★ À maîtriser
📌 Le mot « démocratie » ne recouvre pas une conception identique selon les époques et les régions du monde, et un régime peut se dire démocratique sans correspondre à la conception occidentale actuelle.
Compléments
La réflexion politique occidentale sur le meilleur régime remonte à l’Antiquité grecque, et la tradition française est gréco-romaine et judéo-chrétienne.
Les révolutionnaires présentent les principes de la Révolution, notamment ceux de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, comme universels et supérieurs aux monarchies européennes.
📌 La Révolution française est d’abord une révolution politique et sociale interne, mais elle devient aussi un conflit international avec les guerres révolutionnaires.
📌 La présentation des conflits comme une lutte entre un modèle démocratique supérieur et des régimes à transformer ou à « libérer » peut conduire à une vision occidentaliste.
Supériorité revendiquée → légitimation du conflit et diffusion du modèle
★ À maîtriser
Compléments
La Grèce archaïque s’étend du VIIIe au VIe siècle av. J.-C., la Grèce classique du Ve au IVe siècle av. J.-C., et l’époque hellénistique commence à la fin du IVe siècle av. J.-C. et se poursuit jusqu’à la domination romaine.
Les principales victoires grecques des guerres médiques sont :
📌 Certains auteurs considèrent Sparte comme un régime mixte, tandis que les régimes simples reposent principalement sur une seule forme de pouvoir.
Athènes démocratique face à Sparte militaire et à la Perse tyrannique
★ À maîtriser
Après la défaite d’Athènes, un régime oligarchique appelé gouvernement des Trente ou Trente Tyrans confie le pouvoir à une petite partie de la population, l’aristocratie, au détriment de la démocratie.
Platon préfère à la démocratie un gouvernement dirigé par les personnes les plus compétentes, les philosophes.
Compléments
Critias, membre des Trente Tyrans, est un proche parent de Platon.
Pour Platon, la démocratie peut devenir instable parce que les citoyens peuvent modifier constamment les institutions et les constitutions, et elle peut dégénérer en désordre politique.
Défaite athénienne → régime des Trente → méfiance de Platon envers la démocratie
★ À maîtriser
📌 Il n’existe pas de réponse universelle à la question du meilleur régime politique.
Pour Aristote, le meilleur régime est celui qui gouverne dans l’intérêt de tous et n’est donc pas nécessairement une démocratie.
Après la disparition de la démocratie athénienne, la démocratie reste longtemps absente de la pensée et de la pratique politiques et ne redevient une référence qu’à partir du XVIIIe siècle.
Dans De l'Esprit des lois (1748), Montesquieu présente la démocratie comme un régime politique possible et l’étudie de manière relativement neutre, sans nécessairement la tenir pour le meilleur régime.
Compléments
Le meilleur régime dépend :
Cicéron critique la démocratie et l’associe à un gouvernement dominé par des personnes intéressées ou malhonnêtes.
Environ 22 siècles séparent la disparition de la démocratie antique de son retour dans la pensée politique moderne.
La tradition chrétienne porte un dogme d’égalité selon lequel tout individu possède une même valeur fondamentale, indépendamment de sa condition sociale, idée qui contribue à la pensée moderne des droits de l’homme.
Montesquieu étudie la démocratie sans en faire nécessairement le meilleur régime, contrairement à sa condamnation traditionnelle.
★ À maîtriser
📌 Les Grecs ne considèrent pas la Perse comme une polis comparable aux cités grecques, mais comme un empire soumis à un pouvoir monarchique fortement centralisé.
Un État rassemble une population sur un territoire délimité par des frontières, qui peuvent résulter de l’histoire, des guerres, des conquêtes et des rapports de force plutôt que de réalités humaines ou culturelles préexistantes.
Une organisation étatique suppose normalement un pouvoir centralisé et hiérarchisé comprenant des institutions, par exemple un chef ou un souverain, des ministres et une administration.
Compléments
Les Grecs conçoivent plusieurs cités, chacune pouvant avoir son propre régime et ses propres idées politiques.
Dans la pensée grecque, le pouvoir tyrannique ou despotique est souvent opposé au véritable ordre politique parce qu’il repose sur l’absence de nomos, ou loi commune, et sur le pouvoir arbitraire d’un seul.
