Fiche de révision : Introduction aux troubles liés au trauma

📋 Plan du Cours

  1. Trouble du stress post-traumatique DSM et clusters
  2. Définition stricte du TSPT et limites DSM
  3. Modèles TCC du maintien du TSPT
  4. Théorie du traitement émotionnel Foa et Kozak
  5. Modèle cognitif Ehlers et Clark du TSPT
  6. Conceptualisation du cas et analyse fonctionnelle TCC
  7. TCC centrée sur le traumatisme et restructuration
  8. Objectifs thérapeutiques SMART et auto-enregistrement
  9. Obstacles dans la dépression et stratégies d’action
  10. Évaluation du TCA anorexie et comorbidités
  11. Traumatismes dissociatifs et mécanismes de sidération
  12. TDAH diagnostic clinique et attention soutenue

📖 1. Trouble du stress post-traumatique DSM et clusters

🔑 Notions clés & Définitions

  • Trouble du stress post-traumatique adulte : Trouble lié à l’exposition à un événement traumatique, avec des symptômes regroupés en clusters et une persistance après le choc.
  • DSM-V TSPT : Classification DSM-V où le TSPT est présenté comme un trouble déclenché par des traumatismes et des facteurs de stress.
  • DSM-IV trouble anxieux : Classification DSM-IV où le TSPT est rangé parmi les troubles anxieux plutôt que comme trouble centré sur le traumatisme.
  • Clusters du TSPT : Regroupements de symptômes du TSPT comprenant intrusion, évitement, altérations cognition/humeur, et altérations éveil/réactivité.
  • Trauma simple : Forme de traumatisme correspondant à un événement unique, après lequel les symptômes peuvent se développer.

📝 Points essentiels

  • Dans le DSM-V, le TSPT est rattaché à des traumatismes et facteurs de stress, alors que dans le DSM-IV il est classé comme trouble anxieux.
  • L’exposition traumatique peut être directe ou indirecte, et inclut des situations comme violence, menace de mort, ou abus sexuel.
  • Une exposition répétée ou extrême aux détails d’un événement traumatique peut conduire à un TSPT chez une minorité de personnes.
  • Le DSM exige la présence de symptômes dans chacun des 4 clusters : intrusion, évitement, cognition/humeur négatives, et éveil/réactivité altérés.
  • Les symptômes d’éveil/réactivité incluent hypervigilance et difficulté de réguler la colère.
  • Le DSM décrit strictement le TSPT sans considérer les menaces psychologiques dans la définition du trouble.

💡 Astuce mémo

4 clusters = 4 “portes” : Intrusion → Évitement → Cognition/Humeur → Éveil/Réactivité.

📖 2. Définition stricte du TSPT et limites DSM

🔑 Notions clés & Définitions

  • TSPT DSM-5 : Le trouble de stress post-traumatique décrit par le DSM-5 regroupe des symptômes liés à l’événement traumatique et à ses conséquences durables.
  • TSPT enfant de 6 ans ou moins : La version DSM-5 du TSPT adaptée aux jeunes enfants regroupe des symptômes présentés sous une forme développementale spécifique.
  • TSPT (adultes et enfants > 6 ans) : La version DSM-5 pour les plus de 6 ans organise les symptômes en grands domaines (intrusion, évitement, altérations de la cognition/humeur, éveil/réactivité).
  • Intrusion : L’intrusion correspond à des manifestations répétées qui ramènent l’enfant vers le contenu traumatique malgré l’absence de danger actuel.
  • Évitement : L’évitement regroupe les conduites ou pensées visant à éviter les rappels du traumatisme et ce qui y est associé.

📝 Points essentiels

  • Le DSM-5 distingue deux catégories de TSPT selon l’âge : TSPT adultes et enfants de plus de 6 ans, puis TSPT pour les enfants de 6 ans ou moins.
  • Chez les enfants, les symptômes ne s’expriment pas comme chez les adultes, ce qui justifie une spécificité développementale dans l’évaluation.
  • Pour les plus de 6 ans, les domaines DSM-5 incluent intrusion, évitement, altérations négatives de la cognition et de l’humeur, puis altération de l’éveil et de la réactivité.
  • Pour les enfants de 6 ans ou moins, les domaines DSM-5 sont organisés de façon similaire mais avec des formulations adaptées : intrusion, évitement/altérations négatives de la cognition et de l’humeur, puis altérations d
  • La présence de symptômes peut être influencée par des facteurs comme l’âge, le type d’événement et les réactions des caregivers, ce qui limite une lecture strictement “DSM-only” du tableau clinique.
  • Le DSM-5 ne suffit pas à lui seul : l’évaluation doit aussi porter sur l’intensité de la souffrance pour ajuster la prise en charge.

