📋 Plan du Cours
- Objectifs et organisation du cours
- Vertige, étourdissement et instabilité
- Équilibre à trois entrées sensorielles
- Capteur vestibulaire canaux et otolithes
- Noyaux vestibulaires et voies centrales
- Canaux semi-circulaires fonctionnement push-pull
- Otolithes utricule et saccule verticalité
- Cellules toniques et phasiques vestibulaires
- Vidéo nystagmoscopie définition et phases
- OKN et recalibration du VOR
- RVO et gain vestibulo-oculaire
- Principes de rééducation vestibulaire
📖 1. Objectifs et organisation du cours
🔑 Notions clés & Définitions
- Rééducation vestibulaire : Approche de prise en charge des troubles de l’équilibre et du vertige basée sur la compréhension du système vestibulaire et de ses compensations.
- Tableaux vestibulaires : Ensemble de syndromes cliniques typiques utilisés pour orienter le diagnostic devant un patient présentant des vertiges.
- VPPB : Vertige positionnel paroxystique bénin, tableau vestibulaire déclenché par certains changements de position.
- DVA : Déficit vestibulaire aigu, tableau vestibulaire lié à une atteinte récente du système vestibulaire.
- Ménière : Syndrome vestibulo-cochléaire associant des épisodes de vertige à des signes auditifs.
📝 Points essentiels
- Le CM vise à reconnaître VPPB, DVA, Ménière et PPPD, sans prétendre à une prise en charge complète dès ce module.
- La logique des tests cliniques de base sert à comprendre ce qu’on cherche et pourquoi on le fait.
- Les red flags indiquent quand sécuriser et orienter le patient en urgence plutôt que poursuivre l’exploration standard.
- Les principes de rééducation vestibulaire sont introduits pour relier diagnostic et prise en charge.
- En TD, l’apprentissage passe par des cas cliniques, la pratique des manœuvres diagnostiques et libératoires, et des démonstrations de techniques de rééducation.
- Le bilan neurologique fait partie du travail en TD pour compléter l’évaluation du vertige.
💡 Astuce mémo
Objectifs = 4 repères : Reconnaître (VPPB/DVA/Ménière/PPPD) → Tester (logique) → Red flags (urgence) → Rééduquer (principes).
📖 2. Vertige, étourdissement et instabilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Projection vestibulo-oculaire : Projection vestibulaire vers les structures oculaires pour stabiliser le regard pendant les mouvements de la tête.
- Projection vestibulo-spinale : Projection vestibulaire vers la moelle et les circuits posturaux pour ajuster le tonus et l’équilibre.
- Connexion vestibulo-cérébelleuse : Connexion entre le vestibule et le cervelet qui participe au calibrage et à la précision des réponses motrices.
- Canaux semi-circulaires : Capteurs vestibulaires détectant les accélérations angulaires grâce à une cupule baignant dans l’endolymphe.
- Otolithes : Cristaux (otoconies) sur une membrane gélatineuse des macules, codant la verticalité et les accélérations linéaires.
📝 Points essentiels
- Les voies vestibulaires centrales incluent projection vestibulo-oculaire, vestibulo-spinale, vestibulo-cérébelleuse, vestibulo-corticales (thalamus) et connexions commissurales.
- Les canaux semi-circulaires fonctionnent en comparaison droite/gauche et tout déséquilibre produit une sensation de rotation.
- Les canaux fonctionnent en push-pull : un canal d’un côté excite tandis que le canal controlatéral correspondant inhibe.
- Le canal postérieur est le plus souvent impliqué dans le VPPB (environ 80–90%).
- La cupule agit comme capteur angulaire : elle est déplacée par le mouvement de l’endolymphe au niveau des canaux.
- Les cellules ciliées portent un kinocil et des stéréocils orientés : selon la direction du mouvement, elles se rapprochent ou s’éloignent et déclenchent excitation ou inhibition.
