Fiche de révision : Croissance mandibulaire

Plan du Cours

  1. Organisation craniofaciale de la croissance
  2. Développement et ossification osseuse
  3. Composantes de la mandibule
  4. Croissance périostée et contraintes
  5. Cartilage condylien et croissance
  6. Remodelage selon Enlow
  7. Rotations mandibulaires de Björk
  8. Typologie et direction de croissance
  9. Moteurs et régulation de croissance
  10. Croissance alvéolaire et thérapeutique

1. Organisation craniofaciale de la croissance

★ À maîtriser

  • L’ensemble crânio-facial comprend une face antérieure et une face postérieure, et la mandibule y joue un rôle prépondérant.

  • La face postérieure comprend une entité supérieure participant au positionnement de la cavité glénoïde et la hauteur du ramus, qui contribue à l’intégration du menton et à la rotation faciale.

  • La croissance de la face antérieure comprend la croissance naso-maxillaire, la croissance alvéolaire verticale et la croissance en hauteur de la symphyse.

  • La croissance alvéolaire est très adaptative et constitue un intermédiaire entre la face antérieure et la face postérieure sur lequel l’orthodontie peut agir.

Compléments

  • La croissance suturale liée à l’expansion des cavités aériennes et la croissance du cartilage septal contribuent à déplacer le maxillaire vers le bas et l’avant.

  • La croissance mandibulaire doit être rapportée aux autres entités faciales, surtout à la croissance verticale antérieure, car une croissance condylienne identique peut s’accompagner de profils divergents différents.

2. Développement et ossification osseuse

Notions clés & Définitions

  • Ossification enchondrale : Transformation de cellules cartilagineuses en cellules osseuses, laissant des reliquats tels que les synchondroses et le cartilage septal.
  • Ossification mésenchymateuse : L’ossification mésenchymateuse transforme des cellules mésenchymateuses en cellules osseuses et laisse des reliquats correspondant aux syndesmoses ou aux sutures.

★ À maîtriser

  • L’histogenèse s’étend du premier au quinzième jour de la vie intra-utérine, l’organogenèse du quinzième jour à la troisième semaine, et la morphogenèse commence à la huitième semaine et se poursuit après la naissance.

Compléments

  • L’ossification enchondrale concerne les structures de la base du crâne, tandis que l’ossification mésenchymateuse est associée aux sutures et aux syndesmoses.

  • Selon Laude, les axes neuro-matriciels déterminent la divergence faciale et la face s’inscrit dans la pince trijéminale.

Astuce mémo

Histogenèse, organogenèse, puis morphogenèse

3. Composantes de la mandibule

★ À maîtriser

  • La mandibule comprend une portion neurale initiale, une portion musculaire et une portion dentaire, et sa croissance ne se réduit pas à celle du condyle.

  • Les cartilages secondaires sont associés aux muscles suivants :

    • Le masséter au cartilage angulaire
    • Le temporal au cartilage coronoïde
    • Les muscles mentonniers et sus-hyoïdiens au cartilage mentonnier
    • Les muscles condylo-spigiens au cartilage condylien

Compléments

  • Le cartilage condylien est le seul cartilage secondaire mandibulaire qui subsiste à la naissance et possède une zone d’ossification mixte, cartilagineuse et membraneuse.

  • Les pressions et tensions musculaires modifient les conditions vasculaires et l’oxygénation, ce qui entraîne des différenciations cellulaires dès la vie intra-utérine.

  • Selon Stricker, les os de la face possèdent un axe primitif nerveux et leur organisation architecturale correspond à une succession d’équerres associées aux émergences neurales.

4. Croissance périostée et contraintes

Notions clés & Définitions

  • Périoste de recouvrement : Membrane fibreuse externe du squelette, dont la couche interne profonde est ostéogène et dont la contribution vasculaire est prépondérante.

★ À maîtriser

📌 Le système cartilagineux est un site de croissance primaire actif doté d’une dynamique intrinsèque, tandis que le système périosté est un site secondaire passif dépendant des forces exercées sur lui.

📌 Selon les lois de Roux et Wolff (1884), une tension latérale favorise l’apposition osseuse, tandis qu’une pression latérale favorise la résorption. - ROUX & WOLFF

Compléments

  • Le système périosté comprend :

    • Le périoste de recouvrement
    • Le système sutural
    • Le condyle mandibulaire
    • Le ligament alvéolo-dentaire
  • Une pression axiale sur une pièce osseuse peut provoquer simultanément une résorption et une apposition, et les contraintes de flexion, vasculaires et électriques interviennent également.

  • Le principe du V d’Enlow associe l’apposition à la face interne du V, dans la direction de croissance, et la résorption à sa face externe.

