Fiche de révision : Introduction à l'épidémiologie en santé publique

📋 Plan du Cours

  1. Définition et finalités de l’épidémiologie
  2. Fonctions de l’épidémiologie en santé publique
  3. Épidémiologie descriptive : objectifs et rôle
  4. Surveillance sanitaire et contrôle des événements
  5. Évaluer des actions de santé publique
  6. Détection de cluster spatio-temporel
  7. Enquêtes transversales et prévalence
  8. Enquêtes longitudinales et incidence
  9. Épidémiologie analytique : objectifs et indices
  10. Enquête de cohorte : règles et types
  11. Enquête cas-témoins : concept et choix des cas
  12. Biais, causalité et critères de Bradford Hill

📖 1. Définition et finalités de l’épidémiologie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Épidémiologie : L’épidémiologie est une démarche qui décrit l’état de santé d’une population, analyse ses déterminants, puis guide des actions et leur évaluation.
  • Surveillance épidémiologique : La surveillance épidémiologique est l’activité continue qui suit l’évolution des maladies, des diagnostics ou des stratégies thérapeutiques.
  • Recherche étiologique : La recherche étiologique vise à identifier les facteurs de risque et les causes associées à un événement de santé.
  • Épidémiologie descriptive : L’épidémiologie descriptive étudie qui développe une maladie et décrit l’importance du problème de santé dans une population.
  • Épidémiologie évaluative : L’épidémiologie évaluative compare l’efficacité d’actions de santé pour traiter ou prévenir un problème.

📝 Points essentiels

  • L’épidémiologie suit une logique en boucle : décrire l’état de santé, analyser les déterminants, proposer une intervention, puis l’évaluer après coup.
  • Les déterminants de santé peuvent être intrinsèques (liés au patient) ou extrinsèques (liés à l’environnement/au contexte).
  • La surveillance épidémiologique peut porter sur des maladies, des stratégies thérapeutiques ou des diagnostics.
  • Mesurer l’importance d’un problème de santé inclut notamment la fréquence et la gravité, avec des indicateurs comme la mortalité.
  • La recherche étiologique cherche des facteurs de risque spécifiques et l’identification des groupes à risque élevé compare des sous-populations plus susceptibles de développer la maladie.
  • Les approches se distinguent par la question posée : descriptive (qui et importance), analytique/étiologique (cause et facteurs de risque), évaluative (action la plus efficace et comment).

💡 Astuce mémo

Décrire → Comprendre (déterminants) → Agir (intervention) → Juger (évaluation) : boucle épidémiologique.

📖 2. Fonctions de l’épidémiologie en santé publique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Études observationnelles : Études où l’investigateur ne contrôle pas l’exposition et se limite à observer ce qui existe déjà dans la population.
  • Études expérimentales : Études où l’investigateur contrôle l’exposition en imposant ou attribuant un facteur, typiquement via un essai clinique.
  • Approche descriptive : Approche épidémiologique centrée sur la description de l’état de santé de la population, sans chercher à expliquer des facteurs de risque.
  • Approche analytique : Approche épidémiologique visant à expliquer des facteurs de risque spécifiques en recherchant des liens entre exposition et événement.
  • John Snow : Pionnier associé à l’épidémiologie moderne, connu pour avoir enquêté sur l’épidémie de choléra à Londres via la cartographie des cas.

📝 Points essentiels

  • Sans contrôle de l’exposition, on est en observationnel ; avec contrôle, on est en expérimental.
  • Les études observationnelles se déclinent en approche descriptive ou analytique, qui ne répondent pas aux mêmes questions.
  • L’approche descriptive sert à décrire l’état de santé d’une population (ex. niveaux d’événements), sans objectif d’explication causale.
  • L’approche analytique cherche à identifier des facteurs de risque spécifiques associés à un événement de santé.
  • Dans les études observationnelles, au minimum deux groupes sont comparés pour analyser des différences d’événements selon l’exposition.
  • La notion d’enquête en épidémiologie est illustrée par John Snow lors de l’épidémie de choléra à Londres, avec cartographie des cas autour de Soho et hypothèse d’eau contaminée menant à une baisse après désactivation des

💡 Astuce mémo

Observationnel = on observe ; Expérimental = on impose ; Descriptif = décrire ; Analytique = expliquer.

