Fiche de révision : Syndrome catatonique

Plan du Cours

  1. Définition et enjeux cliniques
  2. Épidémiologie et facteurs pronostiques
  3. Sémiologie et formes cliniques
  4. Diagnostic positif et étiologique
  5. Diagnostics différentiels et évolution
  6. Hypothèses physiopathologiques
  7. Prise en charge thérapeutique

Repères chronologiques

  1. 1874Kahlbaum décrit la catatonie comme une maladie nerveuse distincte caractérisée par des tensions musculaires et des postures figées.
  2. 2013-2022Le DSM-5 et le DSM-5-TR consacrent la catatonie comme un syndrome indépendant avec trois spécificateurs.
  3. 2019L’ICD-11 élargit la définition de la catatonie à 15 signes et autorise son diagnostic en présence d’un délirium ou d’un trouble lié aux substances.

1. Définition et enjeux cliniques

Notions clés & Définitions

  • Syndrome catatonique : Syndrome psychomoteur grave caractérisé par une perturbation marquée de l’activité motrice, du comportement et de la réactivité à l’environnement.

Points essentiels

  • La catatonie peut compliquer des troubles psychiatriques, des affections médicales ou des intoxications et sevrages.

  • La catatonie constitue une urgence médicale hautement traitable, avec plus de 80 % de réponse aux benzodiazépines ou à l’ECT, mais elle reste sous-diagnostiquée et peut mettre en jeu le pronostic vital.

Astuce mémo

Perturbation psychomotrice → urgence vitale hautement traitable

2. Épidémiologie et facteurs pronostiques

★ À maîtriser

  • Entre 7 et 10 % des patients hospitalisés en psychiatrie aiguë présentent des signes catatoniques.

  • La prévalence de la catatonie est la suivante:

    • 15 à 30 % dans les épisodes thymiques sévères
    • 7 à 17 % dans la schizophrénie et les troubles du spectre psychotique
    • 5 à 10 % dans les troubles neurodéveloppementaux
    • 5 à 10 % dans les affections médicales générales
  • La mortalité de la catatonie maligne non traitée est de 10 à 20 %, et le risque de récidive est de 20 à 30 % dans l’année suivant un premier épisode.

Compléments

  • La catatonie survient à tout âge, avec un pic entre 20 et 50 ans, et présente une légère prédominance masculine.

3. Sémiologie et formes cliniques

Notions clés & Définitions

  • Stupeur : Absence ou réduction marquée de l’activité motrice spontanée, donnant au patient un aspect figé.

★ À maîtriser

📌 Le posturing est le maintien spontané et prolongé d’une posture contre la gravité, tandis que la catalepsie est le maintien passif d’une posture imposée par l’examinateur.

  • Les signes d’inhibition comprennent:

    • la stupeur
    • le mutisme
    • le négativisme
    • le posturing
    • la catalepsie
    • la flexibilité cireuse
  • Les signes d’excitation comprennent l’agitation catatonique, qui est excessive, non dirigée et sans but apparent, ainsi que l’impulsivité faite d’actions brusques et imprévisibles.

📌 La catatonie inhibée prédomine par la stupeur, le mutisme, le posturing et la flexibilité cireuse, tandis que la catatonie excitée associe agitation intense, stéréotypies, impulsivité et parfois crise clastique.

📌 La catatonie maligne est une urgence caractérisée par une fièvre supérieure à 38 °C, une instabilité hémodynamique, une tachycardie, une déshydratation sévère, une élévation des CPK, une rhabdomyolyse et une confusion.

Compléments

  • Les signes de désorganisation comprennent:

    • les stéréotypies
    • les maniérismes
    • les grimaces
    • l’échopraxie
    • l’écholalie
    • les verbérations
  • Les signes associés décrits par l’ICD-11 comprennent:

    • le staring
    • l’ambitendance
    • l’obéissance automatique

Astuce mémo

Inhibition figée versus excitation désordonnée

4. Diagnostic positif et étiologique

★ À maîtriser

📌 Selon le DSM-5-TR, le diagnostic de catatonie est retenu lorsqu’au moins trois des onze symptômes catatoniques sont présents.

  • Les trois spécificateurs du DSM-5-TR sont:
    • la catatonie associée à un autre trouble mental
    • la catatonie due à une autre affection médicale
    • la catatonie non spécifiée

📌 Le DSM-5-TR exclut le diagnostic de catatonie lorsque les symptômes sont mieux expliqués par un délirium.

