📋 Plan du Cours
- Dermatophytoses : agents pathogènes et genres
- Dermatophytoses : modes de contamination
- Dermatophytoses : diagnostic biologique
- Dermatophytoses : traitements locaux et systémiques
- Aspergilloses : physiopathologie et facteurs favorisants
- Aspergilloses : diagnostic et identification
- Candidoses : agent pathogène et facteurs de risque
- Candidoses : diagnostic et identification
- Candidoses : traitements et antifongigramme
- Cryptococcose : diagnostic et traitements
- Pneumocystose : agent, transmission et clinique
- Histoplasmose et malassezioses : prévention et traitement
📖 1. Dermatophytoses : agents pathogènes et genres
🔑 Notions clés & Définitions
- Dermatophytes : Champignons filamenteux kératinophiles responsables de dermatophytoses en utilisant la kératine comme substrat.
- Trichophyton : Genre majeur de dermatophytes, impliqué dans des dermatophytoses de la peau, des ongles, des poils et des cheveux.
- Microsporum : Genre majeur de dermatophytes, souvent associé à des atteintes cutanées et pilaire selon l’espèce.
- Epidermophyton : Genre majeur de dermatophytes, responsable de dermatophyties superficielles notamment au niveau épidermique.
- Espèces kératinophiles : Espèces de dermatophytes adaptées à la kératine, vivant aux dépens de l’épiderme, des ongles et des poils.
📝 Points essentiels
- Les dermatophytoses sont des infections fongiques superficielles liées à des champignons filamenteux kératinophiles.
- Les dermatophytes respectent les muqueuses et provoquent surtout des lésions de l’épiderme, des plis, des ongles, des cheveux et des follicules.
- Les 3 genres majeurs des dermatophytoses sont Trichophyton, Microsporum et Epidermophyton.
- Les dermatophytes se classent aussi par origine de l’hôte : anthropophiles, zoophiles et géophiles.
- Les anthropophiles se transmettent surtout par contact interhumain et par des sols/objets souillés par des squames infestées.
💡 Astuce mémo
KME : Kératine + Muqueuses respectées + 3 genres (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton).
📖 2. Dermatophytoses : modes de contamination
🔑 Notions clés & Définitions
- Espèces anthropophiles : Espèces de dermatophytes adaptées à la transmission entre humains, responsables de contaminations surtout par contact ou objets souillés.
- Espèces zoophiles : Espèces de dermatophytes transmises principalement depuis les animaux, avec des contaminations par contact direct ou indirect via poils et squames.
- Espèces telluriques : Espèces de dermatophytes présentes dans l’environnement, responsables d’infections après inoculation via un traumatisme souillant la peau.
- Microsporum canis : Dermatophyte zoophile typiquement associé aux animaux de compagnie, impliqué dans des teignes et contaminations zoonotiques.
- Trichophyton verrucosum : Dermatophyte zoophile lié aux bovins et ovins, pouvant provoquer des formes très inflammatoires de teignes (kérion).
📝 Points essentiels
- La contamination humaine la plus fréquente se fait par contact interhumain lors de sports de contact comme la lutte ou le judo.
- Les sols souillés par squames parasitées contaminent via des lieux collectifs comme salle de bains, salle de sport, douches collectives et piscines.
- Des objets peuvent transmettre des squames et spores/filaments infestants : peignes, brosses, tondeuses, vêtements et chaussettes.
- Les contaminations d’origine animale proviennent d’animaux de compagnie, d’élevages et de rentes, via caresses ou manipulations.
- La contamination indirecte animale se fait par poils et squames déposés sur des supports (ex. fauteuil).
- L’origine tellurique survient après traumatisme souillant la peau avec des éléments enrichis en kératine animale contenant le dermatophyte (plumes, poils, sabots, carapaces d’insectes).
💡 Astuce mémo
Humain = contact/objets, Animal = poils/squames, Tellurique = terre après plaie (H-A-T).
