Fiche de révision : Précautions complémentaires infectieuses

Plan du Cours

  1. Indications et objectifs des précautions complémentaires
  2. Choix du type de précaution respiratoire
  3. Précautions complémentaires contact
  4. Mesures spécifiques des infections particulières
  5. Précautions respiratoires et niveaux de protection
  6. Gestion de l’environnement et information
  7. Isolement protecteur des patients immunodéprimés

1. Indications et objectifs des précautions complémentaires

Notions clés & Définitions

  • Précautions complémentaires : Mesures ajoutées aux précautions standard pour certaines situations ou certains patients, selon le risque de transmission.

★ À maîtriser

  • La mise en place des précautions complémentaires est prescrite médicalement, expliquée au patient, notifiée dans son dossier et peut débuter avant la confirmation de l’étiologie.

  • Elles visent à prévenir la transmission de microorganismes, organiser leur signalisation et adapter les soins au risque infectieux.

Compléments

  • Les précautions complémentaires sont adaptées au mode de transmission du microorganisme et à la prise en charge, qui peut avoir lieu en EMS, à domicile ou à l’hôpital.

  • Les indications comprennent :

    • un fort potentiel de transmission croisée
    • un pouvoir pathogène
    • une résistance aux antibiotiques
    • une résistance dans l’environnement
    • un caractère émergent de l’agent infectieux

2. Choix du type de précaution respiratoire

★ À maîtriser

  • Les infections citées pour les précautions respiratoires de groupe A, de type gouttelettes, sont :

    • la grippe
    • la coqueluche
    • la méningite à méningocoque
    • les oreillons
    • la scarlatine
    • la rubéole
    • l’infection de gorge à streptocoque A
    • la bronchiolite à VRS
    • la COVID-19
  • Les précautions respiratoires de groupe B, de type air, concernent :

    • la tuberculose pulmonaire
    • la varicelle
    • le zona généralisé
    • la rougeole

Compléments

📌 Dans la plupart des situations, le portage d’une bactérie multirésistante aux antibiotiques ne justifie pas à lui seul des précautions complémentaires de type géographique.

  • Les exemples d’infections justifiant des précautions contact comprennent : les infections cutanées comme l’herpès, le zona et l’érysipèle, la gale, la conjonctivite virale, les gastroentérites, les diarrhées à Clostridioides difficile, les BHRe, certaines bactéries multirésistantes, la COVID-19

  • La tuberculose pulmonaire résistante relève des précautions respiratoires de groupe C, de type air.

3. Précautions complémentaires contact

★ À maîtriser

📌 En précautions contact, une friction hydro-alcoolique est réalisée après tout contact avec le patient et son environnement, impérativement à la sortie de la chambre.

📌 La transmission par contact direct comprend le manuportage et constitue le mode de transmission le plus fréquent des infections associées aux soins, tandis que la transmission indirecte passe par des mains en contact avec un environnement contaminé, du linge, des surfaces ou du matériel.

Compléments

  • Pour la gale, les poux et Clostridioides difficile, les mains sont lavées au savon doux puis frictionnées au produit hydro-alcoolique, tandis que les gants ne sont pas utilisés hors précautions standard.

  • Le tablier est porté lors d’un contact direct ou rapproché avec le patient ou son environnement, et une surblouse est mise dès l’entrée en chambre pour la gale et Clostridioides difficile.

  • En précautions contact, le patient réalise une hygiène des mains lors de ses déplacements et fait changer ses protections ou refaire ses pansements avant de sortir.

  • Une chambre seule ou un regroupement géographique peut être décidé selon l’évaluation du risque et en cas d’épidémie, mais le patient ne doit pas être confiné.

4. Mesures spécifiques des infections particulières

★ À maîtriser

📌 Pour Clostridioides difficile, la chambre, l’équipement et le matériel sont nettoyés et désinfectés avec un produit sporicide, et le linge est entretenu à 60 °C.

Compléments

  • En cas d’utilisation d’Oxy’Floor, le produit est dilué à 0,5 % en versant un sachet de 25 g dans 5 litres d’eau, puis la date et l’heure de reconstitution sont notées et la solution est conservée au maximum 8 heures.
  • En l’absence d’Oxy’Floor, le bionettoyage à l’eau de Javel consiste à nettoyer au détergent, rincer à l’eau courante, puis désinfecter avec de l’eau de Javel à 2,6 % diluée au 1/5ème, laisser sécher 10 minutes et rincer obligatoirement l’inox.

📌 Pour la gale et les poux, une chambre seule, un habillage systématique, des gants non stériles adaptés aux gestes et une surblouse avec ou sans tablier sont prévus, avec une hygiène des mains identique à celle décrite pour Clostridioides difficile.

  • Pour Clostridioides difficile, le linge de la structure est placé dans un sac spécifique ou hydrosoluble, tandis que le linge du patient est placé dans un sac transparent et la famille est informée d’un entretien à 60 °C.

5. Précautions respiratoires et niveaux de protection

★ À maîtriser

  • En précautions respiratoires simples, les professionnels et visiteurs portent un masque chirurgical avant d’entrer et le retirent après être sortis de la chambre.

  • En précautions respiratoires renforcées ou maximales, les professionnels portent un appareil de protection respiratoire FFP2 avant d’entrer dans la chambre et le retirent après être sortis et avoir fermé la porte.

