★ À maîtriser
📌 La mondialisation peut désigner soit l’interconnexion croissante entre les sociétés, qui amplifie les effets à distance, soit l’idéologie associée au capitalisme néolibéral qui façonne la politique mondiale depuis la fin des années 1970.
📌 La politique mondiale étudie un champ plus large que les relations entre États, notamment les dimensions de genre, les approches décoloniales et les dimensions sociétales.
Compléments
Le débat sur la mondialisation porte notamment sur le caractère inédit de la politique mondiale contemporaine et sur l’existence d’un rejet de la mondialisation néolibérale.
Les interprétations concurrentes portent notamment sur : le changement climatique, les stocks de vaccins durant la pandémie de Covid-19, le vote britannique pour quitter l’Union européenne, la crise financière mondiale de 2007-2008, le déclin possible de l’ordre mondial dirigé par les puissances occidentales, l’invasion russe de l’Ukraine en 2022
★ À maîtriser
Compléments
📌 En relations internationales, l’État est un sujet du droit international, tandis que la nation désigne un peuple ou un sentiment national et que le gouvernement ne se confond pas avec l’État.
★ À maîtriser
Le réalisme considère le système international comme anarchique, c’est-à-dire dépourvu d’autorité supérieure aux États.
Pour les réalistes, les États sont les acteurs centraux, voire les seuls acteurs des relations internationales, et défendent d’abord leurs intérêts dans une logique de self-help.
Le réalisme considère que les États cherchent à accroître leur puissance et que l’ordre international naît de l’équilibre des puissances.
Compléments
📌 Dans le vocabulaire académique anglophone des relations internationales, « Eurocentric » désigne une approche qui prend implicitement l’expérience occidentale, européenne et nord-américaine, comme norme universelle, et non uniquement une référence à l’Europe géographique.
Les théories de la politique mondiale sont élaborées par des intellectuels et des praticiens dans des contextes spécifiques et pour des raisons politiques concrètes.
Le néoréalisme, développé depuis les années 1980, analyse notamment la structure du système international, qu’elle soit bipolaire, multipolaire ou unipolaire.
Hans Morgenthau est associé à Politics Among Nations (1948), Kenneth Waltz au néoréalisme avec Theory of International Politics (1979), E.H. Carr est présenté comme précurseur avec The Twenty Years’ Crisis (1939), et John Mearsheimer est associé à The Great Delusion: Liberal Dreams and International Realities (2018).
Anarchie sans autorité supérieure → quête de puissance et équilibre des puissances
★ À maîtriser
L’internationalisme libéral conteste que l’anarchie entraîne nécessairement le conflit et considère la coopération comme un moyen de gagner en puissance.
Les acteurs comprennent :
Compléments
L’internationalisme libéral considère les individus et les sociétés comme capables de progrès, et le capitalisme ainsi que la démocratie représentative comme bénéfiques.
L’internationalisme libéral met l’accent sur la coopération et les institutions internationales plutôt que sur la seule puissance militaire.
La coopération et les institutions complètent la puissance militaire
★ À maîtriser
📌 Les théories marxistes expliquent la politique mondiale par les classes et l’économie capitaliste mondiale inégale, tandis que le réalisme met l’accent sur les États.
Compléments
Dans L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1917), Vladimir Lénine présente la rivalité entre États comme une expression de la concurrence capitaliste plutôt que d’une nature humaine égoïste.
Immanuel Wallerstein développe la théorie des systèmes-monde dans The Modern World System (1974) et soutient que la hiérarchie centre-semi-périphérie-périphérie est dissimulée par le vocabulaire réaliste de la souveraineté égale des États.
Dans l’article « Social Forces, States and World Orders » (1981), Robert Cox affirme que la théorie sert toujours quelqu’un et poursuit un objectif, et que le réalisme n’est pas neutre puisqu’il contribue au maintien de l’ordre existant.
📌 Les approches postcoloniales et décoloniales interrogent l’eurocentrisme des grandes théories et la manière dont elles ont justifié la domination du Sud global et négligé la question raciale jusqu’à récemment.
