Fiche de révision : Pathologies coronariennes aiguës et chroniques

Plan du Cours

  1. Douleur thoracique et facteurs de risque
  2. Athérome et syndromes coronariens
  3. Diagnostic et gravité du SCA
  4. Traitements urgents du SCA ST+
  5. Surveillance et complications cardiaques
  6. Traitement après infarctus
  7. Syndrome coronarien chronique

1. Douleur thoracique et facteurs de risque

★ À maîtriser

  • La douleur thoracique s’évalue selon le TILTP : type, intensité, localisation, temps et facteurs provoquants.

  • La douleur évocatrice d’un SCA ST+ est constrictive, rétrosternale, souvent irradiée au bras gauche et à la mâchoire, brutale, intense et persistante au repos.

  • Les facteurs de risque coronarien relevés chez M. Bernard sont l’hypertension artérielle, la dyslipidémie, le tabagisme à 30 paquets-années, le diabète de type 2 et un père décédé d’un infarctus à 58 ans.

Compléments

  • Les facteurs de risque cardiovasculaire fragilisent les vaisseaux et favorisent le développement de plaques d’athérome, notamment en présence d’une dyslipidémie.

2. Athérome et syndromes coronariens

Notions clés & Définitions

  • Syndrome coronarien chronique : Correspond à la présence de plaques d’athérome sans rupture, qui diminuent la lumière des artères coronaires.

★ À maîtriser

  • Dans le syndrome coronarien chronique, le rétrécissement coronaire peut laisser des apports suffisants au repos, mais l’effort augmente les besoins et entraîne une hypoxie du muscle cardiaque en aval, avec douleur d’effort.

  • La rupture d’une plaque lésant l’endothélium met le facteur von Willebrand en contact avec les plaquettes, recrute d’autres plaquettes et déclenche l’hémostase jusqu’à la formation d’un thrombus.

  • L’obstruction coronaire complète prive le muscle cardiaque d’oxygène, provoque une anoxie puis une nécrose et entraîne une douleur brutale, intense et permanente qui ne cède pas au repos.

📌 Le SCA non ST+ correspond à une rupture de plaque avec obstruction partielle, tandis que le SCA ST+ correspond à une rupture avec obstruction complète.

Compléments

📌 Le syndrome coronarien chronique résulte d’une plaque d’athérome sans rupture, tandis que les syndromes coronariens aigus résultent d’une rupture de plaque.

Astuce mémo

Plaque rétrécissante : gêne à l’effort ; plaque rompue : douleur aiguë persistante.

3. Diagnostic et gravité du SCA

★ À maîtriser

  • Un sus-décalage du segment ST visible à l’ECG permet d’identifier un SCA ST+ et de le distinguer d’un SCA non ST+.

  • Le SCA ST+ est une urgence vitale absolue, alors que le syndrome coronarien chronique nécessite un avis spécialisé sans être une urgence vitale immédiate.

Compléments

  • Une occlusion coronaire proximale est plus délétère qu’une occlusion distale, car elle compromet l’irrigation d’une partie plus importante du cœur.

  • L’artère interventriculaire antérieure est décrite comme une artère « ligne de vie » : son obstruction peut provoquer un arrêt cardiaque.

4. Traitements urgents du SCA ST+

★ À maîtriser

  • L’oxygène n’est pas administré systématiquement dans cette situation et est indiqué si la SpO₂ est inférieure à 94 %, car il peut provoquer une vasoconstriction coronaire.

  • La coronarographie utilise un cathéter introduit par l’artère radiale et un produit de contraste pour localiser les rétrécissements ou obstructions coronaires.

  • L’angioplastie peut associer les gestes suivants :

    • Aspiration du caillot
    • Écrasement de la plaque par ballonnet
    • Pose d’un stent
  • Si la coronarographie immédiate n’est pas possible, une fibrinolyse peut être administrée dans les 30 minutes suivant la première prise en charge médicale, puis être suivie d’une coronarographie dans les 24 heures.

Compléments

  • La morphine intraveineuse est utilisée contre la douleur, car la douleur et l’anxiété activent le système sympathique et augmentent la pression artérielle et le travail cardiaque.

  • L’aspirine (Aspégic) intraveineuse vise à prévenir la formation d’un thrombus sur une autre plaque rompue.

