Fiche de révision : Introduction aux fonctions exécutives et leur localisation

📋 Plan du Cours

  1. Approche neuropsychologique et objectifs
  2. Lobes frontaux et fonctions exécutives
  3. Cortex préfrontal dorsolatéral et orbito-frontal
  4. Syndrome dyséxécutif et rééducation
  5. Fonctions exécutives : composantes et rôles
  6. Modèle du contrôle attentionnel de Norman et Shallice
  7. Mémoire déclarative : systèmes et processus
  8. Mémoire déclarative : encodage, consolidation et récupération
  9. Perception des visages et prosopagnosie
  10. Agnosies spatiales et négligence unilatérale
  11. Évaluation clinique de la négligence spatiale
  12. Plasticité neuronale : niveaux et mécanismes

📖 1. Approche neuropsychologique et objectifs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Neuropsychologie : Discipline qui étudie les liens entre le cerveau et le fonctionnement psychologique, incluant cognition, comportements et émotions.
  • Approche neuropsychologique : Démarche qui relie les troubles observés chez les patients à des lésions cérébrales pour inférer le rôle des structures dans le fonctionnement normal.
  • Fonctions exécutives : Ensemble de capacités de haut niveau permettant de contrôler et d’adapter le comportement et le raisonnement à des situations non routinières.
  • Lobes frontaux : Régions cérébrales volumineuses impliquées dans le contrôle des comportements complexes et dans la coordination motrice volontaire, le langage et la mémoire.

📝 Points essentiels

  • La neuropsychologie vise à décrire les perturbations cognitives et comportementales chez les patients.
  • Elle cherche à rapprocher la sémiologie clinique des lésions cérébrales correspondantes.
  • Elle permet de formuler des inférences sur le rôle de structures cérébrales dans le fonctionnement du sujet normal.
  • Les lobes frontaux représentent environ 1/3 du volume cortical total et sont parmi les dernières structures à maturer (fin vers 15-16 ans).
  • Les fonctions exécutives servent à s’adapter à des situations inhabituelles, conflictuelles ou complexes où les routines sont inadaptées.
  • On parle de fonctions exécutives plutôt que de “fonctions frontales” car elles peuvent être atteintes lors de lésions ne touchant pas les lobes frontaux.

💡 Astuce mémo

Cerveau→psyché : décrire troubles, localiser lésion, inférer rôle (3 étapes).

📖 2. Lobes frontaux et fonctions exécutives

🔑 Notions clés & Définitions

  • Fonctions exécutives : Ensemble de capacités qui permettent d’adapter, contrôler et organiser l’action et la pensée au quotidien pour atteindre un but.
  • Adaptation du plan d’action : Capacité mentale à ajuster la stratégie en fonction des contraintes de l’environnement et à passer d’une opération à une autre.
  • Inhibition : Capacité à résister aux informations non pertinentes et à empêcher l’exécution d’un comportement inadapté ou automatique.
  • Rétrocontrôle : Mécanisme d’arrêt et de correction qui intervient quand l’action échoue afin de corriger les erreurs.
  • Désinhibition : Versant des troubles exécutifs lié à un manque de contrôle, pouvant entraîner des comportements socialement inappropriés.

📝 Points essentiels

  • Les fonctions exécutives ne sont pas strictement des fonctions frontales : elles peuvent être altérées par des lésions d’autres régions corticales ou sous-corticales fortement connectées aux lobes frontaux.
  • Les aires préfrontales mûrissent lentement, jusqu’à l’âge adulte, donc les fonctions exécutives se construisent progressivement pendant le développement.
  • Chez l’enfant, des comportements proches de ceux observés après des lésions frontales chez l’adulte peuvent refléter l’immaturité préfrontale et ne sont pas forcément pathologiques.
  • Le réflexe de préhension est pathologique chez l’adulte (atteinte du cortex prémoteur) mais normal chez le bébé jusqu’à 12 semaines.
  • Les fonctions exécutives soutiennent des activités quotidiennes comme choisir le bon moment pour parler, récupérer des informations utiles en mémoire et organiser des étapes (ex. repas, vêtements).
  • Une atteinte des fonctions exécutives compromet l’autonomie et la pratique d’une activité professionnelle normale.