💡 Astuce mémo
Push-Pull = Pairing droite/gauche : D excite, G inhibe (et inversement).
📖 3. Équilibre à trois entrées sensorielles
🔑 Notions clés & Définitions
- Nystagmus : Mouvement oscillatoire des yeux composé d’une phase lente et d’une phase rapide, utilisé pour orienter l’origine vestibulaire.
- Phase lente : Partie du nystagmus où les yeux dérivent, servant de référence physiologique pour comprendre le mécanisme.
- Phase rapide : Partie du nystagmus correspondant à la saccade de recentrage, qui sert aussi à nommer le nystagmus.
- Convention de nommage : Règle de classification qui identifie le nystagmus par la direction de sa phase rapide.
- Loi d’Alexander : Règle décrivant comment l’intensité d’un nystagmus vestibulaire périphérique varie selon la direction du regard.
📝 Points essentiels
- Le nystagmus se décrit par deux phases : une phase lente de déviation puis une phase rapide de recentrage.
- La phase lente est générée par le système vestibulaire, tandis que la phase rapide est générée par le tronc cérébral (formation réticulée).
- En déficit vestibulaire unilatéral aigu, le nystagmus bat vers le côté sain.
- Convention de nommage : on nomme le nystagmus par la direction de sa phase rapide.
- Loi d’Alexander : l’intensité augmente quand le regard va vers la phase rapide et diminue vers la phase lente.
- Degré I : visible seulement dans le regard vers la phase rapide ; degré II : visible aussi de face ; degré III : visible même vers la phase lente.
💡 Astuce mémo
Phase lente = dérive, phase rapide = saccade ; on nomme par la phase rapide (et en aigu : ça bat vers le sain).
📖 4. Capteur vestibulaire canaux et otolithes
🔑 Notions clés & Définitions
- Réflexe vestibulo-oculaire : Réflexe vestibulo-oculaire : mécanisme qui stabilise l’image sur la rétine quand la tête bouge en compensant le mouvement par les yeux.
- Réflexe opto-cinétique : Réflexe opto-cinétique : stabilisation visuelle complémentaire déclenchée par le mouvement du champ visuel, surtout à basses fréquences.
- Réflexe vestibulo-oculaire : VOR : réflexe vestibulo-oculaire dont le gain dépend de la vitesse de rotation et sert de cible au test HIT et aux exercices d’adaptation.
- OKN : OKN : nystagmus opto-cinétique produit par le glissement du champ visuel, avec poursuite lente puis saccade de recentrage.
- Gain VOR : Gain VOR : rapport entre la vitesse des yeux et la vitesse de la tête, indicateur central de la compensation vestibulaire.
📝 Points essentiels
- OKN : phase lente = poursuite du stimulus visuel, puis phase rapide = saccade de recentrage.
- OKN : déclenché par le mouvement du champ visuel (glissement) et passe par le système optique accessoire (AOS).
- VOR vs OKN : VOR domine pour des mouvements rapides de tête (> 1 Hz) avec latence ~15 ms, tandis que l’OKN prend le relais pour des mouvements lents et soutenus (< 1 Hz) avec latence ~100 ms.
- OKN : test avec tambour optocinétique ou bande OKN, sur écran/projection plein champ (> 80% du champ visuel), vitesse 20–60°/sec, dans les deux directions (D et G).
- OKN : stimulation partielle = peu sensible, donc un champ incomplet peut masquer une anomalie.
- OKN : gain = vitesse œil / vitesse stimulus, normal si gain > 0,6 (60%), et < 0,6 évoque une dysfonction centrale selon la source.
💡 Astuce mémo
VOR = “rapide” (≈15 ms, >1 Hz) ; OKN = “lent” (≈100 ms, <1 Hz) : l’un compense la tête, l’autre le champ visuel.
📖 5. Noyaux vestibulaires et voies centrales
🔑 Notions clés & Définitions
- Macules : Structures de l’oreille interne qui portent des projections vers le système nerveux pour coder la cyclotorsion et la rotation.