Une population étatique peut partager une culture, une histoire, une langue ou une religion, mais l’unité de langue n’est pas obligatoire et la religion ne se confond pas nécessairement avec l’État.
Une capitale peut exister dans un État, mais sa présence n’est pas indispensable à elle seule pour caractériser un État.
Une organisation étatique implique généralement des règles communes et une autorité capable de les faire respecter, ainsi qu’une armée ou une force organisée pouvant assurer la défense et l’autorité de l’État.
📌 Certaines tribus peuvent avoir des coutumes, des traditions et des autorités, tout en étant dépourvues d’organisation centrale hiérarchisée et d’appareil judiciaire institutionnalisé comparable à celui d’un État.
★ À maîtriser
📌 Toute communauté humaine n’a pas nécessairement vocation à devenir un État, et il n’existe pas de déterminisme politique imposant à toutes les sociétés d’adopter le modèle occidental de l’État.
Un État n’est pas une forme politique éternelle : certains États apparaissent, se transforment ou disparaissent.
Les indices possibles d’une organisation étatique comprennent : un roi ou un souverain, des ministres ou agents administratifs, des institutions judiciaires, une armée, une fiscalité, une administration, une population sédentarisée sur un territoire, parfois une écriture, un mode organisé de désignation des gouvernants, une organisation politique identifiable comme une monarchie ou une aristocratie
📌 Tout roi est un chef, mais tous les chefs ne sont pas des rois ; la seule présence d’un chef ne suffit donc pas à démontrer l’existence d’un État.
Compléments
Les structures politiques qui succèdent à l’Empire romain d’Occident, notamment dans l’Europe occidentale médiévale et féodale, ne correspondent plus au modèle de l’État romain.
Dans le contexte colonial, les Occidentaux ont souvent cherché à imposer leurs modèles politiques, contribuant à la création d’États dont les frontières ne correspondaient pas nécessairement aux réalités historiques, culturelles ou tribales des populations.
Des royaumes, des dirigeants, des institutions et des formes d’organisation politique existent en Égypte dès le IIIe millénaire av. J.-C., avant la civilisation grecque.
📌 Plus une organisation possède les indices caractéristiques d’un État, plus elle présente des caractéristiques étatiques.
Frontières imposées sans correspondance locale → États parfois déconnectés des réalités historiques et culturelles.
★ À maîtriser
📌 Selon René Girard, une société avec État régule principalement la violence après qu’elle a été commise, tandis qu’une société sans appareil judiciaire étatique cherche principalement à empêcher son développement.
🔄 Une infraction peut entraîner : la poursuite de son auteur, sa condamnation par un tribunal, une sanction prononcée au nom de la collectivité
Cela laisse davantage de place à :
Compléments
📌 Dans une société étatique, l’individu ne se fait normalement pas justice lui-même, car la sanction est exercée par l’intermédiaire d’institutions judiciaires au nom de la collectivité.
La régulation judiciaire étatique canalise les conflits sans exiger une unanimité parfaite entre les membres du groupe.
Selon Hobbes, « l’homme est un loup pour l’homme » ; en l’absence d’une autorité capable de faire respecter les règles et de sanctionner les comportements, les conflits risquent de se multiplier.
Dans une société étatique, l’État a notamment pour fonction de contenir et de canaliser la violence présente dans les relations humaines.
Avec État : justice après la violence ; sans État : prévention avant qu’elle ne se développe.
★ À maîtriser
Compléments
Dans ces sociétés, la croyance est essentiellement horizontale : les membres adhèrent au mythe fondateur parce que les autres membres du groupe y adhèrent également.
Elle peut être considérée comme :
📌 Les sociétés magico-religieuses ne relèvent pas uniquement du passé : certaines sociétés contemporaines maintiennent un lien important entre religion, pouvoir politique et organisation sociale, même lorsqu’elles présentent les caractéristiques d’un État.
Croyance collective incontestable → faible place pour la remise en question individuelle.
★ À maîtriser
Dans certaines sociétés traditionnelles, le sacrifice concentre la violence collective sur une victime désignée afin de purger symboliquement la violence du groupe et de permettre le retour à la paix.