📖 3. Dermatophytoses : diagnostic biologique
🔑 Notions clés & Définitions
- Examen direct : Examen microscopique réalisé sur des prélèvements pour mettre en évidence des éléments fongiques directement dans le matériel clinique.
- Chloral lactophénol : Liquide éclaircissant utilisé pour rendre visibles les structures fongiques lors de l’examen direct des squames et des ongles.
- Potasse 10-20% : Réactif utilisé pour éclaircir le prélèvement avant observation afin de faciliter la mise en évidence des dermatophytes.
- Noir chlorazole : Colorant utilisé après préparation pour améliorer la lecture au microscope des éléments fongiques.
- Culture sur milieu de Sabouraud : Mise en culture du prélèvement sur milieu spécifique pour isoler et identifier le dermatophyte.
📝 Points essentiels
- Le prélèvement doit être fait par dermatologue ou mycologue, à distance de toute thérapeutique.
- Sur peau, prélever chaque lésion séparément et toujours en périphérie de la lésion avec écouvillon humidifié, curette ou pince à épiler.
- Pour les teignes, utiliser pinces stériles et écouvillon humidifié, et s’aider de la lampe de Wood.
- Pour les ongles, utiliser micro-spatule stérile, pinces ou ciseaux.
- L’examen direct des squames et ongles utilise chloral lactophénol ou potasse 10-20%, puis coloration au noir chlorazole avant microscope.
- Les cheveux et poils se classent selon le type de parasitisme : dermatophytes endothrix/ecto-ectothrix, microïde, mégaspore, favique ou endo-ectothrix selon l’espèce citée au cours.
💡 Astuce mémo
Prélève loin du traitement, prélève en périphérie : direct (KOH/chloral + noir chlorazole) puis culture (Sabouraud + cycloheximide).
📖 4. Dermatophytoses : traitements locaux et systémiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Imidazolés topiques : Antifongiques appliqués localement, surtout utiles sous forme galénique adaptée à l’aspect des lésions.
- Ciclopiroxolamine : Antifongique topique de la famille des ciclopiroxylamines, utilisé notamment dans les onyxis et certaines mycoses cutanées.
- Terbinafine : Antifongique systémique de référence pour les dermatophytoses, notamment en première intention des onyxis.
- Fluconazole : Antifongique systémique utilisé en alternative lorsque la terbinafine n’est pas retenue pour l’onyxis.
- Corticothérapie : Traitement anti-inflammatoire utilisé en association dans certaines teignes inflammatoires, en équivalent prednisolone.
📝 Points essentiels
- Imidazolés topiques : lésions macérées ou suintantes → gel, lotion, émulsion ou poudre ; lésions sèches → crème.
- Teignes : traitement local par antifongique topique + traitement systémique par antifongique général, l’association est indispensable.
- Teigne inflammatoire : associer antibiothérapie et corticothérapie à 0,5 mg/kg en équivalent prednisolone.
- Onyxis : choix du traitement après identification mycologique, avec traitement long et guérison définie par repousse d’ongle sain.
- Onyxis main : 4–6 mois de traitement ; gros orteil : 9–12 mois de traitement ; topique par vernis (ciclopiroxolamine ou amorolfine) avec meulage régulier.
- Onyxis : 1ère intention systémique = terbinafine ; 2ème intention systémique = fluconazole.
💡 Astuce mémo
Teigne = duo (local + systémique) ; Onyxis = long (mois) + repousse ; Inflammatoire = anti-infectieux + corticoïde (0,5 mg/kg).
📖 5. Aspergilloses : physiopathologie et facteurs favorisants
🔑 Notions clés & Définitions
- Aspergilloses immuno-allergiques : Ensemble d’aspergilloses où la maladie résulte d’une réaction excessive à une colonisation chronique par Aspergillus.
- ABPA : Aspergillose broncho-pulmonaire allergique correspondant à une réaction locale liée à une colonisation chronique.
- Asthme aspergillaire : Forme d’aspergillose sur terrain atopique, associée à un asthme déclenché par une exposition forte aux spores.