💡 Astuce mémo

Âge = DSM : >6 ans = 4 blocs (intrusion/évitement/cognition-humeur/éveil-réactivité) ; ≤6 ans = blocs adaptés.

📖 3. Modèles TCC du maintien du TSPT

🔑 Notions clés & Définitions

  • Activation comportementale : Approche TCC visant à augmenter progressivement les activités pour restaurer des renforcements positifs et réduire l’inhibition liée à la dépression.
  • Analyse fonctionnelle : Démarche préalable qui décrit les liens entre situations, pensées, émotions et comportements afin de poser l’indication et le plan de prise en charge.
  • Modèle de Lewinsohn : Modèle de la dépression fondé sur une perte de contrôle, une baisse des renforcements positifs et une diminution des conduites adaptatives.
  • Modèle de Beck : Modèle de la dépression expliquant le trouble par un traitement dysfonctionnel de l’information sur soi, le monde et le futur, via des composantes cognitives.
  • Contrat thérapeutique : Cadre d’accord entre patient et thérapeute qui précise les objectifs et les modalités pour guider la progression des séances.

📝 Points essentiels

  • Les TCC sont des prises en charge recommandées pour les dépressions, notamment via l’activation comportementale, et elles sont présentées comme empiriquement fondées.
  • La psychothérapie verbale TCC est brève (12 à 20 séances), avec 12 séances pour l’activation comportementale et jusqu’à 20 séances chez les personnes bipolaires.
  • La TCC est centrée sur les difficultés du patient dans l’ici et maintenant et vise l’apprentissage de stratégies de coping.
  • L’indication se décide après des entretiens préliminaires avec analyse fonctionnelle, et une proportion élevée de patients (70–90%) répond quand la prise en charge est adaptée.
  • Dans le modèle de Lewinsohn, la thérapie correspond à un conditionnement opérant avec réintroduction hiérarchisée et progressive de comportements plaisants avant la dépression.
  • Dans le modèle de Beck, la dépression implique des schémas, des distorsions et des cognitions qui biaisent le traitement de l’information sur soi, l’environnement et le futur.

💡 Astuce mémo

Lewinsohn = renforts qui manquent (réintroduire des plaisirs) ; Beck = pensées qui déforment (schémas + distorsions).

📖 4. Théorie du traitement émotionnel Foa et Kozak

🔑 Notions clés & Définitions

  • Traitement émotionnel : Processus psychologique qui vise à modifier la façon dont une émotion est activée et maintenue par des informations liées au danger ou au sens attribué à la situation.
  • Structure de la peur : Représentation mentale organisée qui relie des indices, des significations et des réponses émotionnelles, et qui guide l’interprétation des situations anxiogènes.
  • Activation de la structure : Mise en route de la structure de la peur par des indices internes ou externes, ce qui rend l’émotion plus probable et plus intense.
  • Inhibition de la peur : Réduction de la peur par l’accès à des informations incompatibles avec la structure de la peur, sans forcément effacer totalement la structure d’origine.
  • Exposition : Technique de TCC où le patient est confronté de façon répétée à des éléments liés à la peur afin de mettre à jour les associations de la structure de la peur.

📝 Points essentiels

  • La théorie explique la peur comme un système de connaissances activé par des indices et maintenu tant que ces associations restent dominantes.
  • L’exposition agit en fournissant des informations nouvelles qui entrent en conflit avec la structure de la peur, ce qui diminue progressivement la réponse émotionnelle.
  • La peur peut diminuer même si la structure de la peur n’est pas totalement supprimée, d’où la possibilité de rechute dans certains contextes.
  • Le maintien émotionnel dépend de la manière dont les informations de la situation sont interprétées et de la place qu’elles prennent dans la structure de la peur.
  • La théorie sert de base à des approches TCC centrées sur la confrontation aux situations redoutées plutôt que sur l’évitement.

