QCM : Sociétés anciennes et cité grecque (51 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un État se présente comme une démocratie, mais sa conception du régime diffère de celle qui prévaut actuellement en Occident. Quelle conclusion est la plus juste ?

L’appellation démocratique désigne partout la même organisation politique.
L’appellation démocratique ne garantit pas une conception identique à la conception occidentale actuelle.
L’appellation démocratique prouve que le régime applique la conception occidentale actuelle.
L’appellation démocratique suffit à établir que le pouvoir vient du peuple.

L’appellation démocratique ne garantit pas une conception identique à la conception occidentale actuelle.

Explication

La conception de la démocratie varie selon les époques et les régions : un régime peut se dire démocratique sans correspondre à la conception occidentale actuelle. Assimiler revendication et définition universelle confond l’appellation avec le contenu du régime.

2. À quelle date la France révolutionnaire entre-t-elle en guerre contre l’Autriche, avant les guerres contre les monarchies européennes qui se prolongent jusqu’en 1815 ?

En 1792.
En 1791.
En 1815.
En 1789.

En 1792.

Explication

La France révolutionnaire entre en guerre contre l’Autriche en 1792, puis les guerres contre les monarchies européennes durent jusqu’en 1815. 1815 marque la fin de cette période, tandis que 1789 renvoie à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

3. Quel conflit, qui se déroule vers 499-449 av. J.-C., oppose principalement les cités grecques à l’Empire perse ?

Les guerres médiques.
Les guerres contre Sparte.
L’époque hellénistique.
Les guerres du Péloponnèse.

Les guerres médiques.

Explication

Les guerres médiques, vers 499-449 av. J.-C., opposent principalement les cités grecques à l’Empire perse. Les guerres du Péloponnèse concernent plutôt Athènes et Sparte.

4. Dans une cité, un dirigeant concentre le pouvoir et gouverne selon ses volontés et ses passions, sans que ses décisions soient nécessairement prises dans l’intérêt du peuple. De quel régime s’agit-il ?

D’une démocratie.
D’un régime populaire.
D’une aristocratie.
D’une tyrannie.

D’une tyrannie.

Explication

La tyrannie est le pouvoir d’un seul individu qui gouverne selon sa volonté et ses passions, pas nécessairement dans l’intérêt du peuple. La démocratie fait du peuple la source du pouvoir, tandis que l’aristocratie renvoie au gouvernement d’un groupe restreint.

5. Une constitution stipule que l’autorité politique tire sa légitimité du peuple. Quelle notion correspond le mieux à cette définition ?

La tyrannie.
La démocratie.
La puissance militaire.
L’aristocratie.

La démocratie.

Explication

La démocratie associe demos, le peuple, et kratos, le pouvoir : le pouvoir y trouve sa source dans le peuple. La tyrannie renvoie au pouvoir exercé par un seul individu, et l’aristocratie au gouvernement d’un groupe.

6. Après une victoire militaire, une cité affirme que son succès prouve la supériorité de son régime. Quelle analyse rend le mieux compte de cette affirmation ?

La victoire établit objectivement et définitivement la supériorité du régime vainqueur.
Le jugement sur les régimes reste indépendant de l’issue des conflits.
Le vainqueur peut interpréter son succès comme une preuve, ce qui rend le jugement en partie subjectif.
Le succès militaire définit à lui seul la structure politique de la cité.

Le vainqueur peut interpréter son succès comme une preuve, ce qui rend le jugement en partie subjectif.

Explication

Une cité victorieuse peut présenter sa victoire comme la preuve de la supériorité de son régime ; le jugement dépend donc en partie du vainqueur et reste subjectif. Considérer la victoire comme une preuve définitive confond interprétation politique et démonstration objective.

7. En 404/403 av. J.-C., quelle conséquence militaire et politique immédiate touche Athènes ?

Sparte remporte la victoire et impose son influence sur Athènes
Les Trente remportent la victoire et imposent leur influence sur Sparte
Athènes remporte la victoire et impose son influence sur Sparte
Sparte remporte la victoire et annexe durablement Athènes

Sparte remporte la victoire et impose son influence sur Athènes

Explication

La victoire de Sparte en 404/403 av. J.-C. lui permet d’imposer son influence sur Athènes. Inverser les cités attribue la victoire à Athènes, parler d’annexion confond influence et prise de possession, et faire gagner les Trente confond le régime athénien avec l’adversaire spartiate.

