Fiche de révision : Infections fongiques cutanées et systémiques

📋 Plan du Cours

  1. Dermatophytoses : agents pathogènes et genres
  2. Dermatophytoses : modes de contamination
  3. Dermatophytoses : diagnostic biologique
  4. Dermatophytoses : traitements locaux et systémiques
  5. Aspergilloses : physiopathologie et facteurs favorisants
  6. Aspergilloses : diagnostic et identification
  7. Candidoses : agent pathogène et facteurs de risque
  8. Candidoses : diagnostic et identification
  9. Candidoses : traitements et antifongigramme
  10. Cryptococcose : diagnostic et traitements
  11. Pneumocystose : agent, transmission et clinique
  12. Histoplasmose et malassezioses : prévention et traitement

📖 1. Dermatophytoses : agents pathogènes et genres

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dermatophytes : Champignons filamenteux kératinophiles responsables de dermatophytoses en utilisant la kératine comme substrat.
  • Trichophyton : Genre majeur de dermatophytes, impliqué dans des dermatophytoses de la peau, des ongles, des poils et des cheveux.
  • Microsporum : Genre majeur de dermatophytes, souvent associé à des atteintes cutanées et pilaire selon l’espèce.
  • Epidermophyton : Genre majeur de dermatophytes, responsable de dermatophyties superficielles notamment au niveau épidermique.
  • Espèces kératinophiles : Espèces de dermatophytes adaptées à la kératine, vivant aux dépens de l’épiderme, des ongles et des poils.

📝 Points essentiels

  • Les dermatophytoses sont des infections fongiques superficielles liées à des champignons filamenteux kératinophiles.
  • Les dermatophytes respectent les muqueuses et provoquent surtout des lésions de l’épiderme, des plis, des ongles, des cheveux et des follicules.
  • Les 3 genres majeurs des dermatophytoses sont Trichophyton, Microsporum et Epidermophyton.
  • Les dermatophytes se classent aussi par origine de l’hôte : anthropophiles, zoophiles et géophiles.
  • Les anthropophiles se transmettent surtout par contact interhumain et par des sols/objets souillés par des squames infestées.

💡 Astuce mémo

KME : Kératine + Muqueuses respectées + 3 genres (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton).

📖 2. Dermatophytoses : modes de contamination

🔑 Notions clés & Définitions

  • Espèces anthropophiles : Espèces de dermatophytes adaptées à la transmission entre humains, responsables de contaminations surtout par contact ou objets souillés.
  • Espèces zoophiles : Espèces de dermatophytes transmises principalement depuis les animaux, avec des contaminations par contact direct ou indirect via poils et squames.
  • Espèces telluriques : Espèces de dermatophytes présentes dans l’environnement, responsables d’infections après inoculation via un traumatisme souillant la peau.
  • Microsporum canis : Dermatophyte zoophile typiquement associé aux animaux de compagnie, impliqué dans des teignes et contaminations zoonotiques.
  • Trichophyton verrucosum : Dermatophyte zoophile lié aux bovins et ovins, pouvant provoquer des formes très inflammatoires de teignes (kérion).

📝 Points essentiels

  • La contamination humaine la plus fréquente se fait par contact interhumain lors de sports de contact comme la lutte ou le judo.
  • Les sols souillés par squames parasitées contaminent via des lieux collectifs comme salle de bains, salle de sport, douches collectives et piscines.
  • Des objets peuvent transmettre des squames et spores/filaments infestants : peignes, brosses, tondeuses, vêtements et chaussettes.
  • Les contaminations d’origine animale proviennent d’animaux de compagnie, d’élevages et de rentes, via caresses ou manipulations.
  • La contamination indirecte animale se fait par poils et squames déposés sur des supports (ex. fauteuil).
  • L’origine tellurique survient après traumatisme souillant la peau avec des éléments enrichis en kératine animale contenant le dermatophyte (plumes, poils, sabots, carapaces d’insectes).

💡 Astuce mémo

Humain = contact/objets, Animal = poils/squames, Tellurique = terre après plaie (H-A-T).

