QCM : Raison et démarche philosophique (21 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue un concept d’une simple idée non examinée ?

Il désigne une représentation sensible qui n’a pas besoin d’être définie.
Il est adopté sans preuve, même si ses termes restent indéterminés.
Il exprime une impression particulière dont le sens dépend de chaque situation.
Il est analysé et défini rationnellement, avec des termes connus et une portée universelle.

Il est analysé et défini rationnellement, avec des termes connus et une portée universelle.

Explication

Un concept est une idée dont les termes sont connus, analysée rationnellement et définie de manière universelle. Une impression particulière manque de portée universelle, l’adhésion sans preuve relève de la croyance et une représentation non définie ne répond pas aux exigences du concept.

2. Quelle faculté permet de distinguer les significations et les liens logiques entre les choses et les idées ?

La perception.
La croyance.
La mémoire.
La raison.

La raison.

Explication

La raison est la faculté humaine qui distingue les significations et les liens logiques entre les choses et les idées. La perception relève du rapport sensible, la mémoire conserve des faits et la croyance peut adhérer sans preuve.

3. Une équipe veut évaluer une affirmation aussi objectivement que possible. Quelle démarche correspond au critère de rationalité ?

Observer les faits, puis tenir l’affirmation pour acquise sans discuter ses arguments.
Démontrer l’affirmation, puis écarter toute critique susceptible de la remettre en cause.
Observer les faits, démontrer l’affirmation et soumettre les arguments à la critique.
Retenir l’affirmation qui recueille le plus d’avis favorables dans le groupe.

Observer les faits, démontrer l’affirmation et soumettre les arguments à la critique.

Explication

Le critère de rationalité associe observation, démonstration et critique afin de soutenir un jugement aussi objectif que possible. L’accord du groupe ne remplace pas ces démarches, l’observation seule est insuffisante et la critique ne doit pas être écartée.

4. Une historienne vérifie si un récit concorde avec les événements, tandis qu’un logicien examine si son raisonnement respecte les règles logiques. Quelles formes de vérité mobilisent-ils respectivement ?

La vérité-correspondance, puis la vérité-correspondance.
La vérité-cohérence, puis la vérité-correspondance.
La vérité-cohérence, puis la vérité-cohérence.
La vérité-correspondance, puis la vérité-cohérence.

La vérité-correspondance, puis la vérité-cohérence.

Explication

La vérité-correspondance met en accord la pensée et le réel, alors que la vérité-cohérence dépend du respect des règles logiques. L’inversion attribue les critères aux mauvais types de vérité, et les réponses répétant un seul critère confondent l’examen des faits avec celui de la logique.

5. Comment Alain caractérise-t-il la croyance ?

Une opinion nécessairement fausse.
Un savoir établi par démonstration.
Une suspension de toute adhésion.
Une adhésion sans preuve.

Une adhésion sans preuve.

Explication

Selon Alain, la croyance consiste à adhérer sans preuve. Le savoir démontré suppose une justification, une opinion n’est pas nécessairement fausse et suspendre son jugement n’est pas adhérer.

6. Lina affirme qu’une plante est toxique parce qu’elle le croit, sans avancer de justification. Même si sa conclusion se révèle vraie, que peut-on dire de son opinion ?

Elle est fausse, puisque toute opinion repose sur une croyance non démontrée.
Elle ne peut être évaluée comme vraie ou fausse tant qu’elle reste une opinion.
Elle est justifiée, puisque la vérité de sa conclusion suffit à prouver son opinion.
Elle peut être vraie, mais sa croyance ne justifie pas ce qu’elle prétend savoir.

Elle peut être vraie, mais sa croyance ne justifie pas ce qu’elle prétend savoir.

Explication

Une opinion peut être vraie ou fausse, mais sa vérité éventuelle ne fournit pas à elle seule une justification de ce qu’elle prétend connaître. Déclarer toute opinion fausse confond opinion et fausseté, tandis que tenir la croyance pour une preuve confond vérité et justification.