📖 3. Épidémiologie descriptive : objectifs et rôle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Épidémiologie descriptive : Branche de l’épidémiologie qui décrit la fréquence des maladies et produit des constats utiles pour la santé publique.
  • Indicateurs de santé : Ensemble d’indicateurs qui quantifient la maladie dans la population, comme la prévalence, l’incidence et la mortalité.
  • Prévalence : Indicateur de santé qui correspond à l’ensemble des cas présents à un instant donné dans une population.
  • Incidence : Indicateur de santé qui mesure la survenue de nouveaux cas sur une période donnée.
  • Surveillance sanitaire : Organisation de la veille en santé publique visant à repérer rapidement des événements inhabituels et à déclencher des actions.

📝 Points essentiels

  • L’épidémiologie descriptive sert à décrire la fréquence d’une maladie et à générer une hypothèse avant des études analytiques.
  • Les indicateurs de santé incluent la prévalence (cas à un instant), l’incidence (nouveaux cas) et la mortalité (décès).
  • Le questionnaire est le principal outil de recueil d’informations dans les enquêtes épidémiologiques.
  • La surveillance sanitaire vise l’identification précoce d’événements inhabituels pour agir rapidement et limiter une épidémie.
  • L’épidémiologie descriptive est liée historiquement à l’étude des maladies contagieuses (ex : choléra, variole, tuberculose).
  • Elle permet aussi d’évaluer des actions de santé publique en suivant l’évolution des cas et des taux d’exposition (ex : vaccination rougeole USA 1980-2016).

💡 Astuce mémo

Descriptif = Fréquence (prévalence/incidence/mortalité) → Hypothèse, puis Analytique pour tester.

📖 4. Surveillance sanitaire et contrôle des événements

🔑 Notions clés & Définitions

  • Enquête transversale : Étude épidémiologique descriptive qui mesure la prévalence à un instant donné, sans suivi dans le temps.
  • Enquête longitudinale : Étude épidémiologique qui suit les sujets dans le temps pour étudier l’apparition de nouveaux cas.
  • Prévalence : Mesure épidémiologique correspondant au nombre total de cas (anciens et nouveaux) présents dans une population au moment de l’enquête.
  • Population cible : Population vers laquelle on extrapole les résultats de l’enquête, c’est-à-dire la population visée par l’étude.
  • Population source : Sous-ensemble de la population cible à partir duquel on sélectionne les sujets réellement enquêtés.

📝 Points essentiels

  • En épidémiologie descriptive, les enquêtes transversales sont surtout utilisées pour décrire la situation sanitaire via la prévalence.
  • Une enquête transversale donne une “image instantanée” de la population actuelle, sans référence au passé ni suivi futur.
  • Les cas observés en transversale sont des cas prévalents (malades présents au moment de l’enquête).
  • Les enquêtes transversales ne permettent pas de mesurer l’incidence ni d’étudier la chronologie exposition→maladie.
  • En transversale, on cherche plutôt des facteurs associés présents au moment de l’enquête, pas des facteurs de risque établissant une causalité temporelle.
  • Le risque majeur en enquête transversale est le biais de sélection, qui empêche l’échantillon d’estimer correctement la prévalence de la population générale.

💡 Astuce mémo

Transversal = “photo maintenant” (prévalence), Longitudinal = “film dans le temps” (incidence).

📖 5. Évaluer des actions de santé publique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Biais de sélection : Le biais de sélection apparaît quand l’échantillon diffère de la population cible, ce qui fausse la prévalence estimée et empêche l’extrapolation.
  • Questionnaire validé : Un questionnaire validé est un outil mesurant un paramètre avec des critères garantissant objectivité, standardisation, reproductibilité et acceptabilité.
  • Biais de mesure : Le biais de mesure correspond à des erreurs de classement dues à un instrument de mesure non adapté ou non appliqué de façon identique.
  • Enquête transversale : Une enquête transversale mesure à un instant donné la fréquence d’un phénomène, notamment la prévalence, dans un échantillon.
  • Enquête transversale étiologique : Une enquête transversale à visée étiologique étudie la liaison exposition-maladie à un même temps, ce qui limite l’inférence causale.