- Alvéolite allergique extrinsèque : Aspergillose sur terrain non atopique, caractérisée par une alvéolite lymphocytaire due à une exposition continue aux spores.
- Aspergillose pulmonaire invasive : Forme la plus grave d’aspergillose, sur terrain sévèrement immunodéprimé, avec envahissement tissulaire et pronostic défavorable.
📝 Points essentiels
- Toute source de poussière dissémine les spores et favorise l’exposition respiratoire.
- ABPA correspond à une réaction locale sur colonisation chronique.
- Asthme aspergillaire : terrain atopique, asthme, et réaction à une exposition forte de spores.
- Alvéolite allergique extrinsèque : terrain non atopique, alvéolite lymphocytaire liée à une exposition continue.
- Rhino-sinusite fongique allergique : sinusite persistante obstructive avec polypes et éosinophiles très marqués.
- Aspergilloses sinusiennes : souvent de pronostic favorable, aspergillome le plus souvent unilatéral et maxillaire, parfois d’origine dentaire, pouvant évoluer vers une forme invasive.
💡 Astuce mémo
Poussière→spores→poumon : allergique (réaction) vs invasive (envahissement).
📖 6. Aspergilloses : diagnostic et identification
🔑 Notions clés & Définitions
- Diagnostic de certitude : Le diagnostic de certitude correspond à la mise en évidence de l’aspergillose à partir de prélèvements provenant de sites stériles.
- Prélèvements respiratoires protégés : Les prélèvements respiratoires protégés sont des prélèvements limitant la contamination, utilisés pour améliorer la valeur diagnostique en aspergilloses respiratoires.
- Examen direct mycologique : L’examen direct mycologique consiste à observer au microscope des prélèvements pour rechercher des filaments mycéliens de type aspergillaire.
- Colorations fongiques : Les colorations fongiques regroupent des techniques de marquage et de coloration qui augmentent la visibilité des éléments fongiques au microscope.
- Culture sur milieu fongique spécifique : La culture sur milieu fongique spécifique permet d’obtenir des colonies puis d’identifier l’espèce d’Aspergillus par critères macroscopiques et microscopiques.
📝 Points essentiels
- Les sites stériles pour un diagnostic de certitude incluent le sang, les biopsies, le LCR et les urines.
- Les sites anatomiques pouvant être colonisés (arbre respiratoire, sites superficiels) donnent un diagnostic plus incertain et nécessitent clinique et imagerie.
- En respiratoire, la valeur est supérieure avec un liquide de LBA ou un prélèvement trans-trachéal protégé plutôt que des expectorations.
- Au direct, les têtes aspergillaires sont rares et on recherche surtout des filaments mycéliens aspergillaires de 2 à 4 μm, hyalins et cloisonnés.
- Les filaments aspergillaires peuvent être ramifiés avec une dichotomie à angles aigus proches de 45°.
- Pour augmenter la sensibilité, on utilise des marquages comme le noir chlorazole et le calcofluor, et des colorations comme Gomori-Grocott (argentique) ou Giemsa.
💡 Astuce mémo
Direct = Filaments (2–4 μm, hyalins, cloisonnés) ; Culture = Colonies + Tête aspergillaire.
📖 7. Candidoses : agent pathogène et facteurs de risque
🔑 Notions clés & Définitions
- Candida : Genre de levures responsables de candidoses, pouvant provoquer des formes superficielles ou des infections invasives opportunistes.
- Candida albicans : Espèce de Candida la plus fréquente, capable de former des tubes germinatifs et des pseudofilaments.
- Candida glabrata : Espèce de Candida moins morphologiquement typique, classiquement associée à des résistances aux antifongiques de certaines familles.
- Candida tropicalis : Espèce de Candida retrouvée à une fréquence intermédiaire, impliquée dans des candidoses nécessitant une identification précise.
- Candida parapsilosis : Espèce de Candida fréquemment rencontrée, dont le profil de résistance oriente le choix thérapeutique.
📝 Points essentiels
- Les candidoses sont des mycoses dues à des levures du genre Candida, pouvant rester superficielles ou devenir profondes/invasives.