- Projection maculo-oculomotrice : Voie reliant les macules aux réponses oculomotrices, impliquée dans la cyclotorsion et la rotation.
- Réflexe vestibulo-colique : Réflexe déclenché par les informations vestibulaires, reliant le vestibule à la moelle cervicale.
- Vertige vrai : Sensation vestibulaire de mouvement rotatoire, associée à un nystagmus.
- VPPB : Vertige positionnel paroxystique bénin, lié à des otolithes déplacés et déclenché par certains changements de position.
📝 Points essentiels
- Les macules ont une projection maculo-oculomotrice impliquée dans la cyclotorsion et la rotation.
- Les macules ont aussi une projection vers la moelle cervicale via le réflexe vestibulo-colique.
- Les projections incluent des voies dorsales, lombaires, encéphaliques, cérébelleuses et pneumogastriques.
- Le vertige vrai correspond à une illusion de mouvement rotatoire et s’accompagne d’un nystagmus.
- L’instabilité posturale correspond à un déséquilibre assis, debout ou à la marche, objectivable et stoppé par un appui.
- L’étourdissement correspond à une perturbation de l’orientation spatiale sans illusion de mouvement, décrite comme flottement ou brouillard.
💡 Astuce mémo
Ça tourne → vertige ; Je vacille → instabilité ; Je flotte → étourdissement.
📖 6. Canaux semi-circulaires fonctionnement push-pull
🔑 Notions clés & Définitions
- Dix-Hallpike : Test positionnel du canal postérieur utilisé pour déclencher un nystagmus typique et confirmer un VPPB.
- Roll test : Test positionnel du canal horizontal qui met en évidence un nystagmus géotrope ou apogéotrope selon le type de VPPB.
- Canal postérieur : Canal semi-circulaire le plus souvent impliqué dans le VPPB, classiquement exploré par le Dix-Hallpike.
- Canal horizontal : Canal semi-circulaire exploré par le Roll test, avec orientation du nystagmus liée à la nature des otolithes.
- Canalolithiase : Forme de VPPB où des cristaux libres se déplacent dans le canal, produisant un nystagmus géotrope.
📝 Points essentiels
- Dix-Hallpike explore le canal postérieur dans la majorité des VPPB (≈80–90%).
- Dix-Hallpike : assis, tête tournée à 45° vers le côté testé, puis bascule rapide en décubitus avec tête en extension, observation 30–60 s.
- Dix-Hallpike : nystagmus typique avec composante verticale supérieure et torsionnelle, puis inversion au retour en position assise.
- Roll test explore le canal horizontal (≈10–15%) : décubitus dorsal, rotation rapide de la tête de 90° d’un côté puis de l’autre.
- Roll test : nystagmus géotrope (vers le sol) = canalolithiase, apogéotrope = cupulolithiase.
💡 Astuce mémo
Dix-Hallpike = Postérieur (45° puis extension) ; Roll test = Horizontal (90° puis géo/apogéo).
📖 7. Otolithes utricule et saccule verticalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Otolithes utricule : Structures sensorielles de l’oreille interne qui détectent les changements de position et d’accélération linéaire, utiles pour l’orientation verticale.
- Otolithes saccule : Structures sensorielles de l’oreille interne qui participent à la perception de la verticalité et des changements de position, notamment via les voies vestibulaires.
- Syndrome harmonieux périphérique : Tableau clinique où les signes vestibulaires sont cohérents entre eux, orientant vers une origine périphérique.
- Syndrome disharmonieux central : Tableau clinique où les signes vestibulaires sont incohérents ou atypiques, imposant de rechercher une cause centrale jusqu’à preuve du contraire.
- HINTS : Ensemble de tests cliniques utilisé pour estimer la probabilité d’un AVC vestibulaire, en particulier quand le tableau évoque un vertige aigu.