8. Après la défaite d’Athènes, que caractérise le gouvernement des Trente Tyrans ?

Le pouvoir reste partagé par l’ensemble des citoyens athéniens
Le pouvoir passe à une assemblée de représentants de toutes les couches sociales
Le pouvoir est confié à des philosophes choisis pour leur compétence
Le pouvoir passe à une petite partie aristocratique de la population

Le pouvoir passe à une petite partie aristocratique de la population

Explication

Le gouvernement des Trente est un régime oligarchique qui confie le pouvoir à une petite partie de la population, l’aristocratie, au détriment de la démocratie. Le pouvoir de tous relève de la démocratie, une assemblée représentative décrit un autre mode de gouvernement, et la direction par les philosophes correspond à la préférence politique de Platon.

9. Quel type de gouvernement Platon préfère-t-il à la démocratie ?

Un gouvernement dirigé par l’ensemble des citoyens
Un gouvernement dirigé par l’aristocratie des Trente Tyrans
Un gouvernement dirigé par les philosophes les plus compétents
Un gouvernement dirigé par un monarque héréditaire

Un gouvernement dirigé par les philosophes les plus compétents

Explication

Platon préfère à la démocratie un gouvernement conduit par les personnes les plus compétentes, les philosophes. L’aristocratie des Trente renvoie au régime oligarchique athénien, le pouvoir de tous correspond à la démocratie et la monarchie héréditaire n’est pas la préférence attribuée à Platon.

10. Deux sociétés vivent à des époques différentes et n’ont pas les mêmes besoins. Quelle conclusion s’impose lorsqu’elles cherchent leur meilleur régime politique ?

La forme institutionnelle suffit à désigner le meilleur régime
Aucun critère ne permet de comparer les régimes politiques
Le meilleur régime ne peut pas être déterminé par une réponse universelle
Le meilleur régime est nécessairement le même dans toutes les sociétés

Le meilleur régime ne peut pas être déterminé par une réponse universelle

Explication

Il n’existe pas de réponse universelle à la question du meilleur régime politique; l’évaluation dépend notamment des circonstances propres aux sociétés. Un modèle valable partout contredit cette idée, l’absence de réponse universelle n’abolit pas les critères de jugement, et la forme institutionnelle ne suffit pas à elle seule.

11. Un régime n’est pas démocratique, mais il gouverne dans l’intérêt de tous. Selon le critère d’Aristote, comment faut-il le juger ?

Il peut être le meilleur régime malgré son caractère non démocratique
Il est le meilleur régime si des philosophes détiennent le pouvoir
Il est le meilleur régime si ses dirigeants servent leurs propres intérêts
Il ne peut être le meilleur régime que s’il devient démocratique

Il peut être le meilleur régime malgré son caractère non démocratique

Explication

Pour Aristote, le meilleur régime est celui qui gouverne dans l’intérêt de tous; il n’est donc pas nécessairement démocratique. Exiger la démocratie ajoute une condition absente, servir les gouvernants contredit l’intérêt commun, et réserver le pouvoir aux philosophes renvoie à la préférence de Platon.

12. Un historien suit l’évolution de la démocratie après la disparition de la démocratie athénienne. À partir de quelle période celle-ci redevient-elle une référence politique ?

À partir du XVIIIe siècle
À partir du Ve siècle av. J.-C.
À partir du XVe siècle
À partir du XIXe siècle

À partir du XVIIIe siècle

Explication

Après la disparition de la démocratie athénienne, elle reste longtemps absente de la pensée et de la pratique politiques et ne redevient une référence qu’à partir du XVIIIe siècle. Le Ve siècle av. J.-C. renvoie à son apogée athénienne, tandis que les XVe et XIXe siècles ne correspondent pas à la période indiquée.

13. Quelle position Montesquieu adopte-t-il envers la démocratie dans De l’Esprit des lois, publié en 1748 ?

Il la présente comme le meilleur régime politique
Il l’étudie comme un régime possible, avec une relative neutralité
Il la rejette comme un régime politique impossible
Il l’associe à un gouvernement de personnes intéressées ou malhonnêtes

Il l’étudie comme un régime possible, avec une relative neutralité

Explication

Dans De l’Esprit des lois (1748), Montesquieu présente la démocratie comme un régime possible et l’étudie de manière relativement neutre, sans nécessairement en faire le meilleur régime. La présenter comme le meilleur dépasse cette neutralité, l’association aux personnes intéressées ou malhonnêtes correspond à la critique de Cicéron, et la dire impossible contredit sa présentation comme régime possible.

14. Dans l’analyse de la pensée politique grecque, quel cadre désigne la cité-État où se développe la réflexion politique ?

L’empire
La polis
La monarchie
L’administration

La polis

Explication

La polis est la cité-État qui constitue le cadre de l’organisation et de la réflexion politique grecques. La monarchie désigne un régime, l’administration une structure institutionnelle et l’empire une autre forme d’organisation politique.