★ À maîtriser
📌 Les sceptiques jugent la mondialisation conceptuellement erronée et maintiennent l’hégémonie ou l’impérialisme comme explications essentielles, tandis que les globalistes y voient un processus de transformation profonde et déstabilisatrice de la politique mondiale.
Compléments
La crise financière mondiale de 2008 et la pandémie de Covid-19 ont révélé l’ampleur et la profondeur de l’intégration mondiale associée à la mondialisation postérieure à la guerre froide.
Les réseaux mondiaux de commerce, de finance, de technologies numériques et de production relient les nations, les communautés et les ménages, qui font toutefois l’expérience de la mondialisation de manière différente.
📌 Les transformationnalistes, sous-groupe des globalistes, estiment que la mondialisation transforme la politique mondiale et impose de faire évoluer les cadres conceptuels d’analyse.
Trois évolutions sont présentées comme à l’origine de la crise actuelle de la mondialisation :
La mondialisation est associée à six déplacements de paradigme :
★ À maîtriser
Les arguments selon lesquels la mondialisation érode le pouvoir de l’État sont : le capitalisme mondial rend les États impuissants, les États cèdent des compétences essentielles à des institutions mondiales et régionales non élues, les États deviennent plus vulnérables aux perturbations ou événements étrangers, les démocraties connaissent une érosion de leur légitimité démocratique, les systèmes mondialisés échappent de plus en plus au contrôle des frontières
Les arguments opposés à l’idée d’une érosion du pouvoir étatique sont : le pouvoir général des États ne diminue pas, les États ne cèdent ni pouvoir ni souveraineté aux bureaucraties internationales non élues, la mondialisation fait partie de la solution aux vulnérabilités croissantes des États, les difficultés des démocraties résultent principalement de facteurs internes, la capacité des États à contrôler leurs frontières n’a jamais été aussi importante
Pour les réalistes, la puissance peut être une fin en soi et constitue la « devise » de la politique internationale.
Dans le réalisme structurel présenté par John Mearsheimer, le système international est anarchique parce qu’aucune autorité ne se trouve au-dessus des États pour les protéger d’une menace étatique. - Mersheimer
Compléments
📌 Selon le réalisme structurel, le comportement international d’un État ne se déduit pas de sa politique intérieure : un État démocratique peut aussi adopter à l’extérieur des comportements répréhensibles au regard de la morale ou du droit international.
★ À maîtriser
📌 La balance of power permet à un État trop faible pour rivaliser seul de rechercher des alliances avec d’autres petits États ou avec une grande puissance.
Compléments
Selon J. Mearsheimer, un État ne peut pas se comporter comme « Bambi dans un monde de Godzillas » et cherche donc à devenir aussi puissant que possible. - J. MERSHEIMER
La Corée du Nord illustre la recherche de puissance par un petit État : malgré son faible PIB, elle possède l’arme atomique.
La création de l’OTAN en 1949 traduit, la faiblesse des puissances européennes face au nouvel équilibre des forces après la Seconde Guerre mondiale.
Thucydide résume l’asymétrie entre puissances par cette formule : « Les grandes puissances font ce qu’elles peuvent et les petites souffrent ce qu’elles doivent. »
Les grandes puissances imposent ; les petites cherchent des alliés.
★ À maîtriser
📌 Pour Raymond Aron, la puissance n’est pas un absolu que l’on possède, mais une relation humaine que l’on exerce. - R. ARON
Compléments
L’exercice de la puissance mobilise notamment :
La supériorité matérielle ne garantit pas à elle seule la victoire : le cours donne l’exemple de la Russie, dont les ogives nucléaires ne suffisent pas à mettre l’Ukraine en échec.
★ À maîtriser
📌 Joseph Nye distingue la puissance coercitive, ou puissance « sur » autrui, de la puissance fondée sur la coopération, ou puissance « avec » autrui.
📌 Le hard power cherche à modifier les préférences initiales d’un acteur par la pression ou l’influence et s’exerce comme un pouvoir « sur » autrui (« power over »).
📌 Le soft power construit un avis avec autrui (« power with ») grâce à la fixation des priorités politiques et à l’attractivité, sans que cette dernière soit automatique.