📖 3. Dermatophytoses : diagnostic biologique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Examen direct : Examen microscopique réalisé sur des prélèvements pour mettre en évidence des éléments fongiques directement dans le matériel clinique.
  • Chloral lactophénol : Liquide éclaircissant utilisé pour rendre visibles les structures fongiques lors de l’examen direct des squames et des ongles.
  • Potasse 10-20% : Réactif utilisé pour éclaircir le prélèvement avant observation afin de faciliter la mise en évidence des dermatophytes.
  • Noir chlorazole : Colorant utilisé après préparation pour améliorer la lecture au microscope des éléments fongiques.
  • Culture sur milieu de Sabouraud : Mise en culture du prélèvement sur milieu spécifique pour isoler et identifier le dermatophyte.

📝 Points essentiels

  • Le prélèvement doit être fait par dermatologue ou mycologue, à distance de toute thérapeutique.
  • Sur peau, prélever chaque lésion séparément et toujours en périphérie de la lésion avec écouvillon humidifié, curette ou pince à épiler.
  • Pour les teignes, utiliser pinces stériles et écouvillon humidifié, et s’aider de la lampe de Wood.
  • Pour les ongles, utiliser micro-spatule stérile, pinces ou ciseaux.
  • L’examen direct des squames et ongles utilise chloral lactophénol ou potasse 10-20%, puis coloration au noir chlorazole avant microscope.
  • Les cheveux et poils se classent selon le type de parasitisme : dermatophytes endothrix/ecto-ectothrix, microïde, mégaspore, favique ou endo-ectothrix selon l’espèce citée au cours.

💡 Astuce mémo

Prélève loin du traitement, prélève en périphérie : direct (KOH/chloral + noir chlorazole) puis culture (Sabouraud + cycloheximide).

📖 4. Dermatophytoses : traitements locaux et systémiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Imidazolés topiques : Antifongiques appliqués localement, surtout utiles sous forme galénique adaptée à l’aspect des lésions.
  • Ciclopiroxolamine : Antifongique topique de la famille des ciclopiroxylamines, utilisé notamment dans les onyxis et certaines mycoses cutanées.
  • Terbinafine : Antifongique systémique de référence pour les dermatophytoses, notamment en première intention des onyxis.
  • Fluconazole : Antifongique systémique utilisé en alternative lorsque la terbinafine n’est pas retenue pour l’onyxis.
  • Corticothérapie : Traitement anti-inflammatoire utilisé en association dans certaines teignes inflammatoires, en équivalent prednisolone.

📝 Points essentiels

  • Imidazolés topiques : lésions macérées ou suintantes → gel, lotion, émulsion ou poudre ; lésions sèches → crème.
  • Teignes : traitement local par antifongique topique + traitement systémique par antifongique général, l’association est indispensable.
  • Teigne inflammatoire : associer antibiothérapie et corticothérapie à 0,5 mg/kg en équivalent prednisolone.
  • Onyxis : choix du traitement après identification mycologique, avec traitement long et guérison définie par repousse d’ongle sain.
  • Onyxis main : 4–6 mois de traitement ; gros orteil : 9–12 mois de traitement ; topique par vernis (ciclopiroxolamine ou amorolfine) avec meulage régulier.
  • Onyxis : 1ère intention systémique = terbinafine ; 2ème intention systémique = fluconazole.

💡 Astuce mémo

Teigne = duo (local + systémique) ; Onyxis = long (mois) + repousse ; Inflammatoire = anti-infectieux + corticoïde (0,5 mg/kg).

📖 5. Aspergilloses : physiopathologie et facteurs favorisants

🔑 Notions clés & Définitions

  • Aspergilloses immuno-allergiques : Ensemble d’aspergilloses où la maladie résulte d’une réaction excessive à une colonisation chronique par Aspergillus.
  • ABPA : Aspergillose broncho-pulmonaire allergique correspondant à une réaction locale liée à une colonisation chronique.
  • Asthme aspergillaire : Forme d’aspergillose sur terrain atopique, associée à un asthme déclenché par une exposition forte aux spores.
  • Alvéolite allergique extrinsèque : Aspergillose sur terrain non atopique, caractérisée par une alvéolite lymphocytaire due à une exposition continue aux spores.
  • Aspergillose pulmonaire invasive : Forme la plus grave d’aspergillose, sur terrain sévèrement immunodéprimé, avec envahissement tissulaire et pronostic défavorable.