15. Quelle distinction les Grecs établissent-ils entre leurs cités et la Perse ?

Ils voient la Perse comme une cité organisée autour d’une loi commune et de pouvoirs répartis.
Ils voient la Perse comme une polis grecque dont les cités partagent un régime commun.
Ils voient la Perse comme un empire monarchique centralisé, non comme une polis comparable aux cités grecques.
Ils voient la Perse comme un ensemble de cités autonomes gouvernées par des institutions locales.

Ils voient la Perse comme un empire monarchique centralisé, non comme une polis comparable aux cités grecques.

Explication

Les Grecs opposent la polis à la Perse, conçue comme un empire soumis à un pouvoir monarchique fortement centralisé. La cité grecque comparable, l’autonomie des cités et l’organisation par une loi commune ne rendent pas compte de cette distinction.

16. Après une guerre, des frontières sont tracées en lignes droites sans suivre les langues ni les cultures locales. Quel constat sur l’État cette situation illustre-t-elle ?

Les frontières issues de conquêtes rendent impossible toute organisation étatique.
Les frontières étatiques sont nécessairement naturelles et antérieures aux conflits.
Les frontières étatiques peuvent résulter de l’histoire et des rapports de force plutôt que des réalités culturelles.
Les frontières étatiques doivent suivre les langues et les cultures de la population.

Les frontières étatiques peuvent résulter de l’histoire et des rapports de force plutôt que des réalités culturelles.

Explication

Les frontières d’un État peuvent être produites par l’histoire, les guerres, les conquêtes et les rapports de force, sans correspondre aux réalités humaines ou culturelles. Les frontières culturelles et naturelles ne sont donc pas indispensables, et une origine conflictuelle n’exclut pas l’existence d’un État.

17. Une collectivité possède un territoire et une population, mais ses décisions sont prises sans institutions centrales ni hiérarchie administrative. Quel élément institutionnel lui manque normalement pour présenter une organisation étatique ?

Un pouvoir centralisé et hiérarchisé doté d’institutions et d’une administration.
Une capitale servant de siège aux autorités locales.
Un souverain présent sans ministres ni administration.
Une population partageant une langue et une religion communes.

Un pouvoir centralisé et hiérarchisé doté d’institutions et d’une administration.

Explication

Une organisation étatique suppose normalement un pouvoir centralisé et hiérarchisé comprenant des institutions et une administration. Une capitale ou une population culturellement homogène ne remplace pas cette organisation, et un souverain isolé ne suffit pas à la décrire.

18. Une communauté organisée autour de coutumes choisit de ne pas adopter le modèle occidental de l’État. Quelle conclusion respecte le principe de contingence politique ?

Elle doit nécessairement devenir un État à mesure qu’elle se développe.
Son organisation politique est une étape incomplète vers un État moderne.
Ses coutumes prouvent qu’elle adoptera prochainement le modèle occidental.
Elle n’a pas nécessairement vocation à devenir un État.

Elle n’a pas nécessairement vocation à devenir un État.

Explication

Il n’existe pas de déterminisme politique imposant à toutes les communautés de devenir des États ou d’adopter le modèle occidental. L’idée d’une évolution obligatoire vers l’État confond trajectoire possible et nécessité historique.

19. Une entité politique se forme, change d’organisation au fil du temps, puis cesse d’exister. Que montre cet exemple sur l’État ?

L’État change de frontières, mais conserve nécessairement la même organisation politique.
La disparition d’une entité montre qu’elle n’a jamais constitué un État.
L’État est une forme politique éternelle dès qu’une population est organisée.
L’État est une forme politique historique qui peut apparaître, se transformer ou disparaître.

L’État est une forme politique historique qui peut apparaître, se transformer ou disparaître.

Explication

L’État n’est pas une forme politique éternelle : des États peuvent apparaître, se transformer ou disparaître. La permanence d’une population n’implique pas celle de son État, et une disparition ultérieure n’annule pas son existence antérieure.

20. Une société possède un chef, mais aussi des ministres, des tribunaux, une armée, une fiscalité et une administration. Quelle évaluation de son organisation est la plus étayée par ces indices ?

Elle relève d’une organisation dépourvue d’institutions administratives.
Elle présente un indice isolé, insuffisant pour évoquer une organisation étatique.
Elle correspond à une communauté sans structure politique identifiable.
Elle présente plusieurs caractéristiques d’une organisation étatique.

Elle présente plusieurs caractéristiques d’une organisation étatique.

Explication

Les ministres, les institutions judiciaires, l’armée, la fiscalité et l’administration figurent parmi les indices possibles d’une organisation étatique ; leur cumul renforce cette caractérisation. Le chef seul serait insuffisant, tandis que l’absence d’administration contredirait les éléments décrits.