💡 Astuce mémo

Exécutif = Adapter + Inhiber + Corriger (AIC).

📖 3. Cortex préfrontal dorsolatéral et orbito-frontal

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cortex préfrontal dorsolatéral : Région préfrontale impliquée dans le contrôle exécutif, notamment l’inhibition et la réussite de tâches nécessitant une gestion cognitive structurée.
  • Cortex orbito-frontal : Région préfrontale impliquée dans l’adaptation sociale et la prise de décision guidée par les conséquences émotionnelles.
  • Marqueurs somatiques : Système de liens corps→émotion qui associe des situations à des retentissements corporels positifs ou négatifs pour guider la décision.
  • Sociopathie acquise : Trouble comportemental décrit après des lésions orbito-frontales, lié à une difficulté d’anticipation sociale et à l’expression/ressenti des émotions.
  • Tâche du casino : Épreuve de prise de décision avec cartes et tas de gains/pertes, utilisée pour mettre en évidence un biais vers le profit immédiat.

📝 Points essentiels

  • Les lésions orbito-frontales perturbent l’adaptation sociale et rendent difficile le fait de retarder des satisfactions tout en anticipant les conséquences des choix.
  • Les lésions orbito-frontales s’accompagnent d’une incapacité à exprimer et à ressentir des émotions, décrite comme une « sociopathie acquise ».
  • Les marqueurs somatiques réactivent un état corporel associé à une situation déjà vécue, ce qui « marque » automatiquement la situation selon le passé.
  • L’activation des marqueurs somatiques fournit un signal corporel d’aide à la décision, interfère avec le raisonnement et favorise des réponses avantageuses tout en rejetant des options potentiellement néfastes.
  • Les patients avec lésions orbito-frontales peuvent connaître les tas désavantageux mais continuer à choisir les mauvais, avec préférence pour le gain immédiat et sensibilité réduite aux conséquences futures.
  • Les lésions préfrontales dorso-latérales laissent souvent la tâche du casino relativement réussie, mais entraînent des difficultés aux tests neuropsychologiques « classiques » des fonctions exécutives.

💡 Astuce mémo

Dorso-latéral = « contrôle cognitif » (tests exécutifs), Orbi-to-frontal = « émotion→décision » (casino biais immédiat).

📖 4. Syndrome dyséxécutif et rééducation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Syndrome dyséxécutif : Ensemble de difficultés cognitives et/ou comportementales liées à un dysfonctionnement des fonctions exécutives, notamment la sélection, l’inhibition et l’adaptation des actions.
  • Anosognosie : Difficulté à reconnaître ou à sous-estimer ses troubles cognitifs, alors que certains déficits moteurs ou sensoriels peuvent être perçus.
  • SAS de Norman et Shallice : Système attentionnel superviseur qui contrôle volontairement les actions nouvelles et inhibe les réponses automatiques inadaptées, avec des ressources attentionnelles limitées.
  • Flexibilité cognitive : Fonction exécutive permettant d’ajuster ses stratégies face à une situation changeante, souvent dissociée des autres composantes exécutives.
  • Marqueurs somatiques : Signaux corporels associés à des situations passées, qui guident la décision en réactivant un état émotionnel lié au corps.