📝 Points essentiels

  • Toute source de poussière dissémine les spores et favorise l’exposition respiratoire.
  • ABPA correspond à une réaction locale sur colonisation chronique.
  • Asthme aspergillaire : terrain atopique, asthme, et réaction à une exposition forte de spores.
  • Alvéolite allergique extrinsèque : terrain non atopique, alvéolite lymphocytaire liée à une exposition continue.
  • Rhino-sinusite fongique allergique : sinusite persistante obstructive avec polypes et éosinophiles très marqués.
  • Aspergilloses sinusiennes : souvent de pronostic favorable, aspergillome le plus souvent unilatéral et maxillaire, parfois d’origine dentaire, pouvant évoluer vers une forme invasive.

💡 Astuce mémo

Poussière→spores→poumon : allergique (réaction) vs invasive (envahissement).

📖 6. Aspergilloses : diagnostic et identification

🔑 Notions clés & Définitions

  • Diagnostic de certitude : Le diagnostic de certitude correspond à la mise en évidence de l’aspergillose à partir de prélèvements provenant de sites stériles.
  • Prélèvements respiratoires protégés : Les prélèvements respiratoires protégés sont des prélèvements limitant la contamination, utilisés pour améliorer la valeur diagnostique en aspergilloses respiratoires.
  • Examen direct mycologique : L’examen direct mycologique consiste à observer au microscope des prélèvements pour rechercher des filaments mycéliens de type aspergillaire.
  • Colorations fongiques : Les colorations fongiques regroupent des techniques de marquage et de coloration qui augmentent la visibilité des éléments fongiques au microscope.
  • Culture sur milieu fongique spécifique : La culture sur milieu fongique spécifique permet d’obtenir des colonies puis d’identifier l’espèce d’Aspergillus par critères macroscopiques et microscopiques.

📝 Points essentiels

  • Les sites stériles pour un diagnostic de certitude incluent le sang, les biopsies, le LCR et les urines.
  • Les sites anatomiques pouvant être colonisés (arbre respiratoire, sites superficiels) donnent un diagnostic plus incertain et nécessitent clinique et imagerie.
  • En respiratoire, la valeur est supérieure avec un liquide de LBA ou un prélèvement trans-trachéal protégé plutôt que des expectorations.
  • Au direct, les têtes aspergillaires sont rares et on recherche surtout des filaments mycéliens aspergillaires de 2 à 4 μm, hyalins et cloisonnés.
  • Les filaments aspergillaires peuvent être ramifiés avec une dichotomie à angles aigus proches de 45°.
  • Pour augmenter la sensibilité, on utilise des marquages comme le noir chlorazole et le calcofluor, et des colorations comme Gomori-Grocott (argentique) ou Giemsa.

💡 Astuce mémo

Direct = Filaments (2–4 μm, hyalins, cloisonnés) ; Culture = Colonies + Tête aspergillaire.

📖 7. Candidoses : agent pathogène et facteurs de risque

🔑 Notions clés & Définitions

  • Candida : Genre de levures responsables de candidoses, pouvant provoquer des formes superficielles ou des infections invasives opportunistes.
  • Candida albicans : Espèce de Candida la plus fréquente, capable de former des tubes germinatifs et des pseudofilaments.
  • Candida glabrata : Espèce de Candida moins morphologiquement typique, classiquement associée à des résistances aux antifongiques de certaines familles.
  • Candida tropicalis : Espèce de Candida retrouvée à une fréquence intermédiaire, impliquée dans des candidoses nécessitant une identification précise.
  • Candida parapsilosis : Espèce de Candida fréquemment rencontrée, dont le profil de résistance oriente le choix thérapeutique.