💡 Astuce mémo

Peur = “carte” activée par des indices; l’exposition ajoute des routes nouvelles qui contredisent la carte → la peur baisse.

📖 5. Modèle cognitif Ehlers et Clark du TSPT

🔑 Notions clés & Définitions

  • TSPT : Trouble de stress post-traumatique caractérisé par des symptômes liés à l’événement traumatique et à son maintien dans le temps.
  • Modèle cognitif : Cadre explicatif du TSPT qui décrit comment des processus mentaux (croyances, interprétations, attention) entretiennent les symptômes.
  • Croyances sur le traumatisme : Ensemble d’idées persistantes concernant le sens du trauma et ses conséquences, qui orientent l’interprétation des expériences ultérieures.
  • Surinterprétation du danger : Tendance à interpréter des signaux internes ou externes comme menaçants, ce qui renforce l’activation et la peur.
  • Traitement biaisé : Mode de traitement de l’information où l’attention et l’interprétation privilégient les éléments liés au danger, au lieu de les nuancer.

📝 Points essentiels

  • Le modèle d’Ehlers et Clark explique le maintien du TSPT par l’interaction entre interprétations et croyances persistantes liées au trauma.
  • Les croyances inadaptées conduisent à des interprétations menaçantes du présent, ce qui entretient l’activation émotionnelle et les symptômes.
  • Le traitement biaisé de l’information favorise la détection et l’amplification des indices de danger, maintenant la sensation de menace.
  • Les symptômes du TSPT sont maintenus par un cercle où l’interprétation du danger déclenche des réponses (émotionnelles et comportementales) qui renforcent les croyances initiales.
  • La prise en charge cognitive vise à modifier les croyances et les interprétations qui rendent le trauma “actuel” et dangereux, plutôt qu’à seulement réduire les symptômes isolés.

💡 Astuce mémo

Danger = Croyance + Attention : si le cerveau “voit” le danger, il “réactive” le TSPT.

📖 6. Conceptualisation du cas et analyse fonctionnelle TCC

🔑 Notions clés & Définitions

  • Intolérance à l’incertitude : Trait dispositionnel proche de l’anxiété qui rend l’ambiguïté stressante et favorise l’évitement et l’inquiétude.
  • Biais attentionnel : Tendance attentionnelle orientée vers les conséquences négatives potentielles, qui renforce l’interprétation menaçante d’informations ambiguës.
  • Évitement cognitif : Stratégie où la personne supprime ou remplace les pensées inquiétantes pour réduire l’inconfort lié à l’incertitude.
  • Worry Diary : Journal des inquiétudes utilisé pour repérer et catégoriser les inquiétudes afin d’en améliorer la prise de conscience.
  • Exposition imaginaire : Technique TCC qui confronte le patient à des scènes mentales menaçantes pour réduire la peur et l’inquiétude associées.

📝 Points essentiels

  • L’inquiétude se maintient via fatigue cognitive/physiologique, méta-conscience de l’inquiétude, coping inadapté et tentatives inefficaces de contrôle.
  • L’incertitude est perçue comme stressante et difficilement tolérable, ce qui pousse à éviter les situations ambiguës et à imaginer les pires scénarios.
  • La chaîne typique inclut recherche de certitude et d’informations, procrastination, hyper-contrôle/hypervigilance et maintien volontaire de multiples options ouvertes.
  • Le cas de Mme L. illustre une vigilance constante (sécurité des enfants), une analyse excessive des décisions et une évitement des imprévus, sans se percevoir comme anxieuse.
  • L’évaluation TCC peut s’appuyer sur des entretiens et des questionnaires standardisés (WAQ, PSWQ, IUS, WW-II, NPOQ, CAQ, BAI).
  • Les objectifs thérapeutiques incluent diminuer l’inquiétude excessive, augmenter la tolérance à l’incertitude, réduire l’évitement et améliorer la régulation émotionnelle.

💡 Astuce mémo

Incertitude = danger perçu → biais vers le pire → évitement (pensées/actes) → l’inquiétude reste.