7. Une botaniste observe plusieurs spécimens d’une espèce et constate que chacun possède des feuilles dentelées. Quel raisonnement passe de ces cas observés à une propriété générale de l’espèce ?

L’induction, qui généralise à partir de cas particuliers observés.
La déduction, qui applique une règle générale à chaque cas observé.
La déduction, qui établit une règle générale à partir de cas particuliers.
L’observation singulière, qui décrit un seul spécimen sans généraliser.

L’induction, qui généralise à partir de cas particuliers observés.

Explication

L’induction passe de cas particuliers observés à une propriété générale de l’objet. Appliquer une règle générale à un cas relève de la déduction, et décrire un spécimen isolé ne constitue pas une généralisation.

8. Un élève commet involontairement une faute de calcul qu’il peut corriger, un témoin affirme volontairement un fait faux qu’il peut rectifier, et une personne reste prise dans une perception trompeuse involontaire et incorrigible. Comment classer ces trois cas, dans l’ordre ?

Illusion, mensonge, erreur.
Erreur, mensonge, illusion.
Erreur, illusion, mensonge.
Mensonge, erreur, illusion.

Erreur, mensonge, illusion.

Explication

L’erreur est involontaire et corrigible, le mensonge volontaire et corrigible, tandis que l’illusion est involontaire et incorrigible. Qualifier la faute involontaire de mensonge inverse la distinction entre erreur et mensonge; classer le cas corrigible comme illusion ou l’illusion comme mensonge méconnaît leur caractère propre.

9. Lors d’un débat, Lina examine les arguments et demande des preuves, tandis que Marc cherche surtout à susciter la peur du public. Quelle distinction décrit le mieux leurs démarches ?

Lina cherche à convaincre par la raison, Marc à persuader par l’affect et la doxa.
Lina cherche à persuader par l’affect, Marc à convaincre par la raison.
Tous deux cherchent à convaincre en s’appuyant sur la réflexion critique.
Tous deux cherchent à persuader en s’appuyant sur la doxa et les émotions.

Lina cherche à convaincre par la raison, Marc à persuader par l’affect et la doxa.

Explication

Convaincre mobilise la raison et la réflexion critique, tandis que persuader s’adresse à la doxa et à la dimension affective. L’appel à la raison et la réflexion critique sont confondus avec l’affect dans les réponses correspondantes, et la dernière réponse efface la distinction entre les deux démarches.

10. Un orateur utilise des techniques rhétoriques pour contrôler une foule et défendre les intérêts d’un groupe, sans se soucier de la vérité ni de la morale. Comment caractériser cet usage de la rhétorique ?

Un usage manipulateur au service d’intérêts particuliers.
Un usage légitime orienté vers la réflexion critique.
Un usage philosophique fondé sur la recherche de la vérité.
Un usage neutre destiné à rendre le discours plus clair.

Un usage manipulateur au service d’intérêts particuliers.

Explication

La rhétorique devient manipulatrice lorsqu’elle sert à contrôler la foule ou à privilégier des intérêts particuliers au détriment de la vérité et de la morale. La réflexion critique et la recherche de la vérité désignent des orientations opposées à cette manipulation, tandis que la simple clarté ne rend pas compte du contrôle de la foule.

11. Dans une assemblée démocratique, une campagne d’opinion appelle à exclure un groupe et à s’en prendre violemment à ses membres. Quelle conduite convient à l’expression des opinions ?

Soumettre les opinions à un examen éclairé et écarter les appels à la violence ou à la ségrégation.
Privilégier les émotions collectives pour déterminer quelles opinions peuvent circuler.
Laisser la majorité décider de la valeur des opinions et de leurs conséquences.
Réserver l’examen critique aux opinions minoritaires et tolérer les appels à l’exclusion.

Soumettre les opinions à un examen éclairé et écarter les appels à la violence ou à la ségrégation.