📝 Points essentiels
- Harmonieux : nystagmus battant du côté sain et déviation posturale du côté lésé, avec une orientation globale cohérente vers le même côté.
- Disharmonieux : signes incohérents, nystagmus atypique et/ou signes neurologiques associés, ce qui doit faire évoquer une atteinte centrale.
- Un syndrome disharmonieux impose une vigilance maximale : suspicion d’atteinte centrale jusqu’à preuve du contraire.
- Red flags nécessitant une orientation médicale immédiate : céphalées intenses inhabituelles, diplopie/troubles visuels, déficit neurologique (moteur/sensitif/paires crâniennes), dysarthrie/dysphagie, ataxie cérébelleuse,
- Drop attack (chute sans vertige) : penser urgence neurologique et ne pas attribuer automatiquement à un vertige périphérique.
- Même sans autre signe neurologique, un AVC de la fosse postérieure peut mimer un vertige périphérique banal : éliminer l’AVC en urgence.
💡 Astuce mémo
Harmonieux = Hôpital périphérie (cohérent) ; Disharmonieux = Danger central (incohérent).
📖 8. Cellules toniques et phasiques vestibulaires
🔑 Notions clés & Définitions
- VOR haute fréquence : Réflexe vestibulo-oculaire déclenché par des rotations rapides, utilisé en vHIT pour tester la boucle VOR à ~1–6 Hz.
- vHIT : Test vidéo d’impulsions de tête mesurant le gain du VOR et la présence de saccades sur les 6 canaux semi-circulaires.
- Gain VOR : Rapport entre la vitesse des yeux et la vitesse de la tête pendant l’impulsion, indicateur quantitatif d’une hypofonction vestibulaire.
- Saccades de rattrapage : Mouvements oculaires compensateurs déclenchés par une erreur de stabilisation pendant ou après l’impulsion de tête.
- BVP (seuil de Bárány) : Critère de seuil utilisé pour classer un vHIT comme anormal quand le gain est suffisamment bas, avec seuils dépendants du système/algorithme.
📝 Points essentiels
- Le vHIT utilise des impulsions passives, imprévisibles et rapides, avec une vitesse de tête >150°/sec pour éviter de masquer un déficit.
- L’amplitude cible est d’environ 10–20° avec une cible fixe à 1–1,5 m, et il faut ≥10–20 essais interprétables par direction.
- L’analyse combine gain et saccades sur les 6 canaux, avec des plans latéral, LARP et RALP.
- Valeurs de référence rapportées : gain normal >0,8 (latéral) et >0,7 (vertical), et un vHIT anormal correspond à un gain bas et/ou des saccades reproductibles.
- Saccades OVERT : visibles après l’impulsion, alors que COVERT : présentes pendant l’impulsion et invisibles à l’œil nu, ce qui explique l’intérêt du vHIT.
- Seuil BVP (Bárány) : gain <0,6 bilatéral pour classer comme anormal, avec des seuils qui varient selon le système et l’algorithme.
💡 Astuce mémo
OVERT = Après, COVERT = Pendant (œil rattrape l’erreur au bon moment).
📖 9. Vidéo nystagmoscopie définition et phases
🔑 Notions clés & Définitions
- Nystagmus en crise : Le nystagmus observé pendant une crise vestibulaire suit souvent une évolution en deux temps, d’abord irritative puis déficitaire.
- Oreille atteinte : L’oreille dite atteinte correspond au côté initialement impliqué dans la phase irritative du nystagmus en crise.
- Ménière : La maladie de Ménière associe des vertiges en crises (durée de l’ordre de l’heure) à une hypoacousie fluctuante et à des acouphènes.
- PPPD : Le PPPD est une instabilité chronique, persistante et perceptive, durant au moins 3 mois, souvent majorée par la station debout, les mouvements et le visuel riche.
📝 Points essentiels
- La rééducation vestibulaire vise surtout à diminuer l’instabilité et à travailler le VOR, l’équilibre et la marche.
