Fiche de révision : Prévention du risque infectieux

Plan du Cours

  1. Agents infectieux et résistances
  2. Réservoirs et flore humaine
  3. Transmission et hôte réceptif
  4. Infections nosocomiales et chaîne
  5. Précautions standards
  6. Accidents et entretien des soins
  7. Précautions complémentaires
  8. Isolement protecteur et information

1. Agents infectieux et résistances

Notions clés & Définitions

  • Bactéries multirésistantes : Bactéries ayant acquis des résistances aux antibiotiques, comme les SARM et les bactéries productrices de BLSE.

★ À maîtriser

  • Les principales bactéries responsables d’infections nosocomiales sont: les staphylocoques, les streptocoques, les entérobactéries dont E. coli et Klebsiella, Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter

  • Les bactéries hautement résistantes émergentes comprennent les entérobactéries productrices de carbapénémase et les entérocoques résistants aux glycopeptides.

📌 Les virus se répliquent en infectant une cellule et les antibiotiques sont complètement inefficaces contre eux, le traitement étant antiviral ou symptomatique.

Compléments

  • La gale est due à un parasite cutané invisible à l’œil nu et provoque d’importantes démangeaisons, tandis que les poux parasitent notamment les cheveux.

Astuce mémo

Bactéries = antibiotiques possibles ; virus = antibiotiques inefficaces

2. Réservoirs et flore humaine

Notions clés & Définitions

  • Réservoir : Milieu humain ou environnemental dans lequel des micro-organismes peuvent être présents et se maintenir.

★ À maîtriser

  • Les réservoirs environnementaux comprennent: les équipements médicaux ou hôteliers, l’eau exposant au risque de légionelle, l’air exposant au risque aspergillaire, les aliments exposant au risque de toxi-infection alimentaire

  • La flore humaine varie selon le site : la salive contient 10⁶ UFC/mL, la plaque dentaire 10¹¹ UFC/g, la peau 10² à 10⁶ UFC/cm², l’urètre 10³ UFC/mL et le tube digestif 10⁹ UFC/g.

  • Le rotavirus persiste de 1 à 10 jours sur les surfaces, le virus influenza de 12 à 48 heures, Staphylococcus aureus plusieurs semaines sur les surfaces sèches, Pseudomonas aeruginosa une semaine sur les surfaces humides et le VRS jusqu’à 6 heures sur les surfaces et le linge.

Compléments

  • Chez l’être humain, on compte environ 10¹³ cellules et 10¹⁴ micro-organismes.

Astuce mémo

Une chaîne relie réservoir, surface contaminée et patient

3. Transmission et hôte réceptif

Points essentiels

📌 La transmission par contact direct implique un contact physique entre personnes, tandis que la transmission par contact indirect passe par un objet contaminé intermédiaire.

📌 La transmission par gouttelettes concerne de courtes distances, tandis que la transmission par voie aérienne implique des noyaux de gouttelettes infectieux pouvant atteindre plus de 4 mètres.

  • Les facteurs de risque liés au patient comprennent:

    • le diabète
    • l’immunodépression
    • l’insuffisance rénale ou hépatique
    • le polytraumatisme
    • les fractures ouvertes
    • les brûlures
    • la dénutrition
    • les âges extrêmes
    • le tabagisme
  • Les portes d’entrée des micro-organismes sont:

    • l’effraction cutanée
    • les muqueuses
    • les dispositifs invasifs

Astuce mémo

Contact, gouttelettes, air : du proche vers le diffus

4. Infections nosocomiales et chaîne

Notions clés & Définitions

  • Infection nosocomiale : Infection contractée au cours d’un séjour dans un établissement de santé, absente au moment de l’admission, et aussi appelée infection associée aux soins.

Points essentiels

  • Les infections nosocomiales concernent environ 1 patient sur 20, soit 5,71 %, et touchent 600 000 à 1 000 000 de patients par an.

  • Une infection nosocomiale entraîne en moyenne 7 jours de prolongation du séjour hospitalier et un surcoût moyen de 1 000 € par infection.

📌 La chaîne de transmission croisée peut être brisée par les précautions standards et les précautions complémentaires d’hygiène.

Astuce mémo

Risque infectieux → infection associée aux soins → séjour prolongé et surcoût

5. Précautions standards

Points essentiels

  • Depuis 1998, les précautions universelles sont désignées comme précautions standard et elles ont été réactualisées en 2017.

  • Les huit précautions standard concernent:

    • la tenue
    • l’hygiène des mains
    • les équipements de protection individuelle
    • l’hygiène respiratoire
    • la prévention des accidents exposant au sang
    • la gestion des excréta
    • la gestion du matériel et de l’environnement
    • les déchets

📌 Le lavage des mains au savon doux élimine les salissures et réduit la flore transitoire sans désinfecter, tandis que la friction hydro-alcoolique élimine la flore transitoire et réduit la flore résidente sans laver.

📌 Le lavage des mains comporte au moins 15 secondes de savonnage et 30 secondes de rinçage, tandis que la friction hydro-alcoolique dure au moins 30 secondes.