- Candida est un champignon ascomycète, avec bourgeonnement produisant des blastospores.
- Les formes invasives surviennent surtout chez des patients immunodéprimés et sont souvent associées à des infections nosocomiales.
- La fréquence des espèces rapportées inclut C. albicans 63,8%, C. glabrata 11,3%, C. tropicalis 7,2% et C. parapsilosis 6,0%.
- Les profils de résistance varient selon l’espèce : C. albicans est classiquement sensible aux polyènes et aux azoles, tandis que C. krusei montre une résistance marquée aux azoles.
- C. krusei (I. orientalis) représente 2,4% des cas et est associée à des polyènes (+) et des azoles (+++).
💡 Astuce mémo
Candida = « bourgeon → blastospore » ; espèces à retenir : albicans (63,8%) puis glabrata (11,3%) puis tropicalis (7,2%) puis parapsilosis (6,0%).
📖 8. Candidoses : diagnostic et identification
🔑 Notions clés & Définitions
- Candida : Genre de levures responsables de candidoses, avec de nombreuses espèces dont certaines sont plus fréquentes ou plus résistantes.
- Candida albicans : Espèce de Candida la plus fréquente, capable de former des tubes germinatifs et des pseudofilaments.
- Blastospores : Formes de levures issues du bourgeonnement de Candida, utiles pour identifier la morphologie fongique.
- Tubes germinatifs : Projections caractéristiques permettant l’invasion lors de candidoses, notamment décrites pour Candida albicans.
- Pseudofilaments : Filaments issus de la morphogenèse de Candida, observés pour certaines espèces et associés à la capacité d’invasion.
📝 Points essentiels
- Le diagnostic des candidoses invasives est difficile et repose sur la clinique, l’imagerie et les données biologiques.
- Candida compte environ 200 espèces de levures, classées notamment parmi les Ascomycota.
- Candida albicans est associée à des tubes germinatifs et à des pseudofilaments, tandis que d’autres espèces produisent plutôt des pseudofilaments.
- Les candidoses superficielles peuvent correspondre à une colonisation puis à une invasion via l’émission de tubes germinatifs.
- Les candidoses profondes peuvent être endogènes (passage commensalisme→pathogénicité) ou exogènes (dispositifs, chirurgie, cathéters, mains).
- Facteurs intrinsèques favorisant les candidoses : physiologie (nouveau-né, vieillard, surcharge pondérale, grossesse), lésions locales (transpiration, macération, irritations) et terrains (diabète, immunodépression, hém/
💡 Astuce mémo
Albicans = « tube + filament » (invasion), autres = « filament » (moins tube).
📖 9. Candidoses : traitements et antifongigramme
🔑 Notions clés & Définitions
- Muguet : Le muguet est une candidose oropharyngée typiquement érythémateuse avec atteinte muqueuse.
- Candidose oropharyngée érythémateuse atrophique : La forme érythémateuse atrophique correspond à une candidose oropharyngée avec atteinte du palais, souvent marquée.
- Candidose oropharyngée pseudotumorale hyperplasique : La forme pseudotumorale hyperplasique est une candidose oropharyngée avec aspect hyperplasique.
- Candidose vulvovaginale : La candidose vulvovaginale est une infection gynécologique fréquente due à Candida, non classée comme IST.
- Candidémie : La candidémie correspond à l’identification d’un Candida par au moins une hémoculture.
📝 Points essentiels
- Chez l’enfant de moins de 18 mois, les candidoses des muqueuses peuvent être favorisées par l’immaturité du système immunitaire.
- Chez le sujet âgé, le port de prothèses dentaires favorise la candidose via la formation de biofilms.
- Les terrains à risque des candidoses oropharyngées incluent VIH+, tumeurs solides et hémopathies malignes.
- La candidose vulvovaginale est due le plus souvent à Candida albicans et est favorisée par les ATB à large spectre et le diabète.
- Les symptômes typiques de candidose vulvovaginale sont un prurit et des brûlures vulvaires intenses, avec parfois des leucorrhées « en lait caillé ».