Compléments
Dans Transnational Relations and World Politics (1972), Joseph Nye et Robert Keohane critiquent le stato-centrisme et mettent l’accent sur les interdépendances entre acteurs étatiques et non étatiques.
La lutte contre le réchauffement climatique et le partage de technologies illustrent des situations où la coopération peut contribuer à obtenir les résultats souhaités.
Joseph Nye répond en 1990 aux prédictions de déclin de la puissance américaine associées à Kennedy en soulignant l’importance du soft power.
Les ressources fréquemment associées à la coercition sont la force militaire et les sanctions, tandis que l’incitation peut s’appuyer sur des paiements ou des pots-de-vin.
Les accords de Camp David de 1978 ont contribué au rapprochement de l’Égypte avec Israël, notamment grâce à des aides stratégiques américaines de plusieurs milliards de dollars chaque année.
Les institutions internationales, dont l’ONU, l’OMC, les sommets des chefs d’État de l’Union européenne et le G7, peuvent servir à fixer des priorités communes.
Nye a forgé le concept de soft power en 1990.
Puissance « sur » autrui : coercition ; puissance « avec » autrui : coopération.
Christopher Walker et Jessica Ludwig présentent le sharp power dans leur article « From ‘Soft Power’ to ‘Sharp Power’: Rising Authoritarian Influence in the Democratic World » (2017). - Christopher Walker and Jessica Ludwig
Les pays cités comme recourant au sharp power sont :
Les trois objectifs attribués à Pékin en Europe sont :
En Afrique sahélienne, la propagande russe associée à Wagner, devenu Afrika Corps, a mené des campagnes anti-françaises pour décrédibiliser la France et promouvoir la Russie, notamment au Burkina Faso et au Mali.
Les outils mentionnés par Hillary Clinton sont (H. CLINTON) :
Pour contenir la Chine, l’administration Obama a associé le soft power du partenariat transpacifique (TPP), conçu sans la Chine, au hard power de la doctrine du pivot naval vers l’Indo-Pacifique.
Le sharp power subvertit ; le smart power combine.
★ À maîtriser
Compléments
★ À maîtriser
Selon Joseph Nye, l’État ne détient plus le monopole de l’exercice de la puissance, notamment dans le cadre de l’interdépendance complexe. - J. NYE
L’analyse d’une puissance pose trois questions :
📌 La capacité de communication de Starlink relève de l’entreprise, même si un État allié finance une partie de l’accès ; cela ne signifie pas que l’entreprise possède une puissance supérieure à celle de l’État.
Compléments
📌 Hard power, soft power et smart power sont des formes complémentaires de puissance, tandis que le sharp power repose sur la subversion et la désinformation.
Joseph Nye et Robert Keohane développent l’approche de l’interdépendance complexe dans Transnational Relations and World Politics (1972) et Power and Interdependence : World Politics in Transition (1977). - NYE et R. KHEOANE
Le Qatar a servi de médiateur dans le cessez-le-feu à Gaza du 10 octobre 2025 avec les États-Unis, la Turquie et l’Égypte, renforçant son rôle d’interlocuteur régional crédible.
En mars 2025, Elon Musk affirme que le front ukrainien s’effondrerait sans Starlink, dont la Pologne paie une partie de l’accès, à hauteur d’environ 50 M$ par an selon son ministre.
En octobre 2026, Trump coupe Starlink à l’Ukraine, lui retirant un avantage de communication sur le champ de bataille, notamment pour la vision de l’ennemi et la précision des missiles.
La puissance déléguée peut servir d’outil à l’État avant d’être réintégrée sous son contrôle, comme l’illustre le remplacement de Wagner par l’Africa Corps au Mali.
L’État fixe le cadre, mais entreprises et forces déléguées exercent aussi la puissance.
★ À maîtriser
Dans The Future of Power (2011), Nye distingue le transfert de puissance entre États, notamment de l’Ouest vers l’Asie, et sa diffusion des États vers des acteurs non étatiques.