📝 Points essentiels

  • La prévalence calculée sur un échantillon non représentatif n’est pas une bonne estimation de la prévalence de la population générale.
  • Les causes typiques de biais de sélection sont l’échantillonnage mal appliqué, la non-réponse sélective, des listes incomplètes/obsolètes et des problèmes d’accès à certains sous-groupes.
  • Un questionnaire doit mesurer un paramètre objectif (biologique ou environnemental), être standardisé, reproductible et bien accepté par les participants.
  • La standardisation du questionnaire aide à obtenir une cohérence des résultats d’un participant à l’autre et réduit les biais de mesure de classement.
  • En enquête transversale, on vérifie la représentativité en mesurant la fréquence et la nature des non-réponses/refus, puis en comparant répondants vs non-répondants.
  • On estime la fréquence et la moyenne du paramètre étudié avec un intervalle de confiance pour juger la précision de l’estimation.

💡 Astuce mémo

Sélection → Extrapolation impossible ; Mesure → Questionnaire standardisé ; Transversal → Instant figé (cause difficile).

📖 6. Détection de cluster spatio-temporel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Temporalité exposition-maladie : Notion décrivant la difficulté à savoir si l’exposition précède la maladie ou si elle en est la conséquence.
  • Étude transversale étiologique : Type d’enquête observationnelle réalisée à un moment donné, souvent utilisée comme première étape pour explorer une étiologie.
  • Enquête longitudinale d’incidence : Enquête de suivi dans le temps visant la survenue de nouveaux cas, appelée aussi enquête d’incidence.
  • Incidence : Mesure de la survenue de nouveaux cas dans une population au cours d’une période donnée.
  • Étude de cohorte : Enquête observationnelle comparant un groupe exposé à un groupe non exposé pour étudier l’incidence d’une maladie.

📝 Points essentiels

  • La difficulté majeure en étiologie est d’établir la temporalité entre exposition et maladie, ce qui complique l’inférence causale.
  • Les études transversales à visée étiologique servent souvent de première étape et doivent être confirmées par des enquêtes plus adaptées (cohortes ou cas-témoins).
  • Les enquêtes longitudinales sont dites permanentes car elles collectent de façon continue des données spécifiques au fil du temps.
  • L’incidence correspond à la survenue de nouveaux cas, contrairement à des mesures basées sur la seule présence de la maladie à un instant donné.
  • Les enquêtes d’incidence utilisent des sources comme les statistiques de mortalité et des registres de morbidité (exemples : cancer, VIH).
  • Les enquêtes d’incidence portent souvent sur une population exhaustive, avec un intérêt pour l’étude en population générale plutôt qu’en milieu hospitalier.

💡 Astuce mémo

Temporalité d’abord : si l’exposition n’arrive pas avant la maladie, la causalité reste floue.

📖 7. Enquêtes transversales et prévalence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Enquête de cohorte : Étude longitudinale qui suit des sujets dans le temps pour comparer la survenue d’une maladie chez exposés et non exposés.
  • Étude étiologique : Approche centrée sur l’origine d’une maladie, où l’on cherche à expliquer un lien entre exposition et événement de santé.
  • Cohorte prospective : Type de cohorte où l’exposition est mesurée avant la survenue de la maladie, puis l’événement est observé pendant le suivi.
  • Cohorte rétrospective : Type de cohorte où les données d’exposition et de suivi sont recueillies après coup, le suivi se situant dans le passé.
  • Perdus de vue : Participants dont le suivi est interrompu avant la fin de l’étude, ce qui peut introduire un biais de sélection.

📝 Points essentiels

  • Le choix du type d’enquête dépend des contraintes, des objectifs, des ressources et du temps disponible, les cohortes coûtant souvent plus cher.
  • Dans une cohorte, on compare un groupe exposé à un groupe non exposé pour vérifier si la fréquence de survenue de la maladie est plus élevée chez les exposés.
  • Pour le groupe de référence, les non-exposés doivent provenir de la même population que les exposés afin d’éviter un biais de sélection.
  • Les non-exposés doivent avoir la même potentialité de suivi que les exposés, notamment un temps de suivi comparable.
  • Les non-exposés doivent avoir la même probabilité de développer la maladie que les exposés, ce qui suppose une même population source.
  • En cohorte, l’objectif principal est de calculer l’incidence, en particulier le risque chez les exposés, à partir de la survenue de nouveaux cas pendant le suivi.

💡 Astuce mémo

Cohorte = Exposés vs Non-exposés, puis Incidence : même population, même suivi, même probabilité (sinon biais).