21. Une communauté reconnaît un chef chargé de régler certains différends, mais aucun élément ne permet de le qualifier de roi. Que peut-on conclure de la seule présence de ce chef ?

Elle ne suffit pas à démontrer l’existence d’un État.
Elle établit l’existence d’un pouvoir royal centralisé.
Elle démontre que le chef est un roi et que la communauté est un État.
Elle prouve que la communauté possède une administration étatique.

Elle ne suffit pas à démontrer l’existence d’un État.

Explication

Tout roi est un chef, mais tout chef n’est pas un roi ; la présence d’un chef ne suffit donc pas à établir l’existence d’un État. L’autorité personnelle ou le règlement de différends ne démontrent pas, à eux seuls, l’existence d’institutions étatiques.

22. Dans une société où les institutions judiciaires interviennent après une infraction pour en sanctionner l’auteur, quel modèle de régulation de la violence cela illustre-t-il selon René Girard ?

Une régulation curative propre à la société avec État
Une régulation préventive propre à la société sans État
Une régulation fondée sur l’unanimité propre à la société avec État
Une régulation préventive propre à la société avec État

Une régulation curative propre à la société avec État

Explication

Dans une société avec État, la violence est principalement régulée après avoir été commise : c’est une régulation curative. La régulation préventive est associée à la société sans appareil judiciaire étatique, tandis que l’unanimité ne définit pas ce modèle.

23. Après une infraction, une personne est poursuivie, jugée puis sanctionnée au nom de la collectivité. Quelle séquence institutionnelle décrit cette situation ?

Poursuite, condamnation par un tribunal, puis sanction individuelle
Condamnation par un tribunal, poursuite, puis sanction collective
Poursuite, condamnation par un tribunal, puis sanction collective
Poursuite, sanction privée, puis validation par un tribunal

Poursuite, condamnation par un tribunal, puis sanction collective

Explication

Dans une société étatique, l’infraction peut conduire à la poursuite de son auteur, à sa condamnation par un tribunal puis à une sanction prononcée au nom de la collectivité. Une sanction privée ou une condamnation précédant la poursuite ne correspond pas à cette séquence.

24. Une société étatique moderne accueille des personnes de religions différentes et des personnes sans religion, qui peuvent aussi critiquer l’ordre établi. Quelle caractéristique rend cette diversité compatible avec l’appartenance à la société ?

L’appartenance suppose que les citoyens partagent les mêmes opinions politiques
L’appartenance dépend d’une pratique religieuse identique pour tous
L’appartenance repose sur une adhésion commune à une religion officielle
L’appartenance ne requiert pas une croyance religieuse ou un mythe fondateur commun

L’appartenance ne requiert pas une croyance religieuse ou un mythe fondateur commun

Explication

Dans les sociétés étatiques modernes, l’appartenance ne demande pas nécessairement une croyance ou un mythe commun, ce qui laisse place à diverses libertés et à la critique de l’ordre établi. Une religion officielle ou des opinions identiques imposeraient au contraire une croyance ou une unanimité commune.

25. Quelle conception du monde caractérise la pensée magico-religieuse ?

Les forces surnaturelles et les croyances influencent la vie humaine et l’ordre social
Les forces surnaturelles servent surtout à décrire des phénomènes sans effet social
Les règles politiques organisent la société indépendamment de toute croyance
Les coutumes expliquent la vie humaine sans référence aux dieux ni au surnaturel

Les forces surnaturelles et les croyances influencent la vie humaine et l’ordre social

Explication

La pensée magico-religieuse comprend et organise le monde en considérant que les forces surnaturelles, les dieux et les croyances influencent directement la vie humaine et l’ordre de la société. La limiter à des phénomènes sans effet social ou à des règles indépendantes des croyances manque cette influence.

26. Dans un groupe, une personne adhère à un mythe fondateur surtout parce qu’elle constate que les autres membres y adhèrent aussi. Quelle caractéristique de la croyance cela illustre-t-il ?

Une croyance essentiellement horizontale
Une croyance imposée verticalement par une autorité
Une croyance individuelle sans référence au groupe
Une croyance limitée aux règles judiciaires de l’État

Une croyance essentiellement horizontale

Explication

La croyance est essentiellement horizontale lorsque les membres adhèrent au mythe fondateur parce que les autres membres du groupe y adhèrent également. Une imposition par une autorité ou une adhésion sans référence au groupe décrit une autre dynamique.

27. Dans un groupe où les tensions risquent de se retourner contre tous ses membres, un rituel désigne une personne sur laquelle concentrer la violence collective. Quel effet le sacrifice est-il censé produire ?