📝 Points essentiels

  • Lésions orbito-frontales : conduites socialement inappropriées, labilité émotionnelle, irritabilité/impulsivité et attitude moriatique avec désinhibition et plaisanteries faciles souvent puériles ou à connotation fréqu.
  • Lésions orbito-frontales : gloutonnerie et collectionnisme peuvent s’observer, avec des changements d’allure en plus des troubles comportementaux.
  • Lésions préfrontales dorso-latérales : manque d’initiative, apathie, réduction de la spontanéité verbale, indifférence affective et absence typique d’anxiété/douleur morale dépressive.
  • Anosognosie : le patient n’a pas conscience ou sous-estime ses difficultés cognitives tout en pouvant être conscient de ses déficits moteurs ou sensoriels.
  • Modèle de Norman et Shallice : le SAS supervise les actions nouvelles et complexes et intervient quand il faut décider ou inhiber une réponse automatique.
  • Modèle de Norman et Shallice : le gestionnaire des conflits régule les séquences activées en choisissant les schémas pertinents et en empêchant la sélection simultanée de deux schémas utilisant les mêmes ressources.

💡 Astuce mémo

SAS = Superviseur des Actions Nouvelles (inhibe l’automatique).

📖 5. Fonctions exécutives : composantes et rôles

🔑 Notions clés & Définitions

  • Circuit de Papez : Le circuit de Papez est un réseau bilatéral reliant hippocampe, corps mamillaires, thalamus et cortex cingulaire, impliqué dans l’apprentissage et la consolidation des informations déclaratives.
  • Système limbique : Le système limbique est un ensemble de structures corticales et sous-corticales interconnectées formant un réseau dense autour de l’hippocampe et de l’amygdale.
  • Circuit amygdalien : Le circuit amygdalien est un circuit parallèle au circuit hippocampo-mamillo-thalamo-cingulaire, interconnecté avec lui et impliqué dans l’indiçage émotionnel des souvenirs.
  • Mémoire déclarative : La mémoire déclarative regroupe les informations dont on peut rapporter le contenu, et dépend fortement des structures hippocampiques et des circuits associés.
  • Mémoire procédurale : La mémoire procédurale correspond aux apprentissages de type compétences/habitudes et sollicite surtout le cervelet et les ganglions de la base, sans dépendre de l’hippocampe.

📝 Points essentiels

  • Le cas HM illustre que l’ablation bilatérale des lobes temporaux internes supprime l’acquisition de nouvelles informations tout en laissant d’autres mémoires relativement préservées.
  • Le cas R.B montre qu’une lésion bilatérale des hippocampes, sans autre atteinte, produit un tableau mnésique comparable à HM, soulignant le rôle des deux hippocampes.
  • Le circuit de Papez prend naissance dans l’hippocampe et passe par le fornix (ou trigone) vers les corps mamillaires, puis vers le noyau antérieur du thalamus et le gyrus cingulaire.
  • Une lésion d’une des structures du circuit de Papez peut entraîner des troubles mnésiques importants, même si elle est décrite comme légère.
  • Le système limbique inclut notamment hippocampe, amygdale, corps mamillaires, fornix, noyaux antérieurs du thalamus, gyrus cingulaire et gyrus parahippocampique, ainsi que des structures comme le corps calleux et la voie
  • Le circuit amygdalien est souvent lésé en même temps que le circuit hippocampo-mamillo-thalamo-cingulaire, ce qui aggrave les conséquences mnésiques et émotionnelles.

💡 Astuce mémo

Papez = PAssage hippocampe → Fornix → Corps mamillaires → Thalamus antérieur → Cingulaire (consolidation déclarative).

📖 6. Modèle du contrôle attentionnel de Norman et Shallice

🔑 Notions clés & Définitions

  • Contrôle attentionnel : Mécanisme cognitif qui régule l’allocation de l’attention pour sélectionner les informations pertinentes et guider le comportement.
  • Norman : Chercheur associé à des modèles expliquant comment l’attention influence la perception, l’action et le traitement de l’information.
  • Shallice : Chercheur associé à des modèles du contrôle attentionnel, notamment pour décrire le passage entre traitement automatique et contrôle plus volontaire.
  • Traitement automatique : Traitement réalisé sans effort conscient, qui peut continuer même quand l’attention est détournée vers d’autres informations.
  • Contrôle volontaire : Traitement guidé par des objectifs, mobilisant l’attention pour corriger, planifier ou sélectionner une action.