Selon la théorie du bouc émissaire développée notamment par René Girard, le groupe concentre ses tensions et ses fautes sur une victime particulière, dont la désignation et l’exclusion sont censées faire disparaître la violence.
La victime sacrificielle est en réalité innocente, mais le groupe croit que sa désignation et son exclusion feront disparaître la violence et le souderont.
Compléments
Dans le rituel biblique du bouc émissaire, un bouc est symboliquement chargé des fautes du peuple puis chassé dans le désert pour emporter les fautes et les souillures du groupe.
Le pharmakos est une figure de victime sacrificielle sur laquelle est concentrée la souillure du groupe, puis qui est expulsée ou sacrifiée afin de purifier la communauté.
📌 Le terme pharmakon peut désigner à la fois le remède et le poison, de sorte qu’un même élément peut être considéré comme la cause de la souillure et comme le moyen de la supprimer.
Le groupe charge une victime de ses fautes, puis l’expulse pour retrouver la paix.
★ À maîtriser
Dans les sociétés fortement magico-religieuses, l’ordre cosmique, l’ordre terrestre et l’ordre social sont indissociables : l’ordre naturel ou divin est aussi celui de la société.
Dans certaines pratiques de substitution royale du Proche-Orient ancien, notamment chez les Sumériens, les Hittites et les Néo-Assyriens, un individu remplaçait temporairement le roi lorsqu’une éclipse était interprétée comme annonçant sa mort, afin d’être sacrifié à sa place.
La rationalité ne naît pas soudainement avec les Grecs, car elle peut déjà apparaître dans des sociétés fortement magico-religieuses sous la forme d’un raisonnement stratégique et d’une tentative d’émancipation par la ruse.
📌 La présence d’un État n’implique pas la disparition du magico-religieux : certaines sociétés possèdent des caractéristiques étatiques développées tout en conservant une forte dimension religieuse.
Compléments
📌 Dans une société magico-religieuse, remettre en cause l’ordre établi revient à remettre en cause l’ordre cosmique, et la libre interrogation sur ce qui doit être n’a pas de véritable place.
La substitution royale permet au roi de tenter de tromper symboliquement le destin et les dieux en faisant porter à un remplaçant le sort annoncé par les présages.
Le roi Hammourabi est représenté en relation avec le dieu Samas, ce qui conduit à interroger l’autonomie de son pouvoir et son éventuelle origine divine.
Dans certaines sociétés, le pouvoir politique reste lié au sang, à la famille et au sacré, notamment lorsque les gouvernants appartiennent à une même famille ou à une dynastie royale.
Lorsqu’une défaite militaire, une catastrophe ou un problème collectif est interprété comme une rupture de l’ordre, un roi tenu pour responsable peut être sacrifié comme bouc émissaire afin de purifier le groupe.
Les États restent moins rationalisés lorsque le lien entre mythe, coutumes, pouvoir et loi demeure particulièrement étroit.
★ À maîtriser
L’absence d’État ne signifie pas l’absence d’histoire, de culture, d’organisation sociale ou de pensée politique.
À partir du IIIe millénaire av. J.-C., certaines civilisations du Proche-Orient ancien possèdent des organisations politiques très développées, sans correspondre entièrement à la conception moderne et rationalisée de l’État.
L’installation durable permet de développer :
Les éléments à examiner sont : la présence d’un roi ou souverain, la manière dont celui-ci est désigné, l’existence d’une dynastie, la présence de ministres ou d’agents administratifs, l’existence d’une armée, l’existence d’une justice organisée, l’existence d’une fiscalité, l’existence d’un territoire contrôlé
Compléments
La formule attribuée à Nicolas Sarkozy, « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », illustre une conception occidentale présentant les sociétés sans État comme primitives ou dépourvues d’histoire.
La colonisation a imposé des découpages territoriaux et des modèles politiques qui ne correspondaient pas toujours aux organisations sociales et historiques préexistantes.
L’écriture existe au Proche-Orient dès le IVe millénaire av. J.-C., notamment en Mésopotamie.
Au Proche-Orient ancien, l’écriture permet de conserver des informations administratives, fiscales, juridiques et économiques, et peut donc indiquer l’existence d’une administration organisée.