Réparer le tort personnel commis par la victime et rétablir une dette
Purger symboliquement la violence du groupe et favoriser le retour à la paix
Répartir la violence entre les membres afin de maintenir les tensions
Remplacer les règles du groupe par une autorité religieuse nouvelle

Purger symboliquement la violence du groupe et favoriser le retour à la paix

Explication

Le sacrifice concentre la violence collective sur une victime pour la purger symboliquement et permettre le retour à la paix. La réparation d’un tort individuel confond sacrifice collectif et justice, la répartition de la violence inverse le mécanisme, et le remplacement des règles n’est pas son effet.

28. Quel penseur est notamment associé à la théorie du bouc émissaire, selon laquelle le groupe concentre ses tensions et ses fautes sur une victime particulière ?

Jean-Jacques Rousseau
Aristote
René Girard
Platon

René Girard

Explication

La théorie du bouc émissaire est notamment développée par René Girard : le groupe charge une victime de ses tensions et de ses fautes. Rousseau renvoie ici à la pensée politique moderne, tandis que Platon et Aristote sont associés à la philosophie grecque plutôt qu’à cette attribution.

29. Lorsqu’un groupe exclut une personne en croyant que cette exclusion fera disparaître la violence et renforcera sa cohésion, quelle caractéristique décrit la victime sacrificielle ?

Elle est innocente, même si le groupe croit son exclusion libératrice
Elle est choisie parce que le groupe ne connaît aucune tension interne
Elle est coupable, et son exclusion répare effectivement les torts du groupe
Elle consent à être exclue afin de régler un conflit personnel

Elle est innocente, même si le groupe croit son exclusion libératrice

Explication

La victime sacrificielle est en réalité innocente ; le groupe croit pourtant que sa désignation et son exclusion feront disparaître la violence et le souderont. La culpabilité réelle confond accusation collective et responsabilité, le consentement n’est pas établi, et l’absence de tensions contredit le mécanisme.

30. Dans une société fortement magico-religieuse, les règles sociales sont perçues comme conformes aux lois divines et à l’ordre de la nature. Quelle relation entre ces ordres cette représentation implique-t-elle ?

L’ordre social est indépendant de l’ordre cosmique et terrestre
L’ordre cosmique dépend des décisions des autorités politiques
L’ordre naturel décrit le monde sans concerner les règles sociales
L’ordre cosmique, l’ordre terrestre et l’ordre social sont indissociables

L’ordre cosmique, l’ordre terrestre et l’ordre social sont indissociables

Explication

Dans ces sociétés, l’ordre naturel ou divin est aussi celui de la société : les ordres cosmique, terrestre et social sont liés. L’indépendance du social les sépare, la primauté des décisions politiques inverse le rapport, et l’absence de portée sociale contredit leur association.

31. Une éclipse est interprétée comme annonçant la mort du roi. Dans une pratique de substitution royale du Proche-Orient ancien, quelle mesure pouvait être prise ?

Renoncer au rituel et traiter l’éclipse comme un phénomène sans présage
Faire interpréter l’éclipse par un remplaçant qui succédera au roi
Sacrifier le roi afin qu’il prenne la place du remplaçant
Installer temporairement un remplaçant qui sera sacrifié à la place du roi

Installer temporairement un remplaçant qui sera sacrifié à la place du roi

Explication

Dans certaines pratiques, un individu remplaçait temporairement le roi lorsque l’éclipse annonçait sa mort, afin d’être sacrifié à sa place. L’astrologue interprète le phénomène mais n’est pas le substitut, le sacrifice du roi inverse les rôles, et renoncer au présage ne correspond pas au rituel.

32. Une société fortement magico-religieuse recourt à une ruse pour tenter d’échapper à un destin annoncé par les dieux. Que montre cette conduite sur la rationalité ?

La rationalité consiste à accepter sans détour le destin annoncé
La rationalité apparaît seulement après la fin des sociétés anciennes
La rationalité exige que les croyances religieuses soient abandonnées
La rationalité peut déjà s’y manifester par un raisonnement stratégique

La rationalité peut déjà s’y manifester par un raisonnement stratégique

Explication

La rationalité ne naît pas soudainement avec les Grecs : elle peut apparaître dans des sociétés magico-religieuses sous la forme d’un raisonnement stratégique et d’une tentative d’émancipation par la ruse. Le rejet des croyances, une apparition tardive ou l’acceptation passive du destin ne rendent pas compte de cette possibilité.

33. Un royaume doté d’institutions étatiques développées conserve une forte dimension religieuse. Quelle conclusion cette situation permet-elle de tirer ?