📖 7. Mémoire déclarative : systèmes et processus

🔑 Notions clés & Définitions

  • Face-cells de la FFA : Neurones de l’aire fusiforme faciale (FFA) qui répondent fortement à des visages, révélant une sensibilité neuronale spécifique aux traits faciaux.
  • Modèle de reconnaissance des visages : Cadre théorique décrivant une reconnaissance faciale en étapes allant du traitement perceptif à l’accès aux informations familières et biographiques.
  • Prosopagnosie : Trouble neuropsychologique caractérisé par un déficit de reconnaissance et d’identification de visages, souvent familiers, malgré une description des traits relativement préservée.
  • Prosopagnosie développementale : Forme congénitale ou débutant dès l’enfance où la reconnaissance des visages est difficile, parfois avec une agrégation familiale suggérant une transmission génétique.
  • Agnosie spatiale : Désordre de la reconnaissance de l’espace visuel lié à une atteinte de la voie occipito-pariétale, souvent avec un retentissement majeur sur l’hémi-espace.

📝 Points essentiels

  • Chez l’animal, des enregistrements unicellulaires dans la FFA montrent une réponse aux visages, dont la découverte des « face-cells » est attribuée à Dave Perrett en 1984.
  • Chez le macaque, la disparition de composants principaux (comme les yeux) réduit la fréquence de décharge des neurones, ce qui suggère un traitement global des traits.
  • Chez l’humain, la FFA répond à la présentation de visages mais pas à celle de maisons, ce qui soutient l’idée de spécificité pour les visages.
  • Le modèle de Bruce & Young (1986) propose 7 étapes : encodage pictural, encodage structural, puis trois traitements autonomes, et enfin association du visage à des unités de reconnaissance et accès biographique.
  • Le modèle neuropsychologique de Haxby et al. (2002) relie les étapes de traitement à des aires cérébrales distinctes.
  • Dans la prosopagnosie, la description des traits du visage peut rester préservée, tandis que l’identification des personnes familières échoue, avec recours à des indices non faciaux (cheveux, lunettes, voix, démarche).

💡 Astuce mémo

FFA = Face For All (visages) ; Bruce&Young = 7 étapes du Voir au Biographique.

📖 8. Mémoire déclarative : encodage, consolidation et récupération

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mémoire déclarative : Mémoire déclarative : système qui permet de stocker et rappeler des informations conscientes, comme des faits et des événements.
  • Encodage : Encodage : étape où l’information est transformée pour être stockée dans le système mnésique.
  • Consolidation : Consolidation : processus qui stabilise la trace mnésique après l’encodage, pour la rendre plus durable.
  • Récupération : Récupération : mécanisme qui permet de retrouver une information stockée et de la rendre accessible à la conscience.

📝 Points essentiels

  • La section fournie ne contient pas de contenu spécifique sur la mémoire déclarative (encodage, consolidation, récupération) ; elle traite surtout de la négligence spatiale, de la latéralisation hémisphérique et des aphas
  • Les notions présentes dans la source concernent principalement la NSU, les réseaux attentionnels et les aphasies, pas les étapes mnésiques de la mémoire déclarative.

📖 9. Perception des visages et prosopagnosie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Prosopagnosie : Trouble de la reconnaissance des visages où la personne peut voir mais ne parvient pas à identifier les individus.
  • Anosognosie : Méconnaissance du trouble, pouvant aller jusqu’à ne pas percevoir ses propres difficultés.
  • Lésion temporale supérieure et moyenne : Atteinte de la région temporale supérieure et moyenne associée à des perturbations de la répétition et de la dénomination.
  • Aphasie de Wernicke : Aphasie liée à une atteinte temporale (aire de Wernicke) avec difficultés de réception et de compréhension.
  • Aphasie de conduction : Aphasie caractérisée par une répétition impossible malgré une compréhension relativement préservée.