📌 La présence d’un roi ne suffit pas à établir le caractère étatique d’une organisation : il faut aussi examiner la nature et l’organisation de son pouvoir.
★ À maîtriser
📌 L’autonomie politique signifie que la société se donne ses propres règles, tandis que l’hétéronomie signifie que les règles proviennent d’un principe extérieur à la société, notamment d’une autorité divine.
📌 Dans une conception magico-religieuse, le gouvernant tient son pouvoir des dieux, tandis que dans la cité grecque il peut progressivement être choisi, désigné ou élu par les hommes selon les règles de la cité.
Compléments
Dans les cités grecques, l’organisation de la cité peut progressivement être décidée par les hommes eux-mêmes, sans dépendre entièrement d’une volonté divine.
À l’époque archaïque puis classique, le lien entre pouvoir politique et sacré commence progressivement à se fragiliser, même si les premiers Grecs restent en partie marqués par la pensée magico-religieuse.
Dans la cité grecque, certaines fonctions autrefois associées au roi sont confiées à des magistrats, comme le commandement de l’armée confié à un stratège et d’autres fonctions confiées à des archontes.
Le terme « archonte » vient de archôn, lié à archê, qui renvoie notamment à l’idée de commandement ; « monarchie » associe monos, « un seul », et archê, « commandement ».
Les procédures peuvent comprendre :
Autonomie : règles internes ; hétéronomie : principe extérieur.
★ À maîtriser
📌 Dans un État progressivement rationalisé, le gouvernant est le dépositaire d’une fonction indépendante de sa personne ; le pouvoir appartient à la fonction ou à l’institution, et non personnellement à celui qui l’exerce.
La cité grecque représente une rupture dans la pensée du pouvoir : les hommes peuvent élaborer eux-mêmes les règles politiques et les institutions.
Le débat politique et juridique devient progressivement public et argumenté grâce au développement du logos, c’est-à-dire de la parole et du discours raisonné.
La mise par écrit des règles et des lois les rend progressivement plus publiques et accessibles à la communauté civique.
Compléments
Le basileus conserve certaines fonctions religieuses, mais celles-ci deviennent secondaires par rapport à ses fonctions politiques.
À Athènes, l’agora est un lieu central de rassemblement et d’échanges où les citoyens et les orateurs prennent part à la parole publique.
Le droit grec ancien repose aussi sur :
La mise par écrit et la publicité des règles réduisent progressivement le monopole des élites aristocratiques et religieuses sur leur connaissance et leur interprétation.
À Athènes, les citoyens participent progressivement au fonctionnement de la justice et à la production, à l’application et à la discussion du droit.
★ À maîtriser
📌 L’isonomia désigne l’égalité devant la loi commune, tandis que l’isocratie désigne l’égalité d’accès au pouvoir ou la capacité égale à l’exercer.
Compléments
★ À maîtriser
📌 La cité grecque connaît une autonomisation progressive du politique et de la pensée rationnelle, mais la religion reste importante et continue longtemps à être liée à ces domaines.
📌 La physis relève de la nature, tandis que le nomos relève des conventions humaines, lesquelles peuvent varier selon les cités.
Compléments
Physis : nature indépendante ; nomos : conventions établies par les hommes.
Physis et nomos
| Notion | Domaine | Caractère |
|---|---|---|
| Physis | Nature | Indépendante des conventions humaines |
| Nomos | Règles et institutions humaines | Variable selon les cités |
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1. Un État se présente comme une démocratie, mais sa conception du régime diffère de celle qui prévaut actuellement en Occident. Quelle conclusion est la plus juste ?
2. À quelle date la France révolutionnaire entre-t-elle en guerre contre l’Autriche, avant les guerres contre les monarchies européennes qui se prolongent jusqu’en 1815 ?
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Le sens de « démocratie » varie-t-il selon les époques et les régions ?
Oui, il varie selon les époques et les régions du monde.
En quelle année la France révolutionnaire entre-t-elle en guerre contre l’Autriche ?
En 1792.
Quelles cités s’affrontent principalement durant les guerres médiques ?
Les cités grecques et l’Empire perse.
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