La catatonie peut compliquer des troubles psychiatriques, des affections médicales ou des intoxications et sevrages.
La catatonie constitue une urgence médicale hautement traitable, avec plus de 80 % de réponse aux benzodiazépines ou à l’ECT, mais elle reste sous-diagnostiquée et peut mettre en jeu le pronostic vital.
Perturbation psychomotrice → urgence vitale hautement traitable
★ À maîtriser
Entre 7 et 10 % des patients hospitalisés en psychiatrie aiguë présentent des signes catatoniques.
La prévalence de la catatonie est la suivante:
La mortalité de la catatonie maligne non traitée est de 10 à 20 %, et le risque de récidive est de 20 à 30 % dans l’année suivant un premier épisode.
Compléments
★ À maîtriser
📌 Le posturing est le maintien spontané et prolongé d’une posture contre la gravité, tandis que la catalepsie est le maintien passif d’une posture imposée par l’examinateur.
Les signes d’inhibition comprennent:
Les signes d’excitation comprennent l’agitation catatonique, qui est excessive, non dirigée et sans but apparent, ainsi que l’impulsivité faite d’actions brusques et imprévisibles.
📌 La catatonie inhibée prédomine par la stupeur, le mutisme, le posturing et la flexibilité cireuse, tandis que la catatonie excitée associe agitation intense, stéréotypies, impulsivité et parfois crise clastique.
📌 La catatonie maligne est une urgence caractérisée par une fièvre supérieure à 38 °C, une instabilité hémodynamique, une tachycardie, une déshydratation sévère, une élévation des CPK, une rhabdomyolyse et une confusion.
Compléments
Les signes de désorganisation comprennent:
Les signes associés décrits par l’ICD-11 comprennent:
Inhibition figée versus excitation désordonnée
★ À maîtriser
📌 Selon le DSM-5-TR, le diagnostic de catatonie est retenu lorsqu’au moins trois des onze symptômes catatoniques sont présents.
📌 Le DSM-5-TR exclut le diagnostic de catatonie lorsque les symptômes sont mieux expliqués par un délirium.
Compléments
★ À maîtriser
📌 La stupeur confusionnelle associe désorientation temporo-spatiale, troubles de la mémoire et de l’attention et onirisme, alors que la stupeur mélancolique se reconnaît par une mimique de tristesse, de douleur et de désespoir.
📌 Le syndrome malin des neuroleptiques provoque une rigidité en tuyau de plomb sans échopraxie, posturing ni flexibilité cireuse, contrairement à la catatonie.
Les complications non traitées comprennent:
La réponse au traitement est de 60 à 80 % avec les benzodiazépines et de 80 à 100 % avec l’ECT.
Compléments
Catatonie ≠ délirium, mélancolie ou syndrome malin des neuroleptiques
★ À maîtriser
La physiopathologie de la catatonie impliquerait une dysrégulation des neurotransmetteurs et des circuits cortico-striato-thalamo-corticaux.
L’hypothèse GABAergique propose un déficit de l’activité GABA-A entraînant une dysrégulation et une inhibition anormale des circuits moteurs et limbiques, ce qui est compatible avec la réponse rapide aux benzodiazépines.
Compléments
L’hypothèse dopaminergique implique un dysfonctionnement des récepteurs dopaminergiques D2 des lobes frontaux et des noyaux gris de la base.
Les facteurs déclenchants cités sont:
★ À maîtriser
Les objectifs de la prise en charge sont: assurer la survie du patient, lever rapidement le syndrome catatonique, identifier et traiter l’étiologie sous-jacente, prévenir les récidives, permettre la réinsertion socio-professionnelle
L’hospitalisation se fait en chambre protégée pour prévenir les chutes, les fugues et les comportements auto-agressifs, ou en réanimation en cas de complications médicales graves.
Le lorazépam est le traitement de première ligne, débuté à 1–2 mg par voie IV ou IM, avec une titration de 1–2 mg toutes les 3–6 heures et une dose cible de 6–24 mg par jour.
Le test au lorazépam est positif lorsqu’une amélioration apparaît dans les 5–10 minutes suivant l’administration intraveineuse.
L’ECT est indiquée en deuxième ligne en l’absence de réponse aux benzodiazépines après 48–72 heures à doses adéquates, ou d’emblée en cas de catatonie maligne, de gravité clinique, d’intolérance ou de contre-indication aux benzodiazépines.
Compléments
Protéger → rechercher → lorazépam → ECT
Principales formes cliniques
| Forme | Manifestations dominantes | Gravité |
|---|---|---|
| Catatonie inhibée | Stupeur, mutisme, posturing, flexibilité cireuse | Forme classique |
| Catatonie excitée | Agitation intense, stéréotypies, impulsivité | Potentiellement dangereuse |
| Catatonie périodique | Épisodes séparés par des rémissions | Récidivante |
| Catatonie maligne | Fièvre, instabilité autonome, rhabdomyolyse, confusion | Urgence vitale |
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