Une forte dimension religieuse exclut des institutions étatiques développées
Un État développé implique une rationalité complète de la société
Un État développé suppose que le magico-religieux ait disparu
Un État développé peut coexister avec une forte dimension magico-religieuse

Un État développé peut coexister avec une forte dimension magico-religieuse

Explication

La présence d’un État n’implique pas la disparition du magico-religieux : des caractéristiques étatiques développées peuvent coexister avec une forte dimension religieuse. La disparition du religieux et la rationalisation complète confondent État et sécularisation, tandis que l’exclusion des institutions étatiques inverse la relation.

34. Une société ne possède pas d’État reconnu comme tel. Quelle conclusion peut-on néanmoins tirer de ce seul fait ?

On peut en déduire qu’elle ne possède pas de culture propre.
On ne peut pas en déduire qu’elle est dépourvue d’histoire, de culture ou d’organisation sociale.
On peut en déduire qu’elle ne possède aucune organisation sociale durable.
On peut en déduire qu’elle ne développe aucune pensée politique.

On ne peut pas en déduire qu’elle est dépourvue d’histoire, de culture ou d’organisation sociale.

Explication

L’absence d’État ne permet pas de conclure à l’absence d’histoire, de culture, d’organisation sociale ou de pensée politique. Les autres réponses attribuent à tort à cette absence une disparition de ces dimensions.

35. À partir du IIIe millénaire av. J.-C., certaines civilisations du Proche-Orient ancien possèdent des institutions politiques développées. Comment faut-il caractériser ces organisations ?

Elles présentent des caractéristiques étatiques sans correspondre entièrement à l’État moderne rationalisé.
Elles correspondent entièrement à l’État moderne dès leur apparition.
Elles sont dépourvues d’organisations politiques développées.
Elles restent sans institutions parce qu’elles sont antérieures aux Grecs.

Elles présentent des caractéristiques étatiques sans correspondre entièrement à l’État moderne rationalisé.

Explication

Ces civilisations possèdent des organisations politiques très développées, mais ne correspondent pas entièrement à la conception moderne et rationalisée de l’État. L’assimilation complète à l’État moderne confond développement politique et identité de forme.

36. Une population s’installe durablement dans une région et y développe l’agriculture, l’élevage, des villages, puis une administration stable. Quel effet politique cette évolution favorise-t-elle ?

La transformation automatique de la région en État moderne rationalisé.
La disparition de toute organisation politique territoriale.
L’apparition de structures politiques ancrées dans un territoire.
Le maintien d’une organisation fondée sur des déplacements réguliers.

L’apparition de structures politiques ancrées dans un territoire.

Explication

La sédentarisation permet une installation durable et favorise le développement d’activités et d’une administration plus stables, ce qui favorise des structures politiques territorialisées. La mobilité régulière ne constitue pas le mécanisme décrit.

37. Pour évaluer si une organisation ancienne présente un caractère étatique, un historien relève un souverain, une armée, une justice organisée, une fiscalité et un territoire contrôlé. Quelle démarche applique-t-il ?

Il réduit l’évaluation à la continuité d’une famille régnante.
Il conclut au caractère étatique à partir du seul titre du souverain.
Il déduit le caractère étatique du seul établissement durable sur un territoire.
Il examine plusieurs indices de l’organisation et du contrôle politiques.

Il examine plusieurs indices de l’organisation et du contrôle politiques.

Explication

L’évaluation porte sur un ensemble d’indices, notamment le souverain et sa désignation, l’administration, l’armée, la justice, la fiscalité et le territoire contrôlé. Le titre royal ou la seule sédentarité ne suffisent pas à eux seuls.

38. À partir de quelle période l’autonomie de la politique apparaît-elle comme une caractéristique fondamentale du monde grec ?

À partir du IIIe millénaire av. J.-C.
À partir du VIIe siècle av. J.-C.
À partir du Ve siècle av. J.-C.
À partir du IXe siècle av. J.-C.

À partir du VIIe siècle av. J.-C.

Explication

L’autonomie de la politique apparaît dans le monde grec à partir du VIIe siècle av. J.-C. Les autres repères chronologiques renvoient à des périodes différentes ou anticipent cette évolution.

39. Dans une cité, les habitants établissent eux-mêmes les règles communes ; dans une autre, ces règles sont imposées par une autorité divine extérieure à la société. Comment qualifier ces deux situations, dans cet ordre ?

Hétéronomie, puis hétéronomie.
Hétéronomie, puis autonomie.
Autonomie, puis autonomie.
Autonomie, puis hétéronomie.

Autonomie, puis hétéronomie.