📖 8. Enquêtes longitudinales et incidence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Étude de cohorte : Étude observationnelle qui suit des sujets dans le temps pour comparer l’incidence d’une maladie chez des groupes exposés et non exposés.
  • Incidence : Mesure du nombre de nouveaux cas sur une période, en tenant compte du temps de suivi des sujets.
  • Taux d’incidence : Indicateur d’incidence calculé comme le nombre de nouveaux cas rapporté au total des personnes-temps.
  • Incidence cumulative : Mesure de l’incidence sur une période donnée, utilisée quand les sujets ont un suivi comparable (cohorte fermée).
  • Risque relatif : Mesure d’association qui compare le risque (incidence) chez les exposés à celui chez les non-exposés.

📝 Points essentiels

  • La perte de vue en cohorte peut rendre l’échantillon artificiellement plus sain et donc sous-estimer le risque réel lié à l’exposition.
  • La qualité d’une cohorte dépend notamment du pourcentage de perdus de vue : plus il est élevé, moins l’estimation est fiable.
  • Un suivi exhaustif des exposés et des non-exposés jusqu’à la fin de l’étude limite les biais liés aux sorties précoces.
  • L’objectif d’une enquête de cohorte est de calculer l’incidence, en particulier chez le groupe exposé pour estimer le risque chez les exposés.
  • Pour conclure à un effet de l’exposition, il faut un groupe comparateur non exposé (témoin ou référence).
  • En cohorte ouverte, les sujets peuvent entrer ou quitter en cours de suivi, donc chaque sujet a un temps de suivi différent et on utilise les personnes-temps (PT).

💡 Astuce mémo

Perdus de vue = “plus sain” artificiel → risque sous-estimé.

📖 9. Épidémiologie analytique : objectifs et indices

🔑 Notions clés & Définitions

  • Étude de cohorte : Étude observationnelle qui suit des personnes exposées et non exposées pour comparer l’apparition d’une maladie dans le temps.
  • RR : Risque relatif qui compare la fréquence de la maladie entre le groupe exposé et le groupe non exposé.
  • RRR : Réduction relative de risque qui mesure la diminution relative du risque grâce à une intervention, calculée à partir du RR.
  • Différence de risque : Mesure d’écart absolu de risque entre deux groupes, utile pour quantifier l’impact en nombre d’événements évités.
  • NNT : Nombre de sujets à traiter pour éviter un événement supplémentaire, dérivé de la différence de risque.

📝 Points essentiels

  • Objectif principal de l’épidémiologie analytique : tester des hypothèses étiologiques en comparant des groupes selon l’exposition pour estimer l’association exposition-maladie.
  • Dans une cohorte, le recueil prospectif limite les biais de mémorisation de l’exposition et de la maladie.
  • Une cohorte permet d’établir la séquence chronologique exposition → maladie et d’estimer l’incidence dans les groupes exposé et non exposé.
  • Le RR est présenté comme l’indice de référence (gold-standard) pour l’analyse en cohorte.
  • RRR se calcule par RRR = 1 − RR et s’interprète comme une réduction relative du risque (ex : RR=0,2 → RRR=0,8 soit 80%).
  • La différence de risque se calcule par DR = RE+ − RE− et peut être négative si l’exposition (ou l’intervention) diminue le risque (ex : DR = −40 événements pour 100 personnes).

💡 Astuce mémo

RRR = 1 − RR (le “reste” après le RR) ; DR = RE+ − RE− ; NNT = (1/|DR|)×100.

📖 10. Enquête de cohorte : règles et types

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cas incidents : Les cas incidents sont des nouveaux sujets chez qui la maladie apparaît pendant la période d’étude.
  • Cas prévalents : Les cas prévalents regroupent des personnes malades depuis une période antérieure à l’inclusion.
  • Biais de survie sélective : Le biais de survie sélective apparaît quand seuls les malades ayant survécu jusqu’à l’inclusion sont observés.
  • Biais de modification comportementale : Le biais de modification comportementale survient quand la maladie ou sa prise en charge change l’exposition avant la mesure.
  • Biais de mémorisation : Le biais de mémorisation correspond à des erreurs de rappel des expositions passées lors d’une collecte rétrospective.

📝 Points essentiels

  • Définir précisément la maladie et la population source (ex. seuil diagnostique) est indispensable pour choisir des cas comparables.
  • Préciser le délai entre apparition de la maladie et inclusion, ainsi que le stade d’évolution, aide à caractériser l’état au moment de l’étude.
  • Privilégier des mesures objectives (critères diagnostiques) réduit l’erreur de classement des cas.
  • Les cas incidents sont le meilleur choix car ils minimisent plusieurs biais liés à l’ancienneté de la maladie.
  • Les cas prévalents exposent à un biais de survie sélective et à un risque de biais de mesure via modification de l’exposition.
  • Les cas décédés sont une situation moins favorable car ils introduisent des biais liés à la mortalité avant l’inclusion.