- L’œsophagite à Candida est un marqueur de VIH et s’accompagne souvent d’une dysphagie, fréquemment associée à une candidose oropharyngée.
💡 Astuce mémo
Muguet = Muqueuse + VIH (œsophage marqueur) ; Vulvovaginite = Prurit + Brûlure + « lait caillé » ; Candidémie = Hémoculture +.
📖 10. Cryptococcose : diagnostic et traitements
🔑 Notions clés & Définitions
- Cryptococcus neoformans : Levure du genre Cryptococcus la plus fréquente en pathologie humaine, responsable de la cryptococcose chez les sujets à risque.
- Test à l’encre de Chine : Examen mycologique direct mettant en évidence une levure capsulée dans le prélèvement, grâce à la visualisation de la capsule.
- Ag capsulaire : Antigène de la capsule recherché dans des prélèvements (notamment LCR) pour diagnostiquer rapidement la cryptococcose.
- Agglutination au latex : Technique immunologique utilisée pour détecter l’antigène capsulaire de Cryptococcus dans des prélèvements biologiques.
- Ambisome : Amphotéricine B liposomale utilisée en association dans le traitement curatif de la cryptococcose neuro-méningée.
📝 Points essentiels
- La cryptococcose touche surtout les patients à risque immunodéprimés, notamment les personnes avec HIV+ et les transplantés rénaux.
- La méningo-encéphalite est la forme la plus fréquente et la plus grave, avec une mortalité de 100 % sans prise en charge et d’environ 20 % avec traitement.
- L’agent pathogène est une levure ronde de 3 à 8 μm, entourée d’une capsule.
- Les prélèvements possibles pour le diagnostic mycologique incluent sang, urine, LBA, LCR et biopsie tissulaire.
- L’examen mycologique direct repose sur le test à l’encre de Chine et l’observation d’une levure capsulée.
- En culture, l’identification peut s’appuyer sur des tests comme l’uréase positive en 3 h et sur l’aspect des colonies variable selon l’espèce/conditions.
💡 Astuce mémo
Capsule visible à l’encre de Chine → Ag capsulaire au LCR → traitement d’attaque neuro-méningé par Ambisome + 5-fluorocytosine.
📖 11. Pneumocystose : agent, transmission et clinique
🔑 Notions clés & Définitions
- Pneumocystis jirovecii : Champignon opportuniste cosmopolite responsable de pneumocystose, surtout chez les patients profondément immunodéprimés.
- Pneumocystose : Mycose profonde à tropisme pulmonaire due à Pneumocystis jirovecii, provoquant une pneumopathie interstitielle chez l’immunodéprimé.
- Colonisation pulmonaire : Présence de Pneumocystis jirovecii dans les poumons sans forcément entraîner de maladie clinique.
- Transmission interindividuelle aérienne : Mode de passage de Pneumocystis jirovecii entre personnes par voie aérienne.
- Pneumopathie à P. jirovecii : Forme clinique de pneumocystose chez l’adulte immunodéprimé, correspondant à une pneumonie à Pneumocystis jirovecii.
📝 Points essentiels
- Pneumocystis jirovecii est non cultivable et longtemps classé parmi les protozoaires avant d’être reclassé chez les Fungi en 1988 grâce à la biologie moléculaire.
- Le tropisme alvéolaire entraîne une lésion de l’épithélium alvéolaire avec épaississement des cloisons, ce qui diminue le transport d’oxygène et provoque une insuffisance respiratoire.
- Chez le nourrisson, la pneumocystose se manifeste par une détresse respiratoire et une mortalité élevée sans traitement.
- Chez l’adulte immunodéprimé, la pneumocystose correspond à une pneumonie à P. jirovecii (PPJ) avec une triade classique : fièvre, toux sèche, dyspnée.
- Le diagnostic clinique est plus évocateur chez un VIH+ avec pneumopathie et CD4 < 200/mm3, mais si CD4 < 100/mm3 d’autres infections doivent être envisagées (toxoplasmose, cryptococcose, pénicilliose, tuberculose).