📖 7. TCC centrée sur le traumatisme et restructuration

🔑 Notions clés & Définitions

  • TCC centrée sur le traumatisme : Approche de thérapie qui cible les symptômes liés aux événements traumatiques et vise leur intégration adaptative dans la vie du patient.
  • TSPT-C : Forme de TSPT associée à des difficultés plus globales, souvent avec dissociation et retentissement durable sur le fonctionnement.
  • TUS : Mode d’usage problématique d’une substance entraînant une altération du fonctionnement ou une souffrance cliniquement significative sur une durée d’au moins 12 mois.
  • Dissociation : Désorganisation de l’intégration des expériences, pouvant faciliter des conduites à risque et une recherche de “déconnexion” face à une souffrance intolérable.
  • Intégration au cycle de vie : Technique d’intégration mnésique qui reconstruit une ligne du temps pour intégrer les souvenirs, souvent traumatiques, dans la mémoire autobiographique.

📝 Points essentiels

  • TCC centrée sur le traumatisme : exposition aux événements et aux lieux, et prise en compte de la dissociation dans le travail thérapeutique.
  • TUS : perte de contrôle avec consommation plus importante ou plus prolongée que prévu, malgré des efforts infructueux pour réduire.
  • TUS : beaucoup de temps consacré à obtenir la substance, l’utiliser ou récupérer de ses effets.
  • TUS : craving = envie impérieuse, fort désir ou besoin pressant de consommer, ressenti comme très désagréable.
  • TUS : tolérance et sevrage sont des marqueurs centraux, avec sevrage émotionnel et physique très désagréable à l’arrêt.
  • TUS : conséquences typiques incluent incapacité à remplir des obligations, consommation malgré des problèmes interpersonnels, réduction d’activités importantes, usage dans des situations dangereuses, et poursuite malgré/

💡 Astuce mémo

Trauma → émotions intolérables → évitement/dissociation → craving/TUS; la TCC “rebranche” la mémoire (ICV/EMDR) puis consolide (stabilisation→retraitement→réintégration).

📖 8. Objectifs thérapeutiques SMART et auto-enregistrement

🔑 Notions clés & Définitions

  • Alliance thérapeutique : Relation de soin construite pour sécuriser le patient, favoriser l’engagement et valider ses émotions avant d’aborder les changements.
  • Validation émotionnelle : Pratique consistant à reconnaître et légitimer les émotions du patient pour réduire l’insécurité et faciliter la coopération.
  • Exposition à des expériences nouvelles : Technique d’exposition visant à réduire l’évitement expérientiel et comportemental en testant progressivement des situations inédites.
  • ACT : Approche d’acceptation et d’engagement qui aide à accepter les émotions liées à ce qui échappe au contrôle et à agir selon ses valeurs.
  • Prévention de la rechute : Ensemble d’actions visant à repérer les vulnérabilités, les signaux et les situations à risque afin de maintenir les acquis.

📝 Points essentiels

  • Les objectifs doivent répondre à des besoins spécifiques : reconnaissance de la souffrance, sentiment d’insécurité, et réassurance sur la continuité de la prise en charge.
  • Le travail sur les comportements délétères inclut un plan d’urgence pour l’auto-agressivité et une stratégie pour les achats (budget, gestion de la frustration, craving).
  • La prévention de rechute sur le tramadol se fait après un sevrage déjà réalisé, avec un volet de préparation au risque.
  • Pour les TCA, la prise en charge comprend une restructuration cognitive.
  • Le besoin de contrôle et l’intolérance à l’incertitude sont traités par exposition à des expériences nouvelles pour diminuer l’évitement.
  • L’intolérance à l’injustice et la rigidité sur les règles sont abordées via ACT en distinguant ce qui relève du contrôle et ce qui relève des valeurs à suivre.

💡 Astuce mémo

SMART = Sûreté (alliance/validation) → Mesure (auto-enregistrement) → Action (exposition/ACT) → Risque (prévention rechute).