📝 Points essentiels

  • Les candidoses sont des mycoses dues à des levures du genre Candida, pouvant rester superficielles ou devenir profondes/invasives.
  • Candida est un champignon ascomycète, avec bourgeonnement produisant des blastospores.
  • Les formes invasives surviennent surtout chez des patients immunodéprimés et sont souvent associées à des infections nosocomiales.
  • La fréquence des espèces rapportées inclut C. albicans 63,8%, C. glabrata 11,3%, C. tropicalis 7,2% et C. parapsilosis 6,0%.
  • Les profils de résistance varient selon l’espèce : C. albicans est classiquement sensible aux polyènes et aux azoles, tandis que C. krusei montre une résistance marquée aux azoles.
  • C. krusei (I. orientalis) représente 2,4% des cas et est associée à des polyènes (+) et des azoles (+++).

💡 Astuce mémo

Candida = « bourgeon → blastospore » ; espèces à retenir : albicans (63,8%) puis glabrata (11,3%) puis tropicalis (7,2%) puis parapsilosis (6,0%).

📖 8. Candidoses : diagnostic et identification

🔑 Notions clés & Définitions

  • Candida : Genre de levures responsables de candidoses, avec de nombreuses espèces dont certaines sont plus fréquentes ou plus résistantes.
  • Candida albicans : Espèce de Candida la plus fréquente, capable de former des tubes germinatifs et des pseudofilaments.
  • Blastospores : Formes de levures issues du bourgeonnement de Candida, utiles pour identifier la morphologie fongique.
  • Tubes germinatifs : Projections caractéristiques permettant l’invasion lors de candidoses, notamment décrites pour Candida albicans.
  • Pseudofilaments : Filaments issus de la morphogenèse de Candida, observés pour certaines espèces et associés à la capacité d’invasion.

📝 Points essentiels

  • Le diagnostic des candidoses invasives est difficile et repose sur la clinique, l’imagerie et les données biologiques.
  • Candida compte environ 200 espèces de levures, classées notamment parmi les Ascomycota.
  • Candida albicans est associée à des tubes germinatifs et à des pseudofilaments, tandis que d’autres espèces produisent plutôt des pseudofilaments.
  • Les candidoses superficielles peuvent correspondre à une colonisation puis à une invasion via l’émission de tubes germinatifs.
  • Les candidoses profondes peuvent être endogènes (passage commensalisme→pathogénicité) ou exogènes (dispositifs, chirurgie, cathéters, mains).
  • Facteurs intrinsèques favorisant les candidoses : physiologie (nouveau-né, vieillard, surcharge pondérale, grossesse), lésions locales (transpiration, macération, irritations) et terrains (diabète, immunodépression, hém/

💡 Astuce mémo

Albicans = « tube + filament » (invasion), autres = « filament » (moins tube).

📖 9. Candidoses : traitements et antifongigramme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Muguet : Le muguet est une candidose oropharyngée typiquement érythémateuse avec atteinte muqueuse.
  • Candidose oropharyngée érythémateuse atrophique : La forme érythémateuse atrophique correspond à une candidose oropharyngée avec atteinte du palais, souvent marquée.
  • Candidose oropharyngée pseudotumorale hyperplasique : La forme pseudotumorale hyperplasique est une candidose oropharyngée avec aspect hyperplasique.
  • Candidose vulvovaginale : La candidose vulvovaginale est une infection gynécologique fréquente due à Candida, non classée comme IST.
  • Candidémie : La candidémie correspond à l’identification d’un Candida par au moins une hémoculture.

📝 Points essentiels

  • Chez l’enfant de moins de 18 mois, les candidoses des muqueuses peuvent être favorisées par l’immaturité du système immunitaire.
  • Chez le sujet âgé, le port de prothèses dentaires favorise la candidose via la formation de biofilms.
  • Les terrains à risque des candidoses oropharyngées incluent VIH+, tumeurs solides et hémopathies malignes.
  • La candidose vulvovaginale est due le plus souvent à Candida albicans et est favorisée par les ATB à large spectre et le diabète.
  • Les symptômes typiques de candidose vulvovaginale sont un prurit et des brûlures vulvaires intenses, avec parfois des leucorrhées « en lait caillé ».
  • L’œsophagite à Candida est un marqueur de VIH et s’accompagne souvent d’une dysphagie, fréquemment associée à une candidose oropharyngée.