  • La friction hydro-alcoolique s’utilise sur des mains visiblement propres et sèches, mais pas sur des mains souillées ou mouillées, après des soins à un patient atteint de Clostridium difficile ou après des soins à un patient atteint de parasitose.

  • Les cinq indications de la friction hydro-alcoolique sont:

    • avant de toucher un patient
    • avant un geste aseptique
    • après un risque d’exposition à un liquide biologique
    • après avoir touché un patient
    • après avoir touché son environnement

Astuce mémo

THÉGEMED : tenue, hygiène des mains, équipements, gestion respiratoire, excréta, matériel, déchets

6. Accidents et entretien des soins

Points essentiels

  • Les gants sont indiqués en cas de contact ou de risque avec:

    • des liquides biologiques ou du sang
    • une muqueuse ou la peau lésée d’un patient
    • sa propre peau lésée
    • des produits chimiques
  • Les gants doivent être changés: entre deux patients, entre deux soins chez un même patient si l’on passe d’un site contaminé à un site propre, avant de toucher l’environnement

  • 🔄 En cas d’exposition cutanée à un risque viral, il faut: laver la région à l’eau et au savon, l’antiseptiser pendant 5 minutes avec du Dakin ou de la Bétadine dermique, la rincer, la sécher, poser un pansement sec stérile

  • Les bonnes pratiques des objets piquants, coupants et tranchants imposent de les placer au plus près du soin, de ne pas les recapuchonner ni les désadapter à la main, et de fermer définitivement le conteneur avant son évacuation en DASRI.

  • La détergence rend les surfaces visuellement propres sans les désinfecter, tandis qu’un détergent-désinfectant possède une double propriété de nettoyage et de désinfection sans rinçage.

  • L’entretien de l’environnement se réalise entre chaque patient, en fin de journée et selon les précautions complémentaires, en allant du haut vers le bas et du plus propre vers le plus sale.

  • Les DAOM sont des déchets ménagers sans risque identifié, tandis que les DASRI comprennent les objets piquants ou coupants, les produits sanguins, les déchets anatomiques humains et certains petits matériels de soins.

Astuce mémo

Laver, antiseptiser, rincer, sécher, panser

7. Précautions complémentaires

★ À maîtriser

  • Les précautions complémentaires d’hygiène dépendent du mode de transmission, du germe, de son pouvoir de dissémination, du risque pour le patient, de la difficulté du traitement et de la gravité potentielle de l’infection.

  • Les trois principaux types de précautions complémentaires sont:

    • les précautions contact
    • les précautions gouttelettes
    • les précautions air
  • Les précautions contact concernent notamment les BMR, les BHRe et les diarrhées infectieuses, avec blouse ou protection des vêtements, hygiène des mains par SHA et gants selon le risque.

  • Les précautions gouttelettes concernent notamment:

    • la grippe
    • la COVID-19
    • le VRS
    • l’angine à streptocoque A
    • la méningite à méningocoque
    • les oreillons
    • la rubéole
  • Les précautions air concernent notamment la tuberculose, la rougeole et la varicelle, avec un masque FFP2 pour le soignant et un masque chirurgical pour le patient lorsqu’il sort de sa chambre.

Compléments

  • Les précautions complémentaires parasitaires concernent:
    • la gale
    • la pédiculose
    • les puces
    • les punaises de lit

Astuce mémo

Contact, gouttelettes, air : chaque mode impose une protection spécifique

8. Isolement protecteur et information

★ À maîtriser

📌 L’isolement protecteur vise à empêcher la transmission d’agents infectieux à des patients immunodéprimés grâce à une chambre particulière porte fermée, une désinfection minutieuse du matériel, une alimentation protégée, une eau en bouteille et une organisation prioritaire des soins.

📌 Les précautions complémentaires doivent être mises en place dès la suspicion d’une maladie contagieuse, d’une infection associée aux soins ou d’une épidémie.

Compléments

📌 La prévention ne s’arrête pas à la sortie du lieu de travail : le patient et les différents intervenants doivent être informés, en tenant compte du retentissement psychologique de l’isolement.

Tableaux de synthèse

Modes de transmission et précautions

TypeAgents ou situationsProtection principale
ContactBMR, BHRe, diarrhées infectieusesGants, blouse ou protection des vêtements, hygiène des mains
GouttelettesGrippe, COVID-19, VRS, méningocoqueMasque chirurgical
AirTuberculose, rougeole, varicelleMasque FFP2 pour le soignant
ParasitaireGale, pédiculose, puces, punaises de litLavage puis SHA, gants, blouse

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Prévention du risque infectieux avec 14 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant les bactéries multirésistantes, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

2. Quelles sont les principales bactéries responsables d’infections nosocomiales ?

Faire le QCM →

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Qu'est-ce qu'une bactérie multirésistante ?

Une bactérie ayant acquis des résistances aux antibiotiques.

Quelles bactéries causent principalement les infections nosocomiales ?

Les staphylocoques, streptocoques, entérobactéries, Pseudomonas aeruginosa et Acinetobacter.

Quelles bactéries hautement résistantes émergent actuellement ?

Les entérobactéries productrices de carbapénémase et les entérocoques résistants aux glycopeptides.

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