Explication

L’autonomie désigne des règles que la société se donne elle-même, tandis que l’hétéronomie renvoie à des règles provenant d’un principe extérieur, notamment divin. La réponse inversée confond les deux origines de la règle.

40. Dans une cité grecque, la monarchie subsiste, mais le roi perd progressivement certaines fonctions, confiées à plusieurs magistrats. Quelle évolution décrit cette situation ?

Les magistrats remplacent le roi dans des fonctions exclusivement religieuses.
La monarchie disparaît nécessairement dès que des magistrats interviennent.
Le pouvoir royal est limité et réparti entre plusieurs magistrats.
Le roi concentre davantage les fonctions de gouvernement.

Le pouvoir royal est limité et réparti entre plusieurs magistrats.

Explication

Dans certaines cités, la monarchie disparaît, tandis que dans d’autres le pouvoir royal subsistant peut être limité et réparti entre plusieurs magistrats. Le partage des fonctions ne signifie donc pas nécessairement la disparition de la monarchie.

41. Les gouvernants d’une cité sont désignés selon les règles établies par la communauté politique. D’où provient progressivement la légitimité de leur pouvoir ?

De la transmission automatique au sein d’une dynastie.
D’une autorité extérieure qui fixe les règles de la cité.
De la communauté politique elle-même.
D’une désignation divine extérieure à la cité.

De la communauté politique elle-même.

Explication

Lorsque la désignation suit les règles de la cité, le pouvoir tire progressivement sa légitimité de la communauté politique elle-même. L’investiture divine et l’autorité extérieure placent au contraire la source du pouvoir hors de cette communauté.

42. Dans une cité, une personne quitte la charge de gouvernant et une autre lui succède. Selon une conception rationalisée du pouvoir, à qui appartient la fonction politique exercée ?

À l’ancien gouvernant, qui en conserve la propriété
Aux dieux, qui confèrent personnellement le pouvoir
Au titulaire de la fonction religieuse de la cité
À l’institution, indépendamment de son titulaire

À l’institution, indépendamment de son titulaire

Explication

Dans un État rationalisé, le gouvernant est dépositaire d’une fonction qui existe indépendamment de lui : le pouvoir appartient à l’institution. L’« ancien gouvernant propriétaire » confond fonction et personne, le « pouvoir conféré par les dieux » reprend une légitimité magico-religieuse, et le « titulaire religieux » confond fonction politique et fonction religieuse.

43. Dans une cité, les habitants discutent publiquement des règles et avancent des arguments pour les justifier. Quel développement rend cette évolution possible ?

La consignation des lois dans des textes écrits
L’autorité rituelle des détenteurs de fonctions religieuses
La transmission des règles par des coutumes héritées
Le développement du logos et du discours raisonné

Le développement du logos et du discours raisonné

Explication

Le développement du logos, c’est-à-dire de la parole et du discours raisonné, rend le débat politique et juridique progressivement public et argumenté. La « coutume héritée » relève de la transmission traditionnelle, l’« autorité rituelle » ne produit pas cette argumentation publique, et l’« écrit des lois » favorise leur accessibilité plutôt que le développement du débat raisonné.

44. Quelle rupture la cité grecque introduit-elle dans la manière de concevoir les règles politiques et les institutions ?

Les règles politiques découlent d’abord de l’ordre cosmique
Les hommes peuvent élaborer eux-mêmes règles et institutions
Le gouvernant personnellement fixe les règles de la cité
Les dieux cessent immédiatement d’exister dans la cité

Les hommes peuvent élaborer eux-mêmes règles et institutions

Explication

La cité grecque marque une rupture parce que les hommes peuvent élaborer eux-mêmes les règles politiques et les institutions. L’« ordre cosmique » renvoie à la conception antérieure, la « disparition immédiate des dieux » est une simplification erronée, et les règles ne relèvent pas de la propriété personnelle du gouvernant.

45. Dans une cité, les citoyens prennent la parole pour débattre d’une décision, convaincre leurs concitoyens et participer à un procès. Quelle transformation de la parole cette situation illustre-t-elle ?

Elle désigne l’action concrète plutôt que la discussion
Elle devient un art de persuasion sans autre fonction civique
Elle demeure principalement une pratique rituelle et sacrée
Elle devient aussi un instrument politique et judiciaire

Elle devient aussi un instrument politique et judiciaire

Explication

La parole, auparavant largement associée au rituel et au sacré, devient aussi politique : elle sert à discuter, décider, convaincre et rendre la justice. Le « rituel sacré » néglige cette transformation, la « persuasion seule » réduit les usages de la parole, et l’« action concrète » correspond à la praxis.