📝 Points essentiels

  • La prosopagnosie s’accompagne souvent d’une répétition et d’une dénomination affectées, avec une conscience limitée du trouble pouvant aller jusqu’à l’anosognosie.
  • Une association anatomo-clinique est rapportée avec une lésion de la circonvolution temporale supérieure et moyenne.
  • Dans les aphasies, l’aire de Wernicke est reliée au tableau de réception et de compréhension, avec des paraphasies possibles.
  • Aphasie globale : toutes les formes du langage sont altérées et les lésions sont étendues dans l’hémisphère gauche incluant les aires de Broca et Wernicke.
  • Aphasie de conduction : le langage spontané reste relativement fluent, la répétition est impossible et la compréhension est préservée, avec atteinte du faisceau arqué reliant Broca et Wernicke.
  • Aphasies transcorticales : la répétition est préservée alors que le langage spontané est proche des profils de Broca ou Wernicke, selon la localisation (motrice : isolant Broca du cortex moteur ; sensorielle : isolant W.

💡 Astuce mémo

Prosopagnosie = « visage vu, identité perdue » ; anosognosie = « je ne sais pas que je ne sais pas ».

📖 10. Agnosies spatiales et négligence unilatérale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Séquences IRM T1 : Les séquences IRM T1 mettent en évidence l’eau peu mobile, surtout intracellulaire, pour l’anatomie et la détection de certaines anomalies.
  • Séquences IRM T2 : Les séquences IRM T2 contrastent l’eau mobile, notamment extracellulaire (dont le LCR), pour repérer des lésions et œdèmes.
  • FLAIR : La séquence FLAIR supprime le signal du LCR afin de mieux visualiser des lésions comme celles de la SEP et les œdèmes.
  • IRM de diffusion DWI : L’IRM de diffusion (DWI) mesure la diffusibilité des molécules d’eau pour détecter des altérations comme œdèmes, démyélinisation, AVC ischémique et tumeurs.
  • Tenseur de diffusion DTI : Le DTI décrit la diffusion de l’eau et sa direction dans les voxels pour repérer des modifications microstructurelles, surtout de la substance blanche.

📝 Points essentiels

  • En IRM, différentes séquences acquises pendant le même examen isolent des facteurs différents grâce aux réglages de la machine.
  • En T1, l’eau peu mobile (intracellulaire) est mieux détectée, et avec produit de contraste au gadolinium (Gd) le signal d’une anomalie peut être rehaussé (tumeur, plaques de SEP).
  • En T2, le contraste est inversé : l’eau mobile (extracellulaire, LCR ou intravasculaire) est mieux détectée, et la séquence T2* est sensible au sang pour révéler des lésions hémorragiques ou micro-saignements.
  • En FLAIR, la suppression du signal du LCR améliore l’identification des œdèmes et des lésions de SEP.
  • En DWI, le coefficient de diffusion reflète la vitesse de déplacement des molécules d’eau dans le tissu lésé par rapport au tissu sain.
  • En DTI, la Fraction d’Anisotropie (FA) reflète l’intégrité de la substance blanche et la Diffusion Moyenne (MD) signale une altération avec augmentation de la diffusion extracellulaire après lésion.

💡 Astuce mémo

T1 = Intracellulaire peu mobile ; T2 = Extra mobile ; FLAIR = LCR effacé ; DWI = Diffusion (micro-mouvements) ; DTI = Direction (substance blanche).

📖 11. Évaluation clinique de la négligence spatiale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Négligence spatiale : La négligence spatiale est un trouble attentionnel où l’individu ne traite pas correctement une partie de l’espace, malgré des capacités sensorielles globalement préservées.
  • Observation dépendante de la définition : Une observation clinique est dépendante des incertitudes conceptuelles et des choix de définition opérationnelle qui encadrent ce qu’on mesure.
  • Approche descriptive : Une approche descriptive décrit le fonctionnement typique ou atypique sans chercher à expliquer les mécanismes causaux sous-jacents.
  • Neuro-imagerie fonctionnelle : La neuro-imagerie fonctionnelle est un ensemble de techniques qui matérialise l’activité cérébrale associée à des comportements définis de façon aussi objective que possible.
  • Localisation extrême : La localisation extrême vise à identifier avec une précision maximale un processus cognitif, mais sa valeur scientifique peut être faible si les indicateurs et définitions sont incertains.