💡 Astuce mémo

Incidents = « nouveaux » (moins de biais) ; Prévalents = « anciens » (survie + comportement) ; Décédés = « trop tard » ; Mémorisation = « rappel » (erreur).

📖 11. Enquête cas-témoins : concept et choix des cas

🔑 Notions clés & Définitions

  • Odds ratio : L’odds ratio (OR) est le rapport des cotes d’exposition entre cas et témoins, utilisé pour mesurer l’association exposition-maladie.
  • Rapport de cotes : Le rapport de cotes (RC) désigne le calcul basé sur les cotes, dont le résultat correspond à l’odds ratio dans l’enquête cas-témoins.
  • Intervalle de confiance 95% : L’intervalle de confiance à 95% (IC 95%) encadre l’estimation de l’OR et sert à juger si l’association est compatible avec 1.
  • Facteur de protection : Un facteur de protection est une exposition associée à des cotes plus faibles chez les cas que chez les témoins, donc OR < 1.
  • Témoins : Les témoins sont les sujets non atteints utilisés pour comparer l’exposition à celle des cas dans l’enquête cas-témoins.

📝 Points essentiels

  • Dans un tableau cas-témoins, l’OR est calculé comme le rapport des cotes d’exposition chez les cas par rapport aux témoins.
  • Si OR < 1, le facteur étudié est interprété comme un facteur de protection chez les cas.
  • L’OR s’interprète comme le RR quand la maladie est rare dans la population d’étude.
  • Si la maladie est rare, on peut approximer a+c ≈ c et b+d ≈ d, ce qui mène à OR ≈ (a/c)/(b/d) ≈ RR.
  • L’IC 95% aide à conclure : s’il exclut 1, l’association exposition-maladie est significative ; s’il inclut 1, elle ne l’est pas.
  • Pour un facteur protecteur, un OR proche de 0 ou élevé (proche de 10) reflète une association forte, et le sens dépend de la position de l’OR par rapport à 1.

💡 Astuce mémo

OR ≈ RR quand la maladie est rare : Rare = OR “comme” RR ; 1 dans l’IC = pas de preuve.

📖 12. Biais, causalité et critères de Bradford Hill

🔑 Notions clés & Définitions

  • Biais de mémorisation : Un biais de mémorisation apparaît quand la personne interrogée oublie ou modifie des événements passés, faussant les données d’exposition.
  • Biais de déclaration : Un biais de déclaration correspond à des réponses inexactes dues à une mauvaise compréhension du questionnaire ou à une réponse volontairement erronée.
  • Biais de confusion : Un biais de confusion survient quand un facteur lié à l’exposition et à la maladie influence la relation observée, sans être pris en compte.
  • Association statistique : Une association statistique décrit une relation mesurable entre exposition et maladie dans les données, sans garantir une causalité.
  • Critères de Bradford Hill : Les critères de Bradford Hill sont un ensemble d’arguments utilisés pour renforcer la présomption de causalité à partir d’études observationnelles.

📝 Points essentiels

  • Biais de mémorisation : l’oubli d’événements passés peut conduire à classer incorrectement l’exposition.
  • Biais de déclaration : des réponses fausses ou une mauvaise compréhension du questionnaire peuvent créer une fausse relation exposition-maladie.
  • Biais de classement : des malades peuvent être classés comme non malades (et inversement), ce qui fausse les estimations.
  • Biais de comportement : l’observation ou l’enquête peut modifier les comportements (ex. sous-déclaration d’alcoolisme ou de drogues par crainte).
  • Facteur de confusion : il agit entre l’exposition et la maladie, comme le tabac qui pourrait expliquer l’association café–cancer du poumon via le fait de fumer.
  • Contrôle du confondant a priori : l’appariement des sujets (cas/témoins) peut réduire la confusion, même si c’est parfois difficile à réaliser correctement.

💡 Astuce mémo

Confusion = « entre » exposition et maladie : c’est le maillon caché qui explique la relation.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1854Apparition de la notion d’enquête en épidémiologie dans le contexte de l’épidémie de choléra à Londres (John Snow).
1980Programme de vaccination contre la rougeole aux USA (début de la période citée).
2016Programme de vaccination contre la rougeole aux USA (fin de la période citée).
2017Exemple de taux d’incidence de la borréliose de Lyme entre 2017 et 2023 (début de la période citée).
2023Exemple de taux d’incidence de la borréliose de Lyme entre 2017 et 2023 (fin de la période citée).

