Fiche de révision : Groupes de comparaison en épidémiologie

Plan du Cours

  1. Enjeux du groupe de comparaison
  2. Principes de sélection des témoins
  3. Population source et exposition
  4. Admissibilité et suivi des témoins
  5. Sources des témoins
  6. Non-exposés dans les cohortes
  7. Puissance et taille d’échantillon
  8. Nombre de témoins par cas
  9. Correction et conclusion méthodologique

1. Enjeux du groupe de comparaison

Points essentiels

📌 Dans une cohorte, les sujets exposés sont comparés aux sujets non exposés et l’association est généralement mesurée par le risque relatif (RR), tandis que dans une étude cas témoins, les malades sont comparés aux non-malades et l’association est généralement mesurée par le rapport de cotes (RC).

📌 Un bon groupe de comparaison doit permettre d’estimer l’association entre l’exposition et la maladie sans introduire de biais majeur de sélection.

Astuce mémo

Exposés/non-exposés en cohorte, cas/témoins en enquête cas témoins

2. Principes de sélection des témoins

★ À maîtriser

📌 Dans une étude cas témoins, les témoins ne doivent pas être atteints par la maladie étudiée et doivent être représentatifs de la population d’où proviennent les cas, notamment vis-à-vis de l’exposition.

Compléments

  • Lorsque la maladie peut être asymptomatique ou lorsqu’une colonisation doit être distinguée de l’infection, les témoins doivent être testés et seuls ceux correspondant au statut recherché sont retenus.

📌 Des sujets atteints de la même maladie que les cas peuvent servir de témoins dans un schéma cas-cas lorsque l’objectif est d’étudier la transmission d’un génotype particulier de l’agent responsable.

Astuce mémo

Témoin mal classé ou mal choisi → biais de sélection

3. Population source et exposition

★ À maîtriser

📌 Les témoins doivent être sélectionnés dans la population source des cas, c’est-à-dire la population qui aurait pu produire ces cas pendant la période et dans le contexte définis.

📌 La distribution de l’exposition chez les témoins doit représenter celle de la population source des cas, sinon l’association peut être surestimée ou sous-estimée.

  • Dans l’exemple de la turista, le RC estimé était de 4,0 avec des témoins représentatifs, de 9,0 avec des témoins à faible probabilité de boire des cocktails et de 0,11 avec des témoins à forte probabilité de boire de l’alcool.

Compléments

  • Dans l’épidémie de salmonellose des cantines, les témoins devaient provenir des élèves et enseignants ayant consommé les mêmes déjeuners préparés dans les mêmes cuisines que les cas.

4. Admissibilité et suivi des témoins

★ À maîtriser

📌 Les témoins doivent pouvoir développer la maladie étudiée après leur recrutement, ce qui impose d’exclure ceux qui l’ont déjà développée ou qui ne peuvent pas la développer pour une raison pertinente.

Compléments

  • Dans une étude sur les contraceptifs oraux et le cancer de l’ovaire, les femmes ayant subi une ovariectomie doivent être exclues des témoins, tandis que les femmes stériles ne doivent pas nécessairement l’être.

📌 Un témoin recruté à un moment donné peut devenir cas ultérieurement s’il développe la maladie pendant la période d’étude et peut être recruté à nouveau comme témoin à un temps ultérieur dans un recrutement prospectif.

Astuce mémo

Témoin aujourd’hui, cas demain, témoin à nouveau

5. Sources des témoins

★ À maîtriser

📌 Les témoins peuvent être sélectionnés dans la population générale, la population hospitalière ou parmi les proches des cas, chaque source présentant des avantages et des risques de biais différents.

Compléments

📌 Les témoins hospitaliers sont utiles lorsque les cas sont identifiés à l’hôpital et que leur population source est difficile à caractériser, mais plusieurs groupes de malades peuvent être nécessaires pour limiter les biais de sélection.

  • Les témoins amis peuvent surreprésenter le tabagisme, la consommation d’alcool et les activités sportives, tout en ressemblant excessivement aux cas par sur-appariement.

  • Dans le foyer parisien de trichinellose de 1993, la consommation de viande de cheval concernait 99,6 % des cas et 72,3 % des témoins familiaux, contre environ 15 % des Parisiens selon les études en population.

