifice inversé qui préfigure celui du Christ, représenté par l’agneau doux.

Explication

Du Bartas présente le meurtre d’Abel comme un sacrifice inversé qui préfigure le sacrifice du Christ, figuré par l’agneau doux. L’idée que le meurtre remplacerait un sacrifice du Christ transforme cette relation de préfiguration en substitution.

43. Quelle évolution Caïn connaît-il après le meurtre d’Abel ?

Il passe de la honte à la joie et à l’indifférence, puis retrouve un monde familier et reçoit le pardon immédiat.
Il passe de la colère au repentir et à la paix, puis retrouve un monde accueillant et échappe aux conséquences terrestres.
Il passe de la peur à la colère et à l’orgueil, puis voit le monde comme soumis et obtient une récompense divine.
Il passe de la colère à la honte et à la terreur, puis voit le monde comme hostile et subit la vengeance divine dès cette vie.

Il passe de la colère à la honte et à la terreur, puis voit le monde comme hostile et subit la vengeance divine dès cette vie.

Explication

Après le meurtre, Caïn évolue de la colère vers la honte et la terreur, perçoit le monde comme hostile et subit la vengeance divine dès sa vie terrestre. L’interprétation qui lui attribue la paix et l’absence de conséquences contredit cette progression.

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