Astuce mémo

La tension favorise l’apposition, la pression latérale la résorption

5. Cartilage condylien et croissance

★ À maîtriser

📌 Selon Baume, un centre de croissance possède un cartilage interstitiel à pouvoir séparateur de tissus et est relativement peu soumis aux contraintes mécaniques, tandis qu’un site de croissance est un lieu de croissance suturale ou périostée soumis aux pressions et tensions.

  • Le cartilage condylien possède une couche superficielle fibreuse qui résiste au cisaillement et un compartiment de croissance préchondroblastique, contrairement au cartilage épiphysaire dont le compartiment de croissance est chondroblastique.

  • La transplantation expérimentale d’un greffon condylien montre un accroissement dans une zone stimulée comme l’ATM, mais pas dans une zone non fonctionnelle, ce qui soutient le statut du condyle comme site plutôt que centre de croissance.

Compléments

  • Selon Petrovic, les squelettoblastes du cartilage condylien peuvent se différencier en cellules cartilagineuses sous stimulation ou en cellules osseuses et contribuer à la réparation de la couche superficielle.

  • L’hyperpropulsion intrabuccale expérimentale augmente le nombre de mitoses par unité de surface dans le cartilage condylien des rats porteurs du dispositif par rapport aux témoins. - Petrovic, 1969

  • Les travaux de Charlier et Petrovic (1972 à 1976) associent le ptérygoïdien externe à la croissance condylienne, mais le cours souligne une controverse sur le caractère indispensable de ce muscle. - Charlier & Petrovic

Astuce mémo

Le condyle est surtout un site adaptatif, non un centre autonome

6. Remodelage selon Enlow

★ À maîtriser

  • Trois processus liés participent à la croissance mandibulaire selon Enlow :

    • L’accroissement en taille
    • Le remodelage
    • Le déplacement
  • L’expansion des cavités aéro-pharyngées et des tissus provoque le déplacement mandibulaire, crée des hiatus à l’ATM et aux sutures péri-maxillaires, puis s’accompagne du repositionnement et de l’épaississement du ramus. - ENLOW

Compléments

  • Selon Enlow, le ramus se repositionne à mesure que l’arcade s’allonge en arrière, tandis que le périmètre de l’arcade de 6 à 6 évolue peu, hormis une expansion au niveau des canines.

  • Pendant la croissance, le ramus se redresse pour s’adapter à la croissance faciale vers le bas et l’avant et conserver une divergence normale.

Astuce mémo

Déplacement, repositionnement du ramus, accroissement en taille

7. Rotations mandibulaires de Björk

★ À maîtriser

  • Björk a utilisé des implants et des superpositions sur lignes implantaires pour mettre en évidence les remaniements osseux et les rotations mandibulaires que les superpositions sur des repères immuables ne révélaient pas.

📌 La rotation matricielle correspond à la rotation des tissus mous mandibulaires par rapport à la base du crâne, tandis que la rotation intramatricielle correspond à la rotation du corpus à l’intérieur de la matrice. - BJÖRK

  • La rotation intramatricielle s’accompagne d’apposition sous-symphysaire et de résorption angulaire, phénomènes qui peuvent masquer la rotation totale de la mandibule. - BJÖRK

Compléments

  • La rotation matricielle a son centre au niveau des condyles, tandis que le centre de la rotation intramatricielle se situe dans le corps mandibulaire. - BJÖRK

  • Les valeurs moyennes rapportées sont de −15,4° pour la rotation totale, −11,3° pour la rotation intramatricielle et −4,1° pour la rotation matricielle.

  • Selon Nielsen, le remodelage intramatriciel masque en moyenne 50 % de la rotation totale réelle chez l’homme.

Astuce mémo

La rotation matricielle déplace l’ensemble, l’intramatrice remodèle le corpus

8. Typologie et direction de croissance

★ À maîtriser

📌 Si la croissance verticale antérieure n’est pas compensée par la croissance verticale condylienne, le pogonion se dirige vers le bas et une hyperdivergence en résulte. - SCHUDY, 1963

📌 Si une croissance verticale condylienne importante n’est pas compensée par la croissance verticale antérieure, le pogonion se déplace vers l’avant et l’hypodivergence en résulte. - SCHUDY, 1963

Compléments

  • Lorsque les accroissements verticaux antérieur et postérieur sont coordonnés, la symphyse mandibulaire se déplace de façon équilibrée vers le bas et l’avant.