  • En précautions respiratoires maximales, le patient est placé en chambre individuelle à pression négative ou avec une ventilation additionnelle suppléante, porte fermée et sorties limitées.

Compléments

  • En précautions respiratoires simples, la chambre est individuelle, la porte reste fermée, l’aération ou la ventilation est régulière et les sorties sont encadrées.

  • En précautions respiratoires renforcées, la chambre est individuelle, la porte reste fermée, l’aération ou la ventilation est régulière et les sorties sont limitées.

  • En précautions respiratoires simples, le patient porte un masque chirurgical lorsqu’une personne entre dans sa chambre si son âge et son état clinique le permettent, et un patient immunodéprimé porte un FFP2.

  • En précautions respiratoires renforcées, le patient porte un masque à usage médical lorsqu’il sort de sa chambre, ou un FFP2 s’il est immunodéprimé.

  • En précautions respiratoires maximales, le patient porte un FFP2 lorsqu’il sort de sa chambre s’il peut le supporter, ou à défaut un masque à usage médical.

  • Pour les précautions respiratoires simples et renforcées, le renouvellement d’air minimal est de 6 volumes par heure sans recyclage, ou l’aération est réalisée régulièrement par ouverture des fenêtres porte fermée.

  • En précautions respiratoires maximales, le taux de CO₂ maximal en occupation est de 800 ppm.

  • Le port d’une barbe, même de quelques jours, compromet l’étanchéité d’un masque FFP2.

Astuce mémo

Simple : masque médical ; renforcée : FFP2 ; maximale : chambre à pression négative.

6. Gestion de l’environnement et information

★ À maîtriser

  • Pour toutes les précautions complémentaires, les soins sont regroupés et réalisés en terminant par le patient concerné, le matériel à usage unique est favorisé et le matériel réutilisable est dédié ou individualisé et désinfecté au moins toutes les 24 heures.

  • La signalisation et l’information concernent :

    • le dossier du patient
    • la planification murale
    • les demandes d’examen avec déplacement
    • les fiches de liaison
    • les transmissions orales et écrites
    • le patient
    • la famille
    • les visiteurs

Compléments

  • Le matériel réutilisable non dédié est nettoyé et désinfecté après chaque usage, et le stockage de matériel à usage unique dans la chambre est limité pour éviter de le jeter à la fin du séjour.

  • Pour toutes les précautions complémentaires, le bionettoyage de la chambre est réalisé en dernier, avec tablier et gants à usage unique jetés après utilisation.

  • Pour toutes les précautions complémentaires, les repas sont distribués en dernier.

  • En précautions respiratoires de type air, la poubelle DAOM est placée à l’extérieur de la chambre, tandis que le tri des autres déchets et l’évacuation des déchets liquides et des excréta suivent les modalités habituelles.

7. Isolement protecteur des patients immunodéprimés

Notions clés & Définitions

  • Isolement protecteur : Mesure visant à éviter la transmission d’agents infectieux depuis des réservoirs humains ou environnementaux vers des patients immunodéprimés.

Points essentiels

  • En isolement protecteur, un masque de soins est porté systématiquement avant d’entrer, tandis que le tablier, la surblouse et la charlotte sont utilisés selon les actes.

  • En isolement protecteur, le bionettoyage est réalisé en premier et la distribution des repas a lieu en premier.

  • En isolement protecteur, le patient porte un masque FFP2 lorsqu’il sort de sa chambre.

  • Les réservoirs endogènes comprennent :

    • la flore commensale cutanée
    • la flore commensale digestive
    • la flore commensale respiratoire du patient
  • Les réservoirs exogènes comprennent : les autres patients, le personnel soignant, les visiteurs, l’eau, l’air, le sol, le mobilier hôtelier, le matériel de soins, l’architecture hospitalière, les déchets et le linge

  • Au CHIPS, l’isolement protecteur comporte deux niveaux : le niveau 1, protecteur simple, et le niveau 2, protecteur renforcé, avec chambre en oncologie équipée d’un plasmair.

  • En isolement protecteur, les visiteurs se désinfectent les mains avant chaque entrée et sortie, portent un masque de soins, sont limités à deux à la fois et les enfants ne sont pas admis.

Tableaux de synthèse

Précautions respiratoires selon le niveau

NiveauProtection professionnelleChambre et sorties
SimplesMasque chirurgicalChambre individuelle, sorties encadrées
RenforcéesFFP2Chambre individuelle, sorties limitées
MaximalesFFP2Chambre à pression négative ou ventilation additionnelle, sorties limitées

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Précautions complémentaires infectieuses avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Un patient présente un risque de transmission nécessitant des mesures supplémentaires. Quelle place les précautions complémentaires occupent-elles par rapport aux précautions standard ?

2. Un patient présente des signes évocateurs d’une infection transmissible, mais l’agent responsable n’est pas encore identifié. Que peut-on faire concernant les précautions complémentaires ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Précautions complémentaires infectieuses avec 10 flashcards interactives.

Que sont les précautions complémentaires ?

Des mesures ajoutées aux précautions standard selon le risque de transmission.

Qui prescrit les précautions complémentaires ?

Un médecin.

Quelles infections relèvent des précautions respiratoires de groupe A, de type gouttelettes ?

La grippe, la coqueluche, la méningite à méningocoque, les oreillons, la scarlatine, la rubéole, l’infection de gorge à streptocoque A, la bronchiolite à VRS et la COVID-19.

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