L’échiquier à trois niveaux de Nye est militaire et unipolaire, économique et multipolaire, puis transnational et diffus, hors du contrôle des gouvernements. - The Future of Power, 2011
Dans The Post-American World (2008), Fareed Zakaria décrit la montée des autres puissances comme « the rise of the rest », plutôt que comme le déclin des États-Unis.
📌 Les BRICS expriment une volonté de s’opposer à l’Occident et une entente économique, mais leur cohérence est limitée par des rivalités internes, notamment entre la Chine et l’Inde, l’Iran et les Émirats, ainsi que l’Égypte et l’Éthiopie.
Compléments
Le terme « BRIC » est créé en 2001 par Jim O’Neill, de Goldman Sachs, comme un concept de marché économique avant de devenir le nom d’une alliance. - Jim O'Neill
En 2009 a lieu le premier sommet des BRIC, puis l’Afrique du Sud rejoint le groupe en 2010, qui devient les BRICS.
L’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran et les Émirats rejoignent les BRICS en 2024, puis l’Indonésie en 2025.
La Chine et l’Inde ont des positions divergentes sur la réforme du Conseil de sécurité, tandis que l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud demandent un siège permanent.
De 2020 à 2023, la Chine impose à l’Australie des droits d’environ 80 % sur l’orge et frappe son vin après la demande australienne d’une enquête sur l’origine du Covid-19 ; les droits sur l’orge sont rétablis en août 2023.
★ À maîtriser
📌 Pour Organski, le risque de guerre est associé à l’égalité approchante entre une puissance montante et une puissance dominante, plutôt qu’à la faiblesse seule. - A. F. K. Organski, World Politics, 1958
📌 La perte de puissance d’un acteur ne se transfère pas toujours à un autre : elle peut se disperser entre plusieurs acteurs.
La diffusion et la transition de puissance se combinent, contribuant à la complexité du monde et à une impression de désordre ou de loi du plus fort.
La puissance dépend non seulement des capacités, mais aussi de la légitimité, des perceptions et des alliances.
Compléments
Le « piège de Thucydide » désigne le risque de conflit lorsqu’une puissance dominante redoute la montée d’une puissance concurrente.
En octobre 2025, à Busan, Donald Trump et Xi Jinping se rencontrent en personne pour la première fois depuis six ans, en marge de l’APEC.
Après la rencontre de Busan, Washington réduit certains droits de douane et suspend des mesures, tandis que Pékin suspend pour un an les contrôles à l’exportation de terres rares introduits en octobre 2025 et augmente ses achats agricoles.
Une puissance montante approche la dominante → le risque de guerre augmente si elle conteste l’ordre établi.
| Dimension | Pour une érosion | Contre une érosion |
|---|---|---|
| Souveraineté | Les États cèdent des compétences à des institutions non élues. | Les États ne cèdent ni pouvoir ni souveraineté. |
| Vulnérabilité | Les États sont exposés aux événements étrangers. | La mondialisation contribue à réduire leurs vulnérabilités. |
| Démocratie | La légitimité démocratique s’érode. | Les difficultés démocratiques sont surtout internes. |
| Frontières | Les systèmes mondialisés échappent à leur contrôle. | La capacité de contrôle n’a jamais été aussi importante. |
| Niveau | Configuration | Contrôle |
|---|---|---|
| Militaire | Unipolaire | États |
| Économique | Multipolaire | États |
| Transnational | Diffus | Hors du contrôle des gouvernements |
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1. Dans un débat, une personne décrit la mondialisation comme l’idéologie du capitalisme néolibéral qui façonne la politique mondiale depuis la fin des années 1970. Quelle conception emploie-t-elle ?
2. Une équipe analyse les rapports entre États, mais aussi les dimensions de genre, les approches décoloniales et les phénomènes sociétaux. Quel champ correspond à cette démarche élargie ?
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Quels sont les deux sens de la mondialisation en politique mondiale ?
L’interconnexion croissante des sociétés et l’idéologie associée au capitalisme néolibéral.
Depuis quand l’idéologie néolibérale façonne-t-elle la politique mondiale ?
Depuis la fin des années 1970.
Quel est le périmètre de la politique mondiale par rapport aux relations entre États ?
Elle étudie un champ plus large que les relations entre États.
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