Explication

En démocratie, les opinions doivent faire l’objet d’une réflexion et d’un contrôle éclairés, sans inciter à la violence ou à la ségrégation. La liberté sans contrôle critique, le seul accord majoritaire et la tolérance des appels à l’exclusion écartent chacun une partie de cette exigence.

12. Quelle démarche correspond à la philosophie telle qu’elle est définie ici ?

Une recherche de solutions immédiates aux besoins nécessaires pour vivre.
Une remise en question par la pensée personnelle, orientée vers la connaissance du monde.
Une accumulation de savoirs établis, sans réexamen des idées reçues.
Une adhésion aux opinions communes pour organiser la vie quotidienne.

Une remise en question par la pensée personnelle, orientée vers la connaissance du monde.

Explication

La philosophie est une démarche de remise en question et de pensée personnelle qui recherche une connaissance du monde. L’accumulation sans réexamen, l’adhésion aux opinions reçues et la satisfaction des besoins vitaux ne reprennent pas cette définition.

13. Une chercheuse remarque un phénomène inattendu qui lui pose question, mais ne cherche ni à l’examiner ni à y réfléchir. Que montre cette situation sur l’étonnement ?

L’étonnement n’intervient qu’après le doute et l’examen critique des propositions.
L’étonnement suffit à lui seul à constituer une réflexion philosophique complète.
L’étonnement est sans rapport avec les questions suscitées par la réalité.
L’étonnement peut amorcer la réflexion, mais ne suffit pas à la faire naître pleinement.

L’étonnement peut amorcer la réflexion, mais ne suffit pas à la faire naître pleinement.

Explication

L’étonnement met en présence d’une réalité qui suscite des questions et constitue une condition nécessaire, mais non suffisante, à la réflexion philosophique. Le tenir pour suffisant confond les deux types de condition, tandis que le placer après le doute inverse son rôle initial et que l’écarter des questions nie sa fonction.

14. Un étudiant reçoit une proposition philosophique et veut l’examiner avec rigueur. Quelle démarche correspond au processus de recherche philosophique ?

Commencer par l’esprit critique, puis éviter de questionner la proposition.
Partir du doute, puis accepter la proposition sans examen critique.
Partir de l’étonnement, puis douter et exercer son esprit critique sur la proposition.
Conclure à partir de l’étonnement, sans mettre la proposition à l’épreuve.

Partir de l’étonnement, puis douter et exercer son esprit critique sur la proposition.

Explication

La recherche philosophique mobilise d’abord l’étonnement, puis le doute et l’esprit critique pour examiner les propositions. Commencer par le doute inverse l’ordre, conclure sur le seul étonnement le traite à tort comme suffisant, et exercer l’esprit critique sans questionner la proposition en contredit la fonction.

15. Nora dispose de nourriture et d’un abri, mais s’interroge sur les choix qui donneraient une direction à son existence. Quelle distinction s’applique à sa question ?

Sa réflexion relève d’une nécessité vitale, non d’une nécessité existentielle.
Sa réflexion relève des deux nécessités, car choisir est un besoin biologique.
Sa réflexion relève d’une nécessité existentielle, non d’une nécessité vitale.
Sa réflexion ne relève d’aucune nécessité, puisque ses besoins sont satisfaits.

Sa réflexion relève d’une nécessité existentielle, non d’une nécessité vitale.

Explication

La nécessité vitale concerne ce sans quoi il est impossible de vivre, alors que la nécessité existentielle renvoie à la réflexion qui oriente la vie et les choix. Assimiler cette orientation à la survie confond les deux notions, et la satisfaction des besoins vitaux n’annule pas la portée existentielle des choix.

16. Une chercheuse examine une hypothèse avant de la défendre : quelle démarche correspond au doute comme devoir de méthode ?