💡 Astuce mémo

Muguet = Muqueuse + VIH (œsophage marqueur) ; Vulvovaginite = Prurit + Brûlure + « lait caillé » ; Candidémie = Hémoculture +.

📖 10. Cryptococcose : diagnostic et traitements

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cryptococcus neoformans : Levure du genre Cryptococcus la plus fréquente en pathologie humaine, responsable de la cryptococcose chez les sujets à risque.
  • Test à l’encre de Chine : Examen mycologique direct mettant en évidence une levure capsulée dans le prélèvement, grâce à la visualisation de la capsule.
  • Ag capsulaire : Antigène de la capsule recherché dans des prélèvements (notamment LCR) pour diagnostiquer rapidement la cryptococcose.
  • Agglutination au latex : Technique immunologique utilisée pour détecter l’antigène capsulaire de Cryptococcus dans des prélèvements biologiques.
  • Ambisome : Amphotéricine B liposomale utilisée en association dans le traitement curatif de la cryptococcose neuro-méningée.

📝 Points essentiels

  • La cryptococcose touche surtout les patients à risque immunodéprimés, notamment les personnes avec HIV+ et les transplantés rénaux.
  • La méningo-encéphalite est la forme la plus fréquente et la plus grave, avec une mortalité de 100 % sans prise en charge et d’environ 20 % avec traitement.
  • L’agent pathogène est une levure ronde de 3 à 8 μm, entourée d’une capsule.
  • Les prélèvements possibles pour le diagnostic mycologique incluent sang, urine, LBA, LCR et biopsie tissulaire.
  • L’examen mycologique direct repose sur le test à l’encre de Chine et l’observation d’une levure capsulée.
  • En culture, l’identification peut s’appuyer sur des tests comme l’uréase positive en 3 h et sur l’aspect des colonies variable selon l’espèce/conditions.

💡 Astuce mémo

Capsule visible à l’encre de Chine → Ag capsulaire au LCR → traitement d’attaque neuro-méningé par Ambisome + 5-fluorocytosine.

📖 11. Pneumocystose : agent, transmission et clinique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pneumocystis jirovecii : Champignon opportuniste cosmopolite responsable de pneumocystose, surtout chez les patients profondément immunodéprimés.
  • Pneumocystose : Mycose profonde à tropisme pulmonaire due à Pneumocystis jirovecii, provoquant une pneumopathie interstitielle chez l’immunodéprimé.
  • Colonisation pulmonaire : Présence de Pneumocystis jirovecii dans les poumons sans forcément entraîner de maladie clinique.
  • Transmission interindividuelle aérienne : Mode de passage de Pneumocystis jirovecii entre personnes par voie aérienne.
  • Pneumopathie à P. jirovecii : Forme clinique de pneumocystose chez l’adulte immunodéprimé, correspondant à une pneumonie à Pneumocystis jirovecii.

📝 Points essentiels

  • Pneumocystis jirovecii est non cultivable et longtemps classé parmi les protozoaires avant d’être reclassé chez les Fungi en 1988 grâce à la biologie moléculaire.
  • Le tropisme alvéolaire entraîne une lésion de l’épithélium alvéolaire avec épaississement des cloisons, ce qui diminue le transport d’oxygène et provoque une insuffisance respiratoire.
  • Chez le nourrisson, la pneumocystose se manifeste par une détresse respiratoire et une mortalité élevée sans traitement.
  • Chez l’adulte immunodéprimé, la pneumocystose correspond à une pneumonie à P. jirovecii (PPJ) avec une triade classique : fièvre, toux sèche, dyspnée.
  • Le diagnostic clinique est plus évocateur chez un VIH+ avec pneumopathie et CD4 < 200/mm3, mais si CD4 < 100/mm3 d’autres infections doivent être envisagées (toxoplasmose, cryptococcose, pénicilliose, tuberculose).
  • Le prélèvement de référence pour le diagnostic mycologique se fait au niveau des poumons, avec la LBA comme prélèvement majeur (LBA +++).

💡 Astuce mémo

PPJ = Fièvre + Toux sèche + Dyspnée ; CD4 <200 évoque, CD4 <100 élargit le diagnostic.