📝 Points essentiels

  • La signification des résultats dépend des incertitudes conceptuelles et des définitions opérationnelles des processus mesurés.
  • La recherche de localiser très précisément un processus cognitif peut avoir une utilité scientifique limitée si la définition théorique et les indicateurs comportementaux sont problématiques.
  • L’évaluation peut adopter une approche descriptive du fonctionnement typique ou du dysfonctionnement neuronal, sans prétendre expliquer la cause.
  • La neuro-imagerie fonctionnelle n’est pas une science en soi mais des techniques reliant activité cérébrale et comportements définis le plus objectivement possible.
  • Pour l’évaluation clinique, la validité dépend de la cohérence entre définition du trouble, tâche utilisée et indicateurs observés.

💡 Astuce mémo

Définition → tâche → indicateur : si l’un est flou, l’interprétation devient floue.

📖 12. Plasticité neuronale : niveaux et mécanismes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Neurogénèse secondaire : La neurogénèse secondaire désigne la production de neurones à partir de stades ultérieurs du développement, contribuant à la plasticité des circuits.
  • Guidage axonal : Le guidage axonal correspond aux mécanismes qui orientent et font progresser les axones en formation vers leurs cibles pendant le développement.
  • Potentialisation à long terme : La potentialisation à long terme est une hausse durable de l’efficacité synaptique, pouvant s’expliquer par des changements de type génétique et moléculaire.
  • Apoptose : L’apoptose est une mort cellulaire programmée qui participe à l’équilibre entre formation et élimination des cellules et des connexions.
  • Modèle HAROLD : Le modèle HAROLD décrit une réduction de l’asymétrie hémisphérique avec l’âge, avec une sur-activation plus bilatérale.

📝 Points essentiels

  • La plasticité inclut des réorganisations quand l’activité synaptique diminue, avec recherche d’un niveau d’activation plus élevé avant une élimination du neurone.
  • Les neurites avancent grâce à des signaux du milieu, notamment neurotrophines, molécules d’adhésion, et signaux attractifs ou répulsifs.
  • Les neurotrophines favorisent surtout la croissance/avancée de l’axone sans donner une orientation précise.
  • Les molécules d’adhésion servent de points d’ancrage pour les cônes de croissance, avec une positionnement guidé par les cellules gliales.
  • Les molécules attractives et répulsives sont captées par des récepteurs du cône de croissance, et l’orientation dépend d’un gradient de concentration.
  • Les voies de guidage se forment aussi grâce à des axones « pionniers » installés tôt, qui servent de repères au reste du réseau.

💡 Astuce mémo

Attraction→avance, Répulsion→re-route, Adhésion→accroche, Neurotrophines→engrais.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1848Phinéas Gage (Harlow) : corrélation lésion frontale et transformation de la personnalité
1949Egas Moniz : prix Nobel 1949 et lobotomie pré-frontale
1995Antonio Damasio (L’Erreur de Descartes) : travaux sur le lien lésions cérébrales et comportements