📊 Tableaux de synthèse

Approches et types d’études selon le contrôle de l’exposition

Contrôle expositionApprocheBut principalType d’étude
NonDescriptiveDécrire l’état de santé et la fréquenceEnquêtes transversales (prévalence)
NonAnalytique/étiologiqueRechercher des facteurs de risque spécifiquesEnquêtes cas-témoins / cohorte (observationnelles)
OuiÉvaluativeÉvaluer l’action de santé la plus efficaceEssais cliniques randomisés contrôlés (expérimentales)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre association statistique et causalité : une association significative n’implique pas une relation causale.
  2. Croire qu’une enquête transversale permet de mesurer l’incidence : elle décrit une image instantanée et ne suit pas dans le temps.
  3. Interpréter une enquête transversale étiologique comme causale : la temporalité exposition→maladie n’est pas établie.
  4. Oublier le biais de sélection en transversale : un échantillon non représentatif fausse la prévalence et empêche l’extrapolation.
  5. Confondre cas incidents et cas prévalents : les prévalents exposent à biais de survie sélective et de modification comportementale.
  6. Confondre OR et RR : l’OR approxime le RR seulement si la maladie est rare dans la population d’étude.
  7. Ne pas distinguer facteur de risque (suspect) et cause (coupable) : prudence indispensable dans l’interprétation causale en observationnel.

✅ Checklist Examen

  1. Décrire les 4 étapes de la démarche épidémiologique en boucle : décrire l’état de santé, analyser les déterminants, proposer une intervention, puis évaluer a posteriori.
  2. Citer les déterminants de santé comme intrinsèques ou extrinsèques, et relier cette analyse à la proposition d’actions de santé.
  3. Expliquer les 3 approches (descriptive, analytique/étiologique, évaluative) et associer à chacune la question posée (quoi/pourquoi/comment).
  4. Définir surveillance épidémiologique et donner ses objets possibles (maladies, stratégies thérapeutiques, diagnostics) ainsi que son rôle de veille et d’action rapide.
  5. Donner les indicateurs de santé (prévalence, incidence, mortalité) et préciser ce qu’ils mesurent dans la population.
  6. Distinguer enquête transversale et enquête longitudinale : image instantanée vs suivi, et préciser ce que permet/ne permet pas la transversale (pas d’incidence).
  7. Définir population cible et population source, et expliquer pourquoi la représentativité et le biais de sélection sont centraux en transversale.
  8. Lister les critères de qualité d’un questionnaire validé (paramètre objectif, standardisé, reproductible, acceptabilité) et relier cela aux biais de mesure.
  9. Expliquer la détection de cluster : définition, lien avec la surveillance sanitaire, et méthodes (spatio-temporel, comparaison aux taux attendus, outils statistiques).
  10. Pour l’épidémiologie analytique, préciser l’objectif (lien exposition→maladie) et les deux types d’enquêtes (cohorte exposé/non exposé, cas-témoins cas/témoins).
  11. En cohorte, énoncer les règles du groupe de référence (même population source, même potentialité de suivi, même probabilité de développer) et l’objectif de calcul de l’incidence et du RR.
  12. En cas-témoins, définir OR et son interprétation (OR<1 facteur protecteur, OR≈RR si maladie rare) et rappeler le rôle de l’IC95% (inclut/exclut 1).
  13. Présenter les grands biais (sélection, mesure, confusion) et donner au moins un exemple de biais de mémorisation, de déclaration, de classement ou de comportement.
  14. Expliquer la prudence sur la causalité : association ≠ causalité, rôle des critères de Bradford Hill comme présomption en observationnel, et rappeler que l’essai contrôlé randomisé est le seul permettant de conclure form

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1. Quelle formule décrit le mieux l’épidémiologie ?

2. Quel est l’objectif principal de la recherche étiologique en épidémiologie ?

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Épidémiologie — définition ?

Démarche décrivant, analysant, guidant actions en santé publique.

Finalités de l’épidémiologie ?

Décrire, analyser, évaluer, guider interventions.

Surveillance épidémiologique — rôle ?

Suivi continu des maladies et stratégies thérapeutiques.

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