- Le message clé de prise en charge est que le repos dans le noir aggrave le problème, donc la récupération passe par une activité adaptée.
- Une rééducation précoce et active optimise la compensation vestibulaire.
- En crise de Ménière, le nystagmus est d’abord irritatif, orientant vers l’oreille atteinte, puis devient déficitaire.
- Ménière correspond à une triade : vertiges rotatoires en crises (20 min à heures), hypoacousie fluctuante (souvent graves) et acouphènes + sensation de plénitude.
- Entre les crises, le kinésithérapeute agit sur l’instabilité résiduelle via une rééducation vestibulaire intercritique et une éducation (stress, hygiène de vie) pour prévenir la kinésiophobie.
💡 Astuce mémo
Crise = Irritation puis Déficit (I→D) ; Ménière = Vertige + Hypoacousie fluctuante + Acouphènes ; PPPD = 3 mois + Debout/Marche/Visuel riche.
📖 10. OKN et recalibration du VOR
🔑 Notions clés & Définitions
- Cinétose : La cinétose est un malaise déclenché par des déplacements (voiture, bateau, avion) quand les informations sensorielles ne concordent pas.
- VIMS : Le VIMS (Visually Induced Motion Sickness) est un malaise provoqué par des flux visuels (écrans, réalité virtuelle, jeux, cinéma 3D) en l’absence de mouvement réel.
- Conflit visuo-vestibulaire : Le conflit visuo-vestibulaire correspond à une discordance entre les informations visuelles et celles issues du système vestibulaire.
- Migraine vestibulaire : La migraine vestibulaire associe des vertiges à un contexte migraineux, nécessitant une orientation ORL/neuro.
- OKN : L’OKN (optokinetic nystagmus) est un nystagmus déclenché par un mouvement visuel, utilisé pour stimuler le système visuel et le recalibrage vestibulaire.
📝 Points essentiels
- Le diagnostic de ces tableaux repose sur une logique d’exclusion et la littérature est limitée, donc la prudence est essentielle avant d’attribuer un vertige à une cause cervicogénique.
- Les cinétoses et le VIMS partagent un mécanisme central : un conflit sensoriel entre visuel et vestibulaire.
- Une question clé à poser concerne la sensibilité aux environnements visuels, surtout chez les sujets jeunes et connectés.
- Le VIMS peut influencer la tolérance aux stimulations visuelles, ce qui a un impact direct en rééducation (exposition optocinétique, réalité virtuelle thérapeutique).
- Les populations concernées incluent notamment gamers, utilisateurs de réalité virtuelle, conducteurs, marins et pilotes.
- En pratique, penser cinétose et VIMS aide à mieux orienter le patient quand les symptômes sont déclenchés par le visuel ou le mouvement.
💡 Astuce mémo
Visuel ≠ vestibule → malaise : VIMS/cinétose = conflit visuo-vestibulaire.
📖 11. RVO et gain vestibulo-oculaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Double tâche : La double tâche consiste à réaliser une tâche cognitive et une tâche motrice simultanément pour mettre en évidence des déficits masqués.
- Intégration cognitivo-motrice : L’intégration cognitivo-motrice désigne la coordination du contrôle cognitif avec l’exécution motrice, souvent perturbée en cas de troubles vestibulaires.
- Tolérance à l’effort : La tolérance à l’effort correspond au niveau de symptômes que le patient peut supporter pendant l’entraînement sans majoration excessive.
- Gain vestibulo-oculaire : Le gain vestibulo-oculaire est l’efficacité du système vestibulaire à stabiliser le regard lors des mouvements de tête.
- VOR résiduel : Le VOR résiduel est la capacité vestibulo-oculaire restante qui sert de base aux exercices d’adaptation.
📝 Points essentiels
- La double tâche (TCCL) révèle des déficits que la simple évaluation unitaire peut ne pas montrer.