📖 12. Histoplasmose et malassezioses : prévention et traitement

🔑 Notions clés & Définitions

  • Histoplasma capsulatum : Champignon responsable de l’histoplasmose, dont l’infection débute le plus souvent par inhalation de spores.
  • Histoplasma capsulatum var. duboisii : Variété d’Histoplasma associée aux « grandes formes » d’histoplasmose, plus récidivantes et surtout en Afrique subsaharienne et à Madagascar.
  • Itraconazole : Antifongique utilisé en relais après l’attaque de l’histoplasmose, notamment pour prévenir les récidives.
  • Amphotéricine B : Antifongique administré en attaque de l’histoplasmose, disponible en formes IV (Fungizone, liposomale, lipidique) selon le contexte.
  • Malassezia : Genre de levures responsables des malassezioses, favorisées par la peau grasse, la chaleur et la sudation.

📝 Points essentiels

  • Réservoir de l’histoplasmose : sols enrichis en fientes d’étourneaux et en guanos de chauves-souris.
  • Contamination de l’histoplasmose : inhalation de spores, puis phagocytose par les macrophages.
  • Après inoculation, les formes cliniques décrites sont : forme pulmonaire aiguë primitive, forme disséminée, forme pulmonaire chronique.
  • Diagnostic de l’histoplasmose : prélèvements sur produits pathologiques, examen direct (mycélium + macroconidies 8–16 μm spiculées, microconidies 3–5 μm) et anatomopathologie (macrophages, nécrose caséiforme).
  • Traitement curatif de l’histoplasmose : 1ère intention par itraconazole (Sporanox) chez patients VIH+, sous ventilation mécanique ou formes disséminées, sinon amphotéricine B IV (Fungizone, Abisome, Abelcet) selon les st
  • Traitement des « grandes formes » : attaque par amphotéricine B IV pendant les 3 premières semaines puis relais par itraconazole 2–4 mois avec surveillance clinique car récidives +++.

💡 Astuce mémo

Histo = Inhalation → Macrophages → Levures ; Grandes formes = Amphotéricine 3 semaines puis Itraconazole 2–4 mois ; Malassezia = Peau grasse + Chaleur + Sudation.

📊 Tableaux de synthèse

Dermatophytoses : origine de contamination

OrigineEspèces (exemples)Transmission/porte d’entrée
HumaineM. audouinii var. langeronii ; T. tonsurans ; T. rubrumContact interhumain (sports de contact) ; sols souillés par squames ; objets (peignes, brosses, tondeuses, vêtements, chaussettes)
AnimaleM. canis ; T. verrucosum ; T. mentagrophytesContact direct (caresses, manipulations) ; contamination indirecte via poils/squames déposés sur supports
TelluriqueM. gypseum ; M. mentagrophytes ; M. terrestre ; T. ajelloiTraumatisme souillant la peau avec éléments enrichis en kératine animale contenant le dermatophyte (plumes, poils, sabots, carapaces d’insectes)

Aspergilloses : formes majeures (logique clinique)

FormeTerrainMécanisme/élément clé
Immuno-allergique (ABPA)Origine communautaire (+++ pneumologie)Réaction locale à une colonisation chronique
Asthme aspergillaireTerrain atopique, asthmeRéaction à une exposition forte aux spores
Alvéolite allergique extrinsèqueTerrain non atopiqueAlvéolite lymphocytaire due à une exposition continue aux spores
Invasive (API)Sévèrement immunodéprimé (ID)Envahissement tissulaire, pronostic défavorable (mortalité ≥ 50%)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre dermatophytes et autres champignons : ici les dermatophytes sont kératinophiles, respectent les muqueuses et ciblent surtout épiderme/plis/ongles/poils-cheveux.
  2. Penser que toutes les teignes sont très inflammatoires : le kérion est surtout lié à des espèces zoophiles/telluriques (ex. T. verrucosum, M. canis, M. gypseum) et est hautement inflammatoire.
  3. Oublier que l’atteinte pilaire/teigne impose un duo thérapeutique : traitement local + traitement systémique, l’association étant indispensable.
  4. Traiter un onyxis comme une simple mycose cutanée : la guérison dépend de la repousse d’ongle sain et les durées sont longues (main 4–6 mois, gros orteil 9–12 mois).
  5. Interpréter un examen direct aspergillaire comme la présence de “têtes aspergillaires” : elles sont rares au direct, on recherche surtout des filaments (2–4 μm, hyalins, cloisonnés).
  6. Confondre colonisation et infection en aspergillose : la PCR et les antigènes/biologie peuvent détecter sans prouver une infection réelle (portage asymptomatique possible).
  7. Pour Pneumocystose, retenir une culture : l’agent est non cultivable ; le diagnostic repose sur prélèvements pulmonaires (LBA+++), colorations/immunofluorescence/biologie moléculaire et la clinique (PPJ).