📖 9. Obstacles dans la dépression et stratégies d’action

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mutisme sélectif : Trouble où l’enfant parle peu ou pas dans certains contextes sociaux, alors qu’il peut parler dans d’autres environnements familiers.
  • Anxiété sociale : Anxiété centrée sur la peur d’être jugé ou de ne pas réussir à parler, ce qui maintient l’inhibition et le retrait.
  • Analyse fonctionnelle : Cadre qui relie événements déclencheurs, pensées/émotions, comportements et conséquences afin d’expliquer et cibler le maintien du trouble.
  • Défocalisation : Technique inspirée de l’ACT qui consiste à ne pas se centrer sur le fait de ne pas parler, pour viser l’adaptation à la situation.
  • Façonnage de l’exposition : Exposition progressive qui introduit graduellement la parole dans des situations de plus en plus difficiles, avec des paliers contrôlés.

📝 Points essentiels

  • Le dépistage montre une anxiété élevée chez Max avec seuil SCARED à 25 : père 26, mère 22, et autoévaluation 34.
  • Le profil CBCL met en avant des troubles internalisés avec retrait/isolement et des compétences sociales plutôt basses, sans autre difficulté majeure.
  • L’autoévaluation prime car le trouble est internalisé, et la gêne de ne pas parler explique notamment la case « inefficacité, incompétence ».
  • Le maintien du mutisme est expliqué par une analyse fonctionnelle : anxiété sociale au premier plan, avec anxiété de séparation et multilinguisme pouvant rendre la verbalisation en français moins aisée.
  • Le multilinguisme peut retarder la prise de parole à l’école, ce qui peut masquer le problème au début et compliquer l’interprétation des parents.
  • Le père est décrit comme très effacé, et l’enfant peut aussi être influencé par des modèles parentaux inhibés, ce qui renforce l’évitement social.

💡 Astuce mémo

Mutisme = peur d’être jugé + tunnel anxieux ; on sort du « je dois parler » par défocalisation puis exposition graduée.

📖 10. Évaluation du TCA anorexie et comorbidités

🔑 Notions clés & Définitions

  • Drunkorexie : Trouble où la personne boit beaucoup d’alcool pour éviter de manger, afin de limiter la prise de poids.
  • Seuil de consommation : Repère chiffré de consommation hebdomadaire et journalière utilisé pour classer le risque lié à l’alcool.
  • Comorbidités : Ensemble de troubles associés à l’alcool, qui peuvent entretenir le problème ou en être la conséquence.
  • DETA : Questionnaire de dépistage centré sur le besoin de diminuer, les remarques de l’entourage et la consommation matinale.
  • AUDIT : Outil de dépistage plus fin qui classe la consommation en niveaux de risque à partir de seuils.

📝 Points essentiels

  • Seuil de consommation : 10 verres/semaine (≈ 1,5 verre/jour) avec au moins 2 jours sans alcool, et ne pas conclure à l’absence de problème si le seuil n’est pas dépassé.
  • Risque : la non-dépassement du seuil peut masquer des épisodes de type binge eating selon le contexte clinique.
  • Comorbidités fréquentes : dépression, troubles bipolaires, troubles anxieux, phobie sociale, ESPT, agoraphobie et attaques de panique.
  • Autres comorbidités : addictions avec ou sans substance (tabac, cannabis, cocaïne, jeux d’argent, héroïne) et TCA type drunkorexie.
  • Comorbidités moins connues : TDAH (alcool inhibiteur apaisant la dysrégulation émotionnelle) et troubles de la personnalité borderline (vide comblé par l’alcool).
  • Idées suicidaires : à rechercher dans l’évaluation car elles peuvent coexister avec le trouble lié à l’alcool.

💡 Astuce mémo

Seuil ≠ sécurité : seuil bas peut cacher binge eating ; DETA/AUDIT = dépister le risque caché.

📖 11. Traumatismes dissociatifs et mécanismes de sidération

🔑 Notions clés & Définitions

  • Sidération : La sidération est un état de blocage où le sujet réagit de façon figée, comme si l’action et la pensée étaient momentanément empêchées.
  • Dissociation : La dissociation regroupe des perturbations de l’intégration entre sensations, émotions, mémoire et conscience, pouvant mener à un sentiment d’irréalité ou de déconnexion.
  • Activation comportementale : L’activation comportementale est une intervention qui pousse la personne à agir et bouger, afin de réduire l’inertie et de relancer l’engagement dans des activités concrètes.
  • Gestion des émotions : La gestion des émotions consiste à prendre conscience de ses émotions, à les reconnaître et à identifier aussi celles des autres pour mieux réguler ses réactions.
  • Thérapie d’acceptation et d’engagement : La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) vise à travailler l’acceptation des expériences internes et l’engagement dans des actions guidées par des valeurs.