- L’entraînement doit être dosé en fonction de la tolérance du patient pour éviter une aggravation des symptômes.
- Le gain vestibulo-oculaire reflète la stabilité du regard pendant les mouvements de tête et guide le travail d’adaptation.
- L’objectif central est d’améliorer l’intégration cognitivo-motrice en entraînant des tâches qui sollicitent à la fois contrôle et mouvement.
- La compensation repose sur la plasticité centrale : le vestibule ne « guérit » pas à lui seul (sauf VPPB).
- Référence : Alsalaheen et al. (JNPT 2010), Mucha et al. (AJSM 2014, VOMS), Hall et al. (APTA CPG 2022), Wu et al. (Front Psychol 2024).
💡 Astuce mémo
Tolérance d’abord : si ça dépasse le supportable, on baisse l’intensité pour protéger le gain vestibulo-oculaire.
📖 12. Principes de rééducation vestibulaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Réévaluation : La réévaluation est un contrôle programmé de l’évolution pour ajuster le traitement si les résultats ne suivent pas.
- Plateau de rééducation : Un plateau correspond à une période sans amélioration malgré la poursuite du programme, signalant qu’il faut reconsidérer la prise en charge.
- Observance aux exercices : L’observance désigne le respect par le patient de la fréquence et de la réalisation des exercices prescrits.
- VPPB : Le VPPB est un trouble bref et positionnel du vertige, typiquement déclenché par un changement de position de la tête.
- Névrite vestibulaire : La névrite vestibulaire est un épisode de vertige continu sur plusieurs heures à jours, sans surdité associée.
📝 Points essentiels
- Programme efficace : peu d’exercices, ciblés, répétés régulièrement, avec le patient activement impliqué.
- Fréquence : réaliser 2 à 3 séances courtes par jour, avec des durées d’environ 10 à 15 minutes.
- Progression : augmenter la complexité des exercices plutôt que d’allonger la durée.
- Réévaluation : recontrôler l’évolution toutes les 2 à 3 semaines pour décider de poursuivre, modifier ou arrêter.
- Critères d’arrêt positifs : objectifs fonctionnels atteints, scores améliorés (DHI ≤ 30 ou gain ≥ 18 points) et tests cliniques normalisés.
- Critères d’arrêt négatifs : plateau ≥ 3 à 4 semaines sans amélioration ou non-adhésion aux exercices, nécessitant une réévaluation du diagnostic, du programme et de l’observance.
💡 Astuce mémo
Peu d’exercices, mais souvent : 10–15 min, 2–3×/j, on complexifie, puis on réévalue toutes les 2–3 semaines (plateau = on revoit tout).
📊 Tableaux de synthèse
Vertige : durée oriente le diagnostic
| Durée | Orientation | Exemples |
|---|
| Secondes | Plutôt VPPB | VPPB |
| Minutes | Plutôt migraine/AIT | Migraine, AIT |
| Heures | Plutôt Ménière | Ménière |
| Jours | Plutôt névrite/AVC | Névrite, AVC |
| Permanente | Plutôt PPPD/instabilité chronique | PPPD, Instabilité chronique |
Nystagmus : périphérique vs central
| Critère | Périphérique | Central |
|---|
| Direction | Unidirectionnel (même direction selon le regard) | Multidirectionnel (change selon la position du regard) |
| Composantes | Horizonto-rotatoire (horizontale + torsionnelle) | Vertical pur ou torsionnel pur possibles |
| Loi d’Alexander | Suit la loi d’Alexander (intensité modulée vers la phase rapide) | Ne suit pas Alexander (comportement atypique) |
| Fixation visuelle | Inhibé par la fixation (diminue/disparaît) | Non inhibé (persiste voire augmente) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre vertige et étourdissement : « ça tourne » = vertige, « je flotte/brouillard » = étourdissement sans illusion de mouvement.