  • Les principales catégories de causes organiques comprennent:
    • les causes toxiques ou métaboliques
    • les causes infectieuses
    • les affections du système nerveux

Compléments

  • La catatonie est fréquemment associée aux troubles de l’humeur, davantage lors d’un épisode dépressif que lors d’un épisode maniaque, tandis que la schizophrénie et les troubles du spectre représentent actuellement 20 % des cas.

5. Diagnostics différentiels et évolution

★ À maîtriser

📌 La stupeur confusionnelle associe désorientation temporo-spatiale, troubles de la mémoire et de l’attention et onirisme, alors que la stupeur mélancolique se reconnaît par une mimique de tristesse, de douleur et de désespoir.

📌 Le syndrome malin des neuroleptiques provoque une rigidité en tuyau de plomb sans échopraxie, posturing ni flexibilité cireuse, contrairement à la catatonie.

  • Les complications non traitées comprennent:

    • la déshydratation
    • la dénutrition
    • les escarres
    • les thromboses
    • les pneumopathies d’inhalation
    • les troubles ioniques
  • La réponse au traitement est de 60 à 80 % avec les benzodiazépines et de 80 à 100 % avec l’ECT.

Compléments

  • Le pronostic est meilleur en cas de diagnostic précoce, de trouble de l’humeur et d’absence de comorbidité, et plus mauvais en cas de catatonie maligne, de cause organique, de retard supérieur à une semaine ou de schizophrénie.

Astuce mémo

Catatonie ≠ délirium, mélancolie ou syndrome malin des neuroleptiques

6. Hypothèses physiopathologiques

★ À maîtriser

  • La physiopathologie de la catatonie impliquerait une dysrégulation des neurotransmetteurs et des circuits cortico-striato-thalamo-corticaux.

  • L’hypothèse GABAergique propose un déficit de l’activité GABA-A entraînant une dysrégulation et une inhibition anormale des circuits moteurs et limbiques, ce qui est compatible avec la réponse rapide aux benzodiazépines.

Compléments

  • L’hypothèse dopaminergique implique un dysfonctionnement des récepteurs dopaminergiques D2 des lobes frontaux et des noyaux gris de la base.

  • Les facteurs déclenchants cités sont:

    • le stress aigu
    • la privation de sommeil
    • le sevrage médicamenteux

7. Prise en charge thérapeutique

★ À maîtriser

  • Les objectifs de la prise en charge sont: assurer la survie du patient, lever rapidement le syndrome catatonique, identifier et traiter l’étiologie sous-jacente, prévenir les récidives, permettre la réinsertion socio-professionnelle

  • L’hospitalisation se fait en chambre protégée pour prévenir les chutes, les fugues et les comportements auto-agressifs, ou en réanimation en cas de complications médicales graves.

  • Le lorazépam est le traitement de première ligne, débuté à 1–2 mg par voie IV ou IM, avec une titration de 1–2 mg toutes les 3–6 heures et une dose cible de 6–24 mg par jour.

  • Le test au lorazépam est positif lorsqu’une amélioration apparaît dans les 5–10 minutes suivant l’administration intraveineuse.

  • L’ECT est indiquée en deuxième ligne en l’absence de réponse aux benzodiazépines après 48–72 heures à doses adéquates, ou d’emblée en cas de catatonie maligne, de gravité clinique, d’intolérance ou de contre-indication aux benzodiazépines.

Compléments

  • Les effets indésirables des benzodiazépines comprennent la sédation, la dépression respiratoire, les chutes et la confusion, tandis que ceux de l’ECT comprennent une confusion post-ECT transitoire, des céphalées, des myalgies et des troubles mnésiques généralement réversibles.

Astuce mémo

Protéger → rechercher → lorazépam → ECT

Tableaux de synthèse

Principales formes cliniques

FormeManifestations dominantesGravité
Catatonie inhibéeStupeur, mutisme, posturing, flexibilité cireuseForme classique
Catatonie excitéeAgitation intense, stéréotypies, impulsivitéPotentiellement dangereuse
Catatonie périodiqueÉpisodes séparés par des rémissionsRécidivante
Catatonie maligneFièvre, instabilité autonome, rhabdomyolyse, confusionUrgence vitale

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1. Concernant la définition et les contextes cliniques de la catatonie, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

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Qu'est-ce que le syndrome catatonique ?

Un syndrome psychomoteur grave avec perturbation motrice, comportementale et de réactivité.

Syndrome catatonique définition

Trouble psychomoteur grave avec perturbation motrice.

Quels sont les risques cliniques majeurs de la catatonie ?

C'est une urgence médicale traitable mais sous-diagnostiquée pouvant menacer le pronostic vital.

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