Mettre l’objet à distance et éprouver les arguments avant de conclure
Rechercher d’abord les arguments qui confirment la thèse
Défendre la thèse dès qu’elle paraît convaincante
Écarter définitivement toute thèse, même après examen des arguments

Mettre l’objet à distance et éprouver les arguments avant de conclure

Explication

Le doute méthodique consiste à examiner l’objet et à peser les arguments avant de soutenir une thèse avec le plus haut degré de certitude possible. Rejeter définitivement toute thèse confond méthode et scepticisme absolu, la conviction immédiate tient lieu de preuve, et la recherche de confirmation évite l’examen critique.

17. Quel principe caractérise le mode sceptique du désaccord ?

Le doute apparaît lorsque personne ne propose d’argument
Les arguments divergent parce que chaque sujet perçoit un objet différemment
À chaque argument s’oppose un argument nécessairement plus convaincant
À chaque argument peut s’opposer un argument de force égale

À chaque argument peut s’opposer un argument de force égale

Explication

Le mode du désaccord conduit à douter parce qu’un argument peut rencontrer un argument de force égale qui le contredit. La relativité concerne les différences liées au sujet et aux conditions de perception, tandis qu’un argument nécessairement supérieur ou l’absence d’arguments ne décrit pas ce mode.

18. Un raisonnement justifie une hypothèse en invoquant des conséquences qui dépendent elles-mêmes de cette hypothèse. Quel mode sceptique met-il en évidence ?

La régression à l’infini
Les postulats indémontrables
Le diallèle
Le mode du désaccord

Le diallèle

Explication

Le diallèle désigne une justification circulaire dans laquelle une hypothèse est soutenue par ses conséquences, qui dépendent à leur tour de cette hypothèse. La régression à l’infini prolonge indéfiniment la série des preuves, les postulats sont des vérités premières non démontrées, et le désaccord oppose des arguments de force égale.

19. Une personne affirme avec certitude que rien ne peut être certain. Quelle difficulté logique sa position rencontre-t-elle ?

Sa certitude contredit l’affirmation selon laquelle rien n’est certain
Son affirmation manque de preuves, mais ne se contredit pas
Son affirmation manifeste une haine de la raison plutôt qu’une contradiction
Sa proposition échappe au doute parce qu’elle porte sur toute certitude

Sa certitude contredit l’affirmation selon laquelle rien n’est certain

Explication

Si rien n’est certain, la proposition « rien n’est certain » ne peut pas être certaine non plus : l’affirmation se contredit elle-même. Le problème dépasse un simple manque de preuve, elle ne peut s’accorder une exception, et la misologie désigne la haine de la raison.

20. Comment appelle-t-on la haine de la raison qui peut apparaître lorsqu’elle semble incapable de fournir des vérités certaines ?

La contradiction logique
Le doute méthodique
L’indifférence morale
La misologie

La misologie

Explication

La misologie est la haine de la raison, susceptible d’apparaître lorsque celle-ci semble impuissante à établir des vérités certaines. L’indifférence morale concerne le rapport au malheur d’autrui, la contradiction logique porte sur une proposition qui se réfute, et le doute méthodique éprouve les arguments.

21. Après avoir renoncé à rechercher la vérité et à déterminer ce qui est juste, une personne ne se soucie plus de la souffrance d’autrui. Quel risque illustre cette attitude ?

La misologie
Le doute méthodique
L’indifférence morale
La contradiction logique

L’indifférence morale

Explication

L’indifférence morale est le risque de renoncer à la vérité et à la moralité au point de devenir insensible au malheur ou à la souffrance d’autrui. La misologie désigne la haine de la raison, la contradiction logique est une incohérence dans une proposition, et le doute méthodique sert à éprouver les arguments.

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Qu’est-ce qu’un concept ?

Une idée analysée et définie rationnellement, dont les termes sont connus et la définition universelle.

Qu’est-ce que la raison ?

La faculté humaine qui distingue les significations et les liens logiques entre les choses et les idées.

Sur quoi repose le critère de rationalité ?

Sur l’observation, la démonstration et la critique.

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