- Le prélèvement de référence pour le diagnostic mycologique se fait au niveau des poumons, avec la LBA comme prélèvement majeur (LBA +++).
💡 Astuce mémo
PPJ = Fièvre + Toux sèche + Dyspnée ; CD4 <200 évoque, CD4 <100 élargit le diagnostic.
📖 12. Histoplasmose et malassezioses : prévention et traitement
🔑 Notions clés & Définitions
- Histoplasma capsulatum : Champignon responsable de l’histoplasmose, dont l’infection débute le plus souvent par inhalation de spores.
- Histoplasma capsulatum var. duboisii : Variété d’Histoplasma associée aux « grandes formes » d’histoplasmose, plus récidivantes et surtout en Afrique subsaharienne et à Madagascar.
- Itraconazole : Antifongique utilisé en relais après l’attaque de l’histoplasmose, notamment pour prévenir les récidives.
- Amphotéricine B : Antifongique administré en attaque de l’histoplasmose, disponible en formes IV (Fungizone, liposomale, lipidique) selon le contexte.
- Malassezia : Genre de levures responsables des malassezioses, favorisées par la peau grasse, la chaleur et la sudation.
📝 Points essentiels
- Réservoir de l’histoplasmose : sols enrichis en fientes d’étourneaux et en guanos de chauves-souris.
- Contamination de l’histoplasmose : inhalation de spores, puis phagocytose par les macrophages.
- Après inoculation, les formes cliniques décrites sont : forme pulmonaire aiguë primitive, forme disséminée, forme pulmonaire chronique.
- Diagnostic de l’histoplasmose : prélèvements sur produits pathologiques, examen direct (mycélium + macroconidies 8–16 μm spiculées, microconidies 3–5 μm) et anatomopathologie (macrophages, nécrose caséiforme).
- Traitement curatif de l’histoplasmose : 1ère intention par itraconazole (Sporanox) chez patients VIH+, sous ventilation mécanique ou formes disséminées, sinon amphotéricine B IV (Fungizone, Abisome, Abelcet) selon les st
- Traitement des « grandes formes » : attaque par amphotéricine B IV pendant les 3 premières semaines puis relais par itraconazole 2–4 mois avec surveillance clinique car récidives +++.
💡 Astuce mémo
Histo = Inhalation → Macrophages → Levures ; Grandes formes = Amphotéricine 3 semaines puis Itraconazole 2–4 mois ; Malassezia = Peau grasse + Chaleur + Sudation.
📊 Tableaux de synthèse
Dermatophytoses : origine de contamination
| Origine | Espèces (exemples) | Transmission/porte d’entrée |
|---|
| Humaine | M. audouinii var. langeronii ; T. tonsurans ; T. rubrum | Contact interhumain (sports de contact) ; sols souillés par squames ; objets (peignes, brosses, tondeuses, vêtements, chaussettes) |
| Animale | M. canis ; T. verrucosum ; T. mentagrophytes | Contact direct (caresses, manipulations) ; contamination indirecte via poils/squames déposés sur supports |
| Tellurique | M. gypseum ; M. mentagrophytes ; M. terrestre ; T. ajelloi | Traumatisme souillant la peau avec éléments enrichis en kératine animale contenant le dermatophyte (plumes, poils, sabots, carapaces d’insectes) |
Aspergilloses : formes majeures (logique clinique)
| Forme | Terrain | Mécanisme/élément clé |
|---|
| Immuno-allergique (ABPA) | Origine communautaire (+++ pneumologie) | Réaction locale à une colonisation chronique |
| Asthme aspergillaire | Terrain atopique, asthme | Réaction à une exposition forte aux spores |
| Alvéolite allergique extrinsèque | Terrain non atopique | Alvéolite lymphocytaire due à une exposition continue aux spores |
| Invasive (API) | Sévèrement immunodéprimé (ID) | Envahissement tissulaire, pronostic défavorable (mortalité ≥ 50%) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre dermatophytes et autres champignons : ici les dermatophytes sont kératinophiles, respectent les muqueuses et ciblent surtout épiderme/plis/ongles/poils-cheveux.