📊 Tableaux de synthèse

Versants des lobes frontaux

RégionVersantFonctions clés
Régions préfrontales dorsolatéralescoldlogique, planification, flexibilité mentale (contrôle cognitif)
Régions orbito-frontaleshotaspects affectifs/émotionnels/motivationnels, autorégulation des émotions (émotion→décision)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre fonctions exécutives et “fonctions frontales” : des lésions non frontales mais connectées peuvent aussi les altérer.
  2. Croire que la maturation préfrontale est terminée à l’enfance : elle s’achève vers 15-16 ans, donc certains comportements “frontaux” chez l’enfant peuvent refléter l’immaturité.
  3. Interpréter la tâche du casino comme un test “classique” des fonctions exécutives : les lésions dorso-latérales peuvent réussir la tâche alors que des tests exécutifs classiques échouent.
  4. Oublier que les marqueurs somatiques guident la décision via un signal corporel : les patients orbito-frontaux peuvent savoir quels choix sont désavantageux mais choisir les mauvais.
  5. Mélanger anosognosie et confabulations : l’anosognosie = méconnaissance/sous-estimation des troubles, tandis que les confabulations = récits remplaçant des souvenirs.
  6. Confondre agnosie et trouble sensoriel élémentaire : en agnosie, la perception sensorielle de base est préservée, le déficit porte sur l’identification/association.
  7. Inverser les séquences IRM : T1 détecte l’eau peu mobile (intracellulaire) alors que T2 détecte l’eau mobile (extracellulaire/LCR).

✅ Checklist Examen

  1. Définir la neuropsychologie et l’approche neuropsychologique (décrire troubles, rapprocher sémiologie et lésions, inférer le rôle des structures).
  2. Expliquer pourquoi on parle de fonctions exécutives plutôt que de “fonctions frontales” (connexions et atteintes possibles hors lobes frontaux).
  3. Citer les fonctions exécutives et leurs composantes (stratégies, planification, initiation, maintien attentionnel, mise à jour MT, flexibilité, inhibition, rétrocontrôle, règles, décision, anticipation).
  4. Relier les lobes frontaux à leurs versants : dorsolatéral (cold, contrôle cognitif) vs orbito-frontal (hot, émotion→décision) et donner les conséquences comportementales typiques.
  5. Décrire le modèle de Norman et Shallice : SAS, GC, schémas d’actions, routines vs actions nouvelles, et ce qu’implique une atteinte du SAS (rigidité, persévérations).
  6. Présenter Miyake (2000) : dissociabilité mais corrélation de flexibilité, mise à jour en mémoire de travail et inhibition.
  7. Expliquer la théorie des marqueurs somatiques (Damasio) : lien situation→état corporel, signal d’aide à la décision, et effet des lésions orbito-frontales sur le choix immédiat vs conséquences futures.
  8. Décrire la tâche du casino (Bechara) : structure des tas, résultat attendu vs profil des patients orbito-frontaux, et lien avec la sensibilité aux conséquences.
  9. Définir syndrome dyséxécutif et anosognosie, puis relier aux profils dorso-latéral vs orbito-frontal (initiative/apathie vs désinhibition/attitude moriatique).
  10. Décrire le circuit de Papez et le système limbique : rôle dans apprentissage/consolidation/rappel déclaratif et conséquences d’une lésion d’une structure du circuit.
  11. Distinguer mémoire déclarative et procédurale (rôle hippocampe vs cervelet/ganglions de la base) et utiliser l’exemple HM/R.B pour justifier le rôle des hippocampes.
  12. Expliquer les processus mnésiques de la mémoire déclarative (encodage, consolidation, récupération) et les critères d’oubli vs amnésie.
  13. Distinguer amnésie antérograde vs rétrograde (gradient temporel de Ribot) et reconnaître les profils associés (HM hippocampique vs Korsakoff diencéphalique vs ictus amnésique).
  14. Définir agnosie et distinguer aperceptive vs associative (étapes aperceptive/associative), puis donner des exemples d’agnosies visuelles (couleurs/objets/symboles/visages).

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Introduction aux fonctions exécutives et leur localisation avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel est l’objectif principal de l’approche neuropsychologique ?

2. Quelle est la principal objectif de l'approche neuropsychologique dans l'étude des troubles cérébraux?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction aux fonctions exécutives et leur localisation avec 9 flashcards interactives.

Approche neuropsychologique — objectif ?

Relier troubles à des lésions pour inférer le rôle des structures.

Neuropsychologie

Étudie liens cerveau et fonctionnement psychologique.

Lobes frontaux — fonctions ?

Contrôle des comportements complexes, coordination motrice, langage, mémoire.

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