- Croire que tout VPPB se traite sans prudence : un nystagmus atypique ou un échec répété impose de réévaluer le diagnostic (et de ne jamais faire de manœuvre sans VNS/ordonnance).
- Interpréter le nystagmus sans regarder la phase rapide : le nommage se fait par la direction de la phase RAPIDE, et en déficit unilatéral aigu il bat vers le côté sain.
- Se tromper sur la logique périphérique/central : un syndrome disharmonieux (incohérences, signes neuro, nystagmus atypique) doit faire évoquer une cause centrale jusqu’à preuve du contraire.
- Sous-estimer les red flags : céphalées intenses inhabituelles, diplopie/troubles visuels, déficit moteur/sensitif/paires crâniennes, dysarthrie/dysphagie, ataxie, drop attack = orientation urgente.
- Penser que vHIT remplace toujours les autres tests : en chronique, vHIT normal ne suffit pas (complémentarité avec calorique si doute).
- Confondre DVUA et névrite « avec surdité » : DVUA = vertige continu intense harmonieux, sans surdité (sinon penser labyrinthite/Ménière).
✅ Checklist Examen
- Définir vertige, instabilité posturale et étourdissement, puis relier chaque description patient (« ça tourne », « je vacille », « je flotte ») au bon terme.
- Citer les 3 entrées de l’équilibre (vision, proprioception, vestibule) et expliquer le rôle de l’intégration centrale (pondération selon le contexte, compensation).
- Décrire le capteur vestibulaire : canaux semi-circulaires (accélérations angulaires) et otolithes (accélérations linéaires + gravité), et préciser la localisation (oreille interne/labyrinthe postérieur).
- Expliquer le fonctionnement push-pull des canaux (comparaison droite/gauche) et retenir que le canal postérieur est le plus souvent impliqué dans le VPPB (80–90%).
- Définir nystagmus et distinguer phase lente (système vestibulaire) vs phase rapide (tronc cérébral/formation réticulée), puis appliquer la convention de nommage par la phase rapide.
- Utiliser la loi d’Alexander et les degrés I/II/III pour décrire l’intensité selon la direction du regard (vers phase rapide vs phase lente).
- Différencier nystagmus périphérique vs central avec au moins 3 critères (unidirectionnel vs multidirectionnel, inhibition par fixation, respect vs non de la loi d’Alexander).
- Décrire le VOR et son gain (stabiliser l’image sur la rétine lors des mouvements de tête) et relier VOR/OKN à leurs fréquences et latences (VOR ~15 ms >1 Hz ; OKN ~100 ms <1 Hz).
- Réaliser mentalement le raisonnement OKN : paramètres clés (plein champ >80%, 20–60°/sec, D et G) et seuils d’interprétation (gain normal >0,6 ; asymétrie <25%) pour conclure périphérique vs central.
- Expliquer le rôle du vHIT : impulsions passives imprévisibles rapides (>150°/sec), cible 10–20°, ≥10–20 essais/direction, interprétation gain + saccades, et seuils (gain normal >0,8 latéral / >0,7 vertical ; anormal gain
- Appliquer la logique VPPB : critères cliniques (bref <1 min, positionnel, latence, nystagmus épuisable, inversion au retour assis) et choisir le test (Dix-Hallpike canal postérieur ; Roll test canal horizontal).
- Connaître les manœuvres libératoires et les consignes post-manœuvre : objectif (faire migrer les otolithes hors du canal vers l’utricule) et EBP recommandé (reprendre activités, bouger tête normalement, dormir position d
- Conclure sur les red flags et HINTS : lister les signes d’urgence (dont drop attack) et rappeler que même sans autre signe neuro un AVC de la fosse postérieure peut mimer un vertige périphérique.
- Structurer la prise en charge DVUA/Ménière/PPPD : durée typique, logique de traitement (repos/vestibulo-suppresseurs en crise vs rééducation intercritique pour Ménière ; PPPD ≥3 mois majoré par debout/mouvements/visuel,
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