✅ Checklist Examen

  1. Citer les 3 genres majeurs des dermatophytoses (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) et rappeler qu’ils sont kératinophiles et respectent les muqueuses.
  2. Classer les dermatophytes par origine de l’hôte (anthropophiles/zoophiles/telluriques) et donner au moins un exemple d’espèce pour chaque catégorie.
  3. Décrire les 3 grands modes de contamination des dermatophytoses chez l’homme : contact interhumain (sports), sols/objets souillés, et origine animale (contact direct/indirect).
  4. Expliquer le prélèvement pour diagnostic biologique des dermatophytoses : peau en périphérie de la lésion, teignes avec pinces stériles + écouvillon humidifié et aide de la lampe de Wood, ongles avec micro-spatule/pinces
  5. Réaliser la logique d’examen direct dermatophyte : chloral lactophénol ou potasse 10–20% puis noir chlorazole au microscope, et la logique de culture sur milieu de Sabouraud + cycloheximide.
  6. Choisir le traitement dermatophytose selon le site : plis/peau glabre (local 2–3 semaines ou systémique si atteintes multiples/associées), teigne (local + systémique indispensable), onyxis (traitement long + repousse).
  7. Pour teignes inflammatoires, énoncer l’association attendue : antibiothérapie + corticothérapie à 0,5 mg/kg équivalent prednisolone.
  8. Pour onyxis, donner les durées (main 4–6 mois, gros orteil 9–12 mois) et les choix systémiques : 1ère intention terbinafine, 2ème intention fluconazole.
  9. En aspergilloses, distinguer immuno-allergiques (ABPA, asthme aspergillaire, alvéolite extrinsèque) et invasive (API) et rappeler le terrain et la gravité (mortalité ≥ 50%).
  10. Décrire le diagnostic de certitude en aspergilloses : prélèvements de sites stériles (sang, biopsies, LCR, urines) et la valeur supérieure des prélèvements respiratoires protégés (LBA, trans-trachéal protégé).
  11. Au direct aspergillaire, reconnaître les filaments recherchés (2–4 μm, hyalins, cloisonnés) et citer au moins deux méthodes de marquage/coloration (noir chlorazole, calcofluor, Gomori-Grocott, Giemsa).
  12. En candidoses, relier l’espèce à des éléments phénotypiques/épidémiologiques : albicans (tubes germinatifs/pseudofilaments ; 63,8%) vs glabrata (11,3%) vs tropicalis (7,2%) vs parapsilosis (6,0%).
  13. Pour candidoses, maîtriser la logique de diagnostic : difficulté des invasives, prélèvements (écouvillons pour superficielles ; hémocultures et prélèvements multi-sites pour systémiques) et examen direct/culture (KOH 10–
  14. Sabouraud + ATB, identification par galeries/CHROMAGAR/latex).

Testez vos connaissances

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1. Quel est le traitement d’attaque de la cryptococcose neuro-méningée ?

2. Quel couple de techniques est utilisé pour préparer un prélèvement de dermatophytose avant l’observation microscopique ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Infections fongiques cutanées et systémiques avec 24 flashcards interactives.

Dermatophytes — agents pathogènes ?

Champignons kératinophiles (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton).

Genres majeurs dermatophytes ?

Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton.

Transmission dermatophytes — modes ?

Contact interhumain, objets souillés, animaux, sols traumatisés.

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