  • L’héparine non fractionnée administrée au pousse-seringue électrique vise à prévenir l’extension d’un thrombus déjà constitué.

  • Un fibrinolytique dissout la fibrine du caillot et peut ainsi déboucher l’artère coronaire, mais la fibrinolyse augmente le risque hémorragique.

  • Le bilan sanguin comprend :

    • Une NFS
    • Un ionogramme
    • Un dosage de la créatinine
    • Un bilan de coagulation avec TCA
    • Un dosage des troponines
  • Les troponines sont des protéines présentes dans les cellules musculaires cardiaques ; leur taux élevé est un marqueur de destruction de ces cellules.

5. Surveillance et complications cardiaques

★ À maîtriser

  • La nécrose du muscle cardiaque peut provoquer des troubles du rythme allant jusqu’à la fibrillation ventriculaire et à l’arrêt cardiaque.

  • La nécrose s’étend avec le temps et le muscle détruit est remplacé par un tissu fibreux non contractile, ce qui réduit la capacité d’éjection et le volume d’éjection systolique.

Compléments

📐 Formule - La pression artérielle dépend du volume d’éjection systolique, de la fréquence cardiaque et des résistances périphériques : PA=VES×FC×RPPA = VES \times FC \times RP.

  • La baisse du volume d’éjection systolique diminue la pression artérielle et déclenche une augmentation des résistances périphériques et de la fréquence cardiaque, ce qui augmente le travail cardiaque et les besoins en oxygène du myocarde.

Astuce mémo

Nécrose étendue → tissu non contractile → baisse de l’éjection et risque rythmique.

6. Traitement après infarctus

★ À maîtriser

  • Après un SCA, le traitement de sortie comprend un bêtabloquant, deux antiagrégants plaquettaires associés pendant 6 à 12 mois, une statine et un IEC ou un ARA2.

Compléments

📌 Un antialdostérone est ajouté au traitement après SCA si la fraction d’éjection est inférieure à 40 %.

  • Le bêtabloquant diminue la fréquence cardiaque et l’IEC favorise la vasodilatation, afin de réduire le travail cardiaque et les besoins myocardiques en oxygène.

  • La prise en charge après infarctus comprend la rééducation à l’effort, l’éducation thérapeutique et la prévention des facteurs de risque cardiovasculaire.

7. Syndrome coronarien chronique

★ À maîtriser

  • Le syndrome coronarien chronique se manifeste par une gêne thoracique à l’effort qui diminue au repos.

Compléments

  • Une gêne thoracique récurrente lors de la marche rapide ou en montée, calmée après quelques minutes de repos, est compatible avec un syndrome coronarien chronique.

📌 Une suspicion de syndrome coronarien chronique nécessite un avis médical et un suivi cardiologique rapide en raison du risque de rupture de plaque.

  • Les mesures hygiéno-diététiques sont importantes dans la prévention des facteurs de risque du syndrome coronarien chronique.

Astuce mémo

À l’effort, la demande dépasse l’apport ; au repos, les symptômes diminuent.

Tableaux de synthèse

Syndromes coronariens

SyndromePlaque et obstructionPrésentation
SCA ST+Rupture, obstruction complèteSus-décalage du segment ST ; urgence vitale absolue
SCA non ST+Rupture, obstruction partiellePas de sus-décalage du segment ST
Syndrome coronarien chroniquePlaque non rompue, lumière diminuéeGêne d’effort diminuant au repos

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Pathologies coronariennes aiguës et chroniques avec 19 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lors de l’évaluation d’une douleur thoracique, quelle série d’éléments faut-il examiner en suivant le TILTP ?

2. Une personne décrit une douleur constrictive et rétrosternale, irradiant au bras gauche et à la mâchoire, brutale et intense, qui persiste alors qu’elle est au repos. Quel tableau cette douleur évoque-t-elle ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Quels éléments le TILTP utilise-t-il pour évaluer une douleur thoracique ?

Type, intensité, localisation, temps et facteurs provoquants.

Quelle irradiation caractérise souvent la douleur d’un SCA ST+ ?

Le bras gauche et la mâchoire.

Quelle est la localisation typique de la douleur d’un SCA ST+ ?

Rétrosternale.

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