📝 Points essentiels

  • La sidération peut s’accompagner d’un ralentissement ou d’un arrêt des réponses cognitives et émotionnelles, rendant l’action difficile à initier.
  • L’activation comportementale consiste à amener la personne à bouger et à faire des actions concrètes (ex. rencontrer des personnes, ranger sa chambre), plutôt que de rester dans le cognitif ou l’émotionnel.
  • L’activation comportementale augmente l’estime de soi car la personne se sent plus capable en constatant qu’elle peut agir.
  • Les thérapies cognitives individualisent la prise en charge en tenant compte de l’expérience passée du patient, ce qui facilite la généralisation au quotidien.
  • La prise en compte des émotions du patient passe par l’apprentissage de la conscience émotionnelle et de la reconnaissance des émotions chez soi et chez autrui.
  • La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) est citée comme approche centrée sur la régulation via l’acceptation et l’engagement dans des actions utiles.

💡 Astuce mémo

Sidération = « gel » ; Activation comportementale = « bouger pour dégel ».

📖 12. TDAH diagnostic clinique et attention soutenue

🔑 Notions clés & Définitions

  • Inattention : L’inattention regroupe des difficultés persistantes à maintenir l’attention, à suivre les consignes et à terminer les tâches.
  • Soutien d’attention au travail : Le soutien d’attention au travail correspond à la capacité à rester focalisé sur des activités difficiles ou exigeantes.
  • Hyperactivité et impulsivité : L’hyperactivité et l’impulsivité décrivent une agitation motrice et des comportements impulsifs inadaptés au contexte.
  • Âge de début : L’âge de début indique que les symptômes doivent être présents avant 12 ans pour retenir un diagnostic de TDAH.
  • Environnements multiples : La présence dans des environnements multiples signifie que les symptômes apparaissent dans au moins deux contextes différents.

📝 Points essentiels

  • Les critères d’inattention incluent des erreurs d’étourderie, une difficulté à écouter quand on parle, et une non-conformité aux consignes avec difficulté à finir les devoirs.
  • L’inattention comprend aussi une mauvaise organisation des travaux/activités, l’évitement des tâches demandant un effort mental soutenu, et des pertes d’objets.
  • L’inattention inclut la distraction facile par des stimuli externes et des oublis fréquents dans la vie quotidienne.
  • Les critères d’hyperactivité/impulsivité incluent remuer mains et pieds, se lever en classe, courir/grimper partout, et parler trop.
  • Les critères d’hyperactivité/impulsivité doivent être présents avant 12 ans et se manifester dans au moins deux types d’environnements différents.
  • Les symptômes doivent couvrir au moins deux catégories (inattention et/ou hyperactivité-impulsivité) pour répondre à l’exigence de diversité des manifestations.

💡 Astuce mémo

INATTENTION = erreurs + consignes + organisation + évitement + objets + distractions + oublis ; HYPER/IMPULSIVITÉ = bouger + se lever + courir/grimper + parler trop ; Début <12 ans et ≥2 environnements.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1985Théorie du traitement émotionnel (Foa & Kozak, 1985)
2000Modèle cognitif du TSPT (Ehlers et Clark, 2000)
1997Sidération (Levine, 1997)
2015Régulation des émotions (Seligowski et al., 2015)
2024Salmona (2024) sur la sidération
2025Harvey et al. (2025) sur TSPT/TSPT-C chez des patients en addictologie

📊 Tableaux de synthèse

DSM-IV vs DSM-V pour le TSPT

ClassificationPosition du TSPTLogique
DSM-IVTroubles anxieuxLe TSPT est classé parmi les troubles anxieux plutôt que comme trouble centré sur le traumatisme
DSM-VTrouble causé par traumatismes et facteurs de stressLe TSPT est rattaché à l’exposition à des traumatismes et à des facteurs de stress

TSPT selon l’âge (DSM-5)

Groupe d’âgeOrganisation des symptômesDomaines
Adultes et enfants > 6 ans4 domainesIntrusion / Évitement / Cognition-humeur négatives / Éveil-réactivité altérés
Enfants de 6 ans ou moinsFormulations adaptéesDomaines similaires mais présentés sous une forme développementale spécifique