  • Les signes structuraux de rotation antérieure comprennent (BJORK) :

    • Un condyle trapu dirigé en avant et un canal dentaire inférieur courbe
    • Un angle mandibulaire fermé
    • Une symphyse et une corticale osseuse épaisses
    • Un angle intermolaire supérieur à 180°
    • Une hauteur de l’étage inférieur diminuée
  • Les signes structuraux de rotation postérieure comprennent (BJORK) :

    • Un condyle allongé et incliné vers l’arrière, avec un canal dentaire inférieur rectiligne
    • Un angle mandibulaire ouvert
    • Une symphyse et une corticale osseuse minces
    • Un angle intermolaire inférieur à 180°
    • Une hauteur de l’étage inférieur augmentée
  • Dans l’étude longitudinale de Björk et Skieller autour du pic pubertaire, les types de rotation s’individualisent à la puberté, autour de 14 ans. - BJÖRK & SKIELLER, 1972

Astuce mémo

Croissance verticale antérieure non compensée → pogonion vers le bas et hyperdivergence

9. Moteurs et régulation de croissance

★ À maîtriser

  • Les principaux moteurs de la croissance mandibulaire sont :

    • Le cartilage condylien
    • Les matrices périostées
    • La musculature
    • La langue
    • Les fonctions associées
  • Selon Moss, la matrice capsulaire orofaciale transporte passivement la mandibule vers le bas et l’avant en réponse à l’accroissement des cavités orales, nasales et pharyngées, ce qui provoque une séparation de l’ATM compensée par une prolifération condylienne secondaire. - MOSS & SALENTIJN, 1979

Compléments

  • Pour le modelage facial, la durée de la fonction est plus importante que son intensité, et le cours souligne particulièrement l’importance d’une position antérieure et basse de la langue au repos.

  • Les matrices périostées comprennent (MOSS & SALENTIJN, 1979) :

    • Les tendons
    • Les muscles
    • Les espaces cellulaires
    • Les dents
    • Les vaisseaux
    • Les nerfs
  • Selon Van Limborgh, les facteurs génétiques déterminent notamment le rythme de multiplication cellulaire et la voie de différenciation, tandis que les facteurs environnementaux comprennent les fonctions locales et la vascularisation et l’innervation générales.

  • Les facteurs épigénétiques généraux cités comprennent :

    • L’hormone somatotrope
    • La somatomédine
    • La thyroxine
    • La testostérone
    • Les œstrogènes

10. Croissance alvéolaire et thérapeutique

★ À maîtriser

  • Au maxillaire, la croissance suturale déplace l’arcade en masse et l’éruption dentaire s’accompagne d’une quantité équivalente d’os alvéolaire.

📌 Selon Dale, l’éruption est le mouvement de la dent hors de l’alvéole, tandis que la dérive verticale est le déplacement de la dent et de son alvéole.

  • À la mandibule, la croissance alvéolaire dépend de l’allongement vertical du ramus qui crée l’espace nécessaire, puis du déplacement vers le haut des dents par éruption et de la dérive verticale de la dent avec son alvéole. - ENLOW

Compléments

  • Selon Björk, de 6 à 15 ans, l’apposition alvéolaire maxillaire est d’environ 14,6 mm et la résorption du plancher nasal d’environ 4,6 mm.

  • Selon Schudy, les hauteurs alvéolaires postérieures et antérieures sont augmentées chez l’hyperdivergent au maxillaire et à la mandibule, l’augmentation mandibulaire étant moins marquée en postérieur.

📌 En rotation antérieure avec point d’appui incisif, l’arcade dentaire se raccourcit et se translate vers l’avant par rapport à la base du crâne, tandis qu’en postéro-rotation le centre de rotation est situé au niveau des molaires et l’angle intermolaire est inférieur à 180°. - BJÖRK

Astuce mémo

L’hyperdivergence facilite le traitement de la supraclusion, l’hypodivergence celui de la classe II

Tableaux de synthèse

Rotation antérieure et postérieure

SigneRotation antérieureRotation postérieure
CondyleTrapu, dirigé en avantAllongé, incliné vers l’arrière
Angle mandibulaireFerméOuvert
Angle intermolaireSupérieur à 180°Inférieur à 180°
Étage inférieurDiminuéAugmenté

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Croissance mandibulaire avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels éléments composent la croissance de la face antérieure ?

2. Pourquoi la croissance alvéolaire constitue-t-elle une zone d’intérêt pour l’orthodontie ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Croissance mandibulaire avec 10 flashcards interactives.

Quelles sont les deux faces de l’ensemble crânio-facial ?

Une face antérieure et une face postérieure.

Quel rôle joue l’entité supérieure de la face postérieure ?

Elle participe au positionnement de la cavité glénoïde.

Entre quels jours s’étend l’histogenèse intra-utérine ?

Du premier au quinzième jour de la vie intra-utérine.

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