Astuce mémo

Population générale, hôpital ou proches : représentativité contre facilité

6. Non-exposés dans les cohortes

★ À maîtriser

📌 Dans une cohorte, les sujets non exposés doivent avoir le même risque de contracter la maladie que les sujets exposés s’ils étaient mis en contact avec le facteur de risque.

📌 Les caractéristiques qui influencent le risque de maladie, comme l’ethnie, les conditions socio-économiques ou la susceptibilité immunitaire, doivent être comparables entre exposés et non exposés.

Compléments

  • Dans l’étude de Gourdon en 2000, la cohorte rétrospective a estimé le RR ajusté sur l’âge à 3,25 pour la consommation d’eau du robinet, avec un effet dose-réponse selon le nombre de verres consommés. — Gallay A, De Valk H, Cournot M, Ladeuil B, Hemery C, Castor, et al., A large multi-pathogen waterborne community outbreak linked to faecal contamination of a groundwater system, France, 2000, 2006

  • Dans une cohorte de mineurs d’uranium, les travailleurs administratifs peuvent constituer le groupe de référence interne pour comparer les taux d’incidence de cancer pleuro-pulmonaire selon l’exposition.

Astuce mémo

Le bon non-exposé aurait le même risque s’il était exposé

7. Puissance et taille d’échantillon

Notions clés & Définitions

  • Puissance statistique : Probabilité de rejeter l’hypothèse nulle d’absence d’association lorsque l’association existe réellement.

★ À maîtriser

📌 Le calcul de taille d’échantillon vise généralement une puissance de 80 % et un risque de première espèce de 5 %.

📌 La taille d’échantillon nécessaire augmente lorsque l’association attendue est faible ou lorsque l’exposition est rare, et elle dépend aussi de la fréquence de la maladie dans les cohortes.

Compléments

  • Pour une étude cas témoins avec 10 % d’exposition chez les témoins, un RC attendu de 1,5, une puissance de 80 % et un risque de première espèce de 5 %, Epi Info estimait 957 cas et 957 témoins nécessaires.

Astuce mémo

Association faible ou exposition rare → davantage de sujets

8. Nombre de témoins par cas

★ À maîtriser

📌 Dans une étude cas témoins, augmenter le nombre de témoins par cas peut améliorer la puissance et la précision, surtout lorsque l’exposition est rare, mais le gain de puissance devient généralement minime au-delà de quatre témoins par cas si l’exposition est fréquente.

Compléments

  • Avec un RC de 1,5 et 10 % d’exposition chez les témoins, 957 cas et 957 témoins permettaient d’atteindre 80 % de puissance, tandis que trois témoins par cas nécessitaient 618 cas et 1 854 témoins.

9. Correction et conclusion méthodologique

★ À maîtriser

  • Le calcul de taille d’échantillon doit être réalisé après la définition des analyses statistiques anticipées et avant la présentation du budget, puis ajusté pour les refus, les non-réponses et les perdus de vue prévus.

📌 Un résultat non significatif peut résulter d’une absence réelle d’association ou d’un manque de puissance dû à un nombre insuffisant de sujets.

Compléments

📌 Les valeurs utilisées pour le calcul de taille d’échantillon doivent être testées dans plusieurs plages plausibles de RC ou de RR, de fréquence d’exposition et de paramètres associés plutôt que dans une seule configuration.

Tableaux de synthèse

Sources possibles des témoins

SourceAtout principalRisque ou limite
Population généraleBonne représentativité si les cas en proviennentRecrutement coûteux et fastidieux
Population hospitalièreRecrutement facile et données cliniques disponiblesExposition parfois différente de celle de la population source
Amis et familleSource rapide et opérationnelleSur-appariement et habitudes d’exposition trop similaires aux cas

Teste tes connaissances

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1. Dans une étude comparant des sujets exposés et non exposés au sein d’une cohorte, quelle mesure d’association est généralement privilégiée ?

2. Qu'est-ce qu'un groupe de comparaison dans une étude épidémiologique?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Quelle mesure d'association utilise-t-on dans une cohorte ?

Le risque relatif (RR).

Enjeux du groupe comparaison, cohorte

Comparer exposés et non exposés pour mesurer le risque relatif

Qu'impose un bon groupe de comparaison pour éviter les biais ?

Il doit permettre d'estimer l'association sans biais majeur de sélection.

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