46. Dans une cité, les citoyens sont soumis à une règle commune sans que leur statut personnel justifie des règles différentes. Quel principe cette situation illustre-t-elle ?

La praxis
L’isocratie
La rhétorique
L’isonomia

L’isonomia

Explication

L’isonomia désigne le principe d’égalité politique des citoyens devant la règle commune. L’« isocratie » concerne l’égalité d’accès au pouvoir ou la capacité égale à l’exercer, la « praxis » signifie l’action ou la pratique, et la « rhétorique » est l’art du discours et de la persuasion.

47. Deux citoyens défendent des principes différents : l’un affirme que tous doivent être soumis à la même loi, l’autre que tous doivent avoir une possibilité égale d’accéder au pouvoir. Comment nommer ces principes, dans cet ordre ?

Isonomia, puis praxis
Isonomia, puis isocratie
Rhétorique, puis isocratie
Isocratie, puis isonomia

Isonomia, puis isocratie

Explication

L’isonomia correspond à l’égalité devant la loi commune, tandis que l’isocratie désigne l’égalité d’accès au pouvoir ou la capacité égale à l’exercer. L’option qui inverse les notions confond ces deux principes ; la « praxis » signifie action ou pratique, et la « rhétorique » désigne l’art du discours et de la persuasion.

48. Dans une cité, des penseurs examinent les phénomènes par l’observation et la discussion plutôt que d’attribuer automatiquement les événements à des rites. Quelle évolution cette démarche illustre-t-elle ?

La disparition de la religion de la vie civique au profit des décisions politiques
La transmission des coutumes comme fondement principal de l’explication du monde
Le maintien des explications rituelles sous le contrôle des institutions de la cité
Le développement d’une compréhension rationnelle qui remet en question certaines explications religieuses

Le développement d’une compréhension rationnelle qui remet en question certaines explications religieuses

Explication

La discussion, l’observation et le raisonnement favorisent une compréhension du monde qui remet en question l’efficacité automatique de certains rites et les explications exclusivement religieuses. Cela ne signifie pas que la religion disparaît, contrairement à l’idée de son effacement de la vie civique.

49. Une cité distingue davantage les débats politiques des explications religieuses, mais ses pratiques civiques restent longtemps liées à la religion. Quelle interprétation décrit le mieux cette situation ?

Une réforme juridique qui laisse inchangée la manière d’expliquer le monde
Une autonomisation progressive du politique et de la pensée rationnelle, sans disparition des liens religieux
Une absence de distinction entre politique et religion tant que des pratiques religieuses subsistent
Une séparation complète de la politique et de la religion dès que les débats deviennent rationnels

Une autonomisation progressive du politique et de la pensée rationnelle, sans disparition des liens religieux

Explication

L’autonomisation du politique et de la pensée rationnelle est progressive : politique et religion peuvent être distinguées tout en restant longtemps liées. Une séparation complète confond cette évolution avec la disparition des liens religieux.

50. Deux cités adoptent des règles politiques différentes, tandis qu’une caractéristique naturelle est considérée comme indépendante des conventions humaines. Quelle distinction permet de classer ces éléments ?

Les règles et la caractéristique relèvent toutes deux de la physis
Les règles relèvent du nomos et la caractéristique naturelle de la physis
Les règles relèvent de la physis et la caractéristique naturelle du nomos
Les règles et la caractéristique relèvent toutes deux du nomos

Les règles relèvent du nomos et la caractéristique naturelle de la physis

Explication

La physis désigne ce qui relève de la nature, tandis que le nomos désigne les conventions humaines, notamment les règles politiques qui peuvent varier selon les cités. Classer les règles dans la physis confond institution sociale et nature.

51. Une communauté constate que certaines de ses institutions ne sont pas imposées par la nature. Quelle conséquence la distinction entre physis et nomos autorise-t-elle à envisager ?

Supprimer toute règle collective au motif qu’elle est conventionnelle
Transformer les caractéristiques naturelles en décisions politiques
Discuter ces institutions et éventuellement les modifier ou les remplacer
Conserver ces institutions comme des nécessités naturelles immuables

Discuter ces institutions et éventuellement les modifier ou les remplacer

Explication

Si une institution relève du nomos plutôt que d’une nécessité naturelle, elle peut être discutée, modifiée ou remplacée par des décisions humaines. La tenir pour immuable confond une construction sociale avec ce qui est imposé par la nature.

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Le sens de « démocratie » varie-t-il selon les époques et les régions ?

Oui, il varie selon les époques et les régions du monde.

En quelle année la France révolutionnaire entre-t-elle en guerre contre l’Autriche ?

En 1792.

Quelles cités s’affrontent principalement durant les guerres médiques ?

Les cités grecques et l’Empire perse.

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