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre DSM-IV et DSM-V : dans le DSM-V le TSPT est rattaché aux traumatismes/facteurs de stress, alors que le DSM-IV le range parmi les troubles anxieux.
  2. Croire que le DSM suffit : le cours insiste sur l’évaluation de l’intensité de la souffrance et des comorbidités, pas seulement sur les clusters.
  3. Penser que l’exposition sert à “effacer” la structure de la peur : selon Foa & Kozak, la peur peut diminuer sans suppression totale, d’où des rechutes possibles.
  4. Inverser les mécanismes : chez Skinner/Watson, l’évitement maintient le trouble (renforcement négatif), tandis que la peur/anxiété viennent du conditionnement classique.
  5. Mélanger TSPT simple et TSPT complexe : le complexe ajoute dysrégulation émotionnelle, difficultés relationnelles et perturbation de l’image de soi.
  6. Confondre TUS et TSPT : le cours définit le TUS par perte de contrôle, craving, tolérance, sevrage et conséquences fonctionnelles sur une durée d’au moins 12 mois.
  7. Oublier le cadre TDAH : les symptômes doivent être présents avant 12 ans et dans au moins deux environnements, et couvrir au moins deux catégories (inattention et/ou hyperactivité-impulsivité).

✅ Checklist Examen

  1. Identifier la différence DSM-IV vs DSM-V concernant la place du TSPT (trouble anxieux vs trouble causé par traumatismes/facteurs de stress).
  2. Décrire l’exposition traumatique (directe/indirecte, violence/menace de mort/abus sexuel, exposition répétée/extrême aux détails) et rappeler que le trouble n’est pas systématique.
  3. Lister les 4 clusters DSM du TSPT et donner au moins un exemple pour chacun (intrusion, évitement, cognition/humeur négatives, éveil/réactivité).
  4. Expliquer la “définition stricte” DSM du TSPT : menaces psychologiques non considérées dans la description.
  5. Expliquer le maintien du TSPT selon l’évitement (lien stimuli associés à la peur → éviter → soulagement = renforcement négatif).
  6. Expliquer la théorie du traitement émotionnel (structure de la peur, activation/inhibition, exposition comme conflit d’informations) et pourquoi la structure peut persister.
  7. Expliquer le modèle d’Ehlers et Clark (croyances post-traumatiques inadaptées, surinterprétation du danger, traitement biaisé, cercle interprétation → réponses → maintien).
  8. Connaître les grandes options TCC centrées sur le trauma citées (exposition prolongée, thérapie cognitive, EMDR, exposition narrative) et l’idée générale de retravailler la mémoire/les croyances.
  9. Décrire la conceptualisation TCC et l’analyse fonctionnelle (chaîne situations-pensées/émotions-comportements-conséquences) et relier au cas d’inquiétude/contrôle (intolérance à l’incertitude, biais attentionnel, évit. /
  10. Maîtriser les étapes d’intervention en TAG du cours : psychoéducation (inquiétude), réévaluation de l’utilité, exposition comportementale, résolution de problèmes, exposition imaginaire, prévention de la rechute.
  11. Pour le TSPT-TUS : rappeler les définitions clés (TUS, craving, tolérance, sevrage) et au moins 3 conséquences typiques (obligations, situations dangereuses, poursuite malgré problèmes).
  12. Pour le TSPT-C : décrire les 3 phases (stabilisation, retraitement ICV, réintégration/consolidation) et au moins 3 axes de la phase 1 (gestion émotions, relations interpersonnelles, psychoéducation, plan d’urgence, ex. T

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Introduction aux troubles liés au trauma avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Dans le TSPT selon le DSM-5, quel ensemble de symptômes doit être présent en regroupements distincts pour établir le diagnostic ?

2. Dans l’évolution des classifications, quelle différence distingue le DSM-IV du DSM-5 concernant le TSPT ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction aux troubles liés au trauma avec 24 flashcards interactives.

Trouble du stress post-traumatique — clusters ?

Intrusion, évitement, cognition/humeur, éveil/réactivité.

DSM-V TSPT — classification ?

Trouble causé par traumatismes et facteurs de stress.

DSM-IV TSPT — classification ?

Trouble anxieux.

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