- Penser que toutes les teignes sont très inflammatoires : le kérion est surtout lié à des espèces zoophiles/telluriques (ex. T. verrucosum, M. canis, M. gypseum) et est hautement inflammatoire.
- Oublier que l’atteinte pilaire/teigne impose un duo thérapeutique : traitement local + traitement systémique, l’association étant indispensable.
- Traiter un onyxis comme une simple mycose cutanée : la guérison dépend de la repousse d’ongle sain et les durées sont longues (main 4–6 mois, gros orteil 9–12 mois).
- Interpréter un examen direct aspergillaire comme la présence de “têtes aspergillaires” : elles sont rares au direct, on recherche surtout des filaments (2–4 μm, hyalins, cloisonnés).
- Confondre colonisation et infection en aspergillose : la PCR et les antigènes/biologie peuvent détecter sans prouver une infection réelle (portage asymptomatique possible).
- Pour Pneumocystose, retenir une culture : l’agent est non cultivable ; le diagnostic repose sur prélèvements pulmonaires (LBA+++), colorations/immunofluorescence/biologie moléculaire et la clinique (PPJ).
✅ Checklist Examen
- Citer les 3 genres majeurs des dermatophytoses (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) et rappeler qu’ils sont kératinophiles et respectent les muqueuses.
- Classer les dermatophytes par origine de l’hôte (anthropophiles/zoophiles/telluriques) et donner au moins un exemple d’espèce pour chaque catégorie.
- Décrire les 3 grands modes de contamination des dermatophytoses chez l’homme : contact interhumain (sports), sols/objets souillés, et origine animale (contact direct/indirect).
- Expliquer le prélèvement pour diagnostic biologique des dermatophytoses : peau en périphérie de la lésion, teignes avec pinces stériles + écouvillon humidifié et aide de la lampe de Wood, ongles avec micro-spatule/pinces
- Réaliser la logique d’examen direct dermatophyte : chloral lactophénol ou potasse 10–20% puis noir chlorazole au microscope, et la logique de culture sur milieu de Sabouraud + cycloheximide.
- Choisir le traitement dermatophytose selon le site : plis/peau glabre (local 2–3 semaines ou systémique si atteintes multiples/associées), teigne (local + systémique indispensable), onyxis (traitement long + repousse).
- Pour teignes inflammatoires, énoncer l’association attendue : antibiothérapie + corticothérapie à 0,5 mg/kg équivalent prednisolone.
- Pour onyxis, donner les durées (main 4–6 mois, gros orteil 9–12 mois) et les choix systémiques : 1ère intention terbinafine, 2ème intention fluconazole.
- En aspergilloses, distinguer immuno-allergiques (ABPA, asthme aspergillaire, alvéolite extrinsèque) et invasive (API) et rappeler le terrain et la gravité (mortalité ≥ 50%).
- Décrire le diagnostic de certitude en aspergilloses : prélèvements de sites stériles (sang, biopsies, LCR, urines) et la valeur supérieure des prélèvements respiratoires protégés (LBA, trans-trachéal protégé).
- Au direct aspergillaire, reconnaître les filaments recherchés (2–4 μm, hyalins, cloisonnés) et citer au moins deux méthodes de marquage/coloration (noir chlorazole, calcofluor, Gomori-Grocott, Giemsa).
- En candidoses, relier l’espèce à des éléments phénotypiques/épidémiologiques : albicans (tubes germinatifs/pseudofilaments ; 63,8%) vs glabrata (11,3%) vs tropicalis (7,2%) vs parapsilosis (6,0%).
- Pour candidoses, maîtriser la logique de diagnostic : difficulté des invasives, prélèvements (écouvillons pour superficielles ; hémocultures et prélèvements multi-sites pour systémiques) et examen direct/culture (KOH 10–
- Sabouraud + ATB, identification par galeries/CHROMAGAR/latex).
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